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 Trafic

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enfanteuse
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MessageSujet: Chapitre six: Gibbs vs McKay // Rodney vs Abby   Jeu 8 Fév - 0:51

Chapitre six

Gibbs versus McKay
Rodney versus Abby


Le coquet petit restaurant d’altitude n’est plus qu’un amas de poutres fumantes et de pierres noircies. Il prenait appuis sur la roche brute de la montagne dans laquelle étaient creusées ses fondations et sa petite cave. Un endroit préservant l’obscurité et la fraîcheur nécessaire aux boissons. Un lieu bien caché qui fut un temps la prison de John et Tony.

Escorté par un pompier et un policier local, l’agent Gibbs pénètre dans les décombres. La cave est inaccessible tant la chaleur résiduelle y est élevée. Un pompier en tenue de feu s’en extrait, portant à la main un sac à dos légèrement roussi et des vêtements partiellement fondus. De la matière synthétique ayant mal résisté aux caresses du feu. Une tenue moderne, légère et pratique pour combattre le froid, et exclusivement le froid.
- Hé ! C’est à Sheppard ça !
Gibbs et le policier se retournent vers l’intrus et découvrent Rodney McKay sautillant d’un pied à l’autre. Les pompiers se désintéressent rapidement du curieux tableau. Décidément ces touristes américains ! S’ils savaient… Il est des concours de circonstances où mieux vaut ne pas crier haut et fort ses origines.
Gibbs hausse à peine un sourcil puis reprend stoïque l’examen de la tenue. Il sort d’une des poches un laissez-passer militaire au nom du lieutenant-colonel John Sheppard.
- Effectivement.
Sans plus de commentaire, il donne, ou plutôt, il jette la veste à McKay et quitte la zone sinistrée avec le sac à dos bien en main. McKay contemple quelques secondes la tenue dont il ne sait que faire puis la laisse tomber au sol. Quasiment instantanément, elle se recroqueville sur elle-même en dégageant une fumée noire et nauséabonde. Rodney est hypnotisé par la petite boule de fibres d’où n’émergent plus que des fragments de fermeture éclair. Il ne peut détacher son regard de ce qui symboliquement représente son ami. Est-ce ainsi que John a péri ? Pelotonné sur lui-même jusqu’à la consumation totale ?

Un éclat de rire le sort de ses noires pensées. Gibbs a étalé le contenu du sac sur le sol et exhibe hilare un jeu de carte. Le sergent Chester et le caporal Butch ne semblent pas apprécier la plaisanterie. Chester tend trois cartes en direction de McKay et l’agresse comme s’il était complice d’une quelconque malveillance.
- Vous étiez au courant évidemment ?
- Quoi ?
Rodney ne comprend rien aux attaques du militaire, ce qui loin de le calmer, le sort littéralement de ses gonds. La rivalité qui lie les militaires du Daedale à ceux d’Atlantis peut enfin s’exprimer.
- Ce n’est pas étonnant qu’il y ait du laissez aller avec un commandement civil dans la cité.
Le sergent ne se maîtrise plus. A grand renfort de gestes il mime ses paroles.
- Voyez le résultat. Une intrusion furtive dans une base avec un taux d’alcoolémie qui vaudrait à n’importe qui la coure martiale, le déplacement superflu d’un destroyer de l’armée américaine dans l’océan Atlantique et maintenant nous voila suspectés de trafic d’armes.
Le sergent peine à reprendre sa respiration. Son visage, déjà poupon, devient si écarlate qu’on s’attendrait presque à le voir exploser. C’est d’ailleurs ce qu’attend patiemment McKay.
Réaction rare, voire même exceptionnelle de la part du scientifique, McKay ne bronche pas et se contente de regarder l’illuminé.
C’est Leroy Gibbs qui met fin au monologue surnaturel, d’une tape franche et directe sur la nuque. Le sergent Chester se retrouve bouche bée, les yeux exorbités et la bave aux lèvres.
- Calmez-vous sergent ! Votre comportement n’est pas digne d’un membre de l’armée américaine. Quoi qu’ait fait le lieutenant-colonel Sheppard, cela ne justifie en rien un tel déballage d’inepties.
- Mais…
- Le débat est clos. Docteur McKay, voulez-vous bien me suivre. Le docteur Mallard est auprès de la victime. C’est en amont, à deux cents mètres environ.
- Heu…
- Ce n’était pas une suggestion docteur !
McKay quitte sans regret les deux militaires pour suivre le NCIS.
Chester est tout penaud, bras ballants le long du corps. Il donnerait presque pitié à McKay tant son comportement de gamin est à mille lieux de l’excellent militaire qu’il sait être. Rodney se demande ce qui a bien pu le mettre dans une colère si démesurée. S’il voyait les cartes que le sergent laisse tomber au sol, il comprendrait. Trois As rouges.


