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 Evan-escence

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MessageSujet: Chaitre cinq   Lun 30 Avr - 0:22

[H.S.] Bon, il paraît que ce chapitre est encore gore...je vois pas trop où mais bon...[fin du HS.]

Chapitre cinq


J-3





-« Atlantis, nous avons le jumper du major Lorne en visuel. Le major ne répond à aucun de nos appels.
-Voyez-vous des mouvements dans le jumper ?
-Non madame. Nous allons tenter de nous rapprocher au plus près. Voila, nous surplombons la vitre du jumper et… Ha, quelle horreur !
-Major que se passe-t-il ? Que voyez-vous ?
-Pas grand-chose à vrai dire, la vitre est parsemée de traces rouges. On distingue nettement la forme d’une main et…je pense que c’est du sang docteur Weir.
-Bon, prenez le jumper en charge et revenez immédiatement ici.
-Bien madame. Le remorquage ne devrait pas être trop compliqué. Nous serons à la porte dans huit heures.
-Parfait, nous serons prêt à vous accueillir. »


Elisabeth Weir quitte précipitamment le centre de contrôle pour rallier au plus vite l’infirmerie.
-« Docteur Beckett !
-Docteur Weir ? »

Le médecin délaisse provisoirement une série de bilans et examens pour porter toute son attention à Elisabeth.
-« Que se passe-t-il docteur Weir ? Vous semblez inquiète.
-Effectivement Carson. Le jumper du major Lorne a été pris en remorque sans qu’aucun signe de vie ne se manifeste à l’intérieur. Cependant, d’après l’équipe de secours il y a des traces de sang sur les parois des tableaux de commandes. »

Carson ne peut réprimer une grimace. Il referme brutalement le livre ouvert devant lui.
-« Il faut isoler le jumper dès son arrivée et mettre tout l’équipage en quarantaine.
-C’est effectivement comme cela que je vois les choses Carson. »




***




-« Major Lorne, m’entendez-vous ? Ici jumper 8, nous sommes en approche. Major Lorne, Evan ?! »

La silhouette est étendue sur le dos, ses yeux grands ouverts paraissent fixer un point au plafond. La voix en provenance des hauts parleurs glisse sur elle sans pénétrer le moins du monde dans son esprit. Celui-ci s’est fait si petit et si faible. Un mince rempart contre la douleur physique du corps meurtri et la souffrance psychique des réminiscences du passé. Manipulés par l’entité démoniaque, les souvenirs du major Lorne affluent en un flot incessant de renseignements. Le Dieu y puise la connaissance de la cité des Anciens mais aussi ceux de la Terre. Ha que la pêche est miraculeuse ! L’univers qui s’étend à ses pieds est encore plus vaste qu’il ne l’imaginait.
Mais en attendant de conquérir les mondes qui s’offrent à lui, le Dieu profite de l’esprit de son hôte. Celui-ci regorge de trouvailles qui sont autant d’amusement pour jouir impunément de son pouvoir divin.
Farfouillant de façon aléatoire dans les souvenirs de Lorne, le Dieu en extrait quelques fragments. Les réactions de l’hôte à la stimulation sont parfois intéressantes, souvent jouissives mais surtout très instructives pour la suite des événements.
Certains stimulent la souffrance occasionnée par la mort de la jeune femme. Jamais le Dieu n’avait trouvé moyen si efficace pour ébranler un être humain. Ce spécimen est pourtant vigoureux et intelligent, rien à voire avec les autres hères qui vivent sur « le monde ». Cet homme est un guerrier rompu à l’art du meurtre, mais étrangement une certaine idée utopique de respect de l’être s’y associe. Comme cet humain terrien est curieux. Un luxe de petits détails qui s’entrechoquent dans son cerveau et qui pèsent inlassablement le pour et le contre, le bien et le mal… une éthique dans la guerre qui arrange bien les affaires du Dieu. Lui qui n’en a aucune, trouve en cette moralité un pouvoir d’action sur l’hôte.
En attendant l’arrivée dans la cité des Anciens, le Dieu cimente ses bases en s’abreuvant à la source.


Flash

Lorne se méfie de ses êtres étranges qui lui rappellent les aliens du film « Enemy mine ». Une belle histoire d’amitié entre un terrien et un « lézard » humanoïde. Ces lézards là, Evan n’a pas trop envie de les côtoyer davantage. Pourtant le docteur Jackson semble très lié à l’un d’eux. Heureusement d’ailleurs, parce que sinon leur vie ne vaudrait pas tripette. L’image du jeune soldat sacrifié par les Unas s’inscrit encore et encore dans la mémoire de Lorne. Tout comme la première fois, sa réaction viscérale tend à faire remonter son estomac à la surface. Une terrible crampe plie le major en deux. Des spasmes douloureux secouent toute sa personne, pour le plus grand plaisir du Dieu qui par la souffrance accède aux sensations du corps.
Après une dizaines de minutes, Dieu se lasse de son petit jeu sadique et se concentre sur ce qui semble être une information fort intéressante.
La planète…son nom est inconnu mais l’hôte a encore en mémoire les glyphes qui montrent le chemin. Le gisement de Naquadah y est exploité par ces étranges créatures primitives. Un gisement très important et de grande qualité, le jeu en valait la chandelle pour les terriens. C’est aussi le cas pour l’entité qui se réjouit d’avoir pour hôte une telle mine d’informations.
Lorsque Atlantis sera sien et avec elle la Terre, Dieu ira faire un petit tour sur les planètes de la galaxie Tau'ri. Celle-ci parait être un lieu idéal de villégiature…du moins pour un siècle ou deux.


***



Le major Lorne se relève difficilement. Des crampes douloureuses naissent au creux de son estomac et remontent rapidement vers ses extrémités. Navigant péniblement dans une nébuleuse où réel et imaginaire sont unis, Evan s’avance vers l’écran holographique du jumper. Celui-ci s’illumine à son approche. Des données en Lantiens apparaissent, incompréhensibles, inexploitables. Lorne les regarde, hypnotisé par le mouvement vertical des symboles.
Seul l’un d’entre eux lui est connu : Danger.
Pour le Dieu en revanche, chaque ligne, chaque expression ont un sens et celui-ci ne lui plaît guère. Une mise en garde contre lui-même et ses semblables, si tant est qu’il y en ait. Dieu ignore s’il est l’unique spécimen survivant de son espèce et cela l’indiffère, tant que l’on n’empiète pas sur son territoire.
Dieu est furieux contre ce qui défile devant les yeux de son hôte.
Comment et pourquoi de telles choses sont apparues ainsi ? Des souvenirs comme autant de flashs refont surface dans l’esprit du major (fanfic : Huis-Clostrophobie). Une connexion avec le jumper, une activation qui le lie avec la base de données des Anciens. Le major ne semble pas comprendre ce qu’il voit et les implications de telles connaissances, mais ce ne sera sûrement pas le cas de toutes les personnes présentes sur Atlantis, en particulier de ce docteur Weir et du terrien dénommé Daniel Jackson.
Non seulement les Lantiens les avaient isolés et bannis sur un gros rocher mais voila qu’en plus ils avaient laissés derrières eux des mise en garde. Cette ingérence était vraiment inadmissible ! Sous le couvert du corps humain d’Evan, le Dieu libère toute sa fureur contre les Anciens. Un geste inutile et futile qui déchaîne une colère trop longtemps refoulée.
Malgré son corps douloureux, Evan s’avance davantage encore vers les commandes du jumper puis donne des coups de poings enragés sur tout ce qui se présente devant lui.
Le temps n’a plus de prise sur l’hôte et son parasite. Quelques minutes, quelques secondes, cela n’a guère d’importance. Un maelström de violence qui ne prend fin qu’avec l’apparition presque surnaturelle du jumper dans le champ de vision du major Lorne. Ce dernier s’arrête net, suspendu entre la réalité du Dieu et ses souvenirs qui tentent de le ramener vers un présent plus véridique. Les mains posées sur la vitre, Evan se laisse bercer par la vision qui doucement, presque imperceptiblement, lui redonne le goût de la lutte. Ses amis sont là, dehors, venu le chercher et l’extraire de l’enfer.
I-nac-cep-table !
Dieu n’est pas d’accord pour laisser le major interférer dans ses plans. Sa colère n’est pas tendre avec ses hôtes, cela le major Lorne ne l’ignore pas. Et comme Dieu n’est pas patient, il se charge de se remémorer au bon souvenir d’Evan.
La décharge électrique qui ébranle le corps du militaire n’est rien en comparaison du châtiment psychique. Avec violence, le corps du major Lorne est propulsé loin de la vitre pour finalement s’écraser le dos contre la porte du jumper. Evan reste ainsi, inerte en apparence mais sacrément secoué dans son âme. Avec plaisir, Dieu s’y plonge et y revit encore et encore ce qui semble être le moment le plus pénible de la très courte vie de l’humain.
Une petite voix émerge des lèvres craquelées d’Evan. Une supplique au cœur d’un sanglot.
-« Mégane, pardonne-moi ! »



***




Le vortex inonde la cité Atlante de son aura bleuté. Pas un bruit, excepté celui de la vague qui émerge brutalement de l’anneau. Tout le monde retient sa respiration lorsque les deux jumpers franchissent l’horizon des évènements.
Le docteur Weir contrôle la situation du haut de la rambarde alors qu’en dessous, le docteur Carson Beckett est sur le pied de guerre. Comme toute son équipe, il est équipé d’une combinaison le protégeant contre un éventuel agent infectieux et pathogène.
Le jumper 8 largue l’amarre retenant le vaisseau du major Lorne puis décolle à la verticale et quitte les lieux par l’ouverture béante de la cité. Seul subsiste au centre de la plateforme le jumper de Lorne.
Avec une lenteur majorée par sa tenue, aussi encombrante qu’inesthétique, le docteur Beckett enclenche l’ouverture manuelle du petit vaisseau Lantien.
Aussitôt la cloison s’anime et la porte descend lentement avant d’entrer en contact avec le sol.
Bang ! La porte touche le sol d’Atlantis.
Bing ! Une forme roule le long de la cloison avant de s’étaler au pied du jumper.
Carson et son équipe, surpris, font un bond magistral, digne des premières vidéos lunaires. La stupéfaction autant que la consternation fige les différents protagonistes. Que se soit au sol ou dans la salle de contrôle, le silence règne de nouveau en maître.
Carson pensait avoir vu le pire ou presque depuis son arrivée dans la galaxie de Pégase, mais le tableau qui s’offre à lui en cet instant lui prouve le contraire.
Le major Evan Lorne est étendu inerte, apparemment sans vie. De loin, sa tenue semble rouge et noire. Pourtant en s’approchant, il devient évidant pour Carson qu’Evan est entièrement nu et recouvert d’une pellicule de sang partiellement séchée et encroûtée.
Avec délicatesse et respect pour ce qu’il croit être le cadavre d’un ami, le médecin s’agenouille et cherche les constantes du militaire. La surprise se lit sur son visage quand il trouve un pouls, certes faible et filant, mais bien présent.
Le major Lorne est vivant !
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MessageSujet: Re: Evan-escence   Lun 30 Avr - 0:24


J Zéro


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-« Et qu’en pense Carson ? »
Sheppard est assis au bord de son lit. Cela fait trois jours que le major Lorne est de retour dans la cité. Trois jours durant lesquels la rumeur ou plutôt les rumeurs, ont envahi Atlantis avec d’autant plus d’ampleur qu’aucune hypothèse ne semble émerger des examens du docteur Beckett. Le seul effet potentiellement positif pour le colonel Sheppard est que les quelques athosiens présent dans la cité ont un peu oublié les bougies et l’encens pour s’attarder à l’étude du cas « Lorne ».

Elisabeth est pensive.
-« Il n’en sait pas plus qu’il y a trois jours. Le major Lorne est dans un coma inexplicable. »
Cette simple évocation fait grimacer Sheppard qui se remémore sa douloureuse expérience personnelle. Loin d’être dupe, Elisabeth poursuit comme si de rien n’était.
-« L’analyse du sang retrouvé sur le major ainsi que dans le jumper confirme nos pires soupçons. Il s’agit bien du sang du major Lorne, des lieutenants Mitch Kalaghan et Mégane Frès. Aucune trace du troisième homme d’équipage. Evan montrait également de nombreuses blessures défensives, en particuliers aux mains. »
Sheppard écoute attentivement les informations fournies par Elisabeth Weir. Jusqu’à présent, le colonel n’a pas réussit à extorquer la moindre donnée au docteur Beckett qui se retranche derrière le sacro-saint serment de confidentialité et une petite phrase très agaçante du style : « on en reparlera quand vous serez en état colonel et gnagnagna et gnagnagna ».
Heureusement, Elisabeth est tenue au courant et lui fait part de tout ce qu’elle sait, soit pas grand-chose.
-« Le plus étrange, c’est que les cellules épithéliales retrouvées sous les ongles du major Lorne sont…les siennes. Il semblerait que le major soit à l’origine de ses propres blessures. Rien que d’y penser…
-Evan se serait automutilé ?
-Aucune plaie n’est mortelle mais il est comme un écorché vif. On dirait qu’il a cherché à arracher chaque fragment de sa peau.
-Peut-être qu’elle le démangeait ?
-La douleur ? Oui, Carson a émis cette hypothèse, mais cela reste une supposition parmi tant d’autres. »


Elisabeth reste dubitative. Sheppard est tout autant plongé dans un océan de perplexité. Ce qui se trame dans son esprit tourmenté est loin de ce que laisse paraître le colonel Sheppard, culpabilité, sentiment d'impuissance...
Leur silence est interrompu par l’intrusion de Carson dans la chambre de Sheppard.
-« Colonel. Docteur Weir. »
Sheppard présente son plus beau sourire au médecin.
-« Carson ! Je suppose que vous venez me libérer de tous ces tubes. »
Sheppard lève ses bras, exhibant ses perfusions. Son simulacre de chien battu s’agrémente d’un œil larmoyant et d’un mouvement de sourcils à la Teal’c.
-« Colonel, je vous ai déjà dit que je ne vous autoriserai à quitter ce lit que lorsque votre état de santé le permettra. Quand à vos perfusions, c’est grâce à elles que vous gardez la faculté de me sourire aussi bêtement.
-Docteur, vous n’êtes pas drôle du tout ! Je me sens super bien, mais j’ai des crampes à force de rester inactif. Allez, doc, soyez chic, donnez moi une permission. Allez, juste quelques heures ! »

Carson secoue doucement la tête comme le ferai un père face aux bêtises incessantes de son fils.
-« Cela suffit colonel, je ne reviendrai pas sur mes conclusions. Docteur Weir, j’aimerai vous parler des derniers bilans du major Lorne.
-Je vous écoute Carson. »

Le médecin hésite un instant puis se lance, conscient que le colonel Sheppard est tout autant en droit de connaître le devenir de son major que le docteur Weir.
-« Les dernières constatations ne montrent aucun changement. Le major est toujours dans le même état neurovégétatif. Tant que je n’en trouverai pas la cause, je ne peux malheureusement rien faire pour lui. Son coma est pourtant relativement léger, comme un sommeil profond. Lorne réagit aux stimuli et montre même des signes de réveil imminent, mais à chaque fois, rien ne se produit et il replonge dans son état de catatonie.»
Sheppard, bougon, ne peut s’empêcher d’intervenir en râlant.
-« Vous le chouchoutez de trop, lui ! Balancez-le au dessus de la jetée dans l’océan Lantien et on verra si la belle au bois dormant continue d’attendre son prince. Dix contre un qu’il ouvrira les yeux plus vite que ça !
-John, vous êtes insupportable !
-Je sais. Pardonnez-moi Elisabeth, Carson, mais j’en est marre ! Je n’en peux plus de rester allongé. Le Daedale puis Atlantis… »

Un enfant capricieux n’aurai pas fait plus pitoyable grimace.
Joignant les mains en une ultime tentative de prière, John, met un genou à terre, aux pieds de Carson.
-« Je vous donne mon skate et...heu...non, je vous le prête un mois. Et j’éloigne Rodney de vous pendant …deux semaines ! »
Elisabeth est hilare.
-« Vous avez un profond sens du sacrifice colonel Sheppard.
-Disons qu’à force de pratiquer, je maîtrise le McKay sans trop de problème. »

L’entrée de l’intéressé dans l’infirmerie met le holà à la plaisanterie.
Un très lourd silence s’installe entre les différents protagonistes. Evidement, le mutisme soudain de ses amis éveille en Rodney les pires soupçons. Il en faut peu pour titiller son côté paranoïaque et pour une fois, cela se justifie.
-« Mouai…je dérange sans doute. »
Ne laissant pas le temps à Sheppard de répliquer (ce qu’il aurait évidement fait avec délice), McKay interpelle Elisabeth et commence à lui expliquer le pourquoi de sa venue.
John s’enfonce dans son lit, disparaissant presque entièrement sous sa couverture. Personne ne semble lui prêter la moindre attention. Elisabeth et Rodney discutent des coutumes Athosiennes et d’un problème informatique dont il n’a que faire…quand à Carson, le traître, le lâche, il a profité de l’entrée de Rodney pour filer à l’anglaise.
Sheppard doit-il prendre cela pour une acceptation tacite de son contrat… liberté contre Rodney ?

