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 Evan-escence

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enfanteuse
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MessageSujet: Evan-escence   Mer 14 Mar - 22:47

Les personnages et tout l'univers de Stargate ne m'appartiennent évidement pas. En revanche la fanfiction qui suit sort tout droit de mon esprit torturé et ne peut être exploitée sans mon autorisation. Merci.

Situation temporelle : cette fanfiction fait suite à Trafic. Elle peut cependant être lue indépendamment.

Cette fanfic est déconseillées aux enfants et aux cardiaques.

Evan-escence


Prologue




-« Et bien, major, je vous trouve en pleine forme.
-Merci docteur Heigthmeyer.
-Avez-vous eu de nouvelles hallucinations ?
-Ce n’était pas à proprement parler des hallucinations madame, mais non, rien de telle ne s’est reproduit.
-Dans ce cas, je ne vois pas pourquoi je m’opposerai à ce que vous repreniez les explorations. J’en aviserai le docteur Weir mais en attendant prenez soin de vous et n’abuser pas des somnifères que Carson vous a prescrit.
-Entendu. Au revoir madame.
-Au revoir major. »



***



-« Docteur Weir, nous avons un appel de colonel Caldwell.
-Passez-le moi dans mon bureau.
-Bien madame. »


Elisabeth Weir attend cet appel depuis plusieurs heures. En fait depuis que le Daedale est à porté de communications radio. Il lui tarde d’avoir enfin des nouvelles de Sheppard et McKay. (Fanfic : Trafic)
-« Colonel Caldwell, je suis ravie de vous entendre.
-Tout le plaisir est pour moi, docteur Weir. »

Pour le spectateur naïf ou simplement nouveau dans la galaxie de Pégase, cette conversation semble particulièrement polie voire presque mondaine. Pour celui qui, au contraire connaît les deux interlocuteurs, cela prend une toute autre tournure. Ainsi cette conversation pourrait se traduire comme suit :
-« Il était temps colonel, je commençais à m’impatienter.
-Si vous saviez comme cela m’indiffère ! »

Mais nos deux héros étant respectueux de la hiérarchie (reste à savoir laquelle) et bien éduqué, leurs conversations gardent un ton courtois en toutes circonstances. Certains disent que le colonel Caldwell aimerait qu’il en soit autrement, mais ceci est une autre histoire.

-« Colonel, donnez-moi des nouvelles de mes hommes.
-Tout va bien docteur Weir. Le docteur McKay est égal à lui-même. Il bourdonne autour d’Hermiod, fourrant son nez dans des sous programmes dont on ignorait jusqu’à l’existence. »

Elisabeth ne peut s’empêcher de sourire à cette évocation. Elle visualise parfaitement le scientifique examinant des données que lui seul comprend et ponctuant ses découvertes de ho, de ha ou encore de…n’importe quoi !
Bref un génie en action. Un cocktail détonant avec Hermiod qui contrairement à McKay est plutôt avare de ses mots.
Caldwell poursuit ses nouvelles.
-« Quand au lieutenant-colonel Sheppard il est encore en soins intensifs mais d’ici notre arrivée sur Atlantis, il en sera sans aucun doute sorti.
-Je vous remercie colonel d’avoir veillez à leur sécurité. Vos quartiers vous attendent, vous êtes les bienvenues dans la cité.
-Merci à vous Docteur Weir. »

La conversation se termine sur ces mots étrangement nouveaux entre Elisabeth et Steven. Peut-être finalement que la paix entre ces deux fortes têtes n’est pas si loin.

Elisabeth est justement plongée dans ce genre de réflexions lorsque le visage rayonnant d’un soldat se dessine dans l’encadrement de sa porte.
-« Docteur Weir, puis-je entrer ?
-Major ? Que me vaux cette visite ? »

Le major semble prit de court. Il s’agite nerveusement.
-« Avant la disparition du colonel Sheppard et du docteur McKay, vous m’aviez confié une mission d’exploration et… heu…
-Et ? »

Elisabeth se reprend. Raide sur sa chaise, les coudes doucement posés devant elle et les mains jointent sous son menton, elle écoute le major. Elisabeth n’ignore absolument pas ce qui emmène le major dans son bureau. Ce n’est pas le genre de femme à oublier ses engagements. En revanche, c’est parfaitement le genre de chef hiérarchique qui adore se faire prier. Un peu comme toutes les femmes diront les mauvaises langues.
Le major hésite quand à la conduite à tenir.
Doit-il lui rappeler ses propos, sous-entendant qu’elle aurait oublié ses promesses, ou doit-il attendre que la dame daigne enfin parler ? Connaissant le docteur Weir depuis maintenant suffisamment longtemps, il préfère attendre gentiment qu’elle se décide et entame le dialogue de son propre chef. Une attente que le major agrémente de son plus beau sourire.
Petite ruse bien masculine mais tellement efficace.

Elisabeth s’amuse un peu de la situation. C’est si bon de ne plus être sous tension. Les wraiths n’ont pas encore refait parler d’eux, Sheppard et McKay sont sur le Daedale et ne risquent donc pas de déclencher un nouveau cataclysme et le soleil est sublime en ce début de matinée. Elisabeth est d’excellente humeur, presque taquine. Cela fait si longtemps que ce n’était pas arrivé. Elle regarde le joli sourire qui lui fait face. Avec Sheppard, le major a formé le club des beaux bruns ténébreux. C’est du moins ainsi qu’elle les nomme en pensée. Cela la fait également sourire.
Oui, décidément, c’est une belle journée qui s’annonce.
-« Je n’ai pas oublié ma promesse, major. Le docteur Heigthmeyer a donné son accord, je ne peux donc rien ajouter d’autre, si ce n’est bon voyage.
-Merci madame. »


Le major Lorne quitte le bureau du docteur Weir avec un peu du soleil qui réchauffe les cœurs. Ce qu’il ignore c’est que là où il va, il aura besoin de bien plus qu’un petit soleil pour se réchauffer.

Profitez bien de cette belle matinée, amis Atlantes, car les nuages arrivent et ils n’épargneront personnes !


Dernière édition par le Dim 25 Mar - 17:05, édité 4 fois
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Michael Anderson
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MessageSujet: Re: Evan-escence   Mer 14 Mar - 22:53

Déja une nouvelle fic ? Alors que John se repose, ce n'est pas ton cas aparamment et c'est tant mieux pour nous ^^

Une bonne mise en bouche ! Bravo !

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MessageSujet: Re: Evan-escence   Jeu 15 Mar - 14:00

weir craque pour lorne et sheppard? ^^

début de fic reposant je dirais mais on attend quand même la suite avec impatience :p

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MessageSujet: Re: Evan-escence   Ven 16 Mar - 0:32

cool, vivement la suite !
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MessageSujet: Re: Evan-escence   Ven 16 Mar - 21:11

Le début nous présage une suite mouvementée!!
C'est maintenant que tu accorde un peu de repos à Sheppard en t'en prenant à l'autre beau gosse de la mission??
A moins que cela soit une ruse de ta part pour nous entraîner sur une fausse piste!! j'ai hâte de lire la suite!!
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MessageSujet: J-7   Mar 20 Mar - 0:42

Avant d'aller plus loin je préfère vous prévenir que si le prologue était sympatique et gentils, ce n'est pas le cas de ce chapitre Evil or Very Mad , ni de toute la fic d'ailleur. Crying or Very sad

Chapitre un


J-7





-« Vous nous quittez déjà ? »
L’homme qui parle porte une barbe sans age, hirsute et grisonnante. Il est à l’image de la plupart des hommes vivants sur ce caillou géant qu’ils nomment pompeusement « Le monde ». Curieuse façon de parler et curieuse façon de vivre.

Vu de l’espace, « Le monde » est incroyablement vivant. Le soleil projette sur la planète des ombres qui semblent danser comme les aurores boréales terriennes. C’est une toute petite planète, plus proche en diamètre de la lune terrestre que de tout autre astre connu. Elle est si insignifiante au regard du gigantisme des autres mondes et pourtant elle éblouit l’espace de sa sublime aura rougeâtre. Si McKay était là, nul doute qu’il se lancerait dans une explication complexe sur les phénomènes chimiques, ioniques, moléculaires et bien d’autres encore, qui engendrent une si étrange luminosité.
Fort heureusement pour le major Lorne, Rodney ne fait pas parti de l’expédition et ce ne sont pas les trois autres membres de son équipe qui joueront au larsen cérébral.

En trois jours, le major Lorne a eu plus de temps qu’il en faut pour explorer la surface de la petite planète et le continent unique qui émerge d’un océan tumultueux. Celui-ci alterne des zones principalement arides où ne poussent que des cailloux et d’autres recouvertes de steppes. Que se soit donc d’un point de vu militaire et stratégique ou énergétique, cette planète n’a guère de ressources utiles aux terriens. Rien d’étonnant finalement à ce que les Anciens n’aient pas jugé utile de mettre une porte en orbite autour de ce tout petit monde perdu dans l’infiniment grand.

La population locale vit au rythme des migrations bovines. De grands troupeaux aux fausses allures de vaches qui parcourent les étendues de lichen et emportent avec elles, hommes, femmes et enfants, nomades par cultures et par nécessité.
Le major Evan Lorne regarde ce peuple agraire et s’étonne du paradoxe qui existe entre leur nature presque primitive et leurs regards, à peine surpris, face à la technologie des Atlantes. Dès leur arrivée, ils ont été accueillis à bras ouverts et intégrés dans le village, bien grand mot pour décrire trois tentes et une grande hutte en bois. Le chef a expliqué à Lorne le mode de vie de son peuple mais n’a pas posé la moindre question quand à l’origine du major et de ses hommes. Par curiosité, Evan a commencé à parler des Anciens, des wraiths, mais le chef a aussitôt dévié la conversation sur la qualité de son troupeau.

Trois jours qui n’auront finalement rien appris de capital pour la survie d’Atlantis ou pour la lutte contre les wraiths. Est-ce que cela valait vraiment la peine de faire cette expédition ?
Quand le major Lorne pense au vingt-trois heures de jumper qui l’attendent avant de trouver la plus proche porte, il regrette presque sa mise à pied dans la cité. Pourquoi diable le colonel Sheppard explore-t-il toujours des mondes étranges peuplés de créatures plus voluptueuses les unes des autres, alors que lui ne trouve que des peuplades primitives et inintéressantes ?
Lorne serait presque jaloux des aventures de son supérieur. Cependant, à y bien réfléchir, il préfère de loin ses petites explorations monotones mais agréables à celle de la First Team qui finissent toujours entre les mains expertes du docteur Beckett.

-« Je vous en prie, partagez encore notre repas de ce soir. »
Lorne sort de ses réflexions.
-« Je vous remercie mais il est grand temps de retourner auprès des nôtres.
- Ce soir, c’est la nuit rouge.
-Qu’est-ce que c’est ?
-Une fête en l’honneur de notre dieu protecteur. Il vit par delà l’horizon et assure notre subsistance depuis la création de notre peuple. Il a créé « Le monde » et nous a déposé, nous ses adeptes, dans ce lieu où nous pouvons le vénérer librement et sans contrainte ».