Le docteur « Ducky » Mallard se relève à l’approche de son ami Gibbs. Il désigne du doigt une congère d’où émerge une main crispée par la rigidité post-mortem.
- Jethro. Notre ami que voila a fait une sacrée chute mais la chance lui a quand même souri puisque elle a été amortie par cet amas neigeux.
McKay apparaît enfin, haletant, le visage assorti aux étoiles de sa combinaison.
- Ne me dites pas qu’il est vivant ?
Ducky regarde le nouveau venu avec amusement.
- Bien sur que non jeune homme, ne dites point de billevesées. Notre ami est bien mort, mais son corps est particulièrement intact au regard de l’impact au sol.
La voix étrangement joyeuse de Ducky se teinte subitement d’une once de tristesse.
- En revanche, il sera difficile de déterminer avec précision l’heure du décès. La glace jouant en l’occurrence les trouble-fêtes.
- Ducky…
Le médecin légiste s’est approché du corps et plante un petit thermomètre dans son abdomen.
- Non, Jethro, ce que tu me demandes-là est vraiment impossible…
- Ducky !
- Mais bon, je vais voir… Sachant que la température extérieure a chuté de trois degrés à la nuit tombée et de deux degrés supplémentaire lorsque la pénombre a envahi les monts. Sachant que la température…
- DUCKY !
- Oui, oui, Jethro. Bon, disons qu’il est mort depuis au moins trois bonnes heures.
- Donc nos truands ont trois heures d’avance sur nous. Ducky envoie tout ce que tu as à Abby et à McGee. Je veux tout savoir de l’emploie du temps de ce type avant sa chute. Tout ce qui peut le relier à notre affaire. En tout cas sa présence ici est mauvais signe pour Tony. Docteur McKay, approchez-vous. Avez-vous déjà vu cet homme ?
- Si ce n’est pas le colonel, pourquoi voulez-vous que je regarde son cadavre ?
- Parce que je voudrais savoir si vous l’avez déjà croisé à Cheyenne Mountain.
- Dans ce cas, mieux vaut demander au sergent Chester ou au caporal, parce que le colonel et moi étions en isolement là-bas. Je n’y connais presque personne.
- La encore docteur McKay, ce n’est pas une suggestion !

McKay n’a pas besoin de parler pour faire ressentir à tous et à Gibbs en particulier le dégoût que lui inspire cette inutile reconnaissance. Il s’approche de la victime et jette un œil…qu’il récupère bien vite.
- Voila c’est fait ! J’ai vu et je vous confirme que je ne connais pas ce type. En plus, il ne porte même pas d’uniforme, comment savez-vous qu’il est de l’armée américaine ?
Gibbs a l’oreille collée à son téléphone cellulaire. D’une main discrète sur le micro, il protège son interlocuteur des propos parasites qu’ils échangent avec McKay.
- Il s’appelle Morgan Break, c’est un marine… enfin c’était. Nous l’avions arrêté avec un de ses complices et notre agent avait pris sa place. Je vous fais grâce des imperfections du FBI qui a laissé courir notre captif et ainsi brisé la couverture de notre homme.
Gibbs retire sa main et continue sa conversation téléphonique, passant de McKay à son interlocuteur avec une incroyable aisance.
- Non, je veux les résultats tout de suite ! DiNozzo et un militaire sont sans doute retenus en otages. Oui, le lieutenant-colonel Sheppard. Je ne sais pas. Un pilote. Ok !
Il range son portable et se retrouve face à un McKay furibond.
- Dites-moi qui vous êtes ! Comment connaissez-vous mon nom et celui de Sheppard ?
Sa voix s’adoucit.
- Et qu’est-ce qui vous fait croire que le colonel Sheppard est vivant ?
Gibbs prend un air très solennel et plante son regard bleu acier droit dans celui de McKay.
- Docteur McKay. Mon agent, Tony DiNozzo s’était infiltré dans un trafic d’armes de l’armée. Lorsque nous avons vu débarquer un groupe militaire dans la station, cela a forcement éveillé nos soupçons. Surtout lorsque Gloria a pris contact avec votre ami.
- Le hasard.
- Pas forcément.
- Vos insinuations ne me plaisent guère agent Gibbs.
- Je n’insinue rien, je constate. Gloria a un contact à Cheyenne Mountain. Cela nous le savons, même si nous ignorons de qui il s’agit. Alors forcément, la présence de militaires en provenance de la dite base est plus que suspecte.
- Et pourtant, si on est là c’est uniquement parce que j’ai vécu une partie de mon enfance ici et que je voulais montrer à John les joies de la montagne canadienne. Mais je crains maintenant qu’il ne partage pas mon point de vue sur la question.
- Épargnez votre salive docteur McKay, je sais déjà tout cela. Mais je pense également que Gloria a abordé le colonel car elle voyait en lui un intermédiaire possible. Voyez-vous, ce genre de femme aime manipuler les hommes. Elle pensait sans doute pouvoir profiter de votre ami.
- Jamais il ne se serait laissé corrompre.
- Cela je l’ignore… mais vos supérieurs semblent le penser également. Quoiqu’il en soit, pour répondre à votre question, je sais tout de vous et de vos amis. Du problème de jeu du sergent Chester à la petite copine du caporal Butch. Je sais ce que vous avez mangé et la couleur de votre caleçon. Cela vous va comme réponse ?
McKay est rouge de colère et de confusion. Que sait vraiment cet homme ? Connaît-il Atlantis ? Gibbs s’offre le luxe d’un sourire avant de mettre fin à la torture morale du scientifique. Il lui donne une légère tape sur l’épaule, l’exhortant à le suivre.
- Rassurez-vous docteur McKay. Mes contacts m’ont dit uniquement ce que j’avais besoin de savoir. J’ignore quelle est votre implication dans l’armée et celle de Sheppard. Je me doute évidement que la mixité de canadiens, d’américains et même d’européens signe un projet dont le NCIS n’a que faire. Vous voilà rassuré ?
- Et pour mon caleçon ?
- …