Alors que la discussion entre Rodney et Elisabeth lui parvient de façon étouffée par l’épaisse couette hospitalière, un plan s’organise dans l’esprit machiavélique du colonel Sheppard. Réprimant une soudaine envie de rire, il émerge de sa carapace et interrompt impunément McKay et Weir.
-« Elisabeth, j’aimerai avoir la permission d’étudier davantage les rapports envoyés par Evan avant leur disparition ainsi que mon ancien compte rendu d’expédition. Avec l’aide de Rodney et de ses supers technologies, on trouvera sûrement une explication à l’apparition soudaine de cette planète. Il y a forcement une logique à cela. N’est-ce pas Rodney ?
-Oui, bien sur. Peut-être qu’avec des spectrographes lumineux, des photomètres et des…
-Voila, il faudrait installer tout cela ici et joindre l’intelligence de Rodney à mes déductions heu…de fin limier. Carson. Carson ! »

Sans porter la moindre attention à Elisabeth qui sourit, prouvant qu’elle n’est pas dupe, et à Rodney qui pour une fois est complètement largué, John interpelle le médecin. Celui-ci tarde à répondre mais voyant l’obstination du colonel, Beckett ne peut faire autrement que revenir auprès du trio maléfique.
-« Cessez de hurler colonel, il y a d’autres patients ici.
- Oui, acceptez mes excuses Carson. Je voudrais chercher une explication à l’état du major. Le docteur McKay va m’y aider… »

Carson se retourne vers Rodney qui hausse les épaules en un geste d’impuissance. Sheppard poursuit avant que McKay ne brise son si joli plan d’évasion.
-« Rodney va installer ici ses ordinateurs pour que l’on analyse et reproduise avec exactitude les dernières heures du major et de son équipe. Pourriez-vous libérer heu…Rodney, les deux bureaux là devraient suffire, n’est-ce pas ?
-Et bien….
-Oui, voila, je pense que ce sera parfait. Quand pouvons nous commencer à travailler Carson ?
-Mais… Ecoutez John, ne croyez pas que je sois dupe de vos manigances…
-Ho, Carson, qu’allez vous croire ?!
-Je ne veux pas transformer mon infirmerie en champs de bataille pour militaires en manque d’actions. Vous avez gagnez cette bataille mais pas la guerre.
-Je n’en demandais pas tant docteur.
-Bon, on laisse les cathéters en place pour vos injections et vous revenez dormir ici toutes les nuits. Je vous donne une permission de sortie certes, mais avec des horaires stricts.
9 heures/ 20 heures, pas une minutes de plus. »

Carson regarde sa montre puis enchaîne avec autorité.
-« Il est 18 heures. Pour ce soir, cela vous laisse deux heures avant le couvre-feu.
-Oui papa !
-Au moindre écart, je vous colle sur un brancard avec tellement de capteurs que vous ne pourrez même plus bouger le petit orteil. Me suis-je bien fait comprendre ?!
-Yes daddy !
-Et emmenez McKay avec vous. Je ne veux pas être envahi par des appareils qui vont parasiter et saturer tous mes moniteurs ! »

Sur ces mots Carson, se retire et disparaît loin de la jubilation extravertie de Sheppard. Elisabeth se contente d’hocher la tête. Ce n’est ni la première fois ni la dernière qu’elle assiste à la supériorité masculine en matière de stratégie enfantine. Mais il faut bien avouer qu’avec les hommes, ce genre d’astuce marche extrêmement bien. Peut-être y a-t-il matière à faire une étude anthropologique ?

Alors qu’une infirmière s’atèle à déconnecter les perfusions des cathéters, Rodney McKay se tourne vers le docteur Weir.
-« Je crois que je n’ai rien compris à ce qui vient de se passer. Je me trompe où John vient de se servir honteusement de moi ?
-Je dirais plutôt qu’il a su habilement exploiter vos talents naturels à envahir l’espace de votre présence physiques et psychique.
-Heu…c’est un compliment ça ? »


Ne retenant plus les larmes qui lui brûlaient le coin des yeux, Elisabeth, prend le bras du docteur McKay et l’entraîne avec elle loin de l’infirmerie.
Son rire est partagé entre le franc fou rire face à la moue surprise de McKay et le laissé aller dépité devant une situation finalement extrèmement triste.
Avec une empathie qui ne lui ressemble guère, Rodney remarque aussitôt le voile de chagrin qui passe fugacement sur le visage du docteur Weir.
-«Qu'y a t il Elisabeth?
-John n'est pas vraiment dans son état normal...
-Franchement je ne vois aucune différence, il est toujours aussi sarcastique, voir cassant.
-Justement. En de telles circonstances, il est étonnant qu'il soit si blessant, car c'est vraiment ce qu'il est en ce moment. Et puis avec vous, John se sent en sécurité. Vous avez traversé tant d'épreuves ensemble qu'à vous deux, vous formez une sorte d'unité qui le rassure. Avec nous son regard est tout autre. D'après Carson, il souffre d'un stress post traumatique qui l'isole du monde extérieur. Il se sent exclus de la cité d'Atlantis.
-Elisabeth, vous savez pertinemment que pour John, Atlantis est sa famille.
-Précisément! Il se dévalorise et se rend insupportable car il méprise ce qu'il est devenu. Il nous retourne contre lui dans une attitude d'auto destruction. Pourquoi pensez-vous que le docteur Beckett le garde à l'infirmerie?
Actuellement le colonel Sheppard est sous fortes doses d'anxiolytiques et d'antidépresseurs. Cela le désinhibe un peu mais nous permet en même temps d'avancer. Sa permission était prévue mais Carson attendait le meilleur moment. Le petit délire de persécution de John a juste devancé l'appel.
Il faut être patient Rodney, on retrouvera notre colonel John Sheppard rapidement.
-Sarcastique.
-Agaçant.
-Le coeur sur la main.
-Tendrement attachant.»


** un ange passe **


-« Bon, venez avec moi Rodney, je vais mettre à votre dispositions tout ce que j’ai sur l’expédition du major Lorne. Le colonel Sheppard a raison sur un point au moins, il est capital de connaître précisément ce qui s’est passé sur cette planète.
-Et pour mon problème de données inaccessibles.
-Ha oui, c’est vrai. On verra cela plus tard. L’urgence pour le moment c’est Lorne et non les lubies des Athosiens. »




***
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MessageSujet: Re: Evan-escence   Lun 30 Avr - 0:24

Enfin libre !
Sheppard admire son poignet qui ne présente plus qu’un pansement occlusif sous lequel se planque le dernier vestige de son médical emprisonnement. Soucieux de son apparence mais également désireux de faire disparaître toutes traces d’une quelconque médication, John entoure ses poignets de ses habituels bandages noirs. Sexy et pratique, le summum de l’homme moderne.
Avant de rejoindre McKay auprès de ses ordinateurs, Sheppard décide de rendre visite au major Lorne et de voir de lui-même l’étendu des dégâts. Bien que prévenu de ce qui l’attendait, le colonel ne peut s’empêcher d’être surpris. Il pensait trouver une momie et au lieu de cela il trouve une sorte de petit igloo en toile fine et transparente dont émerge la tête livide d’Evan.
Une voix féminine fait sursauter Sheppard.
-« Les plaies cicatriseront plus vite à l’air libre. Nous avons mis une toile sur des arceaux afin de le préserver de tout contact physique. Après trois jours, ce n’est plus si moche, mais je suppose que cela serait extrêmement douloureux. Du moins s’il était conscient. A priori il n’est pas contagieux, vous pouvez vous approcher colonel Sheppard. »
John se retourne vers l’infirmière qui lui adresse un sourire forcé puis se retire pour leur laisser plus d’intimité.
-« Merci. »
Un simple mot puis un petit geste de la main et Sheppard prend son courage à deux mains pour affronter la vision de son ami.
Un ami, c‘est bien ainsi que John voit le militaire allongé devant lui. Atlantis est immense mais en deux ans, chacun de ses membres a eu plus que l’occasion de prouver son courage et sa loyauté envers ce qui forme une grande famille.
John examine le visage figé d’Evan. Ses yeux semblent enfoncés dans ses orbites. Ses lèvres sont craquelées, laissant ça et là apparaître une fine touche de rose/rouge là où seul un vieux gris bleuté semblait s’être installé. Vraiment une sale mine !
Quand au reste, n’en parlons pas. John se souvient d’un reportage sur les grands félins. Ce qu’il voit devant lui ressemble à s’y méprendre aux restes d’un festin royal !
Sheppard tente de sourire à cette évocation, ridicule mais si réelle.
Silencieusement, avec beaucoup de respect, mais aussi une pointe de chagrin et d’humilité, le colonel se met au garde à vous et adresse à son subordonné un salut militaire.
Sheppard quitte l’infirmerie sans ajouter le moindre mot. L’infirmière et le docteur Beckett le suivent des yeux puis s’échange un regard lourd de sens.



***




Lorsque le colonel Sheppard rejoint McKay, celui-ci est encore en grande conversation avec Elisabeth. John reprend sa prestance habituelle et son ton sarcastique.
-« Ben dites donc ! Vous êtes inséparables tout les deux ! Aurai-je loupé quelques choses durant mon incarcération ? »
La boutade fait un flop tant la tension est palpable du côté de McKay. Le docteur Weir quand à elle, se contente d’un signe de tête que l’on pourrait traduire par : Chut Rodney est concentré !
-« Que se passe-t-il Rodney ? Vous avez déjà trouvé quelque chose ?
-Concernant le major Lorne… non, mais concernant le problème que j’avais DEJA soumis au docteur Weir…SI !!! »

Inutile d’être un détective hors paire pour comprendre que le docteur McKay est effectivement en colère.
-« Si vous m’expliquiez de quoi il s’agit ?
-Quand je suis venu vous voir à l’infirmerie, c’était pour vous signalez un problème informatique qui…
-Ho, Rodney, je suis déçu, je pensais que vous veniez prendre de mes nouvelles ?
-John !! »

Le cri est simultanément émis par Rodney et Elisabeth. Tous deux se regardent puis fixe le colonel qui s’enfonce dans un fauteuil et fait semblant de fermer sa bouche à clé.
McKay poursuit donc, certain de ne plus être interrompu.
-« La base de données des Anciens n’était plus totalement accessible. Des renseignements, à priori sans grandes importances, ont subitement été bloqués par un mot de passe. Cela n’a pas semblé vous inquiétez plus que cela mais…ne m’interrompez pas Elisabeth… mais maintenant ce n’est plus quelques données mais toute la base de renseignements qui est contrôlé par ce mot de passe. De plus il semblerait qu’un individu ait farfouillé dans les dossiers de certains membres du personnel. Le votre entre autre colonel Sheppard. Et le mien.
Bon, alors, qu’en pensez vous ?!
-Heu, je peux parler ?
-John, ça ne m’amuse pas. Vous ne semblez pas vous rendre compte de ce que cela veut dire.
-Cela signifie qu’il y a quelqu’un ici qui prépare un mauvais coup. »

Sheppard reprend sa position décontractée avant de poursuivre avec son éternel mou d’adolescent.
-«mais vous allez trouver le code d’accès et déjouer une fois de plus les plans des méchants. Pas vrai Rodney ?
-Pas si simple. Il s’agit d’un code alphanumérique à six entrées. Le nombre de possibilité est…
-Non insurmontable pour un esprit comme le votre.
-Evidement, mais cela prendra un temps fou ! »

Sheppard regarde sa montre puis se lève rapidement.
-« Bon, ce n’est pas tout ça, mais mon temps de liberté étant compté, je souhaiterai en profiter un maximum. Ho, hé ! Me regardez pas comme ça tout les deux ! Je n’ai mangé que d’horribles trucs aseptisés ces dernières semaines. Mon cerveau fonctionnera mieux après un bon gueuleton.
-Je vous accompagne.
-Ha non, Rodney. L’ordinateur a besoin de vous et moi j‘ai besoin d’air. »

Le docteur Weir ne peut s’empêcher d’ajouter un petit commentaire, mais le militaire est déjà loin et seul le regard étonné de Rodney lui répond.
-« Un sacré sens du sacrifice. Pauvre Carson, il a fait une bien mauvaise affaire. »


***



Finalement le colonel Sheppard s’est contenté d’un bon sandwich au poulet avant de rejoindre l’infirmerie. Sagement il a tendu son bras à l’infirmière qui y a branché une perfusion…encore une !
Tenant une potence mobile d’une main, John quitte sa chambre pour celle plus intimiste du major Lorne.
Silencieusement, il s’assoie au sol, dos callé contre le lit, le regard perdu sur ses chaussures. Un peu par bravade, à moins que ce ne soit un moyen d’exorciser ses craintes, Sheppard s’adresse à Lorne avec un naturel déconcertant.
-« Pourquoi faites vous semblant de dormir ?
-Parce que cela m’évite de répondre à des questions auxquelles je ne sais que dire. »

La voix de Lorne est d’un calme surprenant compte tenue de la situation. Sheppard n’ose pas se retourner et la discussion qui s’en suit a un petit goût d’étrange, voire même de surnaturelle.
-« Depuis quand êtes vous réveillé ?
-Depuis…maintenant. Je ne sais pas. J’ai entendu votre question et j’y ai naturellement répondu. C’est bizarre comme situation non ?
-C’est le moins que l’on puisse dire. Ecoutez Evan, j’ai conscience que cela doit être difficile et même douloureux mais…de quoi vous souvenez-vous ?
-A propos de quoi ?
-De votre expédition, de la planète que vous avez visité et …de la disparition de votre équipage.
-…
-Evan ?
-Je ne me souviens de rien.
-Quels sont vos derniers souvenirs ?
-J’ai pris une cuite avec Ronon lorsque nous vous avons cru disparu sur Terre. Après tout semble n’être que brume. Vous avez survécu, ça je le sais, et puis votre présence l’atteste. McKay et vous avez eu maille à partir avec quelqu’un sur le Daedale, mais bon, ça ce n’est pas extraordinaire… bref, j’ai l’impression que tout ce qui s’est passé depuis est un peu comme mes visions dans le jumper , un doux mélange de réel et d’imaginaire. »


Sheppard se laisse le temps de digérer ces informations.
Petit un, Ronon et Evan ont pris une cuite en apprenant son décès. Est-ce pour fêter l’évènement ?
Petit deux, le major Lorne a un sacré trou dans le cerveau, vu le temps qui s’est écoulé entre leur sortie des eaux terriennes et leur retour sur Atlantis.
Petit trois, Evan n’a pas conscience de la disparition de Mégane. Comment lui annoncer une telle nouvelle ?

Alors que John cherche ses mots afin d’expliquer au mieux, ou du moins de la façon la moins pire, la situation actuelle au major Lorne, celui-ci s’agite sous ses arceaux. Sheppard n’y prête pas particulièrement attention. D’une part il met tout cela sous le coup de la douleur que doit découvrir Evan, d’autre part il se sent envahit par une agréable béatitude. Finalement Carson avait raison, deux heures de liberté l’ont épuisé.
Bonne analyse, mais insuffisante malheureusement. Si Evan prend effectivement conscience de son état physique, c’est avant tout pour laisser sa place à l’entité qui attendait patiemment le moment le plus opportun. Celui où Sheppard serait à sa portée.

**Merci petit humain de m’avoir donné accès à tant d’informations. Grâce à toi, je pensais conquérir l’univers. Mais maintenant, tu m’offres sur un plateau la possibilité d’être bien plus. Je vais assouvir ma vengeance, notre vengeance. Merci petit humain. Tu aura été mon catalyseur et ton ami sera l’instrument de ma grandeur**

Evan pousse un gémissement légèrement étouffé. Sheppard laisse tomber sa tête en arrière sur le bord du lit.
-« Vous avez mal n’est-ce pas ? Vous voulez que j’aille chercher l’infirmière ? Elle est rudement mignonne.
-Non, ce ne sera pas nécessaire. Il y a tellement d’antalgique dans ma perfusion que je ne sens quasiment rien. Et vous colonel Sheppard, qu’y a-t-il dans votre perfusion ?
-Je n’en sais rien. Un peu de trucs et beaucoup de machins, histoire d’avoir une excuse pour me garder ici.
-Et bien moi, je sais ce qui coule actuellement dans vos veines colonel. Une bonne dose de barbiturique, de quoi assommer un éléphant. Ne le prenez pas mal, mais avec vous, il vaut mieux prendre ses précautions. »

Sheppard est soudain très inquiet. De tels propos ne sont pas du tout coutumier du major Lorne. Du moins de celui qu’il croyait connaître. L’inquiétude du colonel va croissant lorsqu’il découvre avec stupeur que ses membres refusent de lui obéir.
-« Venez avec moi colonel. »
Avec horreur, le colonel sent que la situation mais surtout son corps lui échappe.
Une impression de déjà vu. Une angoisse oppressante.
Sans qu’il ne puisse réagir, Sheppard voit le major se lever, s’habiller puis s’approcher doucement de lui.
-« Bois ! »
Avec horreur, Sheppard découvre la main ensanglantée du major. Il croit en cet instant avoir découvert le comble de l’écœurement, mais il se trompe.
Avec répugnance il lutte contre le fluide qui force ses voix respiratoires puis sombre dans l'abîme où l’entité l’attend.
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MessageSujet: Re: Evan-escence   Ven 4 Mai - 15:53

ouah!!! ton talent n'a pas de limite, cette descente en enfer est captivante!!!
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MessageSujet: Re: Evan-escence   Ven 4 Mai - 19:44

Cette fic est vraiment pas mal comme toute les autres fics d'ailleurs
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MessageSujet: chapitre six: Atlantis soumise et conquise   Sam 5 Mai - 20:03

Chapitre six

Atlantis soumise et conquise


Une alarme assourdissante retentie dans la cité endormie. Elisabeth se retourne dans son lit et glisse sa tête sous son oreiller à la recherche d’un répit bien mérité. Le bruit est légèrement étouffé mais il persiste et s’acharne à la tirer de son sommeil. Dans un râle de dépit, une tête ébouriffée émerge de la chaleur réconfortante du coussin. Un œil s’entre ouvre, un peu, juste ce qui est nécessaire pour regarder l’heure du cadran lumineux qui clignote, sans aucun état d’âme pour la pauvre femme qui peine à accommoder sa vision.
3H12
-« Flûte ! Juste deux heures de sommeil. Qu’est-ce qui se passe encore ? »La question reste en suspens lorsqu’un appel radio emplie toute sa chambre de sa douce sonorité.
-« Le docteur Weir est demandé d’urgence à l’infirmerie !! »
Pour le coup, le docteur en question se réveille brutalement et complètement. Sans prendre la peine de se recoiffer, Elisabeth enfile en vitesse une paire de chaussure et fonce rejoindre l’antre de Carson.
Sheppard ou Lorne ?
Lorne ou Sheppard ?
Mais quand est-ce que ces messieurs lui accorderont un peu de tranquillité d’esprit ?
Ha si les Anciens avaient eu la bonne idée de faire d’Atlantis une cité d’Amazones, la vie serait vraiment plus simple.


Elisabeth parcoure les couloirs qui la séparent de l’infirmerie avec un sentiment d’oppression grandissant.
La petite clarté qui émane des parois lumineuses de la cité a un côté rassurant. Mais au bout du couloir, une lumière vive et violente attire le regard. Comme si cela en soit ne suffisait pas à intriguer le docteur Weir, un bruit, d’abord comme un chuchotement puis maintenant comme un lointain brouhaha de hall de gare, apporte une étrange sensation d’irréelle.
Que se passe-t-il dans cette infirmerie ? Que va-t-elle trouver au bout du chemin ?
Plus ses pas la rapproche du lieu tant animé, plus elle souhaiterait être loin d’ici et se replonger dans ses paisibles songes nocturnes. De quoi rêvait-elle déjà ? Ha…oui…de Simon. Bon, allez, finalement, présent ou passé, réel ou imaginaire, ici la frontière entre les mondes est parfois imperceptible.
Nous sommes à Atlantis et rien n’est comme partout ailleurs. Ici, c’est…

La vision qui s’offre brutalement à Elisabeth est loin de ce qu’elle avait redouté. Elle est bien pire.

Ici, c’est le chaos !