Le major est subitement intéressé. Enfin le chef consent à dévoiler un peu plus de qu’ils sont réellement.
-« Pourquoi sans contrainte ? Ce n’était pas le cas auparavant ?
-Non, avant la création du monde, nous devions cacher notre culte car sinon les premiers dieux nous chassaient. Mais tout cela c’était avant… maintenant nous ne risquons plus rien, ni des nôtres ni de ceux qui comme vous sont susceptibles de venir des étoiles. »

Un membre de l’équipe qui s’est approché subrepticement tire doucement Lorne en arrière.
-« Voila enfin l’explication de leur apparente sérénité face à notre expédition. Ils ne nous craignent pas plus que les wraiths car ils se sentent protéger par leur dieu.
-Oui, sauf que dieu ou pas, les wraiths ne font pas dans la dentelle. Si ce peuple ne les craint pas c’est qu’ils n’ont visiblement pas été soumis à la sélection. Il faut en apprendre plus sur leur divinité. Cette mission commence à devenir intéressante.
-Evan ? »


Le major adresse un superbe sourire au lieutenant. C’est une jolie femme élancée et sportive qui a rejoint depuis peu l’expédition Atlante. Le major Lorne et le lieutenant Mégane Frès ont effectué leurs classes ensemble et étaient particulièrement proche du temps de leurs années terriennes. Evidemment depuis l’arrivée de la jeune femme sur Atlantis, le major Lorne s’est imposé une distance et une conduite irréprochable pour un supérieur. C’est malheureusement ainsi que cela doit se passer au sein de l’armée, n’en déplaise à leurs cœurs et à leurs corps. Si dans un premier temps, Mégane s’est sentie rejetée et blessée, elle a vite compris que le dédain apparent de Lorne cachait en fait un désir jamais oublié. Depuis, un petit jeu s’est installé entre eux. Plus elle le taquine et l’aguiche et plus il joue les bourrins militaires. Ha, comme il est beau dans son habit d’homme viril et insensible ! Ha comme elle l’aime quand il la fuit des yeux alors que tout son corps vibre de désir !
Mégane était enchantée lorsque le docteur Weir lui a demandé d’accompagner Evan dans cette mission. Elisabeth Weir n’ignore pas les liens qui unissaient Lorne et Frès sur Terre et en tant que femme elle sait ce que Lorne ressent pour la belle bien mieux que Lorne lui-même. L’affectation de Mégane n’est pas le fruit du hasard mais celui d’un plan mûrement établi pour re-booster le major et lui octroyer, l’air de rien, des petites vacances au frais de la princesse.
Mégane se remémore leur conversation juste avant le départ.
-« Votre mission sera sûrement encore plus routinière que d’habitude. Cette partie de la galaxie ne recèle rien de bien palpitant en dehors d’une culture de gros cailloux, mais c’est exactement ce qu’il faut au major Lorne. Je n’ignore pas vos relations passées et à venir avec le major…
-A venir ?
-Atlantis est certes régie par des lois militaires, mais je ne vois pas en quoi les relations amoureuses qui pourraient naître dans la cité mettraient en périls sa survie. Si le major Lorne et vous êtes épris l’un de l’autre, vous avez ma bénédiction.
-Ha ! Et vous-même, vous appliqueriez ce nouveau règlement à vos propres sentiments ?
-Heu…Moi, c’est différent, je dirige la cité, je ne peux pas me permettre de…
-Et bien, voyez-vous docteur Weir, je pense qu’Evan, enfin…le major Lorne ne contreviendra jamais à une règle militaire, aussi douloureuse soit-elle. Peut-être sur nos temps de congés, mais...
-Bien, faites comme vous l’entendez, mais sachez que vous avez carte blanche pour lui changer les idées et lui faire oublier son stupide sentiment de culpabilité. »

Elisabeth avait souri avant de poursuivre.
-« Considérez que c’est une prescription médicale en accord avec le docteur Heigthmeyer.
-Bien madame. »

Et la conversation s’était arrêté là, laissant le docteur Weir en pleine introspection sur son libre choix et celui des militaires, et le lieutenant Frès dans l’expectative sur sa conduite à tenir. Finalement, Mégane avait décidé de ne rien faire de plus. Etre présente, le taquiner, l’aguicher, le torturer gentiment et attendre de voir…Si Evan succombe, elle ne le retiendra pas. Si au contraire il résiste, elle résistera aussi. Ils s’étaient fougueusement aimés et ils s’aimeraient encore, il suffirait d’être patient. Un jour bientôt, Evan lui dira de nouveau des mots tendres à son oreille.

-« Qu’est-ce qu’il y a lieutenant ? »
La réponse du major Lorne sort Mégane de ses douces rêveries.
-« Tu ne crois pas que les premiers dieux pourraient être les Anciens ?
-C’est possible. »

Le major se rapproche du chef resté poliment à distance de la conversation.
-« Nous acceptons volontiers votre invitation. En quoi consiste cette fête ?
-Nous allons festoyer et célébrer sa force divine en buvant le nectar qui nous lie à lui. Rejoignez nous dans ma hutte lorsque la nuit sera noire et ensemble nous la teinterons de rouge. »

Sur ces mots, le chef pénètre dans sa hutte.
Le lieutenant Frès se colle au major Lorne.
-« Teinter la nuit de rouge n’est pas une image particulièrement engageante.
-Non, tu as raison, ça donne plutôt la chair de poule. Viens, on retourne au jumper se préparer. »


Alors que les deux militaires retrouvent leurs amis auprès du petit vaisseau, le chef du village se prosterne devant un petit monticule de feuilles et d’ossements, priant un dieu qu’il vénère plus que tout, plus que la vie elle-même.
-« Voila mon divin, tout sera fait comme vous l’avez demandé.
-C’est très bien, mais l’homme et la femme ont des doutes, il faudra être plus rusé qu’eux. »

Le chef est seul face à un petit miroir qui orne le centre de l’hôtel dédié à son dieu. Lorsque ce dernier s’exprime, c’est par le biais du shaman dont la voix se mue en une sorte de raclement ponctué de gargarismes étranges. Même son visage se modifie. Ses traits se durcissent, ses yeux sont comme exorbités et hantés d’une luminosité rouge effrayante. Le dialogue entre le chef et son reflet se poursuit dans l’intimité de la hutte.
-« Je serai prudent mon divin. Les offrandes seront votre et la nuit sera plus rouge que jamais.
-La nuit sera mienne et avec cet homme, ce major Lorne, c’est le monde qui s’ouvre de nouveau à moi. Ha comme l’attente fut longue.
-Oui mais elle sera récompensée par-delà nos espérances. »




***




Dans quelques heures, une journée tout au plus, le Daedale sera de retour dans la cité Atlante. Le vaisseau apporte non seulement de nouvelles recrues mais également deux cadeaux Bonux, le docteur McKay et le colonel Sheppard.
Au bloc infirmier, c’est l’effervescence. La chambre du colonel Sheppard était restée inchangée depuis sa disparition quelques semaines plus tôt, mais les choses sont en train de bouger. Un groupe d’Athosiens a décidé d’y brûler de l’encens et d’y installer un nombre considérable de bougies parfumées. Selon une légende datant de la nuit des temps, cette purification chasserait le mauvais œil qui indubitablement a jeté son dévolu sur le malheureux colonel.
Dans la cité, on ne parle que de cela. On en pleure ou on en rit, mais cela ne laisse pas indifférent. Même Elisabeth Weir regarde l’étrange cérémonie Athosienne avec curiosité. Pour tout dire elle aimerait stopper cette mascarade plus angoissante que rassurante mais elle ne voudrait pas désobliger le peuple de Teyla. Aussi le docteur Weir ferme-t-elle les yeux, espérant que toute cette agitation se calmera avec le retour de la fine équipe et surtout l’arrivée de nouveaux visages.
Une voix provenant du centre de contrôle interpelle la chef atlante.
-« Docteur Weir, nous recevons un message de major Lorne. Il souhaite prolonger sa mission de quelques jours.
-Très bien ! »

Pour le docteur Weir, ceci est une excellente nouvelle. Bien qu’ayant eu l’aval du docteur Heigthmeyer, le major Lorne lui semble encore un peu fragile. Fragile, mais surtout très sensible lorsqu’il s’agit du colonel Sheppard et du docteur McKay.
Un zeste de rancoeur envers le scientifique ?
Elisabeth sourit en pensant au citron, une bonne blague que le docteur McKay a chèrement fait payer au major Lorne. A moins que cela ne soit encore la culpabilité d’avoir laisser sa place au colonel Sheppard (Fanfics : Autres regards et Huis-Clostrophobie), l’entraînant dans une succession de mésaventures plus dangereuses les unes des autres?
Quoiqu’il en soit, Elisabeth préfère gérer un problème à la fois. D’abord accueillir les deux naufragés. Quand à Lorne, que son contre temps soit lié à la présence du lieutenant Frès ou à la richesse du paysage, le docteur Weir s’en félicite. Si le major Evan Lorne a trouvé une occupation à l’autre bout de la galaxie, loin des tracas de la cité, tant mieux !



***


Dernière édition par le Mar 20 Mar - 1:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Evan-escence   Mar 20 Mar - 0:42

***



Le major Lorne suivit par deux de ses hommes ont attendu que la nuit soit bien entamée pour rejoindre le village. Par prudence le major a préféré laisser Mégane dans le jumper, lui intimant l’ordre de rester en mode furtif. Dans un premier temps Mégane a refusé mais les arguments militaires du major ont fait mouche, tant ils étaient irréfutables.
En cas de problème, il est impératif qu’un des leurs puisse contacter Atlantis. L’ordre du major étant de joindre la cité s’ils ne sont pas de retour le lendemain avant midi. De même, Mégane a interdiction de lever le voile d’invisibilité tant que l’un d’eux n’est pas de retour. Une protection nécessaire face à un peuple inconnu hier, et ce soir, fidèles d’un dieu qui pourrait protéger Atlantis des wraiths.
Quand à savoir pourquoi le major Lorne a choisi de laisser le lieutenant Frès en retrait et pas un autre membre de son équipe ? Et bien parce que ce sont les ordres et cela ne se discute pas !

Visiblement les habitant du « monde » n’ont pas la même définition du mot festoyer. A l’approche du village seul des rythmes lents de tamtams résonnent. De grands flambeaux sont disposés autour de la hutte d’où émane un faible brouhaha.
Le major Lorne fait signe à ses hommes de le suivrent à l’intérieur.
-« Ok, le but de cette fête est d’honorer un dieu dont l’origine ou la représentation peut être une technologie utile contre les wraiths. Essayer de ne pas gaffer et tendez bien les oreilles. Au moindre truc suspect ou potentiellement dangereux, on met les voiles. Est-ce bien clair ? On ne joue pas au héros et on rejoint le jumper. Des questions ? »
Un signe de tête unanime et l’équipe pénètre dans la hutte.

La première chose qui surprend le major et ces hommes est l’odeur.
Métallique, chaude et entêtante, une odeur que l’on connaît mais que l’on ne peut définir. La seconde est la sobriété de la tablée. En effet une grande table a été dressée au milieu de l’habitation. Plusieurs hommes vêtus de longs manteaux sombres sont déjà attablés alors que les femmes regroupées à une extrémité de la pièce se contentent de préparer un repas exclusivement à base de viande. Le chef se lève et ouvre grand ses bras hospitaliers.
-« Prenez place parmi nous ! Nous allions commencer le repas. Joignez-vous à nous ! »
Suivant l’invitation du shaman, Lorne s’assoit à sa droite alors que ses hommes se dispersent au hasard des places libres. A l’aide de son micro, Evan tente de rétablir un minimum de cohérence dans la disposition des places.
-« Vous êtes trop éloignés, restez groupé, c’est un ordre ! »
Aussitôt ses deux hommes se relèvent pour s’installer ensemble mais à l’autre extrémité de la table.
-« Nous sommes loin de vous major, si y’a du grabuge de votre côté nous ne pourrons agir.
-Je me débrouillerai. En aucun cas vous ne devez vous isoler, nous serions des proies trop faciles. Soyez prudents. Je trouve votre éloignement relativement suspect. »

Le shaman poursuit son repas avec aisance et naturel. Une femme drapée d’un blanc tranchant avec les tenues ténébreuses des hommes dispose les assiettes richement garnies. En découvrant son plat, Lorne ne peut réprimer un haut le cœur. La viande y est plus que saignante, elle est carrément crue.
Le chef y plonge un couteau, saisissant de la pointe l’épaisse tranche qu’il exhibe aux regards de tous.
-« Louons notre divin qui fait de beaux et vigoureux troupeaux. »
Il poursuit à l’attention du major et de ses hommes.
-« Cette viande est le symbole de notre force et de notre virilité. Notre dieu nous a fait don de nos bêtes qui enrichissent et engraissent notre peuple depuis la création du monde.
-Heu…oui, je comprends parfaitement, mais pourquoi la manger cru ? »

Tout en parlant le chef a pris en main une coupe qu’il tend au major Lorne.
-« Pour nous purifier par le sang de la bête. Buvez ! »
Lorne se contente de regarder la chope que le chef continue de glisser vers lui.
-« C’est le nectar qui nous lie à notre dieu. Vous vouliez le connaître n’est-ce pas ?
-Oui, effectivement, je voudrai en savoir un peu plus sur lui mais…est-ce une sorte de rite initiatique ? Que contient cette coupe ? »

En attrapant la chope, le major pense aussitôt à un élixir hallucinogène comme on en voit dans tant de cultures où dieux et hommes s’unissent dans la magie.
Cependant, dès que son regard se porte sur le liquide épais qui suit lentement les mouvements de son réceptacle, Lorne comprend qu’il s’est trompé.
Le liquide est rouge, presque noir. Il émane de lui l’odeur si caractéristique qui emplie la pièce, l’odeur qui subitement prend un nom. Le sang.