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MessageSujet: chapitre six...suite...   Jeu 8 Fév - 0:52

Gibbs accélère son pas, obligeant McKay à se taire et à suivre silencieusement. Lorsqu’il arrive à hauteur du restaurant, le téléphone portable de Gibbs retentit. Une curieuse mélodie, plus proche du jingle pub que d’une symphonie de Beethoven.
- J’écoute. Un instant…
Il se tourne vers McKay.
- Où est votre PC ?
- Comment savez-vous que…
- Je ne vous demande pas si vous en avez un, mais où il est !
- Dans l’hélicoptère.
- On y va.
Gibbs reprend sa conversation téléphonique.
- Oui Abby…non plus de trente ans…
Il jette de rapides coups d’œil en direction du scientifique. Leurs regards se croisent et l’agent esquisse un rictus ininterprétable par le commun des mortels et encore moins par Rodney.
- Non Abby, je ne crois vraiment pas. Docteur McKay connectez-vous à Internet.
- Non.
- Comment ça non ?
- Je ne peux pas, je n’ai pas de modem adapté.
Surpris, il reprend à l’intention de son interlocutrice téléphonique.
- Non, il n’a pas de modem. Visiblement pas tout le monde, lui n’en a pas. Je doute que ce soit une bonne idée… d’accord. Docteur McKay, je vous passe notre spécialiste qui… voici Abby.
Leroy Gibbs tend son téléphone à McKay. Son expression amusée, associée au tendre ton paternaliste qu’il échangeait avec la dite Abby trompe Rodney quand à la nature de la belle.
Il entame un peu naïvement la conversation.
- Bonsoir…
La voix qui surgit du haut parleur n’a rien à envier au plus autoritaire des despotes.
- Pourquoi vous n’avez pas de modem intégré à votre PC ?
- …
- Docteur McKay !
- C'est-à-dire…heu… là d’où je viens… ben… ce n’est pas utile.
- De quelle planète venez-vous donc pour ne pas avoir de modem?
-…
- Docteur McKay !!
- Non, j’ai un modem, mais il n’est pas connecté à internet. Désolé.
- Bon, cela n’a pas d’importance, le téléphone de Gibbs en a un, LUI ! Connectez-le et suivez mes indications.
- Ho, ça va, on se calme, je sais très bien faire tout cela sans avoir besoin de l’aide d’une blonde hystérique.
- Je ne suis pas hystérique et je ne suis pas blonde !
Sa voix se calme brutalement et Abby poursuit avec une touche d’espièglerie.
- Si vous voulez, on pourrait faire plus ample connaissance. Brancher la vidéoconférence, je fais face à une Webcam…Prouuuuuuut… désolée, c’est mon hippopotame en peluche!
McKay recule précipitamment l’appareil de son oreille et regarde interloqué l’agent du NCIS. Gibbs est hilare et répond en énonçant ce qui semble être une évidence.
- C’est Abby.