***




Un petit vent frais se pose sur sa peau, glisse le long de son corps puis s’échappe en se glissant dans son cou. La caresse légère et sensuelle le fait doucement frissonner. Une petite secousse qui réanime la conscience de soi avec la tendresse d’un baiser maternel.
-« Où suis-je ? »
Le souffle de l’air pour seule réponse. Un vent mêlé d’un discret et lointain cliquetis. John accroche sa pensée à ce bruit parasite qui évoque des souvenirs agréables. Gardant les yeux clos mais l’esprit bien ouvert, le militaire se laisse porter par ses sens.
De l’air. De l’eau. Il est dehors. Cette affirmation s’accorde aussitôt avec la sensation de froid qui le saisit brutalement.
La fraîcheur de la nuit le cueille avec la délicatesse d’un bulldozer. Des souvenirs, des sensations, des perceptions, tout ce qui a fait de ces dernières heures un cauchemar éveillé revient à la surface le temps d’une inspiration... et disparaît avec l’air qui s’échappe des poumons.
Sheppard ouvre les yeux. Un plafond d’étoiles, noir, mortel, mais si magnifiquement beau. John se redresse et admire la vue sublime qui s’étale devant son horizon.
Là, devant lui, Atlantis fait sa belle.

L’homme est assis à l’extrémité d’une des jetés. Il réalise qu’en deux ans, c’est la première fois qu’il contemple Atlantis plongée au cœur de la nuit. Jamais la cité n’avait semblé si grande et majestueuse. Les mètres paraissent des kilomètres et au bout d’un bras grand comme l’univers s’étend un arpège de métal et de lumière.
Sheppard est troublé. Il se sent merveilleusement bien, en accord parfait avec la cité. Il voudrait que ce moment dure pour l’éternité. Mais parallèlement il sent en lui un profond malaise, l’impression non d’être en symbiose avec Atlantis, mais d’être possédé par elle.
Assis, les jambes repliées contre son torse, Sheppard pose sa tête sur ses genoux, légèrement de côté, le regard perdu dans la ville endormie.

Ses pensées tentent de se restructurer mais le colonel est complètement perdu. Avec application mais sans aucune précipitation abusive, il cherche à remettre de l’ordre dans ses souvenirs.
D’abord, l’infirmerie. Le couvre feu imposé par le docteur Beckett. L’avait-il respecté ? Il ne s’en souvient pas. Juste un profond malaise à l’évocation du lieu médicalisé.
Lorne ensuite. John se souvient être aller le voir. Pauvre major Lorne, plongé dans un si étrange coma !
Tout en se disant cela, le colonel se souvient avoir parlé avec Evan. Comment cela est-il possible ?
Décidément, son cerveau est bien capricieux. Impossible de poser des éléments concrets sur ces dernières heures. Et à y bien réfléchir, impossible de définir quoique se soit de tangible sur sa vie elle-même. Tout n’est que sensations et vertiges.
Effrayant ?
Le comble c’est que cela devrait être bien plus qu’effrayant mais en vérité, le temps de poser cet état de fait et la notion même de peur disparaît. Peur de quoi ? De quoi parlions nous déjà ?
Beaucoup d’hypothèses vont et viennent dans l’esprit du militaire. Des séquelles de son coma, des troubles de la concentration, de la mémoire à court terme… Autant d’hypothèses qui disparaissent aussitôt formulées. Ho, et puis à quoi bon, puisque rien ne tient et rien ne s’inscrit dans ces neurones à la capacité de poisson rouge…autant se laisser aller et profiter de la vue.
Les lumières d’Atlantis sont belles. Une aile s’illumine de mille feux. Tiens il doit y avoir de l’agitation à l’infirmerie ?
Un souvenir. Des hommes. La mort.
Tristesse, chagrin, culpabilité…le vent souffle et emporte avec lui la raison.



***



Carson court d’une civière à une autre sans faire attention à Elisabeth. L’entrée du docteur Weir aurai pu surprendre, voire choquer, mais quelle importance, la relative transparence de sa nuisette négligemment jeté sur un bas de pyjama en coton ?
-« Je veux plus de sédation par ici ! Et dépêchez vous, celui-ci convulse ! »
Elisabeth n’en croit pas ses yeux. Ce n’est pas possible, elle est sûrement encore sous sa couette. Un infirmier passe à côté d’elle et la bouscule légèrement. Non, tout cela est bien réel et c’est bien une antenne médicale de guerre, un camp d’urgence qui s’étale jusqu’au milieu du couloir d’Atlantis.

Tacatacatacatac! Des tirs en provenance d’une autre aile.
La lumière de tout Atlantis s’allume comme si la cité elle-même souffrait de tant de violence.
Elisabeth attrape le bras du docteur Beckett.
-« Carson ! Que se passe-t-il ? Pourquoi ne pas m’avoir appelez plus tôt ?
-Parce qu’il n’y a pas eu de plus tôt ! Tout vient juste de commencer. Il y a cinq minutes que les blessés affluent de partout. Je ne comprends rien ! Il y a des blessures par balles, d’autres par armes blanches, c’est un vrai carnage…et il en arrive encore ! Elisabeth, certains ont tous simplement cherché à s’entretuer, d’autres ont l’air d’avoir voulu mettre fin volontairement à leurs jours.
-Comme le major Lorne ?
-Exactement.
-Alors c’est une épidémie et le mal qui a touché le major est hautement contagieux. Il faut mettre la cité toute entière, ainsi le Daedale, en quarantaine !
-Ce sera inutile docteur Weir. »

Une voix incertaine et penaude, celle de Rodney McKay. Si la voix du scientifique tremble, ce n’est pas parce qu’il a été réveillé par la lumière qui inonde Atlantis, mais bien parce que le spectacle de l’infirmerie le trouble au plus haut point.
-« Elisabeth, s’il s’agissait d’un virus ou de quoique ce soit de contagieux, la cité se serait protégée, comme la dernière fois.
-Que suggérez vous alors ?
-Une attaque. Je ne sais pas de qui ou de quoi, mais il y a trop de coïncidences. Quelques soient mes hypothèses, j’arrive toujours à la même conclusion. Il y a dans la cité une présence qui ne nous veut pas que du bien. Elle a analysé et étudié notre réseau informatique puis a pris connaissance de la base de données des Anciens avant de tout verrouiller. Je ne sais pas ce qui est à l’origine de tout cela, mais il y a évidement un rapport avec ce qui est arrivé au major Lorne.
»
Elisabeth examine les locaux puis se tourne vers le docteur Beckett qui tente d’organiser au mieux la prise en charge des patients.
-« Où sont passés Sheppard et Lorne ?
-Je l’ignore. Je venais juste de me rendre compte de leur disparition lorsque le bran le bas de combat a commencé.
- Avez-vous des théories docteur ?
-Aucunes ! Pour l’instant on va parer à l’urgence en soignant les conséquences. Pour ce qui est des causes, on verra cela plus tard. Maintenant si vous voulez bien… »
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MessageSujet: Re: Evan-escence   Sam 5 Mai - 20:04

Elisabeth quitte l’infirmerie avec McKay.
Ce qui était il y a quelques minutes, une cité en sommeil, s’est maintenant revêtu de tous ses atours. Les couloirs sont aussi vivants qu’en plein jour. Des hommes et des femmes courent de droite à gauche, sillonnant Atlantis comme une ville assiégée. Des militaires qui investissent la cité, comme on arrache un objectif stratégique des mains de l’ennemi. Surprise, Elisabeth regarde la cité échapper à son contrôle. Une voix masculine et chaude semble diriger les opérations.
Elisabeth et Rodney pénètrent ensemble dans la salle de contrôle de la cité. Là, le colonel Steven Caldwell dirige d’une main de maître la gestion de ce qui pourrait être une psychose généralisée.
-« Deux hommes sur chaque passerelle ! Personne ne quitte ou n’entre dans une zone autre que celle où il a été assignée. Je ne veux plus aucun déplacement. Signalez tous comportement étrange envers autrui comme envers soi-même.
-Colonel Caldwell…
-Un instant docteur Weir.
Tout le personnel médical du Daedale doit rallier l’infirmerie et porter main forte au docteur Beckett. Renforcer également la surveillance externe. Qui sait si tout cela n’est pas une manigance pour distiller notre pourvoir de défense.
Elisabeth, je suis à vous. Désolé mais il fallait agir vite.
-Et vous avez très bien fait. »

Il serait difficile de savoir qui est le plus surpris par cette remarque. Le docteur McKay, qui n’a jamais caché son animosité pour le colonel Caldwell, ou le colonel lui-même qui connaît l’aversion du docteur Weir à son égard ?

-« Colonel Caldwell, vous êtes le plus à même pour rétablir un semblant d’ordre. Savez-vous ce qui se passe ?
-Il semblerait que des membres d’Atlantis soient pris de comportements étranges et particulièrement agressifs. Je suis navré de devoir vous l’annoncer mais certains des vôtres y ont laissé la vie. Ils ont déjà été tués par mes hommes. Avant toute chose, je tiens à vous exprimer mes regrets mais les soldats étaient en état de légitime défense. Quand je parle de comportement étrange, je sous entend également, extrêmes. Les maîtriser est particulièrement difficile et ils n’hésitent pas à retourner leurs armes contre eux-mêmes.
-Oui, le docteur Beckett m’a déjà fait part de ces constatations. McKay pense qu’il y a dans la cité une présence à l’origine de tout cela.
-Ce ne serait pas un virus ? »

Rodney s’approche du colonel et exprime pour la première fois ce qu’il a vraiment en tête.
-« D’une certaine façon, le mal qui nous touche fonctionne bien comme un virus qui se propage indépendamment de son point initial, mais celui-ci est sélectif. Je m’explique. Rappelez-vous du virus informatique wraith qui avait infiltré le Daedale à notre retour de Terre. Il s’agissait en fait d’une intelligence artificielle qui évoluait et agissait en fonction de nos réponses. Je pense que l’on a à faire à une entité qui agit de la même façon. Elle a infiltré Atlantis et cherche maintenant à prendre possession de ses membres.
-En les faisant s’entre tuer ?
-Pas tous. Je suis prêt à parier que ceux qui ont le gène ATA ne sont pas atteints. »

Caldwell est en expectative mais Elisabeth intervient de suite.
-« Vous voulez dire que cette chose ne s’en prendrait pas à ceux qui ont le gène des anciens ? Il faudrait donc isoler tout les autres avant que la contamination, quelque soit son mode d’action, ne se propage ?
-En fait, j’extrapole un peu en disant cela, mais avant que l’ordinateur ne m’éjecte brutalement, j’ai pu constaté que des dossiers du personnel avaient été visité. Il s’agissait exclusivement des détenteurs du gène. Je ne parle pas de ceux qui comme moi, ont subit une génothérapie. Je pense qu’effectivement, notre ennemi a sélectionné ses proies. Je suis autant en danger que vous docteur Weir.
-Il faut prévenir le docteur Beckett de vos soupçons.
-Me prévenir de quoi ? »

Surpris, Elisabeth, Steven et Rodney se retournent pour faire face au médecin. Celui-ci paraît avoir pris dix ans d’un coup. Ses traits sont tirés et ses yeux creusés par une fatigue non physique mais nerveuse.
McKay entame ses explications mais Carson l’interrompt.
-« J’ignore si vos hypothèses sont fondés ou non Rodney, mais je crois avoir trouvé le mode de contamination et je peux tout de suite vous rassurer, vous ne risquez absolument rien.
-Comment pouvez-vous en être certain ?
-Je ne le peux pas. Ecoutez, je suis d’accord avec vous, il n’y a aucune personne, naturellement porteuse du gène, parmi les blessés. D’un autre côté, nous ne sommes pas assez nombreux pour pouvoir faire des statistiques fiables. Quoiqu’il en soit, tous présente une caractéristique physique commune. Une plaie, comme une entaille, soit au creux de la main, soit à la base du cou. De rapides examens ont déjà permis de trouver un lien avec le major Lorne. Une hypersidérémie. »

Pas de commentaire, mais des regards interrogateurs.
-« C’est une augmentation du fer circulant dans le sang. La contamination est donc sanguine. Cela signifie qu’elle nécessite un contact rapproché, un corps à corps avec un blessé. Avec l’aide du colonel Caldwell, tous les membres apparemment atteints ont été isolés. La propagation de la folie devrait être maîtrisée.
-Sommes nous certain de ne pas être porteur sain ou au stade de l’incubation ?
-Je vais faire des prélèvements à tout le monde. Inutile de faire la grimace Rodney, vous n’y échapperez pas ! Bon, je vous laisse. Maintenant que j’ai un point de départ pour mes recherches. Espérons que l’on trouvera rapidement la solution. Colonel Caldwell, j’aimerai avoir accès à vos ordinateurs pour analyser mes prélèvements.
-Usez de tout le matériel et de tout le personnel du Daedale à votre convenance docteur. Par contre, j’exige que tous vos déplacements soient accompagnés par deux hommes. C’est une question de sécurité. Si les élucubrations du docteur McKay sont justes, notre ennemi cherchera peut-être à vous nuire.
-Ha ? Bien, merci colonel. »

Sur ces mots chargés d’angoisse, le docteur quitte le centre de contrôle d’Atlantis pour rejoindre patients, bilans et examens.



***



-« Elle est belle n’est-ce pas ?
-Où étais-tu ? »

Evan est apparu, comme un fantôme ou une création de l’esprit. John y voit un trouble supplémentaire à ce qu’il est. Qu’est-il d’ailleurs ? Franchement il l’ignore complètement. Ce que John aime en lui, est sa nouvelle capacité à aimer sans retenue. Aptitude qui s’accompagne d’un extraordinaire pouvoir d’abstraction. Qu’est-ce que des cris, des pleurs, en comparaison de la beauté de sa cité. Atlantis sa belle, son amour, s’offre à lui sans aucune réserve.
Evan ressent exactement la même chose. Entre eux, nul besoin de parole.
Un moment de triomphe. Dieu jubile.
Evan est entièrement sa proie. Le peu qui subsiste de lui est si docile qu’il se laisse porter par le plaisir avec autant d’aisance que l’autre. L’autre, c’est le colonel Sheppard. Dès que Dieu a lu ses rapports de mission, il a su. Dès cet instant, Pégase, la Terre, tout cela est devenue si…insipide.
Sheppard l’objet de sa magnificence. Lorne, son catalyseur. Dieu regrette presque l’homme qui luttait pour garder une emprise sur son corps. Mais les actes de ces dernières heures ont eu raison de sa force psychique. Lorne a cédé a peu près au moment où ils ont ensemble attaqué le premier soldat. Car c’est bien ensemble qu’il ont mis Atlantis à genou !
Evan guidait Dieu vers les proies qu’il avait sélectionnées puis ils leur faisaient don du nectar. Quelques gouttes de sang et voila le fleuron de la flotte militaire d’Atlantis réduit à l’état de petits toutous dociles. Sheppard avait été plus difficile à contrôler. Il avait en lui le souvenir de la possession et sans l’aide d’une bonne et subtile médication, il aurait résisté bien plus longtemps qu’Evan lui-même. Quand aux autres…surpris dans leurs sommeils, ils avaient à peine réagit. Dans leurs esprits primaires, formatés pour obéir, l’ordre de destruction avait enflé et dévorait maintenant tous les impies d’Atlantis. Rares seraient les survivants, ceux dont le sang méritaient d’être conservé.
Evan et John font partis de ceux-là. Evan et Dieu ne forment déjà qu’un. Quand à John, Dieu a pour lui un grand projet dont l’accomplissement nécessite l’attente. Qu’il est dur de lutter contre le désir de posséder et de s’unifier avec un tel esprit.
En attendant, sa future proie reste suffisamment embrouillée pour être manipulé sans trop de difficulté. Il faut se dépêcher car sous peu le combattant reprendra le dessus et il sera moins aisé de quitter la planète. Hors, la destinée de Dieu commence ailleurs.
Laissons la cité se purger de ses parasites. Quand Dieu reviendra, Atlantis lui tendra les bras et ils l’accueilleront avec amour.
Atlantis la belle s’agite.
Atlantis la farouche lutte avec énergie.
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MessageSujet: Chapitre sept: petite explication   Jeu 10 Mai - 21:26

Chapitre sept

Petite explication

Toutes ressemblances avec un état biologiquement vraisemblable seraient une pure coïncidence !



Le soleil se lève sur Atlantis. Quelques rayons s’arrachent à l’océan et chassent les ténèbres de la nuit. Les tours d’Atlantis se dessinent en contre-jour. La découpe est sublimée par un ciel transformé en palette de couleurs ocres et orangées.
Evan tend la main à John.
-« Viens !
-Où allons-nous ?
-C’est une surprise, tu verras.
-Non, je ne veux pas partir. Je veux rester ici, c’est paisible et ça fait si longtemps que je ne me suis sentis aussi bien. Je voudrais rester seul encore un peu, c’est possible ? »

Evan fait la grimace mais ne le montre pas. Plus Sheppard sera docile et plus se sera facile de l’emmener.
-« Viens, on va y aller tranquillement. Tu pourras encore admirer Atlantis. »
Avec douceur il redresse John qui se laisse guider sans broncher. Ensemble ils progressent le long de la jetée. Après quelques mètres, ils disparaissent tous deux.
Un léger vrombissement de l’air les accompagne.
Atlantis étend sa magnificence dans l’océan Lantien. Sur la jetée de métal, pas l’ombre d’une âme, si tant est qu’il y en ait jamais eu.



***




Un calme relatif est revenu dans la cité. A l’infirmerie, les blessés sont canalisés et sédatés. Tant qu’ils sont endormis, ils ne présentent aucun danger pour eux comme pour les autres. Plusieurs soldats fraîchement débarqués du Daedale montent la garde. Ils avaient imaginé affronter des aliens, des peuples hostiles, mais jamais ils ne se seraient attendus à se retrouver surveillant d’anciens amis attachés et drogués.
Qu’importe. L’ennemi est là, tapi en eux et prêt à surgir.