La surprise fige sur place les trois hommes.
-« Ceci est le lien qui coulent en nous.
-C’est du sang. Du sang …humain ?
-Oui. Dans votre chope, il y a mon propre sang que j’ai fais couler pour vous. »

Lorne hésite. Il aimerait fuir et laisser un maximum de distance entre lui et ces fous qui boivent leur propre sang. Mais il aimerait aussi comprendre pourquoi cette étrange coutume. Quelle est sa signification ? Un appel radio met fin à ses interrogations.
-« Major, doit-on boire ce truc ?
-Non, surtout pas. Attendez mes ordres. »

Evan repose son verre sans pour autant le lâcher. Il ne veut pas paraître désobligeant. La situation est déjà suffisamment délicate autant ne pas donner de prétexte à la discorde.
-« Grand chef, d’où je viens ils nous est interdit de boire du sang humain. Nous sommes très honorés par ce sacrifice, mais nous ne pouvons accepter de nous lier ainsi à votre dieu. Existe-t-il un moyen qui puisse convenir à nos deux peuples ?
-Non, buvez mon sang et nous serons liés. Je pourrai ensuite vous conduire auprès du divin. Buvez major Lorne.
-Non je regrette. »

Le major poursuit à l’attention de ses hommes.
-« Il faut levez le camps. Je crains qu’ils n’apprécient pas notre manque de savoir vivre ! »
Avant d’avoir pu esquisser le moindre mouvement, les pires soupçons du major se trouvent confirmés. Une lame tranchante vient se poser sans délicatesse sur sa gorge. Un rapide coup d’œil l’informe de la posture similaire de ses hommes.

Evan sent la lame acérée entailler doucement son cou. Une goutte puis un petit filet de sang coule lentement de la fine coupure. Le shaman colle son visage à celui de Lorne. Leurs regards se croisent. Ce que le major y lit doit être particulièrement angoissant car son teint vire aussitôt au gris pâle. Sa déglutition est douloureuse et les mots peine à quitter sa bouche.
-« Que voulez-vous ? »
Le chef porte aux lèvres du soldat la coupe de sang.
-« Buvez mon sang et venez avec moi. »
Evan détourne son visage, intensifiant par ce geste la brûlure de la lame. Le shaman laisse échapper un rire dément, aux portes de la folie, puis caresse le cou de Lorne du doigt. Son index se colore de rouge puis sa main fermée en coupelle recueille le fluide vital.
-« Votre sang. »
L’homme porte sa main à ses lèvres et commence à boire les quelques gouttes recueillies. Son visage est si effrayant que même les villageois s’en détournent. Lorne a juste le temps de voir flamboyer ses yeux, un peu à la manière des goa’ulds, avant qu’un cri, à l’autre extrémité de la table, n’attire son attention. Là ses deux hommes sont maintenus sur leur chaise, tête rejetée en arrière. L’un tente farouchement de faire lâcher ses adversaires. Mais c’est peine perdue et les villageois réussissent à les maintenir et à verser le liquide rouge dans leur bouche.
Le major Evan Lorne ne peut détacher son regard de l’atroce tableau.
Les deux soldats qui étaient quelques minutes plutôt ses amis ressemblaient à présent à des bêtes féroces. Les mains accrochées à leurs chevilles, ils se balançaient d’avant en arrière en grognant et en montrant leurs dents.
La voix redevenue normal du shaman tire le major de sa stupeur.
-« Ils sont liés à notre dieu. Il leur montre l’être initial qui est en eux. Venez avec moi major Lorne, venez de votre plein grès et votre vision sera celle de l’être originel. Particule unifiant le bien, le mal, notre monde et le votre. C’est l’univers que je vous offre. »
Le shaman tend sa main à Lorne. Sa paume est encore rouge du sang du major. Evan ne peut quitter des yeux ses hommes. Une sensation douloureuse l’en détourne brutalement.
Un homme lui tient la tête en arrière comme cela avait été le cas pour ses amis. Son cou le lance violemment et ce n’est qu’en voyant la lame rougie de sang qu’il comprend le sens de cette douleur. Sa vue se trouble. Il perçoit une étrange sensation de fraîcheur dans sa nuque. Lorsque le chef du clan colle son visage au sien, Evan comprend enfin à qui il a affaire. Le shaman, la bouche remplie du sang de la coupe, son propre sang, vient poser un baiser mortel sur le major. Alors que leurs lèvres se joignent et que le sang commence à couler dans la gorge du major, Lorne se remémore une vieille légende terrienne. Des vampires. Les adorateurs d’un dieu buveur de sang.

Le sang a le goût du métal chauffé à vif. Il glisse sur la langue et le palais puis emplie entièrement la gorge empêchant tout air de renter. Lorne sent ses perceptions l’abandonner. Sa résistance se fait miel, doux et sucré. Il avale et inspire l’air salvateur. Il avale et perçoit le sang qui imprime en lui sa force et sa magie. L’air n’est pas frais et vivifiant et le militaire regrette aussitôt la lente agonie de la suffocation. Ce qui l’attend est bien pire. En cela, au moins, le major Lorne ne se trompe pas.
Evan sombre dans des songes où se mêlent des couleurs et des sensations dont l’intensité lui semble improbable. Des volutes rouges qui dansent autour de corps convulsivants. Des cris de bêtes à l’agonie. L’étrange impression d’être l’auteur du cri. Un corps meurtrie, douloureux mais étranger. Un corps qui souffre et se meurt dans l’ignorance de ce qu’il est vraiment. Le major écoute discrètement l’appel de son âme qui agonise. Qu’importe ! Maintenant il est Lui. Il est bien plus grand que l’univers et dorénavant, c’est avec Lui qu’il faudra compter.
Un feu ardant naît dans son cœur et se propage à tout son être. La brûlure réveille la conscience que l’homme a encore de son enveloppe charnelle.
Un cri.
Encore un.
Et puis ses yeux s’ouvrent sur le monde tel qu’il est vraiment. Cruel. Mortel. Infini.
Douleur infinie d’être et de ne plus être.
Evan hurle si fort que même son esprit en est bouleversé. Un appel si déchirant qu’il transgresse les lois du divin et ramène Evan à son corps présent, mais sûrement pas à venir.
Il est dans une grotte, mains attachées au-dessus de sa tête. A ses pieds, du sang, le sien. Face à lui, deux corps en pareille posture. Ses amis.
Evan regarde ses hommes, conscient qu’ils lui renvoient l’image de lui-même. Un corps blafard lacéré de multiples blessures. Un teint cadavérique et une furieuse envie de…recommencer. Encore.
ENCORE !
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MessageSujet: Re: Evan-escence   Mar 20 Mar - 16:29

oui, oui!!! ENCORE!! je me prosterne à tes pieds; oh toi grande prêtresse des fanfics!!! prior
c'est génial, j'adooooooore!
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MessageSujet: Re: Evan-escence   Mer 21 Mar - 21:26

Citation :
Le vaisseau apporte non seulement de nouvelles recrues mais également deux cadeaux Bonux, le docteur McKay et le colonel Sheppard.

Cela m'étonnerait qu'ils rentrent tous deux dans un baril de lessive ^^

Bravo, une fois de plus !

Encore.
ENCORE !

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MessageSujet: Re: Evan-escence   Mer 21 Mar - 22:42

la suite...
que dire?...
toujours aussi bon je me lasse pas Very Happy Very Happy
tu commence à me faire apprécier atlantis l'enfanteuse Wink

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MessageSujet: Re: Evan-escence   Jeu 22 Mar - 19:08

B.Carter a écrit:
tu commence à me faire apprécier atlantis l'enfanteuse Wink
Alors là!!! Venant de toi, c'est plus qu'un compliment! Wouaaaaaaaaa je sens que mon moral remonte en flêche...bon alors je vais retirer une ou deux lignes de torture du chapitre deux.
Ha? Non? t ne veux pas? Bon, ben j'en ajoute trois alors! balance
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MessageSujet: Re: Evan-escence   Jeu 22 Mar - 19:10

autant de ligne de torture que tu veux Very Happy
sérieux ca montre atlantis sous un meilleur jour que la série je trouve Wink

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MessageSujet: Chaitre deux: J-6   Ven 23 Mar - 0:45

Bon, cela se confirme:Je déconseille ma fic aux âmes sensibles et aux enfants Je suis donc navrée si elle choque certain ou ne vous plait pas. Elle sera sans doute encore hard sur un voire deux chapitres mais après cela ira mioeux.
navrée

Chapitre deux

J-6



Le soleil est à son zénith. Il est midi passé.
Certes sur ce bloc rocheux les journées sont courtes mais quand même ! Toujours aucune manifestation du major Lorne et du reste de l’équipe.
Evidemment, Mégane a cherché à les joindre par radio, mais aucun signe de vie. En désespoir de cause, le lieutenant tente de contacter Atlantis conformément aux ordres du major.
-« Atlantis, ici le lieutenant Frès. Ceci est un appel au secours. Atlantis répondez ! »
Son appel reste sans réponse. Impossible de joindre la cité. Il est donc vain d’espérer des secours et puis…que se passe-t-il vraiment dans le village ? Mégane est tentée d’y aller mais une fois là-bas que fera-t-elle ? Non, le plus prudent est d’attendre encore un peu.
Elle sourit.
Evan n’a jamais été particulièrement ponctuel. Décidément, cet homme aime se faire désirer. La jeune femme rit doucement, un peu, puis fond en larmes.
-« Evan ne m’abandonne pas ! »



***




Le major Lorne se sent confus, l’esprit barbouillé et partagé entre plusieurs réalités.
Lorsqu’il analyse l’origine de la sensation ferrique qu’il a dans la bouche, des frissons de plaisir le secouent au plus profond de son être. Le goût du sang est très tenace. Plaisir et dégoût se mélangent pour plus d’onctuosité dans l’âme. Quoi de mieux que le chaud qui se bat avec le froid ?
Par moment Evan a envie de rire. D’ailleurs il lui semble entendre son rire qui se mêle maladroitement à celui de ses compagnons. En d’autres instants il pleure comme un enfant, cherchant en lui le chemin vers la sortie. Dans ces moments-là, il se sent très lasse et son corps libère toutes les souffrances de ses dernières heures.
Le paradoxe est là, entre ce qui est intellectuellement inacceptable mais qui physiquement le rend fort, invincible et l’éthique de son âme qui le meurtrie et le torture à petit feu.
Visiblement l’un de ses compagnons a cessé de lutter. Il rit à gorge déployée en se dandinant autant que le lui permettent ses liens.
Evan et le second soldat sont en lutte constante contre eux-mêmes. Combats qui ne peut mener qu’à la perte d’une partie de leur conscience.
Les poignets toujours liés au dessus de la tête, le major Lorne commence à souffrir de sa position inconfortable. Lorsqu’il émerge de son délire, c’est la douleur de ses bras qui apparaît en premier. Vient ensuite sa gorge qui souffre d’une longue mais fine entaille, comme une coupure faite avec le tranchant du papier. Si fine qu’elle est invisible, si nette et si profonde qu’elle brûle de l’intérieur. Puis c’est tout le corps qui se réveille, endolori par l’odeur psychique du sang. L’air inspiré et expiré semble imbibé du rouge de l’hémoglobine, du sel des larmes et de l’amertume de la peur.
Evan résiste à l’envie de ne plus respirer. Ce serait si simple et cela mettrait fin à tant de souffrances. Il tente un instant de bloquer cet air putride qui veut l’envahir. Le doux visage de Mégane s’impose alors à son esprit.
Son visage lisse, lumineux, son sourire parfait et son rire communicatif et enfantin. Ses yeux verts ou bleus selon le soleil qui l’éclaire mais surtout selon son humeur. Mégane, si douce, si tendre et si câline. Mégane si farouche et fougueuse en amour.
Des larmes coulent de nouveau sur le visage d’Evan. Il laisse ses poumons se gorger d’air avec la désagréable impression qu’ils se remplissent de sang. Quelque soit l’agonie qui l’attend, le major Lorne veut lutter, pour lui, mais surtout pour elle.