Moins de cinq minutes suffisent pour que l’image d’un hippopotame avec de grandes couettes noires apparaisse sur l’écran de l’ordinateur. Rodney a bien du mal à comprendre ce qu’il se passe. Au fond de lui, il imagine que tout cela est un rêve, ou plutôt un cauchemar et qu’il est encore au chalet avec sa jolie quinte dans la main. Pourtant lorsque l’animal péteur se décale légèrement sur le côté, il laisse apparaître une créature sortie tout droit d’un roman d’Anne Rice. Une Lestat des temps modernes.
Alors qu’Abby s’approche de la caméra et montre son plus beau sourire, l’image de la vampire s’efface au profit de la charmante scientifique. McKay en est tout chamboulé. Malheureusement pour lui le sourire ne lui était pas adressé.
- Effectivement Gibbs, pas mon genre !
Un simple commentaire mais qui a le mérite de remettre McKay dans le présent.
- Gibbs, j’ai trouvé les images satellites que tu voulais. On y distingue parfaitement Tony et le colonel Sheppard…il est mignon comme tout celui-là !
- Abby !
- Oui, enfin, je te passe les images. On a fait un sacré nettoyage avec McGee parce que l’angle de prise de vue, la précision au mètre près et…
- Abby, ça suffit, montre-moi !
- C’est envoyé !
S’en suit une vidéo relativement saccadée présentant l’incendie du restaurant. On distingue nettement la sortie de Gloria et de son groupe puis celle de DiNozzo et de Sheppard. Après un fondu noir pas très artistique l’image enchaîne sur le décollage de l’hélicoptère et s’interrompt avec la chute de Morgan.
- Voila c’est tout ce que l’on a pu en tirer.
- Savez-vous où est allé cet hélicoptère après ?
- Non, le satellite en question ne couvrait pas la même zone et pour le moment on n’a pas trouvé d’autres concordances. En revanche j’ai lancé un avis de recherche pour l’hélicoptère.
- Bien. Au moins on sait que nos deux gars sont vivants. Demande à McGee de rechercher tous les héliports, aéroports et autres qui…
- C’est déjà en route Gibbs. Sachant que le UH-1 peut parcourir au maximum 220Km par heure, cela nous laisse un rayon d’environ 660 kilomètres. Si on considère qu’il a une autonomie de 460 Km, qu’il n’a pas pu faire le plein ici et en se rapportant à l’heure de décollage…
- Un rayon de 400 kilomètre serait suffisant mais en toute logique, ils n’ont pas du aller si loin.
Gibbs regarde étonné le docteur McKay qui a rebondi sur la conversation. En dehors de McGee, Gibbs connaît peu de gens capable d’une telle prouesse. McKay poursuit comme si de rien n’était.
- En cas de problème avec leur hélicoptère, ils ne pouvaient prendre le risque d’un lieu trop éloigné. De plus leur engin présente de façon extrêmement visible un armement qui ne colle pas du tout avec un hélico du SAR. N’importe quel canadien se rendra compte immédiatement du subterfuge et en informera la police. Je suis intimement persuadé que leur lieu de rendez-vous n’est pas si éloigné que cela. En plus, chargé comme ils l’étaient, ils n’ont pas pu avancer à la vitesse maximale. Enfin, je suis certain que le colonel à tout fait pour ralentir leur cadence.
McKay stoppe enfin sa diatribe et reprend son souffle.
Abby enchaîne avec un immense sourire.
- C’est également notre avis docteur McKay, c’est pourquoi nous avons limité nos recherches à un rayon de 150 kilomètres.
Gibbs met fin prématurément à cet étalage de calculs savants et rébarbatifs.
- Bon, tu as exactement vingt minutes.
- Gibbs !
- Dix !
L’agent déconnecte son téléphone et le range dans la poche interne de sa veste. Le regard lourd de McKay le fait réagir.
- Quoi ?
- Vous êtes toujours comme ça ?
- Pourquoi ?
- Rien, je me dis juste qu’à côté de vous je suis super agréable à vivre. Vous devriez venir passer quelques temps dans notre cité, cela relativiserait un peu les choses.
Si McKay n’a jamais eu le sentiment d’être fait uniquement de chair et d’os, surtout d’os, le regard de pitbull de Gibbs lui en donne enfin l’occasion.

Sauvez par le gong ! Le téléphone du NCIS désamorce le carnage en préparation. Gibbs décroche avec une rage qui n’a d’égale que… et bien rien, en fait…
- Quoi encore ?!
- Heu patron, c’est vous qui avez…heu…
Gibbs prend une grande inspiration qui pour tout adepte de la théorie du chaos doit signer la naissance d’une tornade monstrueuse.
- Qu’y a-t-il McGee ? J’espère que vous ne me dérangez pas pour rien.
Il fixe McKay de ses yeux bleu acier.
- Le docteur McKay et moi avions une discussion très intéressante.
- Non patron, enfin oui.
- Quoi oui, vous me dérangez pour rien ?
- Non patron, je veux dire oui je ne vous dérange pas pour…
- McGee !!!
- Heu…
Le pauvre agent ne sachant plus quoi dire pour ne pas mettre les pieds dans le plat poursuit d’une traite.
- Onnousasignaléuneexplosionsurunvieilaéroportdésafectéàsoixantequinzekilometresd’ici.
- Bon travail McGee. Envoyez-moi les coordonnées, on y va. Docteur McKay voulez-vous me suivre ?
- Je suppose que ce n’est pas une suggestion mais un ordre ?
- Non non. A dire vrai je n’ai pas très envie de m’encombrer de vous mais bon…
Sur ces belles paroles Gibbs remonte dans l’hélicoptère et sangle sa ceinture. McKay fait de même et lance à Gibbs une cinglante tirade...
- Il n’y a pas que les pitbulls qui ne lâchent pas leurs proies.
... qui se perd dans le bruit des pâles. Une chance pour McKay.


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Michael Anderson
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MessageSujet: Re: Trafic   Ven 9 Fév - 20:48

Citation :
Gibbs prend une grande inspiration qui pour tout adepte de la théorie du chaos doit signer la naissance d’une tornade monstrueuse

J'adore cette phrase ^^
Tu parles de l'effet papillon si je ne me trompe pas. Et là, je me demande si tu as lu "Jurassic park" de Crichton : un chef d'oeuvre !
Le film est super, le livre est monstrueux !!!
Bon voila ^^
Alors bravo comme toujours ^^

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MessageSujet: Re: Trafic   Ven 9 Fév - 21:33

c'est de mieux en mieux ce crossover Very Happy
c'est franchement cool à lire y a rien à dire accord

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MessageSujet: chapitre sept: Résurection   Lun 12 Fév - 1:23