Depuis plusieurs heures le docteur Beckett travaille sur les échantillons sanguins. Tous présentent des anomalies qui sont étrangement sensées être incompatibles.
La première constatation du docteur Beckett est l’augmentation du fer circulant. Aucune explication logique à cela. Ensuite, certaines personnes intoxiquées présentaient un taux plus important d’érythropoïétine. S’agirait-il d’une ingestion volontaire d’EPO ou d’un processus inconnu déclenché au contact d’un élément iatrogène ?
Quelque soit les hypothèses formulées par Carson, aucune ne trouve grâce à ses yeux. En revanche, elles confirment un point important, la présence d’un facteur déclenchant puis d’une propagation de victime en victime, un peu selon le mode opératoire d’un virus. Plusieurs individus semblent être à l’origine du mal. Tous étaient endormis lorsqu’ils ont commencé à développer des troubles puis rapidement ont agressé leurs amis. Les plaies trouvées par Carson au niveau des paumes et du cou présentent également une substance d’origine inconnue dont les propriétés sont très intrigantes.
En effet, isolée, cette substance disparaît, comme dissoute par l’air. Maintenue dans du sang, elle entraîne une étrange réaction sur les globules rouges. Carson s’attendait à voire une cytolyse mais la cellule n’est pas à proprement parlée détruite. Elle est plutôt purgée puis réorganisée. Certains de ses composants sont comme attirés à l’extérieur, passant la membrane cellulaire sans l’endommager outre mesure. Ces globules ainsi épurés sont cytolysés alors que d’autres se gorgent des substances « volées », boostant artificiellement leur composition. Il semble que ce qui est ainsi transféré d’hématies en hématies soit les ions ferriques.
D’un côté il y a donc une substance, l’EPO, qui augmente le volume des globules rouges et de l’autre un produit inconnu qui les désorganisent. Les ions ferriques sont extrait de ces « supers globules », attirés comme des aimants dans la circulation puis pénètrent dans d’autres cellules sanguines. Ce qui étonne le plus le docteur Beckett est la faculté pour les particules ferriques de s’organiser en amas ionique avec une certaine logique et autonomie…comme si…



***




-« Colonel Caldwell, avez-vous retrouvé le major Lorne et le colonel Sheppard ?
-Non, mes hommes et tout ceux encore valides d’Atlantis ont passé la cité au peigne fin. Aucune trace de nos deux lascars, ni de quoique se soit d’étranger à Atlantis. Les scellées placées aux entrées des zones non encore explorées sont restées intactes.
-Mais alors où sont-ils ?Et que leur est-il arrivé ?
-Le docteur Beckett a confirmé la quarantaine jusqu’à nouvel ordre. D’après le docteur Novak il a peut-être une piste intéressante.
-Et Hermiod, il ne peut pas nous donner un coup de main ?
-Vous savez, les Asgards sont très…comment dire…fiers de leurs avancés technologiques qu’ils exhibent sans ménagement. Surtout Hermiod. Je crois qu’il n’apprécie guère son affectation auprès de terriens si primitifs.
-Oui, mais puisqu’il est là, il peut sans doute nous aider ?
-En fait, je pense qu’il faudrait lui envoyer McKay.
-McKay ? Mais il n’est pas médecin, il ne pourra rien y faire. Il est docteur en pleins de choses qu’il aime à répéter mais pas en médecine.
-Oui, je le sais parfaitement docteur Weir, mais le docteur McKay a une certaine prédisposition à titiller l’ego d’Hermiod, ce qui avouez-le, nous arrangerait bien.
-Ha, je vois oui… Bon, et bien, je vais arranger ça.»

Un appel du centre de contrôle interrompt leur discussion.
-« Docteur Weir, activation non-programmée de la porte des étoiles! »

Un vague bleue émerge de l’anneau, formant un vortex inattendu.

Le docteur Elisabeth Weir quitte précipitamment son bureau, suivi de près par le colonel Caldwell.
-« Levez le bouclier. Qui a composé notre adresse ?
-C’est Atlantis, enfin, je veux dire que c’est la cité qui a enclenché la porte et entrée les coordonnées de la planète.
-Quelle est-elle ? »

Le technicien est remplacé par le docteur McKay, toujours prompt à intervenir en cas de soucis d’ordre informatique. Il inspecte les données qui défilent sur son écran puis devient subitement très pale.
-« Elisabeth, vous n’allez pas le croire. »
Alors que le docteur Weir s’approche pour prendre connaissance de la destination du vortex, un bruit caractéristique signe l’utilisation de la porte. Aussitôt celle-ci s’éteint, plongeant le centre de contrôle dans un curieux état d’expectative.

Elisabeth fixe l’anneau sans vie, oubliant McKay et sa pâleur qui ne cesse de s’accentuer.
-« Que c’est-il passé ? »
Rodney quitte son ordinateur pour la rejoindre sur la passerelle.
-« Je crains que notre ennemi n’ait franchi la porte.
-Comment ? Il serait invisible ?
-Franchement Elisabeth, ça ne m’étonnerait pas mais malheureusement je crois que c’est pire, bien pire…
-Bon sang ! Expliquez-vous Rodney.
-Regardez l’adresse Elisabeth. Si mes soupçons sont fondés, il y a fort à parier que notre adversaire a rejoint son antre en emportant avec elle ses hôtes ou ses proies, cela reste à définir.
-De quoi parlez-vous ?
-Pas de quoi Elisabeth, de qui ! Je pense que le colonel Sheppard et le major Lorne ont quitté Atlantis. Vérifiez, je suis certain qu’il manque un jumper. Rien de plus simple pour nos deux amis que de s’emparez discrètement d’un vaisseau et de se balader en mode furtif. C’est quelque chose que nous avons déjà fait au SGC, rappelez-vous. Quoique là, on essayait d’entrer pas de sortir, mais bon…
-Montrez-moi la destination de Sheppard et Lorne. »

Si le docteur McKay semblait pâle, ce qui en soit n’a rien de bien nouveau, la couleur du docteur Weir, en comparaison, est plus proche de l’ectoplasme. Elisabeth manque de perdre l’équilibre mais se rattrape à la rambarde de sécurité sans trop laisser paraître son trouble.
Le colonel Caldwell qui n’était pas bien loin a quand à lui parfaitement vu la stupeur naître sur le visage d’Elisabeth. Il s’approche mais se contente d’écouter le docteur Weir sans intervenir.
-« Ce n’est pas possible Rodney. Cela ne va pas recommencer ? »



***




Le jumper pénètre la cité par le plafond ouvert sur le ciel Lantien. Dans la tourmente de ces dernières heures, les esprits se sont tournés vers l’intérieur, oubliant ce qui se tramait dehors. Il se glisse sans difficulté jusquà la porte puis s’immobilise quelques instants devant l’horizon des évènements. Personne ne semble se douter de leur présence. Sheppard est scotché devant la vague bleue, l’admirant avec des yeux d’enfant.
-« Que c’est beau ! Waaaaaaaou. Est-ce que c’est vivant ? »

Lorne le regarde un peu amusé, partageant avec son ami la vision qui avait été la sienne plusieurs années auparavant. Un regard de connivence entre les deux humains. Un échange visuel porteur de bien plus qu’il n’y paraît.
Comme attiré par un aimant, John quitte le vortex des yeux pour se fondre dans ceux du major. Une attraction hypnotique, faussement accueillante, qui finalement plonge le colonel dans une attitude de replis et de crainte.

Si l’entité n’en avait pas encore pris conscience, alors que la béatitude onirique est brutalement rompue, elle réalise que l’homme dont elle dispose à sa guise, caresse la liberté de sa présence. Un rien suffirait à lui redonner tous les moyens dont il a besoin pour reprendre possession de son propre corps.
Ces humains sont vraiment extrêmement curieux. Fragile et facilement manipulable, physiquement assez simple et primaire mais psychiquement…c’est une autre paire de manche !
Le major Lorne a cédé relativement facilement. Quoiqu’en réalité sa lutte n’a jamais vraiment cessée. Mais l’entité en a fait une quantité insignifiante, quelques brindilles sur lesquelles il n’a pas de pouvoir d’action, quelques refuges pour l’être possédé. Non seulement le Dieu en a cure, mais en plus il trouvait cela plutôt gratifiant et jouissif. Grave erreur ? Aurait-il sous estimé le terrien ? Après avoir pris le contrôle informatique de la cité et celui bien plus agréable de ses membres, l’entité se rend compte qu’elle a trop négligé Lorne et son désir de survie.
Il est partout.
Normal, puisque c’est son corps et son esprit. Sauf qu’il est vraiment partout, infiniment petit, à peine décelable, mais effleurant Dieu de toute sa présence. Une aura incroyablement lumineuse.
Dans un premier temps, l’entité a fait fi de cette sensation pas plus intense qu’un fourmillement. Mais maintenant que le jumper s’apprête à quitter la cité, le Dieu sent la révolte et la crainte qui booste l’être emprisonné.
L’espace d’une seconde, Dieu a peur.
Et si l’homme refaisait surface et le chassait ? Non, cela est impossible. Il fait partie intégrante de son être et lui est nécessaire aussi sûrement que le sang qui transporte l’oxygène vital.
Oui mais…
Dieu se reprend. Les yeux de Lorne s’illuminent et il se redresse, hautain, sur de lui.
-« Assez tergiversé, on y va ! »
Si Lorne avait daigné garder un œil sur Sheppard il aurait vu une petite lumière s’allumer quelque part, loin, très loin dans son regard. Une petite étincelle, comme une réminiscence de ce qu’il est. Une petite lumière pas si loin finalement !



***




Le docteur Beckett est si accaparé par ses recherches qu’il n’entend pas Elisabeth entrer dans l’infirmerie.
-« Docteur Beckett ?
-Elisabeth ! Entrez. J’ai peut-être du nouveau ? Je pense que Rodney avait raison en comparant le virus à une intelligence artificielle.
-Des nanites, encore ?
-Non, non, pas du tout. Ne vous moquez pas Elisabeth, mais je pense que l’on a à faire à une entité constituée d’ions ferriques. Elle contamine ses hôtes en se propageant dans le système sanguin.
-J’ai peur de ne pas vous suivre Carson.
-En réalité Elisabeth, je crains d’avoir du mal à me suivre moi-même. J’ai examiné tous les échantillons sanguins et ma conclusion est qu’ils comportent une substance qui interagit sur les ions ferriques.
-Il provient d’où ce fer ?
-70% est synthétisé par le foie puis stocké dans les hépatocytes avant de…
-Carson ! On dirait rodney. Parlez-moi Hébreux, Ancien ou Javanais si cela vous chante, mais là, je ne comprends rien !
-En gros je pense que l’ennemi dont parlait Rodney est une entité alien minérale qui utilise les ions ferriques comme support. Ne me demandez pas comment elle pense et agit, je n’en sais rien du tout, mais le fait est là. Les patients présentent tous des augmentations du fer circulant dans des zones bien délimitées, ce qui sous-entendant une certaine intelligence. Il y a d’autres troubles sanguins associés dont certains pourraient être dangereux, voir mortels.
-Pouvons nous faire quelque chose ?
-A vrai dire, je n’en suis pas certain. J’ai bien des idées, mais il y a encore des substances iatrogènes que je n’arrive pas à analyser.
-Je vais m’arranger pour qu’Hermiod vous donne un coup de pouce.
-Ils ont des pouces les Asgards ?
-…
-Je plaisantais Elisabeth.
-Ha ha ha… »

Elisabeth tente un sourire. Echec cuisant. En face d’elle, Carson exprime également ses inquiétudes par des traits enfoncés et crispés. Ce ne sont pas ses attendrissantes tentatives d’humour qui effaceront les heures d’angoisse passées et à venir.
-« On a des nouvelles de Sheppard et Lorne ?
-Il semblerait qu’ils soient partis en jumper… »

Le docteur Weir semble soudain comme illuminé par une vision divine.
-« Docteur Beckett, si nos amis sont parti en emportant avec eux l’entité à l’origine de tout ce chaos, est-il possible que les particules ioniques se désorganisent et libèrent l’emprise qu’elles ont sur nos hommes ?
-Je ne le pense pas. J’ai l’impression qu’elles sont autonomes, sans lien direct d’un individu à l’autre. On rejoint encore une fois la notion de virus, informatique cette fois. Je pense que l’unité d’origine a programmé ses « enfants » pour agir d’une façon prédéfinie. L’idée étant de tous nous détruire, ou plus probablement, de préparer le terrain pour une attaque de plus grande envergure. Par contre, je ne comprends pas pourquoi sauver ceux ayant le gène. Nous sommes au contraire les plus aptes à nous défendre avec la cité et la technologie des Anciens.
-Oui, mais une fois sous contrôle, vous êtes des hôtes de choix. D’ailleurs, je ne m’explique pas bien pourquoi le virus ou l’entité, bref l’ennemi ne préserve pas ceux ayant subit la génothérapie. Serait-il possible qu’il y ait quelque chose dans le traitement qui leurs soit nuisible ?
-C’est une des pistes à explorer.
-Préparez tous votre matériel et vos échantillons. Je contacte le colonel Caldwell pour que l’on vous téléporte sur le Daedale. Débrouillez-vous avec McKay et Hermiod, que ce soit génétique, scientifique, informatique, qu’importe, trouvez-moi une solution et vite. »

Le docteur Carson voit parfaitement le visage d’Elisabeth se décomposer au fur et à mesure de sa diatribe.
-« Elisabeth, vous ne me dites pas tout. Qu’y a t il ?
-Vous avez parlé d’une attaque de plus grande envergure…hors je crains de savoir où l’ennemi est parti chercher du renfort, et cela ne présage que du mauvais.
-Où sont-ils allés docteur Weir. »

Elisabeth se contente d’un regard effrayé. Bizarrement, étrangement, cela suffit. Comme s’il s’y attendait, comme si la réponse était là, sur le bout de sa langue, Carson a su…et maintenant il a peur, vraiment peur !



@ suivre, chapitre huit: une vieille connaissance
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MessageSujet: Re: Evan-escence   Ven 11 Mai - 23:44

encore beaucoup de suspens dans cette suite!! j'ai hâte de voir ce que tu nous réserve pour la suite!!
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MessageSujet: Re: Evan-escence   Lun 14 Mai - 19:01

Bravo ! Je viens de lire le gros morceau que je n'avais pas encore lu (je ne me souvenais pas en avoir autant à lire).
Et c'est vraiment très bien !
Nous allons bientôt revoir nos vieux amis, chers à notre copain Daniel ...
Tu ne les gâtes pas nos amis mâles d'Atlantis. Tu as une dent contre les militaires de sexe masculin ? ^^

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MessageSujet: chapitre huit une vieille connaissance   Mar 15 Mai - 21:04

Chapitre huit


Une vieille connaissance




-« Non, je ne vois vraiment pas pourquoi ! Ho, ça va, ne me regardez pas comme ça avec vos yeux comme des soucoupes ! Si ça perturbe Novak, moi ça me laisse de marbre !
-Heu…docteur McKay, vous devriez peut-être vous calmer un peu. Hermiod est assez susceptible et…
-Et rien du tout docteur Novak ! Je ne vais quand même pas le laisser étudier tout seul les données sous prétexte que je suis un être primitif et arrogant. D’ailleurs, je ne vois pas en quoi mon arrogance interfère dans la qualité de mes déductions ? »

Une main se pose sur l’épaule du docteur McKay.
-« Quoi en-co-re ?! Oups, désolé Carson. J’ai un peu les nerfs à vif ! »
Un chuchotement entre deux hoquets.
-« Un peu ? »
Carson sourit.
-« Qu’est-ce qui se passe Rodney ? »
Le scientifique fait sa plus pitoyable grimace puis se tourne vers Hermiod.
-« Monsieur je-suis-un-génie pense pouvoir trouver tout seul la solution et ne veux pas de notre aide.
-Tiens donc, et ça ne vous rappelle personne ?
-Je… Il est hors de question que je reste là à vous regarder travailler sans agir. »

La voix enrouée du Asgard prend aussitôt la suite, laissant Rodney au bord d’une crise d’apoplexie. Furieux, le scientifique quitte la salle.
Carson étonné se tourne vers le docteur Novak.
-« Qu’a-t-il dit ?
-Hoc !… Le docteur McKay veut se rendre utile alors…hoc…Hermiod lui a suggéré de préparer le café. »

Le docteur Beckett regarde le Asgard avec curiosité. Ce dernier penche légèrement sa tête de côté, fait clignoter deux fois ses yeux globuleux puis marmonne quelques mots asgards avant de tourner le dos aux terriens.
Carson s’en détourne également pour susurrer quelques mots aux oreilles du docteur Novak, espérant bien naïvement ne pas être entendu de l’alien.
-« On m’avait dit qu’Hermiod avait aussi mauvais caractère que Rodney mais franchement je ne croyais pas cela possible !
-Je plaisantais docteur Beckett, Hermiod n’aime pas le café ! »




***




Le soleil éblouit tout l’habitacle du jumper. Sheppard fronce les yeux pour se protéger de la luminosité.
-« Où sommes-nous ? »
Sa voix, ainsi que son attitude prouve qu’il a repris un certain ascendant sur lui-même. L’entité par le biais du major Lorne fait mine de ne pas s’en rendre compte mais elle est pleinement consciente de son pouvoir sur autrui. En l’occurrence, elle ne perçoit quasiment plus les sensations du colonel Sheppard et sent bien qu’elle ne peut plus interférer dans sa façon de raisonner. Il faut agir vite.
Ses gestes sont lents pour ne pas montrer la moindre agressivité qui pourrait faire basculer le docile John dans une attitude défensive. Sheppard a un léger mouvement de recul lorsque Lorne s’approche de lui, mais sa conscience du danger s’arrête là.
Du moins pour le moment.

-« Nous allons sortir, je suis sur que tu reconnaîtras l’endroit lorsque l’on sera dehors. »
Le major Lorne tend un bras secourable au colonel Sheppard pour l’aider à se relever. Grossière erreur de débutant. John lève ses mains qui se retrouvent aussitôt entravés par un fin cordon en plastique.
Surprit Sheppard regarde d’abord ses poignets, bêtement, comme s’il tardait à imprimer dans son esprit les conséquences d’une telle emprise, puis il fixe intensément le major. Son regard se fait braise et avec la colère qui monte resurgit les souvenirs et la conscience de soi.
Prudent, Lorne a fixé les menottes à une sorte de câble métallique de bonne longueur, comme une laisse qui lui permet de garder son prisonnier à porté d’action. Encore un peu hébété, John tarde à suivre le mouvement et la tension du câble le ramène violemment à la réalité. Propulsé en avant, il commence une pénible marche sur un haut plateau peu ombragé.

John Sheppard fait quelques pas sans broncher, suivant docilement celui qu’il considère comme un ami. Lorne quand à lui avance avec entrain, sans se soucier de ses plaies qui doivent souffrir du soleil et de la chaleur intense de cette matinée. Lorne est radieux, ou du moins, l’entité, Dieu l’est. Dans quelques heures il trouvera enfin le chaînon manquant pour devenir maître de tous les univers, celui-ci et ceux qui sont sur d’autres plans d’existence. D’ici peu, les Anciens auront du souci à se faire !