-« Major ? »
La voix est brisée par la douleur mais surtout par l’espérance qu’elle porte. Evan ne redresse pas la tête. Il n’affronte ni le regard de son ami ni l’image terrible que celui-ci lui renvoie inlassablement en miroir.
-« Oui ?
-Est-ce que vous comprenez ce qui se passe ici ? »

La seule réponse qui lui parvient est le grognement mêlé de rire du second soldat.
-« Major ! »
Lorne tente de se reprendre mais dès qu’il essaye de concentrer son attention sur le présent, une douleur fulgurante brise ses résistances et le replonge au plus profond de lui-même.
-« MAJOR ! »
La voix est impérieuse mais également suppliante. Elle se glisse en Lorne et s’y blotti comme un appel à l’aide. Finalement, c’est bien de cela qu’il s’agit. Un enfant qui pleure son parent car il est le rempart contre le mal. Un soldat qui appelle son chef comme s’il était l’unique détenteur de la solution.
Evan hésite entre rire et pleurer. Quelle solution ? Mourir maintenant ou un peu plus tard ? Agoniser des heures ou se laisser allez vers quelques choses de probablement pire que la mort ?
Les pensées d’Evan vont tour à tour vers Mégane et vers le reste de son équipe. Enfin, le reste de son équipe, une expression qui désigne un seul et unique soldat. Un lieutenant prénommé Mitch qui fait régulièrement partie de la Team Lorne. Deux hommes liés par le respect, l’estime et malheureusement actuellement par la souffrance et l’incertitude.
Lentement, faisant abstraction autant que possible de la douleur qui se joue de lui, Evan redresse la tête et fixe son compagnon d’infortune.
Mitch le regarde avec un visage empli d’espoir. Il a les yeux rougis par des larmes trop acides. Ils sont enfoncés dans un visage terne et gris. La cendre et le feu. Du sang séché forme de grosses croûtes informes dans son cou et sur son menton. Un instant le major se demande s’il s’agit de son propre sang ou de celui de la coupe. Sur ses joues noircies se dessinent des sillons comme autant de rus pour ses larmes.
Voila donc à quoi ressemble un soldat après une telle expérience. Lorne regarde son ami et se voit tel qu’il est en ce moment. Rien ! Une enveloppe charnelle meurtrie, décharnée. Un emballage pour une âme encore plus abîmée.
Abîmée. Jamais mot n’aura autant de sens. Détruite. Plongée dans un gouffre sans fin, dans une douleur psychique infinie.
-« Major ? Dites quelque chose !
-Quelque chose…
-Ha major, j’ai cru que vous étiez comme… »

L’attention de Mitch se perd dans la contemplation de la bête humaine qui râle à leur côté. Evan ne suit pas son regard. Il fuit cette réalité.
-« Non, je suis bien là. Mais franchement je me demande si je ne préfèrerai pas être comme lui.
-Ne dites pas cela ! Mégane va joindre Atlantis et ils nous enverront du secours.
-Oui, dans 23 heures ! Non, je pense qu’il ne faut compter que sur nous.
-Vous avez un plan ?
- Mon plan A : attendre que quelqu’un vienne et improviser.
-Et le plan B ?
-Mourir.
-Bon, allons j’adhère au plan A. »

Tout deux rient, doucement….bêtement. Un rire libérateur.
Leurs visages sont crispés, leurs sourires forcés, mais ils sont illuminés par quelque chose de nouveau, quelque chose qui emplie la grotte d’une aura positive…la solidarité.
Espoir, union dans l’adversité, autant d’éléments qui boostent les deux atlantes mais que le dieu ne supporte pas et perçoit comme abjecte.
-« Je ne peux le tolérer ! »
Le shaman entre dans la pièce. Lorsqu’il pose son regard sur les deux hommes, celui-ci brille de haine. Evan et Mitch ressentent aussitôt une douleur nouvelle, étrange, inconnue jusque là.
La faim.
La faim qui tenaille le chef et qui les brûle de l’intérieur. Une perception qui les assaille avec d’autant plus de souffrance qu’elle leur jette à la figure une évidence terrible et cruelle. Ils sont liés au shaman et à son dieu sanguinaire.
Le chef fixe Lorne et ses pupilles s’illuminent aussitôt. Ce n’est pas que la haine qui brille dans ses yeux. Finalement le chef avait raison. Ils ont bu le sang et maintenant ils forment un tout avec le dieu que vénère le sorcier. Ils sont Lui, ils sont eux, ils sont un tout. L’univers avait dit le vieil homme avant de plonger de major dans cette tourmente. Alors l’univers est souffrance et cruauté car en cet instant c’est ce qui se consume aux creux de leur abdomen. Le rejet de leur union, de leur force commune et de tout ce qui faisait leurs valeurs d’être humain.
-« Non ! »
Evan crie pour lui-même et pour son soldat, pour sa non soumission à ce qui ferait de lui un être infiniment plus bestiale et barbare que la pire des créatures féroces.
En écho résonne, le cri de son ami qui s’unie au sien.



***


Dernière édition par le Dim 25 Mar - 17:07, édité 2 fois
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MessageSujet: J-6 suite...   Ven 23 Mar - 0:47

***




-« Mais qu’est-ce que c’est que tout ce bin’s ? »
L’aura de la téléportation se dissipe à peine et déjà la délicate voix du docteur McKay se fait entendre dans tout Atlantis.
Depuis quelques heures le Daedale a posé ses « amarres » sur la cité Atlante. Les nouvelles recrues ont longé les berges, les yeux pleins d’étoiles.
Par prudence, mais aussi par discrétion, il a été entendu que les deux naufragés seraient téléportés directement au sein du bloc médical.
Evidement, la présence entêtante de l’encens ne passe guère inaperçue. Le docteur Carson Beckett adresse un petit signe discret de tête au docteur Weir.
-« Je vous avais bien dit que Rodney avait retrouver une forme olympique. »
Elisabeth est d’excellente humeur et la perspective de faire enrager le scientifique est particulièrement tentante.
-« Parfait, il pourra donc repartir en mission dès demain. »
Elle poursuit directement à l’attention de McKay.
-« Quel dommage, vous n’aurez pas le temps de découvrir toutes les merveilleuses améliorations que Radek a installées sur le réseau informatique. »
Dans ce jeu de ping-pong parfaitement orchestré, le docteur Beckett n’est pas le plus mauvais des joueurs.
-« Oui, il a aussi fait un super travail dans le bloc chirurgical. Figurez-vous qu’il a dévié l’énergie du… »
McKay ne marche pas, il coure, il roule, il vole !!
-« Quoi ?! Qu’est-ce que vous dites ? Mais ce n’est pas possible, je suis sur qu’il a du mettre un bocson pas croyable dans mes programmes. Elisabeth, je vous en prie, ne me dites pas qu’il a touché à mes ordinateurs ?
-Bien, Rodney, puisque vous me le demandez, je ne vous le dirais pas !
-Non, mais non, ce n’est pas possible !!! »

Sur ces entre faits, le pauvre scientifique aux allures de savant fou pénètre dans le bloc.
-« Rodney ! Comme je suis content de vous voir. Durant votre absence, j’ai…
-JE NE VEUX RIEN SAVOIR ! »

Furieux, Rodney accueille le malheureux Radek en expectorant ses mots avec rage. McKay est aussi rouge écarlate que le tchèque est livide, limite ectoplasmique.
-« Mais Rodney, je…
-Y’a pas de mais, comment avez-vous pu…
-Mais je n’ai rien fait qui puisse…
-Ce n’est pas ce que j’ai cru comprendre…»

Décidément, il sera dit qu’Atlantis ne réussit pas aux scientifiques, qui peinent à finir leurs phrases en toute sérénité.

Elisabeth et Carson se complaisent dans la contemplation du tableau si étrange et à la fois si prévisible.
Une voix un peu enrouée arrête le combat juste avant la mise à mort de Radek.
-« Bon, maintenant ça suffit. Vous ne voyez donc pas que docteur W et docteur B se sont liés contre vous ? »
Le visage hilare du lieutenant-colonel Sheppard tranche radicalement avec son ton sévère à la limite de la remontrance. Il poursuit dans cette veine.
-« Elisabeth, Carson, vous devriez avoir honte de vous. »
John hume l’air saturé de fumée.
-« Je ne sais pas ce que l’on fume en ce moment sur Atlantis mais… »
Il continue en riant à chaudes larmes.
-« Mais j’en prendrais bien un peu. »
Les rires emplissent la pièce. La joie des retrouvailles, le soulagement d’une fin, celle d’une aventure plutôt désagréable.
Le calme succède au joyeux brouhaha. Elisabeth s’approche de Sheppard et le prend dans ses bras.
-« Vous nous avez fait peur !
-Moi aussi j’ai eu peur. »

Aussitôt Rodney vient se coller au duo, souriant au docteur Weir.
-« Et moi ? Personne ne s’est inquiété de mon état de santé ?
-Si, moi ! »

Si Zelenka voulait rompre l’étrange atmosphère qui venait de se créer, c’est une vraie réussite. Le fou rire est de retour et avec d’autant plus d’intensité que Radek ne voit vraiment pas ce qui en est à l’origine.
Elisabeth reprend la conversation là où Radek l’a interrompu.
-« Je ne m’attendais pas à vous voir en si grande forme John.
-C’est que dix jours de sieste, ça requinque un homme. Mais n’en profitez pas pour vouloir m’expédier à l’autre bout de la galaxie.
-Aucun risque, j’y ai déjà envoyé le major Lorne.
-Ha ? Où exactement ?
-Précisément là où je vous ai expédiez la dernière fois que je voulais un peu de tranquillité. »

Sheppard rit de bon cœur, sachant que la boutade n’est pas réellement méchante.
-« Et bien, il en fera vite le tour. Il n’y a rien là-bas.
-Détrompez-vous, il semblerait qu’il y ait trouvé quelque chose d’intéressant justement. »
Elisabeth remarque le teint du colonel qui vire légèrement au gris sombre et ses yeux qui se cernent de noir.
-« Bon, nous allons vous laissez au bons soins de Carson et des incantations Athosiennes. Reposez-vous et…bienvenu à la maison John ! »

Le docteur Weir quitte l’infirmerie avec Zelenka et McKay qui continuent à se chamailler comme des enfants.
Beckett s’assoit auprès de Sheppard.
-« L’infirmière du Daedale m’a dit que malgré les anxiolytiques et les somnifères, vous aviez toujours de forts troubles du sommeil. Compte tenu du contexte (Fanfic : Trafic) c’est plus que normal, mais j’aimerais que vous consultiez le docteur Heigthmeyer. Bon, maintenant allongez-vous et laissez-moi examiner de plus près votre cheville.
-Vous savez Carson, ma cheville, en comparaison de la balle du Eagle Desert, c’est de la gnognotte.
- Ha oui, c’est vrai ! Excusez-moi mais je m’y perds. Bon faisons au plus simple. Montrez-moi là où vous n’avez pas mal ! »

Le rire guttural de Carson est si communicatif que Sheppard en oublie ce qui le tracassait deux minutes plus tôt. Qu’était-ce déjà ? Ha ! Oui…
Qu’est-ce qui retient le major Lorne au milieu du grand vide astral ?