Chapitre sept

Résurrection



Le trajet en hélicoptère semble sans fin. Gibbs est concentré sur la route. Pourtant la nuit canadienne est si noire qu’il n’y a rien à admirer. McKay a la tête baissée et paraît fixer ses pieds. Il serre contre lui son ordinateur comme si c’était une bouée de secours, l’unique lien entre lui et Atlantis. Il râle à voix haute sans crainte. Le bruit des pales et du moteur suffit à étouffer ses vociférations.
- On quitte la Terre pour affronter l’inconnu et des ennemis dignes de nos pires cauchemars, et nous voila maintenant à espérer survivre à des trafiquants d’armes. Bon sang, je n’aurais jamais cru m’entendre dire cela, mais il me tarde de retourner sur Atlantis combattre les wraiths. Avec eux au moins, on sait à quoi s’en tenir.
McKay relève la tête pour tomber sur le regard intense de Gibbs. Un instant surpris par son insistance, McKay vérifie que son micro est bien éteint.
Pourtant, on aurait vraiment dit que… la fatigue sûrement.
Gibbs lui sourit et lui fait signe de brancher sa radio, ce qu’il fait aussitôt.
- Atterrissez un peu docteur McKay. Regardez sur votre droite, on distingue les lumières de l’incendie. Nous arrivons.
McKay se contente d’un hochement de tête. Cet homme est décidément bien étrange. Ses propos sont a priori anodins mais son visage exprime tout autre chose. Atterrissez docteur McKay… un terme choisit au hasard ? Ce Gibbs saurait-il lire sur les lèvres ? McKay se demande s’il n’a pas sous-estimé les connaissances de l’agent. Que sait-il réellement ?
Ses pensées sont interrompues par les manœuvres d’atterrissage de l’hélicoptère.

L’aéroport est à peine visible du ciel. Seul le toit du hangar est facilement distinguable. Une fumée noire et relativement opaque en émane. Une fois posé sur le tarmac, McKay peut enfin découvrir la piste en partie envahie par la végétation. Vu de haut, elle semblait impraticable. Vu du sol, elle est en réalité bien dégagée en son extrémité et suffisamment nettoyée aux alentours du hangar pour permettre un décollage, certes un peu difficile, mais faisable pour un bon pilote.
La sortie de l’hélicoptère est saisissante. Le froid nocturne se mêle aux relents de chaleur du feu. Une curieuse odeur chatouille les narines de McKay. Un souvenir de méchoui, du cochon grillé. De la viande. Une évidence qui en annonce une autre, de la chair calcinée. Un homme est mort ici… au moins un.

Un simple regard sur Gibbs suffit à confirmer ses pires soupçons. L’agent pénètre dans le bâtiment. L’incendie n’est finalement pas si méchant que ça. Une zone brûle encore légèrement mais des pompiers ont pris en chargent les flammes. De vieux pneus terminent de se consumer dans un coin. Voici l’origine de la noirceur et de la puanteur de la fumée… en tout cas partiellement. Dans un autre angle, un véhicule renversé traduit la violence de l’explosion. Cet incendie n’est pas la conséquence d’un simple mégot oublié. McKay rejoint Gibbs qui inspecte les décombres.
Au loin, des sirènes retentissent avec force. Dans peu de temps, il y aura foule ici pour détruire et piétiner les indices. Déjà un second hélicoptère se pose à proximité.

Au sol s’enchevêtrent des débris métalliques encore chauds et d’autres reliquats d’origine multiple. McKay attrape prudemment ce qui ressemble à un gros tube d’acier. Peut-être les restes d’une mitraillette. Il soulève la pièce et tente de l’examiner sous toutes les coutures quand un cri retentit.
- Ne bougez pas docteur McKay !
Rodney se tétanise aussitôt. Qu’a-t-il encore fait ? Est-ce une bombe ?
C’est tout tremblant de peur, une sueur froide apparaissant sur son front, qu’il tend la pièce à Gibbs. Ce dernier prend l’engin avec douceur puis le jette sans ménagement dans un sac. McKay sent son cœur louper un ou deux battements au moment où la pièce touche le fond du sac.
Gibbs reprend son inspection comme si de rien n’était. McKay le rejoint tout tremblant.
- Qu’est-ce que c’était ? Pourquoi m’avoir dit de ne plus bouger ? Vous m’avez fait une peur bleue !
- En fait, ce n’est rien comparé à la peur que vous auriez eue si vous aviez vu. C’est pour cela que j’ai crié. Je ne voulais pas qu’un réflexe mal venu vous fasse lâcher la pièce au risque de détériorer un indice. Ducky vient d’arriver, je vais le lui remettre.
- Quoi ? Quel indice ?
- Il y avait un morceau de pouce collé à l’acier.
McKay blêmit encore plus, si c’est possible, et déglutit bruyamment en frottant ses mains contre sa tenue, comme pour les laver d'une quelconque souillure. Gibbs lui accorde une petite tape sur l’épaule.
- Vous voyez, j’ai bien fait. Qu’est-ce que c’est que ce truc-là ?