***



-« Rodney ? Je ne vous attendais pas de si tôt dans la cité.
-Moi non plus Elisabeth, mais je suis persona non grata sur le Daedale.
-Vous exagérez sûrement.
-Ha non, Elisabeth, je n’exagère pas du tout. Même Carson trouve que j’émets de mauvaises ondes. Enfin, Carson et Hermiod ont analysé le fonctionnement de la substance alienne…ils sont contents. Quant à moi, je retourne à la base de données pour essayer de trouver le satané code d’accès.
-Très bien Rodney. »

Elisabeth quitte McKay des yeux pour retourner à ses occupations de chef. McKay quant à lui ne la lâche pas du regard. Un regard fulminant.
-« Et c’est tout ? Vous avez rien d’autre à me dire ?
-Quoi ?
-Du style…préparez vous, une équipe part sur le champ secourir le colonel Sheppard et le major Lorne !
-Je me demandais aussi quand est-ce que vous alliez aborder ce sujet. Ecoutez Rodney, je souhaite autant que vous, retrouver John et Evan en bonne santé mais… et d’une, je n’enverrais aucune équipe affronter cette chose sans savoir comment la combattre et de deux… »

Les épaules d’Elisabeth s’affaissent brutalement et elle laisse enfin son vrai visage, celui qui est exténué, prendre le dessus.
-« En fait, le colonel Caldwell a déjà tenté d’y envoyer une équipe…attendez avant de vous mettre en rogne Rodney… ce n’était pas mon idée, mais il voulait agir de suite, sans attendre d’en savoir davantage. D’une certaine façon, il avait raison, rien ne nous assure qu’ils ne vont pas reprendre la porte pour une destination inconnue. Mais de toute façon, cela s’est terminé avant même de commencer.
-Comment cela ?
-Nous n’avons pas réussit a entrer les coordonnées de la porte.
-Comment cela ?
-Et bien la porte ne s’est pas activée.
-Comment cela ?
-Quoi comment cela ?! Elle est restée close. « Votre correspondant est momentanément occupé, veuillez recomposer cette adresse ultérieurement. » Visiblement notre ennemi maîtrise parfaitement l’art de bloquer une porte.
-Evidement, elle a eu accès aux dossiers des Anciens, ne l’oublions pas ! Donc il est impératif que l’on reprenne le contrôle total d’Atlantis. Qu’est-ce qui ne marche plus, à part la porte ?
-En fait, je n’en sais rien.
-Comment cela ?
-Rodney ! Je ne sais pas parce que tout fonctionne normalement et subitement une donnée disparaît ou une action nous est interdite.
-Oui, c’est bien le principe de l’I.A, nous enquiquiner au maximum en anticipant les actions qui pourraient nuire à son concepteur. Visiblement l’alien qui s’est emparé de Lorne ne veut pas détruire la cité. Vous pouvez être certain qu’elle va revenir. »




***




Le colonel Sheppard marche lentement derrière le major Lorne. Malgré ce que lui a annoncé Evan, il ne reconnaît absolument pas ce monde.
-« Je ne sais pas où nous sommes, ni pourquoi nous y sommes. Qui êtes-vous ? »
Lorne le regarde amusé.
-« Je suis Evan, voyons. Evan Lorne. Major sur Atlantis.
-Je ne parle pas du major Lorne. Je voudrais savoir qui est celui qui a pris possession de son corps. »

Lorne s’arrête, séparé de Sheppard par la longueur du câble, soit moins de deux mètres. Ses yeux s’illuminent et sa voix devient caverneuse et enrouée.
-« Je suis le Divin, votre nouveau Dieu et bientôt celui de tout l’univers ! »
Sheppard fait une moue qu’il aimerait plus décontractée.
-« Super, encore un mégalo !
-Ne faites pas semblant de ne pas vous souciez des autres colonel. N’oubliez pas que j’ai été dans votre corps. Lorsque le major Lorne est venu se poser sur le caillou où les Lantiens nous avaient bannis, j’ai senti un vent de renouveau, un espoir de reconquête.
J’ai une notion toute relative du temps et j’avoue que je ne m’attendais pas à découvrir votre peuple et l’absence des Lantiens. Mais qu’importe quelques millénaires de perdu. Je suis de retour ! Imaginez ma surprise en découvrant ce que renfermait la base de donnée de la cité…que de technologie misent à ma disposition.
-Et que comptez-vous faire ?
-D’abord trouver ici le moyen d’accéder aux Lantiens. Ensuite, lorsque nous retournerons sur Atlantis tous les membres de votre expédition excepté ceux ayant naturellement le gène des anciens, seront morts.
-Qu’importe la génothérapie ? Sans ceux qui possèdent le gène, vous ne pouvez pas utiliser toutes ces fameuses merveilles.
-Vous êtes naïf John Sheppard ! Qu’importe le gène. Vous, Lorne et un ou deux suffisent amplement. Quand à utiliser Atlantis…mais dès mon retour ce joujou s’envolera vers d’autres horizons. Je peux créer la matière et l’énergie nécessaire pour vos ZPM et je contrôle le réseau informatique de la cité. Quelques mains me seront utile, pas plus.
Non, colonel Sheppard, ce que je recherche, ce n’est pas le gène qui est en vous. Vous êtes les descendants de ceux qui nous ont détruit. Vous détruire, vous, sera une douce vengeance…et peut-être que vos aïeux auront pitié et se manifesteront.
-Tous les terriens descendent des Anciens. Quand à leur intervention, vous vous fourrez carrément le doigt dans l’œil !
-Là encore, vous vous sous-estimez. Les Anciens n’interviennent pas certes, mais ils observent. Par la présence du gène vous êtes plus proche d’eux que vos congénères. Et c’est grâce à vous, leur descendance, leurs enfants que nous allons les détruire. Il n’existe pas plus jubilatoire que de faire tuer un père par son propre fils. »

L’entité à travers Lorne, regarde ses mains puis rit à gorge déployée. Un rire guttural, effrayant.
-«Si, peut-être faire mourir une femme de la main de celui qui l’aime. »

Quelque part ce qu’il reste d’Evan se recroqueville sur sa souffrance.

Sheppard n’est pas sur d’avoir tout saisit mais la puissance de l’entité semble phénoménale. John examine autour de lui, mais rien à faire, il ne reconnaît pas l’endroit. Pourtant, au creux de son estomac, une boule est en train de se nouer. Un sentiment d’urgence et de stress. De ces instincts qui vous alertent quand une catastrophe est en marche.
-« Qui venons-nous chercher ? »
Comme s’il n’avait pas vraiment envie d’entendre la réponse, à moins que se soit pour mettre de la distance entre lui et la réponse, Sheppard traînent les pieds et ralenti la marche.
Lorne n’est pas dupe du stratagème et donne un violent coup à la bride, propulsant Sheppard à ses pieds. Vraiment cette entité décuple les forces mais pas pour en faire un meilleur usage !
-« Je peux posséder vos corps et vos esprits par le biais du fer qui est en vous. Je suis capable de créer ce que je veux tant que cela contient un minimum de minéraux. Je peux générer l’énergie et l’électricité, mais je suis incapable d’être entièrement immatériel.
Alors que nous étions cloîtrés sur notre rocher, riche en minéraux, merci les Lantiens pour cette charité, certains des nôtres ont réussit à évoluer pour briser leurs entraves. Ils ont…comment diriez vous ? Ha ! Quelle ironie ! Ils ont évolué ! C’est l’un d’eux que je suis venu chercher. »


Immatériel.
Voila peut-être le mot qui comme un code secret déclenche les souvenirs de Sheppard. Des souvenirs très désagréables, de ceux que l’on range dans la case « à oublier absolument » !
Sans s’en rendre compte le militaire se met à trembler. Son corps incontrôlable exprime ce que son esprit refuse. La peur.
-« Ha non, c’est hors de question. Je ne vous suivrais pas là-bas !
-Vous n’avez guère le choix colonel ! »

Le dernier mot accentué paraît s’enrailler dans la gorge de Lorne. Depuis leur arrivée sur la planète que Sheppard identifie maintenant parfaitement, Evan n’existe plus vraiment et l’entité n’hésite plus à se montrer sous son vrai jour. Arrogant, compulsif et brutal.
A l’image de l’enfant qui s’accroche à sa couette pour ne pas sortir du lit, le colonel s’agrippe à l’herbe haute et verdoyante.
-« C’est hors de question ! »
Sur ces mots, John Sheppard prend complètement l’entité à contre-pied, passant de l’accablement, blotti dans l’herbe, à l’attaque purement et simplement. D’un bond, John se jette sur le major Lorne et lui assène quelques bons coups bien placés. Ses deux poings liés en une arme peu maniable mais redoutable. Si l’entité décuple les forces de l’humain, elle ne peut totalement annihiler sa souffrance physique.
Le cri du Dieu est terriblement strident et déclenche aussitôt la chair de poule tant sur la peau de John que sur celle d’Evan lui-même.
Ne se laissant pas pour autant distraire, Sheppard poursuit sa bagarre, bien décidé à en finir ici et surtout pas là-ba !
-« John…arrête s’il te plais ! »
La voix est celle d’Evan. La lumière dans les yeux a disparu et le corps du major se laisse labourer de coups sans en rendre un seul. Surpris Sheppard retient ses poings en l’air.
Une seconde.
Une seconde de trop !
Reprenant son rire sadique, celui de l’enfant heureux de sa ruse, l’entité attrape fermement le câble le liant à Sheppard et induit psychiquement une impulsion électrique. Celle-ci se répercute aussitôt aux poignets du malheureux prisonnier puis à tout son corps.
Si cela n’était pas encore évidant, cela le devient maintenant. Quoiqu’il fasse c’est dans sa tombe que cela se finira.

Quelques centaines de mètres en aval. Une autre entité a senti leur présence et elle en jubile d’avance.
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MessageSujet: Re: Evan-escence   Jeu 17 Mai - 17:57

Un très bon passage, encore une fois !
Pauvre John, pauvre Evan ...

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MessageSujet: Re: Evan-escence   Ven 18 Mai - 17:32

j'en avais de la lecture à rattraper moi Shocked

alors que dire?
1°) que t'a intérêt à continuer à écrire aussi bien ^^
2°) t'es sure que t'aime les mecs? parce que vu comment tu les traite je me pose des question inv
3°) le scénario est bien ficelé Wink
4°) heu...bein...plus rien à dire ^^

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MessageSujet: Re: Evan-escence   Ven 18 Mai - 20:32

Au risqe de me répéter mais cette fic est vraiment très bien^^ J'adore!!!!!
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MessageSujet: Chapitre neuf: retours aux sources   Mar 22 Mai - 0:13

petit topo pour ceux qui n'ont pas lu "la tombe":
Sheppard est victime d'une entité psychique qui utilisent les molécules d'eau pour interférer sur ma matière et agit avec un processus proche de la télépathie. Elle est le mal incarné...si on devait faire un raprochement avec les anciens, vu que on vient de voir qu'elle est "ascensionnée", je dirai qu'elle est comme les Oris.
Les Oris puisent de la force dans les prières et elle dans la souffrance et dans l'"agitation" neuronale et l'electricité qu'elle génère.
Quand j'ai écris "la tombe" je ne savais pas ce qu'était les Oris, ça m'a fait rire de voir la corrélation entre ces entités...




Chapitre neuf


Retours aux sources




Le lieutenant-colonel John Sheppard maudit cette entité.
Pourquoi lui a-elle raconté tout cela ? Par quel désir ou plaisir sadique elle a décidé de lui révéler ses sombres dessins ?
En fait la raison est si simple et si…stratégique. Quoi de plus efficace et rapide pour informer l’autre entité de ses projets, que de les insuffler préalablement dans son hôte.
John se sent remisé au simple rang d’objet que l’on use puis jette selon son bon vouloir.
-« Je ne veux pas y retourner ! Je ne me laisserai pas faire aussi facilement cette fois-ci.»
Cela l’entité le sait.
John ne cesse de le répéter depuis qu’il a comprit ce qui l’attend. Pourtant le militaire ne peut faire autrement que suivre la longe qui le guide vers l’entrée de la grotte. A chaque ralentissement, à chaque hésitation, une légère décharge électrique le remet sur le droit chemin.
Depuis son dernier passage, le haut plateau s’est affaissé et la faune a repris le contrôle de son espace de vie. Autant de signes marquant la perte de puissance de l’entité. De fait, ne pouvant maintenir le champ de force créant artificiellement la montagne, la créature psychique s’est retranchée dans une cavité préexistante. La petite grotte s’ouvre au pied de la source qui avait faillit accueillir la carcasse de John…merci Ronon et ses réflexes, merci Beckett et son baisé salvateur.

Dès l’entrée de la caverne, John sent la présence de l’entité. Comme si un marqueur avait été laissé dans son corps et activait une alarme à son approche. Avec le recul, Sheppard réalise que cet étrange malaise, cette sensation de perte de soi avait commencé bien avant qu’il n’arrive sur cette maudite planète et même avant que l’entité ne s’empare de lui. Déjà sur Atlantis, il s’était senti bizarre, fragile et très à fleur de peau. Une perception de lui et du monde qu’il avait mis sur le compte de sa fatigue et du dégoût qu’il éprouve à l’égard de toute chose un tant soit peu dépendant d’autrui…ce qu’il était,incontestablement, et ce qui le révulsait.
Mais maintenant, John comprend que ce sentiment était exacerbé par cette alerte qui s’était mis en marche dès l’arrivée du major Lorne. Une partie de lui avait tenté de le mettre en garde, de le prévenir du danger…et avait échoué.
Sheppard sourit malgré la situation.
-« Cool, je suis un détecteur à entité sadique et mégalomane! »
Le major Lorne ne sourit absolument pas. Avec une grimace de dégoût, il pousse violement Sheppard dans la grotte. La pénombre et l’importante hygrométrie les accueillent brutalement.
Lorne se tient juste derrière Sheppard. Il ne le tire plus en avant mais se contente de le bousculer sans ménagement.
-« Avancez. Elle est là tout près. Elle sent votre présence.
-Et moi je sens la sienne ! Vous avez une hygiène déplorable ! »

Une décharge électrique. L’entité n’a pas d’humour.
Après une dizaine de pas, Sheppard et Lorne stoppent leur progression. Impossible d’aller plus avant tant l’atmosphère lourdement chargée en eau est étouffante.
-« Et maintenant ? On se fait une petite belote en attendant qu’elle se joigne à nous ? »
Une autre décharge plus forte. John s’effondre inconscient le long de la cloison rocheuse. Décidément, vraiment aucun sens de l’humour. Pourtant en cherchant bien dans Evan, elle devrait trouver quelques restes d’humour noir et cinglant…mais bon, passons…



***




Un bruit plus proche du vrombissement que de l’explosion nucléaire et voila la salle d’embarquement d’Atlantis qui se transforme en hall de gare pour astronautes, Beckett et cinq hommes entièrement recouverts d’une combinaison orange.
Le docteur Beckett quitte au pas de course le groupe téléporté du Daedale et rejoint Weir et McKay.
Rodney devance toutes explications du docteur avec une remarque acerbe et cinglante comme lui seul sait les faire.
-« Vous ne leur avez pas dit que nous n’étions pas contagieux ? L’arrogance n’est pas une maladie qui se transmet aussi simplement que cela. De plus, j’insiste, une telle perfection nécessite un long apprentissage.
-Rodney ! Je ne partage pas le point de vue d’Hermiod et je ne suis pas là pour polémiquer mais pour obtenir des résultats.
Elisabeth, nous allons tenter d’extraire ce qui parasite nos hommes mais nous n’avons aucune idée des conséquences d’une telle action. C’est pour cela que l’on a pris des précautions.
-Carson, durant votre absence, dix des nôtres sont morts. La plupart se sont suicidés, mais deux sont morts d’embolie pulmonaire. »

Le docteur Beckett est furieux.
-« Pourquoi ne pas m’avoir prévenu ?
-Qu’auriez-vous pu faire ? Il règne une atmosphère apocalyptique à l’infirmerie et rien, ni nos gardes armés, ni les camisoles chimiques n’ont pu empêcher un tel drame.
Comment comptez-vous extraire cette substance dont vous me parliez ? Et comment rétablir le bon fonctionnement cellulaire ?
-Nous allons les dialyser, en espérant les purger de l’élément indésirable. Si cela ne suffit pas, nous serons peut-être obligé d’effectuer une exsanguino-transfusion, mais cela semble infaisable pour tant d’homme.
Bon on y va ! »

Carson se tourne vers les hommes vêtus de combinaisons étanches et aseptisées.
-« Suivez-moi et levez haut les pieds, y’a pas mal de marches ici. »
Alors que l’étrange équipe disparaît en haut de l’escalier de la salle de contrôle, la voix de Rodney, comme un murmure résonne pour lui seul et peut-être aussi pour Elisabeth.
-« Si vous pouviez dialyser le réseau informatique par la même occasion… »


Dernière édition par le Mar 22 Mai - 10:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Evan-escence   Mar 22 Mai - 0:14

***




Un terrible mal de tête réveille le colonel Sheppard.
Il espérait sortir d’un mauvais rêve mais prend conscience que bien au contraire, il est plongé au cœur même du pire de tous ses cauchemars.
John Sheppard est toujours allongé le long de la cloison. La froideur et la noirceur qui l’enveloppent lui rappellent de très mauvais souvenirs, d’autant qu’il voit très clairement la masse gélatineuse blanche qui se forme sur la paroi rocheuse. Pris d’une panique totalement incontrôlable, Sheppard tente de fuir la grotte, mais ses membres refusent de lui obéir et il tombe lamentablement sur le sol, face contre terre. Cela aussi évoque de pitoyables réminiscences du passé. L’entité qui aime tant se gorger des souffrances passées doit être mise en appétit par de telles pensées. Sheppard le sait mais cela ne l’aide guère à se concentrer et à positiver. Il essaye de se redresser mais rien n’y fait et c’est encore le visage dans la boue que se termine sa tentative de fuite.
-« Vous pensiez que je vous laisserai vous échapper aussi facilement ? »
La voix de Lorne est posée et calme, pourtant, elle est tous sauf apaisante. D’une petite traction sur la longe, Lorne tire Sheppard et le rapproche de la paroi. Sheppard comprend alors que le major a profité de son inconscience pour le ficeler avec la bride métallique. Comme pour confirmer ses soupçons, Lorne fait parcourir une très légère décharge qui tétanise tous les muscles du militaire.
-« Pourquoi ?
-Je ne peux pas me permettre un échec. Vous avez su échapper une première fois à l’emprise de mon allié mais cela ne se reproduira pas. Cette fois-ci, il n’y aura personne pour vous guider vers la sortie et je ne vous laisserai aucun moment de répit pour reprendre les rênes de votre destinée. Vous serez sien et ensemble nous retournerons dominer Atlantis.
-Vous êtes un malade ! Jamais les miens ne vous laisseront prendre Atlantis intacte. Puisque vous avez lu dans mes pensées, vous savez que je dis vrai.
-Vous le croyez, c’est exact, mais que pourront-ils faire. En ce moment, ils ne contrôle déjà plus la cité. Ils ont du s’entretuer avant même de s’en rendre compte. »

John essaye de rire mais n’obtient qu’une quinte de toux… encore un souvenir douloureux.
-« Moi au contraire je suis certain qu’ils ont parfaitement géré cette crise et que McKay a trouvé comment reprendre le contrôle des ordinateurs. Votre perte sera votre arrogance et votre suffisance !
-A mon tour de rire colonel Sheppard. Pendant des siècles ceux de ma race ont parcouru les galaxies, errant dans l’espace jusqu’à trouver des êtres à dominer et à asservir. Si les Lantiens ne nous avaient pas bannis nous serions les maîtres incontestés de l’univers. Ce ne sont pas des humains aussi insignifiants que vous, qui changerez le cour du temps et l’établissement de notre suprématie. Ce que l’entité, comme vous l’appelée, a sous estimé en vous prenant pour hôte, ce n’est pas votre intelligence mais le potentiel que renferme cette intelligence. Vous n’êtes rien comparez à nous alors cessez donc de croire en vos amis. Quand à ce McKay que vous tenez en si grande estime, sans l’aide de l’informatique, il ne trouvera jamais le mot de passe neutralisant mon virus. Lorne s’en ai chargé. Vous voyez, c’est bien ce que je voulais dire. Vous avez du potentiel. A nous d’en profiter et de l’exploiter.
Bon, assez de blablabla inutiles. Cessez de vous agitez, et laissez-là progresser ! »


John quitte Lorne des yeux pour découvrir horrifié la nébuleuse hydrique qui comme par le passé s’est formé au dessus de lui. Sa moiteur l’enveloppe déjà presque entièrement, déposant à la surface de sa peau une fine pellicule de transpiration piquante. Sheppard s’agite mais sait que cela n’aura aucun effet sur la chose en devenir.
Sur la paroi de la caverne, la couche de gélatine blanche a presque terminé son extension. Epaisse à sa naissance, là où le nuage d’eau est le plus compact, la substance visqueuse semble s’étioler en glissant le long du mur. A l’approche de sa victime, l’entité sous sa forme hydrique se coule en fins filets gluants, tombant sur le front et le cou du colonel. Sous peu, elle pénètrera ses voies respiratoires et tout recommencera.
John essaye de se concentrer sur des pensées positives et agréables mais c’est peine perdue. Il sait ce qui l’attend et ne peut contrôler la peur qui le submerge. Comme pour confirmer ce qu’il sait être inéluctable, les gouttelettes blanches se réorganisent comme du mercure, s’étalant jusqu’à devenir une petite flaque sur sa joue. Lentement, presque avec le souci du détail scénaristique, la flaque s’approche de la bouche de John et y pénètre.
Le goût comme un souvenir submerge Sheppard qui tente de recracher la substance. Mais celle-ci s’accroche et pénètre plus avant dans la gorge et dans le nez du militaire. Encore cette sensation d’étouffement. Encore cette maudite absence d’oxygène qui induit panique, souffrance, peur et douleur.
Sous le regard avide du major Lorne et de celui qui se fait appeler Dieu, un spasme violent secoue le corps du supplicié. Sheppard se cambre, s’arque boute, puis s’immobilise les yeux grands ouverts sur le néant.