***




La douleur disparaît comme elle est venue. Le shaman est plus souriant que jamais. Ses yeux ont repris leur teinte naturelle. Où qu’il soit, son divin comme il dit, n’est plus en lui.
-« Mon divin avait raison, vous êtes de forts combattants. »
Il désigne du doigt le soldat qui grogne en se rongeant l’épaule.
-« Celui-ci n’était pas prêt, mais vous deux, c’est autre chose. Mon divin va aimer ne nourrir de vous. »
Il s’approche d’Evan et d’un doigt tendu, accusateur, il met au défi le major.
-« Si vous m’aviez suivi de votre plein grès vous ne seriez pas attaché à ce mur. »
Son doigt se rapproche du visage de Lorne puis se pose sur sa joue, dessinant une cassure au milieu des traînées salées.
-« Ignobles signes de faiblesse. Intolérable. Inacceptable. »
Son regard se plonge dans celui du major. Aussitôt Lorne perçoit la douleur qui revient doucement d’abord puis qui enfle en lui avec énergie et brutalité.
-« Vous ne devez plus lutter. Résistez et votre souffrance en sera décuplée. Accompagnez moi.
-Pourquoi moi ?
-Parce que votre sang est riche d’une énergie que l’on maudit. Parce que vous posséder, ce sera comme les posséder, eux ! Parce que vous nous offrez le monde. »

C’est le second du major qui semble pris d’une soudaine clairvoyance.
-« Le gène des anciens ! C’est pour cela qu’il ne nous tue pas…enfin pas encore. »
Le chef ne semble pas prêter attention à ces propos. Son doigt a quitté le visage du major pour s’arrêter au niveau de la plaie qui orne son cou. Avec douceur, presque avec tendresse, il caresse la ligne rouge. Soudain, avec brutalité, il y imprime une pression douloureuse, rouvrant la plaie qui n’en demandait pas tant. Aussitôt le sang se remet à suinter.
Avec répugnance, Lorne sent l’homme qui pose délicatement ses lèvres dans son cou. Une sensation, un souvenir refait instantanément surface.
Ce n’est pas la première fois que le shaman boit le sang du major directement à la source. Evan avait senti cette étrange fraîcheur juste avant que l’homme ne lui fasse couler du sang dans la bouche. Une forte nausée le submerge quand il réalise que son propre sang était sans doute mêlé à celui du shaman. Un haut le cœur terrible lui arrache de violents spasmes. Le vieux chef se retire, la bouche ensanglantée et la barbe parsemée de gouttelettes rougeâtres.

Le shaman regarde Lorne avec autant de désir que de répugnance. Un peu à contre cœur, il s’éloigne du major pour se rapprocher de son second.
-« Tu as raison. C’est dans ton sang autant que dans celui du major Lorne, mais le tien est impur. Il est d’origine artificiel et cela nous ne pouvons le tolérer. »
Comprenant ce que de tels propos sous-entendent, le major attire immédiatement l’attention du shaman sur lui.
-« Je boirai votre sang et je me lierai à vous sans contrainte. Détachez-moi ! »
Le vieil homme s’exécute sans difficulté. Il commence à défaire les liens qui retiennent le major prisonnier. Lorne est surprit par l’apparente facilité avec laquelle on le détache. Pourtant le shaman y va de bon cœur, entaillant l’épaisse corde à l’aide de son couteau. Alors qu’il ne reste plus que quelques fibres à sectionner, le shaman effectue de grands mouvements avec sa lame, comme dans une chorégraphie ou une danse rituelle. Puis s’éloignant brusquement de Lorne, le sorcier termine son geste sur la gorge de Mitch. Ce dernier surpris n’a pas le temps de prononcer le moindre mot qu’un flot de sang s’échappe de son cou partiellement tranché.
Si Mitch est stupéfié dans sa douleur, ce n’est pas le cas du vieil homme qui bien au contraire ne se prive pas de commenter l’action. Son plaisir transcende bien au-delà de ses mots. Tout en lui n’est que jubilation et extase. Il regarde alternativement Lorne qui se démène comme un fou pour faire céder la corde et le malheureux supplicier qui tente vainement d’interrompre son hémorragie.
Les yeux injectés de sang et brûlants de désir, le shaman s’approche de Mitch. D’une voix douce, presque sensuelle, il lui susurre quelques mots à l’oreille avant de esclaffer de joie.
-« Désolé mais pour vous, ce sera le plan B ! »

L’homme rit encore alors que le major Lorne retrouve enfin sa liberté de mouvement et se précipite sur son ami. Avec délicatesse, Evan plaque ses mains sur la plaie béante de Mitch, tentant vainement d’arrêter le flot continu de sang.
-« Mitch n’abandonne pas ! Aide moi ! Lutte, résiste ! Bordel Mitch !? »
Le shaman fait mine de se désintéresser des deux hommes et se contente de détacher le deuxième soldat qui le suit comme un brave petit toutou.
Mitch regarde fixement Evan, se rattachant à son regard comme à une bouée de secours. Le sang est maintenant plus épais, plus noir, plus terne, exactement comme la lumière qui quitte les yeux du soldat.
Evan sent la vie de son ami qui s’échappe et coule, poisseuse, entre ses doigts. Dans un dernier souffle le soldat tente de donner à son major la dernière étincelle de sa vie. Une dernière action héroïque pour un homme qui aura combattu toute son existance les Goa’uds puis les wraiths, avant de mourir, stupidement sur un gros caillou désert.
-« Evan. Tire-toi ! »

Une belle action mais pour un effet nul.
A l’entrée de l’antre, devenue tombeau de Mitch, le shaman se délecte des effluves de la mort. Odeurs, vibrations, sensations réelles ou imaginées, tout est prétexte à la jouissance qu’occasionne la mort du soldat. Mitch est inerte, maintenu artificiellement debout par ses liens. Le major Lorne est face à lui. Il ne lâche pas le cou de son ami. Son visage est ruisselant de larmes. La mâchoire crispée par la rage et la haine, il laisse doucement aller la tête de Mitch. Brutalement, avec l’énergie du désespoir, Lorne se retourne vers le sorcier, prêt à lui foncer dessus et à le tuer à main nue.
Evan est fou de colère et de chagrin, mais cela ne suffit pas, cela ne suffit plus. Le plaisir du shaman est tel, qu’il se propage à Lorne, uni contre son grès au dieu bourreau.
C’est d’abord comme une pointe acérée et chauffée à blanc qui se plante dans son cœur. Une douleur si forte qu’elle ne fait plus qu’un avec l’individu. Une souffrance s’installant à la limite entre l’insupportable et l’orgasmique, entre le mal et le bien.
Evan hurle à en réveiller les morts. Cela est tristement sans effet sur Mitch. Il hurle tant, que le cri se confond à la douleur pour ne plus former qu’un état, une condition d’être.
C’est ainsi que le major Lorne se ressent ou plutôt se perd lorsque le plaisir s’insinue en lui. Un picotement, si léger qu’il faut se replier sur soi pour le découvrir. Un frisson qui enfle en se gorgeant de peur et de passion.

Evan le possédé se coule aux pieds du supplicié, se vautrant dans le sang qui l’imbibe et le teinte du rouge. Le dieu est orgueilleux. Il aime le rouge qui le symbolise, surtout lorsqu’il emporte avec lui la vie de ses adeptes.

Evan, le soldat d’Atlantis, n’est plus qu’une petite particule d’être perdue dans la noirceur de l’homme qu’il est devenu. Une petite bulle de conscience qui se réchauffe à l’étincelle de vie que lui a donné Mitch. Une lueur d’espoir ?
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MessageSujet: Re: Evan-escence   Dim 25 Mar - 17:21

Très noire cette fic. Mais très originale. Je ne crois pas que tu ais fait deux fics qui se ressemblent. Bravo et vivement la suite !

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MessageSujet: Chapitre trois J-5   Mer 28 Mar - 19:51

Chapitre trois


J-5


La nuit commence juste à décliner, emportant avec elle les souffrances passées.
Le major Evan Lorne erre comme une âme en peine. Un zombi titubant sur le sol irrégulier d’une steppe hostile. Son uniforme d’Atlantis est souillé du sang séché de Mitch mais dans la pénombre cela ne se voit pas.
Qu’importe, de toute façon, Evan ne prête guère attention à sa tenue vestimentaire ni à quoique se soit d’ailleurs. Il se contente d’avancer vers un but qu’il croit indéfini. Par moment une image s’impose à lui, celle qu’un véhicule sombre et pourtant invisible. Alors il change de route, bifurque et va là où il croit devoir aller. Paradoxalement plus il approche du but et plus ses pas se font lents et résistants. Une partie de lui cherche à fuir cet objectif. Dans ces moments là, Evan exprime à haute voix ses sombres pensées. Il les prononce comme pour s’exorciser.
-« Surtout ne pas retourner au jumper, ne pas y aller. Mégane, sauves-toi ! »
Les mots sont chuchotés, à peine audibles, car chaque syllabe déclenche en lui une souffrance à visée purgatoire.



***



Le jumper est bousculé par le vent qui souffle violement depuis que le soleil s’est levé. C’est la seconde journée que Mégane passe seule dans le petit vaisseau. Bien sur, elle a tout tenté pour contacter Atlantis, mais il a bien fallu qu’elle se rende à l’évidence. Aucun signal, aucune onde ne semble pouvoir quitter le sol de ce caillou. Mégane a beaucoup pleuré, maudissant la génothérapie du docteur Beckett qui n’avait pas fonctionnée sur elle, maudissant Evan, le docteur Weir, la Terre entière, l’univers puis encore Evan, Evan et toujours Evan.
Pourquoi l’avait-il laissé seule. Maintenant ils étaient sans doute morts, l’abandonnant à son triste sort dans la solitude. Mégane avait passé les dernières heures de la nuit à échafauder de multiples hypothèses quand à ce qu’il était advenu de ses compagnons. Malheureusement aucune n’était un conte de fée. Et puis finalement, le lieutenant avait cessé de supputer et avait choisi l’attente passive, du moins pour le moment. Elle attendrait tant qu’elle aurait assez de vivres le lui permettant puis elle quitterait la sécurité du vaisseau et alors…
-« Alors on verra bien ! »
Allongée sur le dos, à même le sol du jumper, Mégane réfléchit à haute et intelligible voix, espérant que son esprit capterait des idées, des solutions auxquelles elle n’aurait pas prêtées attention.
-« Et si je sors chercher de la nourriture et que je rencontre un autochtone ? Bonjour monsieur, enchantée monsieur, qu’avez-vous fait de mes amis monsieur ? Non, ri-di-du-le ! Bon, il me faut des armes. »
Még se relève et commence à organiser un paquetage pour une éventuelle sorti.
-« Le plus tard possible. »
Elle imite la voix grave mais douce du major Lorne.
-« En dernier recourt lieutenant ! »
Elle reprend sa voix normale mais maîtrise mal le tremblement qui s’y installe à l’évocation d’Evan.
-« Ne t’inquiète pas Evan, je prendrai soin de moi, comme tu l’aurai fait si tu était là. Je sais que tu aurais donné ta vie pour moi et… et c’est sans doute ce que tu as fait. Maintenant, je ne peux pas rester là à attendre de mourir de faim et de soif. Il va bien falloir que je quitte le jumper. Il est inutilisable de toute façon, et ne me demande pas pourquoi, je n’en sais rien ! Il ne marche pas et moi et suis coincée dans ce pot de yaourt sans aucun espoir. »

Sa voix se casse sur le mot espoir. En fait, Mégane ne peut imaginer que ses amis et en particulier Evan soient tous mort. Son paquetage s’achève avec l’introduction de grenade et de recharge pour son colt. Ce n’est pas une expédition de survie qu’elle souhaite organiser mais une mission de secours. Soit elle retrouve ses compagnons en un seul morceau, soit elle compte bien montrer aux « méchants » ce dont elle est capable. Consciente du point de non retour qu’elle va franchir, le lieutenant Frès rédige un rapport manuscrit qu’elle laisse à discrétion sur le tableau de bord du jumper. Une équipe d’Atlantis viendra sûrement à leur aide et alors ils sauront où la trouver.
Evidement le plus sage serait de les attendre mais Mégane sent qu’il lui faut agir. A chaque foi qu’elle évoque le triste destin supposé d’Evan, son estomac se noue douloureusement et ses tripes lui disent qu’il est vivant mais a besoin d’aide. Mégane ne peut pas rester plus longtemps sans agir.