C’est au tour de l’agent du NCIS d’être interloqué. En farfouillant dans les décombres, il vient de trouver des morceaux dont la nature lui est totalement étrangère. McKay hésite. Est-il vraiment nécessaire de connaître l’origine de la stupeur de Gibbs ? Tout ce qui peut l’étonner est forcement d’une singularité qu’il ne faut pas louper. McKay n’est pas particulièrement téméraire mais il est très curieux. Une curiosité qu’il dirait être scientifique mais que Sheppard qualifierait plutôt d’enfantine.
McKay rejoint donc Gibbs avec l’œil avide du scientifique et distant de l’humain fraîchement effarouché. Ce que Rodney McKay découvre dans les mains de Gibbs le vide instantanément de toutes couleurs.
- Ne bougez plus Gibbs !
Si McKay n’était pas aussi livide qu’un des « amis » de Ducky, Gibbs aurait sans doute réagi avec agacement. Seulement le visage du docteur McKay est plus proche de la grimace du masque de Scream que de celui de la commedia dell’arte.
Comme dans un étrange remake, Gibbs tend à McKay l’objet du délit.
- Qu’est-ce que c’est ?
- Une grenade wra… Une grenade particulièrement puissante. Est-ce que vous l’avez manipulée ?
- Non.
- Je crois que vous avez là l’origine de l’explosion.
- Je vais la donner à Abby.
- NON !!
McKay a crié si fort que tous, y compris les policiers en approche et les pompiers, ont levé la tête. Surpris lui-même par son attitude, McKay s’adoucit en prenant la grenade des mains de Gibbs.
- Agent Gibbs. Cette arme est bien plus sophistiquée qu’elle n’y paraît, et sa présence ici signe un trafic dont l’ampleur dépasse largement le simple NCIS…
Sa voix s’assombrit. Nul ne peut ignorer le côté dramatique des propos du scientifique. La crainte se lit dans ses yeux. D’une voix tremblante, il poursuit ses explications.
- … et nous dépasse tous à dire vrai. Il faut que je contacte Cheyenne Mountain.
Son regard se porte sur Gibbs. Comme si la situation était tout ce qu’il y a de plus banal, Gibbs lui tend son cellulaire. D’un geste de la main, il semble envelopper tout le hangar avant de reporter son attention sur Rodney.
- Vous devriez leur dire de venir et vite. La police commence déjà à inspecter les lieux. S’il y a ici des éléments classés Secret Défense, ils ne le resteront pas longtemps.
McKay quitte enfin des yeux la grenade wraith miraculeusement restée intacte. Sa présence l’effraie plus qu’il le l’aurai cru. Il lui faut des consignes. Il n’est pas militaire, ni policier. Il ne sait pas comment aborder la situation.
Voyant son désarroi, Gibbs prend les choses en mains.
- Bon, contactez qui de droit et laissez-moi gérer le reste.
Avec une aisance dont aimerait être pourvue McKay, Gibbs s’approche des hommes en uniformes. Quelques gestes en direction de McKay lui suffisent pour faire évacuer la zone. Moins de deux minutes plus tard, il revient triomphant auprès du scientifique d’Atlantis.
- Voila, c’est fait. Que dit votre supérieur ?
- Hein ?
McKay réalise à cet instant qu’il n’a pas bougé. Il est pétrifié dans une attitude qui ne lui ressemble guère. Sur Atlantis, McKay est connu comme le loup blanc, tous respectent le scientifique et écoutent son avis sans broncher. Sur Terre, pour ces gens du moins, il est un inconnu. Un civil coincé dans les méandres d’un problème militaire. Il est grand temps d’agir !

Vu de l’extérieur, enfin d’un mètre ou deux, c’est Dr Jekyll qui devient Mr Hyde. Les épaules voûtées et le teint grisâtre de McKay disparaissent lorsqu’il pose le téléphone à son oreille et demande à parler au général Landry. Avec assurance il s’éloigne de Gibbs et lui tourne le dos. La conversation reste donc dans l’alcôve du secret.

- Mettez-moi tout de suite en relation avec le général Landry !
- Avez-vous une autorisation ? Non, parce que si ce n’est pas le cas, je…
- Je ne veux rien savoir. Dites-lui que c’est le docteur McKay et que cela concerne autant Atlantis que le SGC !


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MessageSujet: Résurrection ...suite...   Lun 12 Fév - 1:24

Le temps qui s’écoule semble durer une éternité. En réalité, il ne s’est passé qu’une petite minute, une minute durant laquelle McKay sent son courage osciller entre… « Je vais me prendre un savon d’enfer » et « Je ne vais pas lui laisser le temps d’en placer une, sinon, je suis mort ! »
Gibbs le regarde avec amusement, surtout lorsque tout d’un coup McKay se dresse, raide comme un piquet. Voir un civil se mettre au garde à vous lors d’une conversation téléphonique est assez surprenant. En même temps cela traduit l’importance de l’interlocuteur et de la discussion à suivre. McKay s’éloigne un peu pour parler mais certaines brides de conversations arrivent jusqu’à l’agent du NCIS. Trafic, armes, mais aussi des mots dont la teneur lui échappe :
Wraith…un mot inconnu mais qui a déjà quitté subrepticement le vocabulaire du scientifique. Un mot qui qualifie l’origine de la grenade.
Atlantis…Gibbs avait déjà deviné ce mot sur les lèvres de McKay dans l’hélicoptère. Atlantis, Atlantide, une cité perdue, sans doute le nom de code d’un lieu, d’une base secrète, celle où sont réunis des militaires et des civils de plusieurs continents. Quand on y pense cette simple constatation suffit à donner une dimension internationale au trafic. Gibbs est impressionné et cela en soit est révélateur d’un contexte dépassant de loin le cadre habituel de son travail. Il admire l’aisance dont fait preuve le scientifique qui jusqu’à présent lui faisait plutôt penser à un professeur Nimbus moderne.
Sorti de son cadre habituel de vie, le docteur McKay est un peu gauche et semble empoté mais dans son milieu, ce type doit être une sommité.
Daedale… une connotation mythologique… et enfin…
Asgard…un mot totalement inconnu au bataillon… décidément, ce scientifique a de multiples facettes.