***




Des cris, des hurlements accompagnent leurs progressions. Ils courent sans connaître leur destination. La seule chose qu’ils savent c’est qu’il est là, pas très loin et que ses cris à lui couvrent tous les autres, tant ils sont puissants.
Au détour d’une coursive, une petite fenêtre s’ouvre sur un hall en contrebas. Il est là, à genoux, à ses pieds. Elle est grande et svelte.
Qui est-elle, ils l’ignorent. Elle leur tourne le dos.
Ce qu’ils voient d’elle ? La terreur qu’elle inspire à leur ami, proie soumise et blessée. Elle rit et pose sa main contre son cœur. Il tremble, il sait à quoi s’attendre. Eux l’ignorent, ils viennent juste d’arriver.
Et subitement cela commence. Il hurle et elle jubile. Il se meurt et elle se régénère.
Sheppard la met en joue et tire. Elle le lâche et vient doucement poser son regard sur le jeune militaire. Le major est subjugué. Elle ne souffre pas et reprend sa terrible torture. Son chef est à ses pieds, moitié mort, moitié vivant… mais tout de même un peu plus mort que vivant.
John se noie dans le regard implorant de celui qu’il nommait « mon colonel ». La voix de Lorne l’en extrait douloureusement.
-« Où sommes nous ?
-Dans un vaisseau wraith.
-Que se passe-t-il ?
-Le colonel Sumner va mourir. Je vais le tuer. »

Evan regarde la scène, horrifié. Sumner se décompose comme une fleur qui se flétrie et s’assèche sous des lampes chauffantes.
-« Tire, mais qu’est-ce que tu attends John? Tire bon sang ! »
Et John Sheppard, major de l’armée de l’air, tire sur son colonel, le projetant brutalement au sol et déclenchant les foudres et la haine de la reine.
-« Je vais devoir vivre avec ça ! »

Flash

D’un regard Sumner le supplie de le tuer, mais il n’ose pas. Il sait au fond de lui qu’il n’y a pas d’autre échappatoire, que la mort sera salvatrice… mais il n’ose pas.
-« John, tu dois le tuer.
-Evan, je ne peux pas. C’est un trop lourd fardeau.
-Tu dois le faire. Tire »

Et ce fut fait, encore….et encore. Flash après flashs !

Inlassablement la même scène se reproduit, entretenant le sentiment de culpabilité qui oppresse le colonel Sheppard.
Dix fois, vingt fois déjà Sumner s’est écroulé au sol. Par moment Sheppard laisse la reine vider son chef jusqu’à la dernière goutte d’essence de vie. Dans ses moments là, les cris sont tels qu’ils s’imprègnent dans le cerveau de John comme autant de reproches.
Pourquoi m’avoir tué ? Pourquoi m’avoir laissé mourir ? Pourquoi m’avoir abandonné ? La voix est tantôt celle du colonel, tantôt celle de Naïla son amour afghane.
Les sanglots du militaire ponctuent les souvenirs comme ce fut le cas par le passé et comme cela est le cas en ce moment présent.
Pourtant, il y a une grande différence.
L’intrus, la petite bête qui va enrailler la belle machine bien huilée se nomme Evan Lorne et il ne compte pas rester là à ne rien faire.
-« John, ressaisissez-vous, cela n’est pas réel ! »
Mais au moment même ou Evan prononce ces mots, la scène se modifie et c’est le major Lorne qui se retrouve le flingue à la main, mettant en joue le colonel. Avec assurance, il vise et s’apprête à tirer… sauf que la bête n’est pas idiote et sait comment induire l’agitation synaptique qui la nourrira et la souffrance qui la contentera.
Sumner fixe Lorne intensément. Mais au moment où le militaire appuie sur la gâchette, le colonel se transforme en une mince jeune femme ensanglantée.
-« Evan, mon amour, pourquoi m’avoir tué ? »
Un cri. Aussi strident et déchirant que l’était celui du colonel Sumner quelques minutes plus tôt. Le major Lorne est couvert d’une sueur froide. Des tremblements le tétanisent. Il reste ainsi immobile, fixant celle qu’il a toujours aimée. Sheppard s’approche doucement de lui et pose une main sur son épaule. Lorne réagit violemment en repoussant au loin son ami.
-« Evan, cela non plus n’est pas réel.
-Si, John, bien au contraire. Vous ne comprenez pas. Je l’ai tuée. J’ai tué Mégane. »

Sheppard ne sait que dire. Il perçoit sans l’ombre d’une hésitation la vérité qui pointe son petit nez mesquin sous l’illusion induite. Le major Lorne a bien tué le lieutenant Frès, et sûrement tout le reste de son équipe. John pense à la souffrance et la douleur qui l’accompagne chaque jour de sa vie.
La culpabilité comme une seconde peau qui vous colle et vous étreint d’une passion ardente mais tous sauf amoureuse. La cruelle réalité d’un poids que rien n’ôtera. Ni les mots, ni les gestes, ni même les remords.
-« Evan. Major Lorne, écoutez-moi. Ce qui est fait est fait et cela ne sert à rien d’y revenir. Votre corps et le mien ne sont plus en notre entière possession et il nous faut impérativement agir. »
Comme le major réalise l’imprégnation virtuelle du cauchemar éveillé, la scène se délite et le décor se liquéfie pour ne laisser qu’un espace vide, blanc, sans fond et sans limite.
-« Où sommes nous colonel ? Comment se fait-il que nous puissions être en contact.
-L’entité agit par un mécanisme proche de la télépathie. C’est Teyla qui l’a devinée lors de notre première escale ici. Première et j’avais espéré dernière…
Bref, je suppose que nos esprits sont liés comme le sont ceux des deux entités.
-On dirait qu’elles nous ont oublié.
-C’est peut être un peu le cas. Pourtant je sens ma sale bête personnelle qui continue d’influencer ma vision. Tout autour de vous se dessinent des ombres et des auras qui sont toutes des témoignages de mon passé. Mais grâce à Teer et à Teyla, je commence à maîtriser un peu tout cela moi aussi.
-C’est étonnant, de mon côté, la sale bestiole qui me dirige ne projette pas de souvenir aussi désagréable. Je dirai plutôt qu’elle se nourrit intellectuellement de mon passé mais pas au sens psychique du terme comme votre entité.
-Parce qu’elle n’en a pas besoin, elle est matière, minérale certes, mais bien réelle. La mienne…beurk, rien que d’évoquer ces trucs comme nos possessions, me dégoûte…bref, la mienne est immatérielle. Sa sorte d’ascension la met à l’abri de besoins physiques. Par contre elle se nourrit d’électricité, mais plus par utilité pour agir sur notre niveau d’existence comme dirai McKay, que par besoin vital. En revanche ma souffrance lui procure une jouissance indéniable. Et malheureusement, ce n’est pas nouveau pour moi. »


Si à l’intérieur de leur enveloppe charnelle, le débat et les hypothèses vont bon train, à l’extérieur, ceux qui ont pris possession de leur être, sont tout autant en grande discussion.
Le colonel Sheppard est toujours allongé au sol, la face dans la boue. A ses côtés, le major Lorne s’est assis, la main délicatement posée sur le front de Sheppard. Aucun mot n’est prononcé, cela est inutile. Seuls les froncements de sourcils et la moue crispée de Lorne confirme l’échange entre les deux entités.
Dieu semble s’apaiser. Un accord est sans doute passé.
Dieu aura sa cité, aura Atlantis, sa vengeance et avec elle, l’univers.
L’autre aura les Lantiens, sa vengeance et avec elle, tout un plan d’existence à conquérir.
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MessageSujet: chapitre dix Que le hostilités commencent !   Jeu 7 Juin - 13:32

Mise en garde: Inutile de chercher quel sont les zodes que vous avez loupé, toutes les références proviennent de "La tombe".

Chapitre dix


Que les hostilités commencent !


Le temps n’a plus d’emprise sur leurs corps. Sans doute souffrent-ils du froid et de la faim, sans aucun doute les stigmates de la soif commencent à apparaître, mais cela ne les touche guère. Tout juste si une lointaine alarme les met en garde contre un risque vital pour leurs enveloppes charnelles.
Les deux entités sont immobiles depuis bien longtemps maintenant. Soudées dans une sorte de transe hypnotique qui les lie et unit par la même occasion Sheppard et Lorne.
Le temps s’écoule sur ce tableau figé.
Dehors les oiseaux chantent et gazouillent. Cette planète ne souffre plus de la présence de l’entité psychique. Elle était trop faible, trop fragile pour influencer son habitat. Mais les choses vont changer, elle a retrouvé son carburant et bien plus encore.



***




Le docteur Carson Beckett essuie discrètement son front. Sa concentration et ses espérances s’expriment sur son visage mieux que sur quiconque. C’était du moins le cas avant l’entrée du docteur Weir. Elisabeth rejoint Carson devant la vitre de la salle d’opération. Elle n’est pas vraiment belle à voire. Ses traits sont tirés et d’affreuses cernes lui dessinent un visage obscur et terriblement triste.
Cela fait deux jours bientôt que le colonel Sheppard et le major Lorne ont disparu, et presque autant que le docteur Beckett et son équipe de « cosmonautes » tentent de sauver les personnes atteintes par l’entité. Après quelques tentatives infructueuses ayant eu pour seul effet d’énerver davantage encore le sujet, il semble enfin y avoir des résultats.
Un caporal est sanglé sur une table d’opération. Deux perfusions lui ont été posées. L’une d’elle aboutit à un étrange appareil circulaire. Le docteur Beckett explique à Elisabeth le fonctionnement de l’appareillage.
-« Vous voyez docteur Weir, cela fonctionne essentiellement selon le principe de la diffusion à travers une membrane semi-perméable. Les minéraux qui sont en excès seront retenus par la membrane et cela permettra de purger le sang du fer contaminé ainsi que de l’étrange catalyseur alien. La difficulté a été de concevoir la membrane adéquate et le dialysat le plus efficace. Voila, mon collègue du Daedale vient de mettre l’appareil de dialyse en route. Vous voyez, le sang commence déjà à pénétrer dans le filtre. Maintenant si cela fonctionne sur les sujets peu atteints, je doute que se soit suffisant pour ceux qui comme ce caporal ont été directement contaminé par Le major Lorne.
-Vous voulez dire par l’entité alienne !
-Oui… heu… excusez-moi...je… »

Les excuses bafouillées par Carson sont interrompues par des hurlements. Des les premières gouttes de sang filtré, la caporal s’agite en tirant violemment sur les sangles le maintenant au le lit d’opéré. L’action pourtant totalement indolore de la dialyse semble occasionner au sujet de terribles douleurs, comme si les particules ferriques, extraites de force du sang, étaient encore liées au corps. Le caporal se contorsionne avec une force décuplée par la possession et l’EPO présent dans son organisme. D’un brusque mouvement il parvient à arracher une courroie. L’action s’enchaîne rapidement. La main gauche libre de tout mouvement, le militaire ne tarde pas à ôter les autres lanières devenues inutiles. Carson est figé par la surprise. Elisabeth est sidérée par la rapidité des faits. Tout juste a-t-elle le temps de prendre une grande inspiration que l’homme est debout dans le bloc, et le médecin qui l’assistait, inerte sur le sol.
Une petite minute suffit au caporal pour se libérer et neutraliser le médecin, autant pour s’arracher les perfusions et sortir en trombe du bloc chirurgical. Deux minutes lourdes d’angoisse durant lesquelles ni Carson, ni Elisabeth n’esquissent le moindre mouvement. En revanche dans leur esprit c’est l’agitation la plus complète. Le docteur Beckett est déjà dans l’étape suivante qui consiste à améliorer le traitement et surtout, surtout, à sédater le patient, alors que le docteur Weir se dit qu’elle est vraiment extrêmement épuisée et que finalement elle ferai bien d’accepter les somnifères de Carson…du moins si elle s’en sort vivante.
Le caporal surgit quelque part entre la sédation de l’un et les somnifères de l’autre. Il pointe l’arme dérobée au médecin du Daedale sur le docteur Weir.
-« Une de moins ! »




***




John sent son entité hésiter avant d’accepter l’offre de celle d’Evan.
Au delà du simple désaccord quand au devenir des humains, c’est l’essence même de leur nature qui les éloignent.
L’entité de Lorne, minérale, ne craint rien ni personne. Elle se sent supérieur en tout et veut jouir de ce pouvoir. Elle est Dieu, et compte bien le faire savoir.
L’autre en revanche, se sent en insécurité sans hôte physique à manipuler. Son expérience passée avec Sheppard a modifié sa façon d’aborder l’emprise quelle peut avoir sur autrui. Elle aime jouir de la souffrance et cela lui est devenu aussi vital que l’énergie elle-même. Ce qui est important pour elle ce n’est pas tant la quantité que la qualité. Pourtant la crainte d’être de nouveau expulsée avec violence retient ses ardeurs de possession. L’entité porte en elle les séquelles du passage de Teyla et John. Certes, elle est actuellement en Sheppard et l’utilise avec plaisir, mais elle n’ose pas se fondre en lui aussi pleinement et intensément que la première fois. A son opposé, l’entité minérale ne craint pas ce retournement de situation. Sa nature physique ne l’expose pas au rejet psychique. En ce sens elle se conçoit comme supérieur à son homologue ascensionné.
John et Evan perçoivent cette étrange impression de rejet et de dégoût temporisée par le besoin d’union.
Finalement, après plusieurs heures de conciliabules et d’hésitations, les deux êtres unissent leurs esprits et leurs expériences afin d’en extraire le meilleur potentiel d’action.
L’une comprend qu’elle a sous estimé son hôte et ainsi laissé filer une belle occasion de jouissance mais aussi d’expansion. Grâce à la structure minérale de son alliée elle sera toute puissante et pourra enfin se distiller en Sheppard avec délectation et sans aucune retenue.
Quand au divin, il réalise combien le fossé qui sépare les ascensionnés des autres, induit l’ignorance et la méconnaissance de ces êtres dit supérieurs! Cela le conforte dans sa position de divinité omnisciente.
Deux entités unies dans leurs origines et mégalomanie pathologique.
Deux entités qui s’accouplent pour mieux posséder les humains, Atlantis, l’univers puis enfin pour mieux détruire l’autre, la version altérée d’elle-même.