Le vent s’est calmé et le soleil en despote, domine de nouveau le ciel bleu du « monde ». Mégane quitte le jumper non sans un dernier regard empli de tristesse puis s’avance vers la forêt clairsemée avoisinante. Quelques arbres forment ainsi un rempart entre le jumper et la clairière où le village est installé. Deux kilomètres maximum, qui séparent Mégane d’une inconnue de taille, son avenir.
-« Adieu, jumper. »
Au moment où Mégane tourne le dos au petit vaisseau, une ombre sort des bois. Mégane pose sa main sur son arme et se campe fermement sur ses pieds.
-« Qui êtes-vous ? »
L’homme avance en titubant.
-« Mégane, sauves-toi ! »
Mégane n’entend pas les mots qui sont prononcés. Elle n’entend et ne voit qu’une chose : Evan, blessé, peut-être mourrant, qui avance lentement vers elle.
Bouleversée, elle relâche son attention et se précipite vers lui. Elle ne retient plus ses larmes qui coulent rapidement sur ses joues et noient ses yeux dont la teinte était si grise ces dernières heures.
-«Oh, Evan… »
Elle le prend dans ses bras, autant pour le soutenir que pour le serrer contre elle avec amour et tendresse.
-« Evan…j’ai eu si peur. Je t’aime. »



***





-« Je peux ? »
La tête d’Elisabeth Weir se dessine dans l’encadrement de la porte. John lui adresse un sourire charmeur qui peine à illuminer son visage. Le colonel Sheppard a les traits marqués par ses dernières mésaventures. De profondes cernes grises donnent l’impression que ses yeux sont enfoncés dans ses orbites. Hormis ces signes évidents de fatigue, les contusions et différentes plaies qui parsèment son corps sont peu visibles sous sa tenue de bloc. Pantalon de pyjama et casaque vertes foncés.
-« On se croirait dans un épisode d’ « Urgence ». »
Sheppard rit de bon cœur à la boutade d’Elisabeth.
-« Oui, c’est vrai, mais c’est plus pratique que nos combinaisons. C’est que j’ai un programme ultra chargé qui nécessite une dextérité hors norme pour l’habillage.
-…
-Changement du bandage de ma cheville, mise au propre du pansement dans mon dos, nettoyer les points de suture sur mon cuir chevelu, pfff… Je crois que Beckett a décidé de m’utiliser comme instrument éducatif pour jeunes recrues infirmières. »

Le docteur Weir s’est assise auprès du militaire. Elle sourit avec spontanéité à l’énumération humoristique des malheurs de son ami.
-« Je parie que cela ne vous déplait pas. Tant de jeunes filles innocentes qui découvrent votre corps de guerrier. »
John est interloqué par la remarque d’Elisabeth.
D’un côté il y lit du sarcasme, mais en même temps il y sent une petite pointe de…de quoi d’ailleurs ? De jalousie ? Non pas vraiment, plus de lassitude. Avec sérieux, cette fois, il reprend la parole.
-« Vous savez Elisabeth, ce n’était pas une partie de plaisir sur Terre. Croyez bien que j’aurai préféré rester sur Atlantis. Rodney et moi avons tenté de ne pas franchir la porte sous-marine mais c’était impossible, nous n’avons pas réussi à faire machine arrière (fanfic : Huis-Clostrophobie).
-Je sais, je sais, ce n’était pas votre faute.
-Ben c’est vrai ! Elisabeth, vous n’avez pas la moindre idée de ce que l’on a vécu la bas. C’était… »

John baisse la tête, cherchant des mots pour exprimer l’inimaginable. Le docteur Weir le prend de cour.
-« Oh si, nous en avons une petite idée. Le major Lorne a eu des visions de vos péripéties.
-Comment ça des visions.
-Pas au sens où vous l’entendez John. En fait il a reçu des informations sur ce qui se passait dans la cloche sous marine. Ces informations lui ont été transmises via le jumper.

-C’est impossible ! »

John et Elisabeth se retournent vers l’intrus qui s’est ainsi immiscé dans leur conversation. Rodney rentre dans la chambre du colonel Sheppard en tirant vers lui une potence où se balance un flacon au liquide jaunâtre translucide. Une tubulure relie le médicament au bras du scientifique. Voyant le regard interrogatif du docteur Weir, Rodney entreprend d’expliquer sa présence.
-« Je vous rappelle que je n’étais pas non plus en très grande forme lorsque nous avons quitté Atlantis, le colonel et moi. Carson veut que je suive un protocole antibiotique et que je refasse le plein de vitamines et autres trucs dont je préfère ignorer les noms. Qu’est-ce que c’est que cette histoire de visions ? Vous saviez ce qui se passait sous l’océan ?
-Non pas exactement, mais le major Lorne a été la proie d’hallucinations. Au départ, nous avons mis ça sur le compte de la fatigue et du stress, mais en fait il s’agissait d’un moyen de communication télépathique. »

Sheppard est tout autant intéressé que McKay.
-« Communication entre qui et qui ? Et dans quel but ?
-Nous savons très peu de choses car tout ou presque a été détruit par un virus créé par les anciens. Une sorte d’autodestruction sophistiquée. Ce que l’on sait en revanche avec certitude c’est que la base où vous étiez transmettait des images via le jumper. Ces images, le major Lorne les a captées par deux fois. »

John et Rodney s’exclament en même temps, mais leurs questionnements ne vont pas dans la même direction.
-« Donc vous saviez parfaitement ce qui nous arrivait. Vous étiez au courant pour le wraith, pour le rayon téléporteur ?
- Comment ça le jumper ? Depuis quand le jumper émet-il des signaux télépathiques ? C’est quoi, un programme ? Une I.A. ? Et pourquoi le major Lorne ? »
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MessageSujet: Re: Evan-escence   Mer 28 Mar - 19:52

Elisabeth aide McKay a s’assoire et temporise d’un geste leur agitation.
-« Du calme, pas tout le monde en même temps ! Bon, John. Non, nous ne savions pas exactement ce qui s’était passé jusqu’à ce que l’on vous retrouve…
-Nous retrouve !! Docteur Weir, je vous ferai respectueusement remarquer que personne ne nous a retrouvé. On s’est débrouillé tout seuls.
-Oui, c’est vrai. Le général Landry ne s’en est toujours pas remis d’ailleurs. Pour préciser et vous répondre Rodney, les informations transitent par le jumper, cela nous en sommes certain. Pourquoi le major Lorne ? Sans doute parce qu’il s’est approché de la porte sous marine avec son jumper, activant un lien entre les deux engins Lantiens. Comme le major était le seul détenteur du gène, je suppose que cela suffit à expliquer qu’il soit le seul à avoir reçu des informations. Quand à leur interprétations…elles relevaient davantage de délires que de lecture directe. D’ailleurs Evan avait représenté le fameux rayon par l’image d’un cyclope. Rodney, je vous suggère d’en parler avec le docteur Zelenka. Il a disséqué le jumper en long, en large et en travers à la recherche du moindre petit cristal pouvant expliquer ces phénomènes.
-Et ?
-Et il a fait chou blanc.
-Pas très scientifique comme terme.
-C’est vrai mais en tchèque ça fait déjà beaucoup plus technique. »


Tout deux s’amusent de la boutade qui simplifie à elle seule une explication longue et d’autant plus laborieuse qu’Elisabeth n’y comprend absolument rien ! Sheppard quand à lui reste pensif.
Imaginer que le major les regardait passivement, alors qu’ils étaient balancés d’un endroit à un autre comme de vulgaires colis, le met légèrement en rogne. Evidement John sait qu’Evan ne pouvait rien faire de plus pour eux et qu’il devait également souffrir de la situation. Finalement ce qui met le militaire en colère est sans doute le fait qu’il y ait eu un témoin de leur calvaire.
-« Qu’a réellement vu le major Lorne ? »
La question impose aussitôt du silence dans la petite chambre. Sheppard fixe Elisabeth avec un regard de chien battus qui plombe violement l’ambiance bonne enfant. Le docteur Weir perçoit la douleur qu’a du être cette expérience comme si elle était une entité à part entière dans la pièce. Le regard du colonel porte en lui une blessure qui sera longue à cicatriser. Elisabeth sait à quel point les hommes sont orgueilleux et n’aiment pas subir sans agir. L’impuissance est sans doute le pire fléau pour la gente masculine. Mais les femmes sont-elles si différentes ? Au fond, le docteur Weir imagine très bien ce qu’elle ressentirait si elle avait été tour à tour le jouet d’une expérience des anciens puis celui d’un sadique psychopathe.
-«Le major Lorne n’a pas compris grand-chose à ce qu’il voyait. Ce n’est qu’après votre spectaculaire arrivé au SGC que ces hallucinations ont pris un sens. Le mieux sera d’en parler avec lui à son retour.
-Quand doit-il renter ?
-Bientôt… »

Elisabeth cache mal ses émotions et son air sombre inquiète aussitôt le colonel Sheppard.
-« Que se passe-t-il Elisabeth?
-Nous avons tenté de joindre le major mais nous sommes sans nouvelles.
-Depuis combien de temps ?
-Deux jours. Il nous a envoyé un message la veille de votre arrivée et depuis c’est le black-out complet.
-Quelle est cette planète dont vous me parliez. Je ne me souviens pas l’avoir visité.
-Non, vous ne l’aviez pas vu. »

Devant la mine déconfite du colonel, Elisabeth s’empresse de temporiser ses propos.
-« Vous avez du passer à côté sans y prêter attention. C’est une planète excessivement petite, de la taille de notre lune terrestre. Lorsqu’il s’en est approché, le major a capté des signes de vie et s’y est donc posé.
-Elisabeth, vous pensez vraiment que l’on aurait pu passer à côté de cette planète. Aussi petite soit-elle je vous assure qu’on l’aurait vu. Ce coin paumé était si vide et ennuyeux qu’ont aurait même explorer un petit pois s’il y en avait un. Mais il n’y avait rien ! C’était dans mon rapport.
-Je le sais bien John. C’est pour cela que j’y ai expédié le major. Je voulais l’isoler pour votre arrivée et j’avoue que je n’ai pas cherché plus loin quand il m’a dit avoir trouver une planète habitée. »

McKay se glisse l’air de rien dans la discussion et comme à son accoutumé, met les pieds dans le plat.
-« Pourquoi l’isoler ? »
Le docteur Weir est embarrassée et mal à l’aise.
-« Et bien, avant votre départ, vous étiez un peu…heu comment dire…énervé contre le major… pour cette histoire de citron.
-Ha ! Donc vous avouez que c’était bien lui !!
-McKay !! »

Sheppard stoppe net la mauvaise tournure que prend l’échange entre Elisabeth et Rodney.
-« La question n’est pas là. Il faut savoir ce qui se passe sur cette planète. »
Le docteur Weir est penaude et sa voix n’est pas aussi ferme que d’habitude.
-« John, la vérité c’est que le major Lorne n’est pas, psychologiquement parlant, en très grande forme. Il culpabilise beaucoup d’avoir échangé sa place avec vous dans le jumper. Et ces fameuses hallucinations n’ont fait qu’aggraver le problème. D’après Carson, le cerveau humain n’est pas conçu pour absorber autant d’informations brutales. Le docteur Beckett et le docteur Heigthmeyer ont soigné le major pour une dépression aussi soudaine qu’intense. Un effet secondaire de sa symbiose provisoire avec le jumper.
-Et vous lui avez confié une mission. Vous avez mis des hommes sous sa responsabilité ? »

Le reproche n’est absolument pas voilé. Elisabeth, touchée dans son amour propre de chef s’emporte et retrouve subitement son intonation ferme et autoritaire.
-« Je ne vous permet pas de mettre en doute mes capacités ni celles de nos médecins. Si Lorne est parti en mission c’est qu’il en était capable et… ET… »
Sa colère disparaît aussi soudainement qu’elle était apparu.
-« Et vous nous avez manqué colonel Sheppard. A part vous personne n’ose remettre en doute mes décisions.
-Vous oubliez le docteur Kavanagh. »

L’intervention de Rodney fini d’éteindre le feu. Tous les trois s’esclaffent de rire avant de reprendre leur sérieux.
-« Bon, Elisabeth, il faut impérativement envoyer un jumper à leur rencontre.
-C’est déjà fait John. D’ici une dizaine d’heures je pense qu’ils seront en approche de cette étrange planète.
-Ce serait bien de ressortir tout ce que l’on a sur cet endroit. Elle me semble vraiment suspecte, cette planète qui apparaît comme par enchantement…ou plutôt par envoûtement ! »




***




-« Evan, je t’aime. »
Mégane ne desserre son étreinte qu’en se rendant compte qu’il n’y a pas de réponse en retour. Elle se recule légèrement sans pour autant lâcher le major Lorne. Son regard se porte d’abord sur ses vêtements. Ils sont tellement souillés de sang que l’on dirai qu’Evan s’est roulé dans de la peinture rouge. La vérité n’est pas si éloignée en fait. Pas si éloigné mais tellement plus cruelle. Avec appréhension, Mégane relève davantage son regard et le pose sur le visage du major.
-« Oh Evan… » Sa voix se perd, comme une supplique.
Ses larmes de joie en découvrant celui qu’elle aime se transforment aussitôt en larmes de chagrin. Le visage d’Evan est si pale qu’il en est presque translucide. Ses yeux, comme sa peau sont teinté d’un dégradé de gris, aussi terme et impersonnel que les cailloux qui forment cette planète, aussi insensible et inhumain que la poussière qui vole autour d’eux.
Réalisant à cet instant que le vent s’est de nouveau levé, Mégane entreprend d’accompagner Evan au jumper. Celui-ci se laisse guidé comme un pantin sans vie.