La conversation se poursuit avec la même énergie avant que McKay ne referme le clapet du téléphone et revienne vers Gibbs.
- Merci. Comment avez-vous fait pour faire fuir la flicaille ?
McKay réalise un peu tard que le NCIS peut être apparenté à une branche de la police, même si elle est militaire.
- Excusez-moi.
- Ne vous excusez pas…
Gibbs poursuit avec un sourire traduisant au choix, le plaisir de la vengeance ou la délectation du pouvoir sur autrui.
- Je leur ai simplement dit que l’explosion résulte d’une bombe contenant un agent pathogène dont la virulence est terriblement importante… que vous êtes sans doute déjà atteint... et contagieux !
- Et ils vous ont cru ? Et votre présence auprès de moi ?
- Pour ce qui est de ma présence, j’ai simplement ajouté qu’en tant qu'agent du gouvernement je suis vacciné. Quant à vous… Ils vous soupçonnaient déjà de ne pas être totalement dans un état normal alors…
Gibbs éclate de rire puis reprend tout aussi brusquement son air sérieux.
- Où cela nous mène ? Est-ce que vous avez des indications sur le devenir de nos amis ?
- Non, mais le général Landry qui dirige Cheyenne Mountain va rentrer en contact avec des personnes pouvant nous aider. Faites leur confiance pour retrouver votre agent et le colonel Sheppard.

S’il fallait intituler l’heure qui suit, ce serait « chacun pour soi. »
Gibbs et McKay examinent les échantillons organiques et non organiques qui jonchent le sol. Les policiers barricadent les abords de la piste et les pompiers ramassent leurs affaires avant de quitter un lieu où ils n’ont plus leur place.
Gibbs et ses acolytes semblent particulièrement intéressés par des documents retrouvés dans le véhicule de l’armée. En fouillant la jeep, Gibbs tombe sur un morceau fumant de zat’nik’tel. Dans un premier temps, il examine sa découverte avec intérêt, mais voyant qu’il n’en tirera rien, il demande l’avis de McKay. Jethro se doutait bien que McKay saurait de quoi il s’agit, mais il ne s’attendait pas à une réaction aussi épidermique.
- Oulala, faut que je recontacte tout de suite le SGC… donnez moi votre téléphone !
Décidément McKay est sans doute un excellent scientifique mais il ferait un horrible agent secret tant les mots ont tendance à se sauver lorsqu’il est la proie de ses angoisses. Gibbs ajoute à sa pêche aux indices le mot SGC, traduisant évidemment Cheyenne Mountain.

La conversation entre Rodney et le SGC est mouvementée.
Subitement, le scientifique retrouve de la couleur et un sourire anime son visage. Il se tourne vers Gibbs et annonce triomphant de bonnes nouvelles.
- Ils ont localisé plusieurs engins qui auraient très bien pu décoller de cet aéroport. L’un d’eux a soudainement fait demi-tour et se dirige droit vers nous. Nous devrions bientôt le voir. Ils en déduisent donc qu’il s’agit très probablement de nos trafiquants.
- S’ils ont fait demi-tour c’est qu’ils ont rencontré un problème… Tony !
- John !
Les deux prénoms ont été cités en même temps. C’est McKay qui reprend la parole le premier sous le regard amusé de Gibbs.
- J’ai le sentiment que nos deux lascars se sont bien trouvés.
- C’est effectivement l’impression que cela donne. Regardez !

Dans le ciel apparaissent les lumières caractéristiques d’un avion en approche. McKay reprend aussitôt le téléphone afin de confirmer au SGC l’arrivée imminente de l’appareil.
Gibbs donne un violent coup de coude à McKay, faisant provisoirement voler le téléphone.
- Il a ouvert les volets beaucoup trop tôt, ce n’est pas normal, il se passe quelque chose à bord.
Comme pour confirmer ses propos, l’avion perd brutalement de l’altitude et semble vouloir se poser avec la délicatesse d’un hippopotame… peut-être celui d’Abby ?
Tout le monde se précipite vers la piste.
McKay hurle dans le téléphone.
- Ils vont se crasher ! Faites quelque chose ! Tout de suite !