John et Evan sont toujours prisonniers d’un espace blanc infini au-dessus duquel plane l’ombre des cauchemars. Une ombre pour l’instant, lointaine, comme une menace qui se fait tout de même de plus en plus oppressante. Tout deux ne se font aucune illusion. Le répit sera de courte durée. Pour le moment, ils sont simplement spectateurs de l’étrange stratégie guerrière de leurs « parasites ».
-«Elle va se couler en toi comme elle l’a fait avec moi. John, l’entité de la grotte ne sera plus uniquement psychique et tu ne pourras plus t’en défaire par ta seule détermination. Tu es un appât. Mon entité veut se servir de toi pour amener l’autre à suivre ses dessins.
-Je le sais et Elle le sait également.
-Je ne comprends pas. Pourquoi jouent-elles ce jeu puisque aucune n’est réellement dupe ?
-En se liant, elles se consolident mutuellement. Mon entité ouvre l’accès aux Anciens avec l’espoir de les détruire…
-Comment ? Et dans quel but? La vengeance?
-Ou simplement le désir de régner en maître absolu. Quand à savoir comment…j’ai ma petite idée mais j’avoue qu’elle est tous sauf plaisante.
-Et pour ta bestiole, quel est son intérêt ?
-Le pouvoir sur les deux plans d’existence. La possibilité d’agir sur moi et sur d’autres humains sans crainte et sans limite. Si elle se lie à une matière physique, je ne peux plus agir sur elle. La première fois elle a vu en moi un animal avec lequel jouer. Maintenant elle sait que nous pouvons être beaucoup plus que de simples réceptacles et que nous sommes nombreux. Elle a quitté sa force minérale pour fuir la prison des Anciens mais elle en paye le prix. Elle a maintenant la possibilité de jouir de ses capacités immatérielles tout en faisant voler en éclats les limites que lui imposait son ascension imparfaite. Evan, nous ne pouvons pas être les instruments de la propagation d’une telle monstruosité. Nous devons agir.
-Comment?
-J’ai une idée, mais ce sera difficile et prendra sans doute beaucoup de temps.
-Reste à savoir si nous aurons ce temps. »

La réponse à cette question ne tarde malheureusement pas à venir. Le blanc neutre et doux qui leur servait de prison reprend finalement ses teintes cauchemardesques, les propulsant sans ménagements vers un passé ravivé avec plaisir par les deux entités.
John et Evan ont espéré fuir leurs bourreaux mais ces derniers ne les ont pas laissé en paix bien longtemps finalement.
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MessageSujet: Re: Evan-escence   Jeu 7 Juin - 13:32

***




Ils marchent pieds nus dans le sable chaud. Evan n’aime pas trop cette sensation entre les orteils mais ce n’est pas bien grave. A ses côtés, John semble soucieux.
-« John, où sommes nous? »
Le colonel Sheppard regarde son ami mais son attention se fixe au-delà, dans les montagnes qui se dessinent progressivement à l’horizon. C’est à cet instant qu’Evan se rend compte de la tenue du colonel. Autant le major Evan porte toujours la combinaison verte empruntée au bloc infirmier d’Atlantis, autant le colonel Sheppard porte une étrange tenue aux accents du Maghreb, une djellaba blanche toute simple, qui fait ressortir sa peau burinée par le soleil. John se tourne enfin vers Evan et plonge ses yeux dans les siens.
-« C’est une tenue Afghane. Je la portais le dernier jour.
-Le dernier jour ?
-Oui, juste avant d’être expédié en Antarctique. Regarde la voila. »

Lorne suit le regard soudain étincelant de Sheppard. Au loin se profile la silhouette d’une jeune femme cachée sous une buqua bleue. La forme fantomatique semble flotter au-dessus du sable.
Un mirage pense aussitôt le major Lorne.
-« Non, c’est Naïla. Ma femme. »
La voix de John est douce et posée. Aucun sentiment, juste une constatation.
Evan est sidéré. Jamais il n’aurait imaginé que le colonel Sheppard, le dragueur invétéré et enfantin, ait pu se marier, qui plus est dans de si étranges circonstances.
-« Qu’avait-elles d’étranges ? Je l’aimais, tout simplement. »
Evan réalise seulement à ce moment là que le colonel commente ses pensées sans qu’il n’ait besoin de les formuler.
-« Normal, nous sommes dans un souvenir trafiqué. J’ai l’habitude maintenant. Et puis…
-Oui ?
-C’est différent.
-Comment cela ?
-C’est différent. Je ne sais pas. Naïla était venue en jeep avec un ami français, PML, puis nous avons célébré notre mariage, en toute simplicité. »

Sheppard baisse les yeux et garde le silence. Evan ne quitte pas du regard la burqa qui n’est plus qu’à quelques mètres. Il sent John qui s’agite et tremble de plus en plus à son approche.
-« John, à quoi doit-on s’attendre ?
-Je suis parti le lendemain et je n’ai jamais revu Naïla. Elle est morte alors que j’étais en Antarctique. Lorsque la lettre de PML m’est parvenue, elle était morte depuis déjà un moment. Mais je la savais malade. Et je me savais impuissant. »

Evan regarde la silhouette avec un œil différent. Il perçoit la crainte de John s’accentuer au grès des pas de Naïla comme s’il était John lui-même…finalement c’est un peu le cas non ?
Un sentiment d’oppression terrible.
Son souffle se fait court et son inspiration douloureuse. Son cœur s’emballe et de terribles palpitations semblent vouloir faire exploser sa cage thoracique. La douleur est encore relativement faible mais la pointe ne cesse de croître, ne laissant aucun doute quand à son intensité future. Une sueur froide le recouvre instantanément, le saisissant d’effroi. Evan se tourne alors vers John pour découvrir dans son ami le parfait reflet de son mal-être et de la terreur qui vient de le submerger.
Avant d’entrer dans le cauchemar de John, Evan pensait qu’à deux, ils seraient plus forts pour affronter leur passé. Pourtant ce n’est pas seulement sa souffrance passée que Sheppard expose ainsi dans sa nudité primaire, mais tout son être. Pas de faux-semblant, pas de gamineries derrières lesquelles jouer les insensibles… Il n’y a plus d’apparence mais uniquement la vérité. John avait aimé cette femme plus qu’aucune autre. Après elle, il n’y avait plus eut que l’Antarctique, sa pureté et sa solitude. Atlantis avait été pour Sheppard un salut. Il s’était jeté dans cette mission en sachant qu’elle serait peut-être suicidaire et finalement c’était un peu ce qu’il recherchait.
John lance un regard en direction d’Evan.
-« Mais maintenant c’est différent, je…
-Oui, je le sais, mais aussi. »

Pas besoin d’exprimer à haute voix ses sentiments lorsque vos esprits sont si étroitement liés. Le major Lorne ressent la même chose que le colonel Sheppard et malgré la situation qui ne prête guère au sentimentalisme, Evan ne sent ému et troublé plus qu’il ne l’aurait cru possible.
John n’a pas pu sauver Naïla et avec elle, il croyait perdu sa capacité d’aimer et surtout de se faire aimer. Pourtant il a trouvé dans ce coin reculé, si loin de sa propre galaxie, une famille qui tient à lui plus qu’il ne l’aurait pensé.
Alors que les deux terriens sont en parfaite symbiose, oubliant presque le cauchemar dans lequel ils naviguent, celui-ci se rappelle à leur bon souvenir.
-« John ! »
La voix de Naïla. Pareille à la première fois devant la tente.
Naïla abaisse le voile de sa burqa. Evan pensait découvrir le visage souriant de madame Sheppard ou celui torturé de la belle au moment de sa mort, mais ce n’est que le néant qui se présente à eux.
Rien, juste le vide infini…puis un trou noir.

Evan et John sont comme aspirés par le visage ou plutôt l’absence de visage. La sensation est incroyable. Ils se sentent soulevés du sol par une puissance surnaturelle qui les fait tournoyer puis les broient comme de simples fétus de pailles. Evan a l’impression de se fondre en lui-même et d’entendre crier chacune de ces cellules, chacun de ses atomes…puis c’est l’explosion, l’ouverture.
Réduit à l’infiniment petit pour s’ouvrir ensuite sur l’infiniment grand. Evan croit entendre le colonel Sheppard lui crier quelque chose mais rien ne lui parvient. Au fond de sa conscience, il sait que tout cela n’est qu’un rêve induit, que rien n’est réel et pourtant...
En l’espace d’une fraction de seconde, Evan a l’impression de ne plus être que particules au milieu d’un univers aussi vaste que…
-« Que la mort ! »
Cette fois les mots de Sheppard ont bien été perçus. Voila où ils sont, dans le champ de la mort, là où les cris d’agonies et de souffrances se mêlent en une mélopée terrifiante. Le colonel Sheppard et le major Lorne ne voient rien, ne sentent rien, au sens physique du terme, comme si leurs corps étaient en apesanteur. En revanche ils entendent parfaitement les geignements et les suppliques. Parmi eux, ceux de Naïla, parfaitement reconnaissable…puis ceux de John.
Evan voudrait se recroqueviller sur lui-même, se faire si petit qu’on l’oublierait dans un coin de cet univers. Mais sans corps, comment fuir ?
La souffrance de son ami s’insinue lentement en lui et exhorte Evan à l’accueillir. Elle se fait sa place sans douceur, avec une brutalité presque pure.
Voila, le mot est lâché ! Ici, tout n’est que pureté. La douleur, son ressentit. La tristesse et sa capacité à détruire à petit feu…ici tous ces sentiments sont extrêmes et parfaits…si intensément éthérés.
Evan se fond dans son colonel aussi sûrement que ce dernier se glisse dans les douleurs du major. Naïla, Mégane…
Un cri sort de la gorge du major Lorne.
-« Még ! »
Il ouvre les yeux. Ils sont de retour.



***





-« Colonel, regardez ! »
Voila plusieurs heures déjà que le colonel Caldwell regarde cette superbe vue sur…rien du tout ! Pourtant c’est bien là que devrait se trouver cette fichue planète à l’origine de leurs problèmes. A moins que le major Lorne ait menti et soit parti se balader ailleurs ? Cela lui semble impossible mais comment expliquer l’absence de toutes vie dans ce coin paumé de la galaxie. Même Sheppard n’y avait rien trouvé d’autre que l’ennuie.
La voix du technicien sort le militaire de ses songes. Caldwell redresse la tête en ronchonnant.
-« Qu’y a-t-il de nouveau à regarder ? »
Un grognement plus qu’une vrai question, et pourtant…pourtant, comme surgissant de nulle part, une petite planète à l’allures de lune terrestre a fait son apparition. Caldwell est sidéré.
-« Comment cela est-il possible ? Etait-elle occultée ?
-Vraisemblablement, mais pas seulement. Elle semble se mouvoir. Oui, tous nos calculs le confirment. La planète du major Lorne se déplace et avance dans notre direction. »

En effet la vision panoramique de la salle de contrôle montrait une petite lune dans le coin gauche et maintenant, sans que le Daedale n’effectue la moindre manœuvre, la lune est bien centrée et rempli largement le tiers de la verrière.
-« Elle accélère…On dirait qu’elle… »
La moitié de la vitre expose la planète qui subitement prend l’aspect d’une véritable petite bombe.
La voix de Hermiod prend le relais avec une froide logique Asgard.
-« Impact dans six minutes. Si la planète n’accélère pas davantage ce dont je doute. »
Le colonel Caldwell prend aussitôt les mesures qui s’imposent, intimant l’ordre de replis.
-« Colonel un jumper quitte la planète. C’est celui du major Lorne.
-Quoi ?! »

La surprise autant que la colère sidère le colonel Caldwell. Ainsi ce sont le colonel Sheppard et le major Lorne qui leur envoie ce petit cadeau de bienvenue.
-« Occulté ! Colonel le jumper c’est occulté, je ne peux plus le suivre… quand à la planète elle… »
Un étrange mouvement, comme une onde invisible puis le noir habituel sur fond étoilé.
-« Colonel, la planète aussi s’est occultée !
-Je le vois bien lieutenant ! Hermiod, temps avant impact ?
-Trois minutes et vingt-huit secondes.
-Nos chances ?
-Aucune. Les boucliers ne résisteront pas. Nous allons littéralement nous écraser à la surface de la planète.
-Bien ouvrez une porte d’hyperespace. »


Une toile d’araignée bleutée apparaît près du vaisseau qui s’y jette sans hésiter. La planète frôle malgré tout le Daedale quelques millièmes de seconde avant son entrée dans l’hyperespace, secouant violement le vaisseau. Une explosion cataclysmique accompagne la disparition du Daedale.

Aux confins de la galaxie de Pégase, une planète vient de mourir, emportant avec elle la vie sacrifiée de milliers de femmes, hommes et enfants, persuadés d’avoir rejoint leur Dieu pour une vie meilleure.
Quelque part dans une zone où le temps n’est plus très palpable, un vaisseau blessé navigue à l’aveugle.
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MessageSujet: Re: Evan-escence   Sam 9 Juin - 15:05

ta fic est vraiment géniale, on est complètement happé et oppressé par l'histoire. tu dois être une grande fan de littérature pour avoir une imagination aussi fertile ou alors c'est un don. encore bravo!!
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MessageSujet: Re: Evan-escence   Dim 10 Juin - 12:21

Toi ma Lilou t'es vraiment un amouuuuuuuuuuuuuuuuuur de lectrice ^^ Si tu as des idées, je veux bien te faire une fic rien que pour toi (et le forum^^)...
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MessageSujet: Re: Evan-escence   Lun 11 Juin - 11:36

Voila, j'ai rattrapé mon retard de lecture ^^

Un très bon passage !
On se demande laquelle des deux entités va prendre le dessus sur l'autre ! Vont elle s'unir ou se combattre ? Atlantis va-t-elle réussir à combattre ce fléaux ? Que devient le Daedale ?

La suite au prochain épisode ^^

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MessageSujet: chapitre onze   Mer 20 Juin - 23:41

Chapitre onze


Stratégies alambiquées





-« Bon sang, ça m’énerve ! Quel est ce fichu mot de passe et pourquoi ces ordinateurs refusent de fonctionner correctement ? Allez, tout doux ma jolie, allez accepte ce code… »
Le docteur McKay s’agite sur le clavier de son ordinateur. Il a relié sa machine au central d’Atlantis et cherche désespérément comment neutraliser le virus, ou plutôt l’intelligence artificielle, qui parasite le réseau. Dans d’autres circonstances il aurait trouvé depuis longtemps ce code mais voila, même son ordinateur refuse de l’y aider, et composer toutes les combinaisons possibles lui prendrait un siècle, voire plus si on compte le temps gaspillé à râler.
Du coup le scientifique calme et discret, image d’Epinal d’un autre temps, s’est transformé en un gamin nerveux et bougon…bref en Rodney McKay !
Encore quelques essais infructueux et voila le Rodney national d’Atlantis qui bazarde son ordinateur comme un vulgaire jouet. Geste d’énervement aussitôt regretté, mais pour rien au monde McKay ne l’avouerait !
L'air dépité, il regarde son meilleur allié qui en ce jour fatidique refuse toute alliance, puis lui tourne le dos, comme s’il espérait que les synapses électriques de son portable le supplient de revenir… amers illusions…stupides illusions.
Tout comme le docteur Weir et la majorité des Atlantes, McKay a peu de sommeil derrière lui. Il est particulièrement à fleur de peau et anxieux. Après avoir traversé tant d’épreuves avec le lieutenant-colonel Sheppard, il se sent abandonné, presque jaloux de Lorne…presque.
Il quitte la salle de contrôle dans le but de rejoindre les docteurs Weir et Beckett, mais avant, l’urgence est de se calmer…aussi fait-il un détour par le self où un sublime sandwich de dinde l’attend. Une pensée pour John, l’adepte inconditionnel de la dinde, et en route pour le bloc chirurgical.



***




Ils sont de retour sur « le monde ». Lorne n’en revient pas.
Il lui avait semblé errer indéfiniment dans le noir au milieu de cris des êtres chers. Pourtant il savait que ce n’était qu’une illusion dans laquelle le temps n’existait plus. Il aurait aimé croire que cela n’avait duré que quelques minutes mais il devait se rendre à l’évidence. Il était le jouet du divin depuis bien trop longtemps. Ils avaient quitté la planète que Sheppard nommait « la tombe » et étaient retournés sur celui qu’il nommait « le monde ». Décidément la vie aimait se moquer d’eux et leur jouer des tours.
Le major Lorne est également de retour dans son corps. Il voit par ses yeux et ressent ce que son corps vit à l’instant présent. Le faire souffrir n’amuse peut-être plus son parasite ?
-« Ce n’est pas cela, mais j’ai besoin de ta voix et de ta détermination d’humain. J’ai besoin de tes sens et pas seulement de ton corps et pour cela…même si je répugne à l’avouer, j’ai besoin de te savoir proche de moi. On manipule plus facilement un pantin quand les cordes sont solides et courtes…si je t’éloigne de trop, je suis moins précis. »
Voila pourquoi l’entité ne l’avait pas propulsé dès le départ dans de terribles cauchemars. Non seulement elle n’en tire pas autant de plaisir que son double psychique mais surtout elle a besoin de sentir son hôte proche d’elle pour mieux l’exploiter. Lorne se demande si la solution n’est pas là, dans cette faille qui le met si près de la sortie.
Un espoir….vite abandonné.
Quelle sortie ? Lorne n’est pas prisonnier d’une entité immatérielle comme l’était Sheppard. Aucune chance que sa simple pensée puisse l’en débarrasser. Alors où est l’espoir ?
Le sien n’existe plus et sa fin semble non seulement inéluctable mais également synonyme de destruction et de chaos.
Cependant, il reste Atlantis et tant qu'elle résistera à l'ennemi, il subsiste la possibilité de la protéger.
La motivation, l'envie de lutter et de sa battre, l'envie de vivre pour sauver sa cité et sa famille de cœur. L'espoir est de retour finalement!


Le divin progresse dans la steppe pour rallier assez rapidement le petit village qu’avait visité le major Lorne et son équipe. Sur la route Evan croit reconnaître le lieu qui fut la dernière demeure de Mégane. Une pensée rapide pour celle qu’il aimait…une pensée aussitôt reprise en écho par un rire sournois et perfide.
-« Elle était jolie et m’a été très utile. Rien n’est plus simple pour briser un homme que de lui faire détruire ce qui lui est le plus cher. »
Evan ne répond pas mais garde cette information qui rebondit dans son esprit comme un signal, une petite pièce supplémentaire à mettre à l’édifice d’un espoir futur.

Le village a beaucoup changé depuis leur départ.
C’était il y a combien de temps ? Quelques jours, quelques semaines ? Il n’y a plus de femmes, plus d’enfants qui jouent...quoiqu’en y réfléchissant, le major Lorne se demande s’il y avait jamais eu de signe extérieur de joie de vivre sur ce caillou géant. Pourtant cela va bien au-delà. Le village semble abandonné, plus aucune trace de vie, plus de troupeau broutant l’herbe rare.
Le divin s’approche de la grande hutte qui fut la maison de son hôte de prédilection. Il s’arrête devant la porte et ne bouge plus.
Evan se demande ce qu’il attend, ce qu’il espère, mais la réponse ne tarde pas à venir. De l’intérieur surgit un bruit comme un râle, puis la porte s’ouvre. Le chef du « monde » sort sa tête comme une tortue cherchant à quitter sa carapace. En voyant son Dieu devant lui, il ne peut retenir un cri de joie. Il se jette à ses pieds dans une terrible supplique.
-« Mon divin, mon Dieu, j'ai cru que vous nous aviez abandonné.
-N’as-tu point confiance en moi ? Tu me déçois fortement.
-Mais….bien sur mon divin, jamais je ne mettrais en doute votre amour pour nous, ton peuple.
-Et bien chef, je suis revenu pour mettre à l’épreuve ceux qui durant tant de siècles m’ont assuré fidélité et amour sans limite et sans retenue. »
L’homme se prosterne plus bas encore, baisant les pieds de Lorne. Evan ressent un terrible haut le cœur et étonnement réalise que son corps exprime effectivement ce dégoût. Une surprise pour lui qui depuis bien longtemps avait renoncé à être maître de son corps et se contentait d’en être le spectateur; mais également un effarement pour l’entité qui prend conscience de la dangerosité d'une proximité avec Evan.
Le chef du caillou nommé « le monde » perçoit également le corps de son dieu qui se spasme. Se méprenant sur la signification de cette réaction physique, le chef se redresse et hèle les autres membres de sa communauté restés visiblement terrés dans leurs maigres habitations.
-« Venez, venez tous acclamer le divin et son pouvoir sans fin. Venez rendre hommage à celui par qui et pour qui nous vivons! »

Il se tourne vers Lorne et se prosterne de nouveau devant lui, imité aussitôt par les autres hommes de la tribu. L’entité, à travers le major Lorne, bombe le torse et montre une prestance digne de son statut déifié.
-« En ce jour, mes amis, j’ai besoin de vous. Vous allez enfin rejoindre mon monde. »
Une clameur accompagne ses mots. D’abord quelques cris de plaisir et de satisfaction puis un véritable chant d’allégresse. La folie a envahi le village. Une folie divine.