A l’approche du vaisseau, le major s’arrête brutalement, manquant faire tomber le lieutenant Frès.
-« Mégane, sauves-toi. »
Les mots sont murmurés avec si peu d’énergie que Mégane ne les entend pas. Elle s’approche d’Evan, souriante, heureuse de le voir reprendre vie.
-« Evan, je suis si contente que tu sois en vie. J’ai eu si peur. Que s’est-il passé ?
-Mégane, sauves toi. Laisse moi. Cours. COURS ! »

Cette fois-ci Mégane comprend d’autant mieux le sens des paroles de Lorne que celui-ci parait reprendre du poils de la bête. Il a quitté son attitude de zombi voûté et amorphe pour une stature plus ferme, presque raide.
-« Evan, que se passe-t-il ? »
En posant la question, Mégane a tendu le bras vers le major. Celui-ci s’est approché et a pris la main de la jeune femme dans la sienne. Tendrement, Evan se colle à Mégane. Ses yeux sont noyés de larmes. Il ne les retient pas et laisse ses joues de couvrir de nouveaux de sillons salés.
-« Evan pourquoi tu pleures. Tu as mal quelque part ? Tu es blessé? »
La peur que la femme avait ressentie en voyant l’étrange changement d’attitude du major disparaît dès l’instant où Mégane commence à penser à Evan au lieu de penser à elle.
Grave erreur.
Fatale erreur.

Le major ne répond pas et se contente de s’approcher davantage encore de Mégane. Il l’a prend dans ses bras et la serre avec l’énergie du désespoir.
Mégane ressent aussitôt une chaleur intense au creux de son estomac. La chaleur qui brûle dans le ventre lorsque l’on est amoureux et que l’on s’unit. Elle laisse aller sa tête contre l’épaule de son homme. Un chaud réconfort pour demoiselle en détresse.
L’étreinte semble durer une éternité avant qu’une toute nouvelle chaleur naisse dans le ventre du lieutenant. Une chaleur dont l’origine n’a rien à voire avec l’amour, bien au contraire.

Mégane sent instantanément l’accolade d’Evan s’intensifier, comme si le major ne voulait pas la perdre et la laisser s’en aller. La chaleur aussi s’intensifie, devenant brutalement douleur.
-« Evan…
-Mégane, je suis…désolée…je t’aime…Még… »


Sur le visage du major Lorne, les larmes coulent sans qu’aucun contrôle ne puisse les retenir. Mégane sent que son corps l’abandonne et lui échappe. Elle tente de s’accrocher à celui qu’elle aime. Elle plonge ses yeux dans ceux d’Evan. Ce n’est malheureusement pas une bouée de secours qu’elle y trouve, mais plutôt une mer déchaînée où Evan et elle pourront s’unir dans la mort.
Mégane est prise d’un spasme violent qui lui arrache un cri de douleur. Sa tête est brutalement rejetée en arrière. Evan l’enlace avec énergie, rapprochant son visage de celui qu’il aime. La jeune femme est crispée par la souffrance physique que lui occasionne la lame plantée en elle, et sidérée par la nature de celui qui lui vole sa vie.
Evan, l’homme qu’elle aime. Celui qui tient fermement le couteau.

La joue trempée du major Lorne se colle contre la nuque de Mégane. Elle sent sa respiration rapide et saccadée. Elle perçoit les sanglots qui secouent le corps de son amant alors même que son propre corps ne réagit déjà plus. Mégane se laisse doucement aller vers le néant, incertain mais indolore.
Ses dernières pensées sont pour Evan. Pas celui qui lui fait face mais celui qui est reclus en lui. Sa dernière et plus incommensurable douleur sera finalement le fait de le savoir conscient de son geste et ignorant de son pardon et de son amour.
** Evan, je sais que tu m’aimes et que ce n’est pas toi qui m’as tuée. Je t’aime. **
Ce n’est malheureusement que des pensées qui se perdent loin de la conscience du major.

Evan lâche le couteau et de ses mains rougies du sang du lieutenant, attrape le visage de celle qu’il aime plus que tout. Les yeux dans les yeux, unis dans la douleur et l’abandon. Mais Mégane ne le voit déjà plus. Le major colle alors a bouche contre la sienne et l’embrasse en un baiser éternel, le baiser de la mort.
-« Je t’aime Még. Je t’aime. »

L’embrassade dure un temps infini. Les lèvres de Mégane sont maintenant bleues et froides.
-« Que cela cesse ! »
Le cri de rage et de souffrance arrache Evan à la bouche de Még. Son corps inanimé tombe mollement au sol.
Evan la regarde avec une détresse inimaginable puis un voile se pose sur son visage. Le major se redresse puis enjambe le corps sans y prêter la moindre attention. Raide comme un I, Lorne pénètre dans le jumper et commence à pianoter sur le tableau de commande. Ses yeux se pose un instant sur le message laissé par le lieutenant Frès. Avec un sourire satanique, Evan déchire le papier.
-« Atlantis ! Me voila… »
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MessageSujet: Re: Evan-escence   Ven 30 Mar - 15:16

Encore un merveiloleux passage, très bouleversant. Un remake de resident evil ? ^^ En tous cas on sent dans ce dernier passage une ambiance de films d'horreurs qui n'est pas pour me déplaire.
Vivement la suite !

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MessageSujet: Re: Evan-escence   Ven 13 Avr - 22:19

Ben alors ? Pour quand la suite ? Et après on se moque de moi parceque j'arrive pas à finir la mienne ^^

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MessageSujet: Re: Evan-escence   Dim 15 Avr - 16:53

désolée, j'étais pas très en forme, mais c'est en cours, je me suis remise dessus (et il plie sous mon poids)... @ très vite
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MessageSujet: Re: Evan-escence   Jeu 19 Avr - 10:57

j'espère que tu as retrouvé la forme, attention à ne pas trop en faire work . Même toi la grande pro de la fanfic à bien le droit de prendre du repos vacance2
tes fidèles admirateurs savent patienter!!
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MessageSujet: Re: Evan-escence   Jeu 19 Avr - 11:06

Idem aussi ! Comme dirait notre ami Teal'c ^^
Repose toi bien, et pond nous vite la suite ^^

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MessageSujet: Chapitre quatre   Jeu 19 Avr - 23:43

Chapitre quatre


J-4




-« Major Lorne, ici Atlantis répondez ! »
La voix impersonnelle de l'opérateur radio semble la seule source de vie dans le jumper.
Le petit vaisseau progresse lentement en direction de la porte des étoiles, laissant loin derrière lui « Le monde ». La planète aux allures de caillou géant s'éloigne et devient si petite qu'on pourrait la croire issue d'un cauchemar. Malheureusement le mauvais rêve n'est que réalité et le major Lorne n'est plus qu'un corps inerte avachi sur le sol du vaisseau Lantien. Les paroles émises par la radio bourdonnent dans son esprit jusqu'à titiller l'once de vie qui subsiste encore en lui. Evan lutte pour émerger de l'épais brouillard qui l'enveloppe.
Peine perdue.
Titubant pareil au lendemain de sa terrible cuite avec Ronon, Evan ouvre péniblement les yeux puis étire ses membres, conscient de leur lourdeur inhabituelle.
-« Major Lorne, ici Atlantis répondez! »
Engourdi, avec l'étrange sensation d'être rouillé par une trop longue inaction, Evan se redresse et enclenche la communication avec Atlantis. Affalé sur les commandes du jumper, il lutte difficilement contre la nausée qui s'assaille. Encore un cuisant échec. Sa vue voilée n'est que parcellaire et associé à de forts acouphènes, ce trouble ne fait qu'amplifier son instabilité physique et psychique. Lorsque le major entend sa voix déformée, toute sa peau se hérisse, saisie d'une frayeur irraisonnée. Evan, prend sur lui et reformule ses mots afin qu'ils soient audibles et un minimum compréhensibles.
-« Atlantis, ici Lorne. Je... Que se passe-t-il? »



***




-« Major Lorne, ici Atlantis répondez ! »
Le message est diffusé en boucle depuis des heures. Les opérateurs d’Atlantis ont depuis bien longtemps cessez d’attendre une réponse. Une étrange ambiance règne dans le centre de contrôle. L'euphorie liée au retour du colonel Sheppard et du docteur McKay, ainsi que le joyeux brouhaha des nouvelles recrues du Daedale a laissé la place à la consternation et à l'angoisse. Faut avouer que l'état de santé du colonel est peu réjouissant et que le docteur McKay ne cesse de gesticuler en tout sens, maudissant tantôt le docteur Zelenka, tantôt les Anciens. Bref, personne n'ignore que sieur McKay est de retour dans la cité et avec lui sa nombrilite aiguë.
C'est dans cette atmosphère d'après guerre que surgit la voix du major Lorne, d'abord tronquée puis saisissante d'angoisse. Une réponse comme un appel à l'aide....appel malheureusement sans retour. Surpris les opérateurs radio se contentent de se regarder, tardant à formuler la réponse tant attendue.
-« Atlantis, répondez bon sang! »
La voix du major est tellement chargée de stress que celui-ci se propage au-delà des ondes à toute personne étant à l'écoute.
Un opérateur enfin sorti de sa transe, fait signe à ses collègues de prévenir le docteur Weir.
La chef d'Atlantis se précipite aux nouvelles. L'attente et les remontrances à peine voilées du colonel Sheppard sur les biens fondés de la mission ont mis ses nerfs à rudes épreuves. Tout comme les autres membres d'Atlantis, le docteur Weir attendait l'arrivée du Daedale avec plaisir. La fin d'une aventure et un probable retour au calme. Mais chassez le naturel et celui-ci revient au galop. Quand ce n'est pas Sheppard, c'est Lorne...décidément les hommes d'Atlantis...
-« Major, nous sommes heureux de vous entendre. Cela fait des jours que l'on attend de vos nouvelles. Que c'est-il passé?
-Je ne sais pas madame. J'ai l'impression de me réveiller. Pour tout vous dire, je ne me sens pas très en forme. Il me semble que nous venons à peine de quitter Atlantis. »

Le major se retourne cherchant une explication du côté de ses coéquipiers mais l'évidence est là. Il est seul...ou du moins le croit-il.


Le centre de contrôle d'Atlantis est plongé dans la stupeur. Le docteur Weir a été rejoint par les docteurs McKay et Beckett. Le colonel Sheppard, trop affaibli, n'a pas encore l'autorisation de quitter sa chambre d'infirmerie. Evidement cela le met en rogne et Carson doit faire preuve d'un stoïcisme incroyable face aux réprimandes incessantes du militaire particulièrement de mauvaise foi. Mais tout cela est une autre histoire. En l'occurrence pour l'instant, l'histoire se fait et se défait autour d'un message radio. Des échanges de regards. De l'incompréhension. Un sentiment d'impuissance.

-« Még où es-tu? Mais....qu'est-ce que c'est que ce bordel? Atlantis, je ne comprends pas. Je suis tout seul dans le jumper. Où sont-ils passés? Et...qu'est-ce que c'est que ça?! Atlantis!
-Major Lorne, calmez-vous et expliquez moi la situation. »

Elisabeth tente de ramener un calme qu'elle sent incertain. Le lien ténu qui unie la cité au militaire semble si fin qu'Elisabeth craint à tout moment la rupture. Atlantis est en apnée. On entendrait voler une mouche. Y a t il des drosophiles dans la galaxie de Pégase.
-« Madame, je... »
La voix tremble et devient de plus en plus aiguë, comme si l'hystérie et la folie venaient de naître dans le jumper.
-« Mes mains...mes mains! Még!
-Major Lorne, Evan, calmez-vous! Que se passe-t-il avec vos mains. Où sont les autres membres de votre équipe? Evan?! »

La voix neutre de l'opérateur radio interrompt Elisabeth.
-« Docteur Weir, nous avons perdu le contact.
-Pouvez-vous localiser le jumper?
-Il est à mis chemin entre la planète que le major explorait lors de nos derniers contacts et la porte des étoiles. Il devrait être visible par le jumper 8 et l'équipe de secours d'ici six heures tout au plus. Evidement mes estimations n'étant valables que si l'on considère que le major Lorne cherche à rejoindre la porte, ce qui est le plus logique. Si sa trajectoire est toute autre, il nous faudra attendre un nouveau contact pour trianguler sa position.
-Soyez vigilants messieurs. »




***




Le major Lorne est hypnotisé par ses mains. Le silence et la vacuité du jumper glissent sur lui sans l'émouvoir outre mesure, mais le pourpre qui recouvre ses mains capte son attention plus que de raison. Puis lentement, quittant difficilement la vision terrifiante de ses mains ensanglantées, Evan englobe le jumper du regard.
Rien.
Personne. Juste lui et le silence mortel de l'espace. Doucement, fuyant ce qu'il sait être inévitable, le major lève ses bras et place ses mains à hauteur de ses yeux. Précis comme dans une expertise médicale, son regard se pose sur ses doigts, ses paumes, ses poignets, puis descend lentement sur ses avant-bras. Du sang coagulé, presque noir, recouvre presque entièrement sa combinaison Atlante. A la couleur, violente, bouleversante, s'ajoute la texture cartonneuse des plaques séchées et raidies. Même l'odeur commence à envahir tous les récepteurs sensoriels du militaire. L'odeur métallique du sang et celle, plus acide de la peur. Pris de panique, le major qui jusqu'à présent réagissait avec une extrême lenteur, se met à s'agiter et à tournoyer sur lui-même en se découvrant sous toutes les coutures.
L'intérieur du jumper est similaire à une scène de crime, revêtue d'une parure aux couleurs d'un mauvais film de série B sur la Transilvania et ses célèbres membres.
Il y a un instant le silence et la peur régnaient en maître dans le jumper. Maintenant c'est la folie qui y fait son nid. Absolument méconnaissable, le major Lorne, ou plutôt ce qu'il en reste, se met à bondir d'un côté à l'autre du jumper tel un fauve affamé. Accroupi sur la tableau de bord, il pousse un cri inhumain rappelant davantage une bête enragée qu'un homme sain d'esprit. Pourtant le regard lumineux d'Evan dément formellement l'impression que l'Homme s'est effacé au profit de la Chose. De chaudes larmes coulent sur ses joues alors que brillent dans ses pupilles un désespoir et une peur qui se fondent dans la folie. Fixant toujours ses mains tâchées du sang de celle qu'il aimait, Evan entreprend de se dévêtir, sans douceur et sans égard pour sa combinaison militaire.



***
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MessageSujet: Re: Evan-escence   Jeu 19 Avr - 23:46

***



-«Voilà c'est tout ce que je sais pour le moment. »
Elisabeth est assise au bord du lit du colonel Sheppard. Le militaire l'a laissé parler sans broncher et sans émettre le moindre commentaire sarcastique, ce qui en soit suffit à surprendre Elisabeth. En tant que chef d'Atlantis, elle ne peut que se réjouir d'une telle écoute. En tant qu'Elisabeth elle craint pour la santé de son ami. Les médecins ont beau assurer qu'il n'y a aucune séquelle physique au coma du colonel, personne ne peut être formel quand à l'état mental et aux répercussions psychiques des dernières semaines.
-« J’entend bien Elisabeth, mais je ne vous demande pas ce que vous savez mais ce que vous en pensez. Je veux un regard « épidermique ».
-Tout cela ne me dit rien qui vaille. Le major Lorne est un homme droit sur qui ont peut compter. Jamais il ne mettrait la vie de ses hommes en danger s’il ne pensait pas que cela en vaille vraiment la peine. Rappelez-vous lors de votre mutation. Il n’a pas hésité à partir en quête des œufs pour vous sauver, mais il a également su faire machine arrière en voyant le prix que cela allait coûter.
-Si cela ne vous ennuie pas Elisabeth, je préfèrerai oublier cet épisode.
- Il ne l’a pas fait de gaîté de cœur, mais c’est un chef d’équipe qui connaît ses limites et ses responsabilités.
-Je n’en ai jamais douté. C’est pour cela qu’il est étonnant et peu probable qu’il ait quitté la planète sans son équipe au grand complet. D’ailleurs j’ai épluché toutes les données auxquelles j’avais accès et je suis formel, cette planète n’existait pas lors de ma précédente visite.
-Mais c’est impossible voyons !
-C’est peut-être un vaisseau.
-C’est petit pour une planète mais pour un vaisseau…il serai incroyablement grand !
-A moins qu’il soit entouré d’une sorte d’hologramme.
-Un camouflage ?
-Pourquoi pas. Quoiqu’il en soit, il faut absolument retrouver le major Lorne puis aller voire de plus prêt ce gros galet flottant.
-N’y comptez pas trop colonel Sheppard !
-Elisabeth ? Vous n’avez pas envoyé d’équipe de secours ?
-Non, je parlais d’aller explorer cette planète. Vous rentrer tout juste de la Terre et pour le moment vous ressemblez davantage à une pieuvre qu’à un militaire prêt à attaquer un ennemi potentiellement très dangereux. »

Le soupir du colonel Sheppard est si bruyant que même lui en est surprit. Il regarde étonné le docteur Weir puis éclate de rire en levant bien haut ses bras perfusés.
-« Attention capitaine Némo, me contrarier pourrai vous valoir toute ma colère !
-Tout doux fac-similé de Kraken. Attendons déjà de voire ce qu’il est advenu du major Lorne et de son équipe. »




***




Un amas de tissus jonche le sol. Des lambeaux jetés ça et là comme on effeuille une margueritte.
Je t'aime, un peu, beaucoup... et je te tue.
Je t'aime, un peu beaucoup.... et je me tue.
Evan continue sa descente aux enfers, terminant d'arracher ses derniers vêtements mais réalisant du même coup que cela ne le débarrasse pas de l'odeur de la mort. Une odeur entêtante qui colle au derme comme la pire eau de toilette bon marché. Une imprégnation, comme une seconde peau, teinté par la mort de Még, mais aussi par celle de Mitch.
La réalité est plus cruelle encore.
Evan n'est pas seulement responsable de la mort de ses coéquipiers. Il porte en lui le sang du Dieu créateur « du monde », asservisseur d'un peuple qui lui voue un culte sans faille. Evan sent ce fluide glacial et bouillant qui coule en lui. Un flot qui charrie des cris et des larmes. Des sensations qui ne viennent pas se coller à sa peau mais qui naissent dans ses veines et s'en extraient brutalement pour remonter à la surface. Comme autant de bulles d'air noyés de souffrance cherchant à exploser à l'air libre, la mémoire (génétique?) du sang traverse les parois des vaisseaux sanguins et circule dans le flot vital, baignant chaque parcelle de son être de souvenirs aussi rouge que le sang des victimes.
Mitch, Mégane et tant d'autres avant... Evan se sent responsable de tous ces morts, une culpabilité métissée d'un plaisir qu'il ne peut nier.
Ecoeuré par cette explosion de perceptions et la jouissance évidente qu'il en ressent, le major Lorne décide de terminer ce qu'il avait entreprit. Doucement, il relève ses mains et les examine de nouveau. Toujours ce rouge et cette suave texture âcre et sucré, effluve d'un bonheur qu'Evan veut rejeter loin de lui. Avec lenteur et application il pose sa main droite sur son coude gauche. Evan réalise parfaitement qu'une partie de son être, celle qui jouit de la situation, lutte contre sa conscience et en reprendra bientôt tout le contrôle.
-« Courage Evan. Maintenant! »
Serrant les dents en attente d'une douleur qu'il imagine intense, Evan enserre son bras, se cramponnant jusqu'à se que ses ongles se plantent dans sa chaire. Puis il remonte lentement vers le poignet, labourant sa peau qui se couvre instantanément de son sang, fluide, rouge vif et...envoûté.
Un cri. Bestial, inhumain.
Un être mi homme, mi animal qui s'arrache la peau, croyant retirer du même coup ce qui l'entache.
Ecorché de l'âme.
Mais l'homme n'est pas animal et son action d'autodestruction illusoire et imparfaite, n'a pour effet qu'accroître sa souffrance physique, donnant matière au Dieu pour gagner les rares zones libres dans l'esprit de l'hôte.
Une voix terrifiante s'amplifie dans l'habitacle du jumper. Evan l'entend, sans comprendre qu'elle est issue de ses lèvres et de sa bouche déformée d'un rictus terrifiant.
-« Je te laisse un petit espace de liberté. T'assouvir n'a aucun intérêt si tu n'as pas conscience de cet état de fait. Cache toi petit humain. C'est ça, recroqueville toi comme un petit animal apeuré. Bientôt tes amis seront également mien et avec ta maîtrise des Lantiens, nous conquerrons l’univers. »
Plus furieux que jamais, le major sombre dans une tourmente de violence contre son propre corps. Une tornade qui ne pourra malheureusement pas s'achever sur la victoire de l'humain. Evan le sait, mais rien ne peut le raisonner. La haine et la peur sont ses uniques moteurs. Une source au quelle s'abreuve le Dieu.
Un délice.

Flash

-« Prends ma main Még.
-Nan, Evan, j’ai la trouille.
-Allez jeune damoiselle. Votre preux chevalier vous protégera.
-Tu le promets ?
-Croix de bois, croix de fer, si je….
-Pitié Evan ! Tu ne vas pas cracher par terre en plus ?! »

Son sourire et ses yeux rieurs contredisent le ton maternant. Malgré sa crainte, la jeune femme tend le bras vers l’homme qui la surplombe. D’une poigne ferme il enserre sa main et la tracte sur la nacelle.
-« Allez, courage ! »
De loin les deux silhouettes sont indissociables et ce n’est qu’une ombre unique qui se profile le long de l’enchevêtrement métallique. La lune est pleine et haute. Un décor de rêve pour deux amoureux en quête de sensations fortes.
-« Wouaaaaaaa la ville est sublime vue de là haut !
-Je te l’avais dit Még.
-Le camps parait si petit. Demain nous partirons chacun à nos affectations. Que deviendrons-nous ?
-Deux supers soldats. Je me vois bien général dans une base secrète que mêmes les pontes du Pentagone ne connaîtront pas…et avec une secrétaire vêtue exclusivement d’un tablier en dentelle fine.
-Evan tu exagères ! »

Un petit gloussement puis un gouffre de tristesse.
-« Evan, tu sais très bien ce que je veux dire. Je parle de NOUS. De toi et de moi.
-Je sais Mégane, mais que veux tu que je te dise ? Je ne suis pas prêt à renoncer à mes rêves et je ne veux pas t’imposer un tel sacrifice.
-Je sais Evan, mais j’ignore quel sera le plus grand sacrifice. Te perdre me semble inconcevable mais…
-Mais si tu quittes l’armée tu passeras toute ta vie à te demander ce que tu serai devenue si ton choix avait été autre. En fin de compte, les regrets et les doutes rongeront notre couple et ce n’est pas l’amour mais la haine qui nous unira. »

La jeune militaire se blotti dans les bras de son chevalier servant.
-« Je t’aime Evan. J’espère que nos destins se croiseront à nouveau.
-En l’occurrence le destin se nomme armée de l’air des Etats Unis d’Amérique. »

Leurs lèvres s’unissent.
-«Ce jour là, je ne te laisserai plus jamais me quitter. Je t’aime Mégane Frès.
-Je t’aime Evan Lorne ! »




Merci pour vos petits messages qui font chaud au coeur.
Voic donc une petite suite un peu écourtée par rapport à cequi était prévu, mais je pense ue ce découpage sur le flash est plus adéquate, tant pis, pour le format.
@+ rapidement.
bizoux à vous tous. Une petite famille virtuelle, c'est bien agréable.
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Michael Anderson
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MessageSujet: Re: Evan-escence   Dim 22 Avr - 16:31

Encore un très bon passage ! Un remake de massacre à la tronçonneuse quand il sera dans Atlantis ? Avec une chasse à l'homme dans les sombres couloirs de l'immense cité ? J'attends la suite avec impatience ! ^^

Citation :
bizoux à vous tous. Une petite famille virtuelle, c'est bien agréable.

C'est tout naturel voyons ! Tu es un peu comme ma troisième grand-mère mdr95

Blague à part, j'espère que tu vas mieux et que ça se passe bien avec ton travail.

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