Un peu enfouit sous une jubilation qu’il est loin de partager, le major Lorne perçoit le plan démoniaque de l’entité. Le désir de sacrifice qui comme un jeu va lui permettre de rayer de la carte ce caillou et ce passé encombrant afin de recommencer ailleurs, de recommencer sur Atlantis. L'entité est heureuse de partager son plaisir avec son hôte.
-« Oui, mais pas seulement. Leur sacrifice aura également un rôle à jouer dans la conquête de la galaxie. Je ne leur mens pas, je leur propose réellement d’être l’instrument de ma victoire, de mon triomphe sur les humains, les anciens et tout ce qui a pu, un jour renier mon droit au pouvoir absolu.
-Vous êtes un malade. Un mégalomane complètement malade. Vous allez tuer tous ces gens dans le simple but de me prouver et de prouver au monde entier que vous avez de l’ascendant sur l'espèce humaine?
-Oui, mais mon but est plus stratégique que cela. Vous ne les sentez pas ? »

La question perturbe un peu le major Lorne qui avait cessé de s’ouvrir sur le lointain. Rassuré par les sensations de son corps qu'il pouvait à nouveau s'approprier, Evan avait un peu délaissé les perceptions plus externes.
-« Quoi ? Qu'est-ce que je devrais ressentir?
-Vos amis, vos alliés. Ils vous recherchent. »

A cette évocation, Evan s’ouvre complètement sur ce que perçoit l’entité. Pourtant ce qui vient le meurtrir douloureusement provient davantage des perceptions du colonel Sheppard et de l'inquiétude qui en résulte, que de celle du divin.
-« Que se passe-t-il John ?
-Le Daedale. Le vaisseau est à proximité de la planète mais il ne la détecte pas. Ton entité l'a occulté comme cela avait été la cas lors de mon passage dans la région.
-Comment peut-il occulter une telle surface? Je n'ai pas croisé la moindre installation ou technologie permettant ne serait-ce que de supposer une telle capacité.
-Je pense qu'il agit sur la matière tout simplement. A la différence de mon entité qui se limite à agir sur l'eau, votre faux dieu agit sur tous types de matières un tant soit peu minérale. Rodney saurait nous expliquer cela mais pour ce que j'en comprends, je dirai simplement qu'il interfère sur la façon dont est réfléchit la lumière et donne l'illusion qu'il n'y a rien. Pourtant, non seulement nous sommes bien présent mais en plus nous sommes en mouvement. Je ne sais pas ce qu'est réellement cette planète, une lune, une construction des Anciens, une sorte de vaisseau...j'ignore ce sur quoi nous sommes posés, mais nous avançons droit vers le Daedale...et de plus en plus rapidement.
-Alors c'est cela. Ils veulent utiliser « le monde » comme arme, un projectile qui se fracassera sur le vaisseau du colonel Caldwell, laissant peu de chance de résistance au bouclier.
-Mais c'est un plan dément!
-Un plan parfait pour deux psychopathes en mal de reconnaissance. Le sacrifice fait partie intégrante de l'expression du pouvoir sur autrui. Autour de moi, des hommes se prosternent dans une hystérie collective incroyable. Il faut le voir pour le croire John!
Ils sont endoctrinés et l'idée de mourir pour leur dieu les emplie d'une joie phénoménale. Ils accueillent leur mort avec l'intime conviction qu’il ne s’agit que d'un passage.
-Doctrine sectaire par excellence. Pour ces êtres humains il est infiniment trop tard. Pour le Daedale...il ne nous reste plus qu'à croiser les doigts et espérer qu'ils entrevoient le caillou avant l'impact .Que se passe-t-il Evan?
-Mon parasite fait un discours et se fait ovationner. Voilà, nous les laissons à leur triste sort. J'ai la nausée, John, je... »

Lorne suspens les explications. Il vit avec intensité la dévotion des adeptes du divin. Cela le perturbe plus qu'il ne l'aurait voulu. La part de lui qui est aux mains de l'entité jouit du sacrifice et de la mort à venir des adeptes et des ennemis. L'autre partie de lui, celle dont il a repris le pouvoir, celle qui caresse maintenant le divin de très près, de trop près, souffre de la mort inutile. La proximité des deux parts de son être perturbe sa lucidité sur le présent. Lorne lutte pour ne pas se laisser dériver davantage vers la psychose de l'entité. La présence du colonel Sheppard est en ce sens un filet de sécurité auquel Evan s'accroche avec énergie.

Ayant terminé de motiver ses troupes de kamikazes, le divin sélectionne quatre hommes vigoureux parmi son peuple puis ensemble retournent vers le jumper où Sheppard les attend. Fière de son plan de conquête, le divin fait pénétrer les hommes de son peuple dans le petit vaisseau ancien.
-« Voila du renfort et du divertissement pour vos amis sur la cité. Allez, colonel Sheppard faites décoller cette merveille et direction la porte des étoiles! »

Sheppard s'exécute sous l'influence de son hôte. Si le colonel Sheppard suit à la lettre les ordres de son allié provisoire, John, l'esprit perdu dans son propre corps, cherche à résister aux impulsions de l'entité. En symbiose parfaite avec l'entité qui le parasite, John tente de lui faire percevoir sa propre vision des choses.
-« Pourquoi est-ce lui qui donne les ordres? »
Pas de réponse mais une hésitation dans les manoeuvres de décollage du jumper.
-« En tant qu'être ascensionné, n'as-tu pas davantage de légitimité pour être le maître d'oeuvre de votre triomphe?
-Cela suffit, tu essayes de me perturber mais tu ne le pourras pas cette fois-ci!
-Pourtant, j'ai raison et tu le sais.
-Tais-toi! Disparais! »

L'ordre est immédiatement suivit d'une impulsion psychique qui plonge de nouveau le colonel dans ses cauchemars.
Lorne perçoit la sanction. Il réprime difficilement l'envie d'ajouter sa touche personnelle à la manipulation de John. Le colonel avait raison, le plan est efficace mais il sera long et pénible...pour tout les deux. Finalement la notion de sacrifice les touche également, mais ont-ils vraiment d'autres choix?

Lorne s'éloigne de John qu'il sent pourtant en souffrance et se rapproche de son entité. Le jumper a décollé et s'éloigne du caillou. Mais l'entité de Sheppard a commis une erreur.
Influencé par les pensées de Sheppard qui le parasitent aussi sûrement qu'il envahit lui-même le corps du militaire, l'entité a omis d'enclencher l'occulteur du jumper, révélant par cette simple faute sa présence au Daedale. De même que le petit vaisseau, la planète elle-même est visible à tout observateur. Lorne réalise cela en comprenant que le discourt de son ami a également atteint sa propre entité.
Les deux êtres, initialement identiques et maintenant si distincts sont intimement liés et ce que perçoit l'un, il ne peut le cacher à l'autre. Lorne pensait qu'une part de chacun était enfouit et inaccessible pour l'autre. Cela est sans doute le cas, mais dans le doute, dans la perplexité et la complexité de leurs sentiments, ils sont incapables de se fermer totalement. Un atout incontestablement...mais également un piège à éviter, un gouffre dans lequel il ne faut pas s'enliser et se perdre. Il faudra à Lorne et à Sheppard jouer très serré s'ils ne veulent pas être pris à leur propre jeu.
Lorne essaye de se recentrer sur le plan mais des idées et des sensations se bousculent, perturbant sa concentration.
Une couleur. Le blanc. La glace.



***
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MessageSujet: Re: Evan-escence   Mer 20 Juin - 23:42

***




Sa vie défile si vite qu'elle se demande comment cela se fait que se ne soit pas encore fini. Peut-être est-ce l'impact de la balle qui arrêtera le temps ou accélèrera les dernières années de sa vie? En tout état de cause c'est bien la balle qui arrêtera sa vie… tout simplement!
Le caporal la met en joue sans la moindre hésitation. Au fond d'elle-même Elisabeth sait qu'elle aurait du réagir, elle aurait du dire quelque chose ou peut-être se jeter au sol avec la dextérité d'un cascadeur. Mais voilà, la fatigue, le stress ont eu raison d'elle...et définitivement cette fois-ci.
Elle cherche à fermer ses yeux, voulant fuir la vision de sa mort mais impossible. Son regard est attaché fermement sur la crosse de l'arme que pointe le jeune caporal.
-Il était gentil pourtant, se souvient le docteur Weir.
De son côté le docteur Beckett ne peut se défaire du sentiment d'échec. Non seulement il n'aura pas sauvé le caporal, mais en plus il aura sur la conscience la mort d'Elisabeth et la sienne. Oh, et puis finalement quelle importance? Sa conscience, là où il va, il s'en dépatouillera sans doute sans trop de problème.
Etranges comme les pensées affleurent avec la rapidité du message synaptique quand on sent sa mort arriver.
Etrange aussi, comme le temps sait se faire élastique quand cela l'arrange!
Etrange enfin, comme le destin aime parfois se jouer de nous.

Alors que le doigt du militaire se crispe sur la détente de l'arme, une autre main, moins ferme, moins sur d'elle, au contraire se relâche.
Arrivé sur ces entre faits, le docteur McKay laisse le primaire qui est en chacun de nous, agir purement par automatisme. Sans aucune réflexion préalable, ce qui pour le docteur McKay est extrêmement rare mais nécessaire si l'on souhaite que l'action soit rapide, Rodney se jette sur l'assaillant. Enfin, quand on parle de se jeter, on devrait plutôt dire jette tout ce qu'il peut sur l'agresseur.
Son sandwich d'abord et lui ensuite!
Excellente initiative qui d'un coup de dinde bien placé, fait voler le révolver du caporal. S'en suit la chute lourde et sans grâce de Rodney sur le malheureux soldat.
Elisabeth tarde à réagir une fois de plus. Il faut dire que l'image surréaliste de la dinde entre deux tranches de pain venant heurter violemment la main du caporal, a de quoi amener quiconque à se poser des questions quand à sa santé mentale ou sa probable arrivée dans un improbable au-delà.
Le regard figé des deux ex-otages sur le sandwich n'échappe guère au pauvre Rodney qui lutte avec acharnement pour maintenir une emprise précaire sur le militaire.
-« Bon, décidez-vous! Mangez-le ou venez m'aidez mais bon sang...agissez!! »



***




La course commence à peine et déjà on entend la glace qui se fend. Un craquement d'abord comme une brindille sur laquelle on marche.
Crack.
Puis une succession de petits bruits de cloques qui explosent et enfin l'apothéose, les cris des enfants, de la panique et de la peur.
Le petit John coure avec ses camarades vers la berge qui signe la sécurité. Derrière lui un cri plus aiguë que les autres. Une fille, la fille.
Le petit groupe de copains avait décidé d'affronter Mère Nature au jeu du « t'es pas chiche ». Malheureusement ils avaient été chiches.
Cap' de traverser la mare gelée.
Cap' de montrer aux autres que la peur ne les arrêterait pas.
John avait voulu faire marche arrière en voyant l'eau glisser sous la glace diaphane. Il aurait voulu jouer le grand frère rabat-joie.
Mais voilà, non seulement il était le plus jeune, comme toujours, mais en plus elle était là. Elle, c'était April, la petite nouvelle. John se sentait bête quand elle était là. Il n'aimais pas comment il se sentait et pourtant il adorait être près d'elle.
Aussi quand April avait décidé d'affronter elle aussi Dame Nature, le petit John avait senti son coeur bondir de courage et sa raison disparaître derrière ces sentiments tout neufs.
Le résultat de cette imprudence, joli minois et sublime sourire, disparaît dans l'eau glacée de l'étang. John oublie une fois de plus la raison et retourne vers le centre insécure de la glace dans l'espoir de sauver sa belle.
Admirable prouesse de chevalier. Malheureusement, à dix ans, même un chevalier ne peut lutter contre plus fort que lui.
John glisse sur la glace, le ventre posé contre le froid mortel et accueillent. Il tend sa main en avant dans le but de la refermer sur celle d'April avant sa disparition définitive dans l'eau. Leurs doigts se touchent, se frôlent, et un sentiment de chaleur envahit tout le corps du petit Sheppard. Ses yeux se plongent dans ceux de la petite fille de douze ans. Elle est l'incarnation de l'ange. Un visage très pâle illuminé exclusivement par de grands yeux bleus intensément ouverts sur Sheppard et la vie. Une seconde qui dure une éternité, une seconde durant laquelle leurs doigts s'entremêlent. Puis April s'enfonce et entraîne avec elle le bambin pas plus costaud que la glace qui se fêle.
Un nouveau craquement puis John tombe brutalement dans l'eau, faisant s'extraire une épaisse couche de glace qui projette momentanément le corps d'April hors de son étau glacé.
Pendant quelques instants, John voit à travers le flux aqueux de l'étang le visage d'April qui se trouble. L'instant suivant leurs mains se séparent dans un mouvement ralenti. Même sous l'eau, John perçoit le bruit que fait le mini iceberg en retombant dans la marre et le bruit non moins violent du corps d'April qui le suit.


Le colonel Sheppard s'attendait évidement à une contre attaque brutale mais ce souvenir sortis de sa mémoire le sidère. Voilà quelque chose qu'il avait totalement occulté.
April...ce prénom semble venir de si loin qu'il ne le touche pas autant qu'il le devrait. John sent bien que ce souvenir doit être important sinon l'entité ne l'aurait pas choisit.
-« A moins qu'il ne l'ait extrait par hasard.»
John ne s'était pas rendu compte de la présence du major Lorne à ses côtés.
-« Je suis là depuis le début, j'essaye de me faire discret pour ne pas majorer la douleur de se souvenir et pour m'en protéger également.
-Comment cela?
-Je ne sais pas. Je me sens troublé, tout comme nos deux entités. Mais elles, se sont tes propos et ta tentative de zizanie qui les perturbe.
-Tant, mieux, c'était le but! Evan...j'ai froid. »


Ces mots sont aussitôt suivit par un plongeon psychique dans le souvenir. Et à l'instant où John sent le froid de l'eau le saisir, tous ses souvenirs tronqués refont surface.
La jolie April. Son visage blanc, ses lèvres blanches et ses yeux bleus.
Ils coulent ensemble.
Le petit John veut rester avec elle. La brûlure du froid lui fait moins mal que le regard vide de sa princesse. La brûlure des ses poumons lui fait moins peur que la honte de ne pas être à la hauteur de son rôle de preux chevalier.
Il veut mourir avec elle, mais ça, c'est avant.
Avant de sentir le manque d'oxygène comprimer son cerveau et sa perception du monde. Avant que sa courte vie ne défile en deux secondes trente, laissant le goût amer de l'abandon. La peur l'envahit alors aussi sûrement que l'eau glacée de l'étang...puis s'est le néant. Un trou noir accompagné d'une étrange sensation, celle de s'élever dans les airs.
Le petit John pense aussitôt qu'il vogue vers le paradis où l'attend April, éperdue d'amour.
Puis la douleur réapparaît, sans préavis, dans demande préalable, simplement, brute et intense.
John ouvre les yeux. Un visage est penché sur lui, un homme baraqué à l'allure de méchant. La peur se surajoute à la douleur, mais elle est de courte durée. John à l'impression d'exploser. Comme une bombe il s'ouvre, projetant ça et là tripes et boyaux.


Le colonel Sheppard hurle mais aucun son de sort de sa bouche. Sa carcasse humaine est calmement installée aux commandes du jumper. Tout juste si on devine au coin de sa bouche un sourire ou un rictus, un petit signe de plaisir.
Le colonel Sheppard, celui qui est tapis dans son souvenir hurle et lutte contre l'homme qui veut le réanimer.
-«Je ne veux pas, non, laissez-moi! »
Evan s'engouffre dans la brèche béante qu'est la souffrance de Sheppard. Il perçoit sa douleur et la peur, les prémisses d’une schizophrénie face aux corps morcelés.
-«John, ce n'est pas ton sang qui s'écoule mais l'eau qui sort de tes poumons! »
L’enfant ne l'écoute pas et laboure de coups de poing le soldat qui lui administre les premiers soins.
Sur la glace, une équipe de militaires a pris en charge les enfants et leurs parents affolés. Certains crient, d'autres pleurent sans retenues, d'autres encore sont tétanisés, emprisonner dans un syndrome post traumatique naissant.
-« Tous cela, c'est du passé John.
-Non, Evan, je la sens qui reviens...en pire. La peur, la douleur, la mort et la honte, tous ces sentiments je les ai pleinement ressentis ce jour-là, puis je m'en suis blindé. Associant le militaire qui m'a extrait de l'eau à tout ce que je n'étais pas et à tout ce que j'aspirais à être.
-Tu n'étais qu'un enfant.
-Un enfant qui pensait être un homme. Tu sais que les parents d'April m'ont toujours tenu pour responsable, moi le plus jeune. J'ai été désigné comme l'instigateur. J'ai voulu l'impressionner et je l'ai tué. »

Aussitôt le visage d'April s'imprime dans l'esprit de Sheppard et de Lorne puis se transforme progressivement en celui plus masculin du colonel Sumner pour l'un et celui plus adorable de Mégane pour l'autre.
C'est Evan qui le premier rompt le silence.
-«Nous avons tous nos croix a porter. Finalement j'avais tord John.
-Sur quoi?
-J'ai eu l'impression que de partager mes cauchemars m'affaiblissait car me monterait nu, sans armure, mais en fait nous pouvons partager notre souffrance et l'alléger bien plus que je ne le pensais.
-Peut-être. Possible. Probablement...oui. »


Alors que les deux hommes ont enfin le sentiment de sortir la tête de l'eau au sens propre comme au figuré, une souffrance inouïe les envahie. Celle-ci est si intense qu'elle ne peut s'exprimer autrement que par son ressenti.
John et Evan sont brutalement extraits du songe et propulsés dans le jumper. Devant eux, le spectacle saisissant d'une explosion au frontière de l'hyperespace.
Le peuple qui jadis occupait une planète nommée « le monde », vient par son suicide collectif d'entraîner la plus phénoménale décharge d'ondes psychiques jamais perçues. Les deux entités s'en gorgent jusqu'à saturation. Les deux humains se recroquevillent le plus loin possible du plaisir de leur parasite. Les quatre survivants de l'holocauste applaudissent le sacrifice accepté de leurs amis.



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MessageSujet: Re: Evan-escence   Dim 24 Juin - 17:53

Embarassed ton message m'a beaucoup touché. Merci beaucoup.
encore une suite de qualité je me demande vraiment ou tout cela va nous emmener. Ce pauvre sheppard à décidemment souffert toute sa vie, j'ai adoré l'histoire dans son enfance.
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MessageSujet: Re: Evan-escence   Mer 27 Juin - 23:18

Je sais je me répète à chaque message que j'écris mais bon, cette fic est toujours aussi bien comme toutes les autres. Vivement la suite^^
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MessageSujet: Re: Evan-escence   

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Evan-escence
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