Le cri d’angoisse de McKay se perd dans l’air soudain saturé par la chaleur d’une explosion. Une flamme immense embrase l’avion ou du moins ce qu’il en reste. L’oreille toujours collée au cellulaire, Rodney regarde hypnotisé ce qui reste de son espoir de revoir Sheppard vivant. A ses côtés, l’agent Gibbs et le docteur Mallard sont à peu de chose près dans le même état. Ducky a posé sa main sur le bras de Gibbs qui le soutient avec beaucoup de tendresse. Dans le téléphone, une voix résonne et sort Rodney de sa torpeur.
- C’est bon !
McKay ne quitte pas des yeux le spectacle hallucinant qui s’offre à lui.
- Quoi ? Qu’est-ce qui est bon ?
La question déplacée en de telle circonstance, attire l’attention de Gibbs.
- De quoi parlent-ils ? Qu’est-ce qui est bon ?
McKay abaisse son bras et fixe le téléphone comme s’il découvrait cette technologie pour la première fois.
- Je n’en sais rien, ils ont raccroché.



***



Un flash blanc intense remplit tout l’habitacle du Piaggio. Tony ferme violemment les yeux, surpris par la couleur qu’il imaginait rouge flamboyante. D’un autre côté personne n’est jamais revenu d’une explosion pour raconter comment c’était, alors…

Une étrange sensation d’engourdissement, si fugace que DiNozzo pense l’avoir rêver. Aucune douleur, juste une impression de vide, d’absence. Pas de choc, pas de grand bruit sourd. Tony ouvre les yeux s’attendant presque à se retrouver à l’entrée d’un tunnel avec une petite lumière au bout. Il n’en est rien.
Tony DiNozzo est dans une pièce ressemblant à un centre de contrôle lambda. Des hommes en uniforme se tiennent devant lui. Une tenue militaire à n’en pas douter, mais qui ne ressemble à aucune autre. A ses pieds se tiennent les corps inertes de John Sheppard et de Gloria. Quelques caisses d’armes les entourent. Si l’espace d’une seconde, Tony pense avoir été transporté dans une zone d’attente pour le Paradis ou un quelconque autre monde, la vision qu’il a en cet instant oriente davantage ses fantasmes post-mortem vers l’Enfer.
Une tête un peu triangulaire avec deux yeux immenses ressemblant au chat de Shrek, un être tout droit sorti de l’imaginaire des années cinquante… le petit gris de Roswell !
L’un des hommes en uniforme s’approche de Tony et le met en joue. Un seul tir, un rayon étrange, une sensation bizarre et le néant…


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MessageSujet: Chapitre huit: Bienvenue au SGC   Lun 12 Fév - 23:27

Chapitre huit

Bienvenue au SGC




Attaché, paralysé peut-être ?
Voila les premières pensées de Tony DiNozzo.

Sortir du néant est bien plus difficile que cela ne paraît.
D’abord il faut respirer. Prendre une grande insufflation d’air. Du frais qui pénètre douloureusement dans la gorge puis emplie brutalement des poumons endoloris. De l’air qui s’expulse avec tout autant de violence mais avec un petit bonus agréable, la chaleur. Deux puis trois respirations qui réveilleraient un mourant.
C’est un fait. Respirer fait ressusciter les morts. En tout cas, DiNozzo a bien un sentiment de résurrection. Il sent l’air qui l’oxygène maintenant avec douceur. Il ressent son corps vivre de l’intérieur mais étrangement ses sensations s’arrêtent là. Ses membres, sa tête, ses doigts, tout cela lui paraît être lointain. Non inexistant, simplement inaccessible.
Pas de mouvement.
Quelques bruits viennent casser celui de son rythme cardiaque. Des bips, des chuintements, des claquements aussi et puis… oui, une voix, douce et féminine. Tony DiNozzo essaye de réorganiser sa mémoire.
Où est-il ?
Ses derniers souvenirs lui glacent le sang. Un gnome au regard aussi ahurit qu’ahurissant ! Bon, celui-là on peut le classer dans la catégorie, délire pré mortem.
Quoi d’autre ?
L’avion, l’explosion, John et Gloria… tout revient avec brutalité. Voila l’explication. Tony ne s’en trouve pas mieux pour autant. Il se devine étendu dans un lit d’hôpital, sans doute bourré de morphiniques et autres stupéfiants. Combien de centimètres de peau sont encore intacts ? Une tristesse intense le submerge et l’entraîne au plus profond de son être. Ne pas survivre, surtout pas ! Tony se perd, se laisse couler… et sombre.


***



Un léger raz le bol. C’est ce que ressent le colonel Caldwell lorsqu’il se remémore toute cette affaire. Décidément il sera dit que sur Terre comme sur Atlantis, le lieutenant-colonel Sheppard sera dans ses pattes. Comment un excellent militaire, que c’est difficile à avouer, peut-il se mettre systématiquement dans des situations dignes des pires scénarii de séries B ?
D’abord cette sombre histoire de triangle des Bermudes avec pour finalité une pêche fructueuse en métaux rares. Bon, cela satisfait les ingénieurs et pour tout dire, Steven en garde un souvenir impérissable. Quand il repense à cette histoire, il est prêt à tout pardonner à Sheppard. Ha, la tête d’Hermiod en voyant les vestiges de la vieille porte ! Même le docteur Novak est radieuse depuis ce jour. Curieusement son hoquet se manifeste aussi lors d’émotions intensément jubilatoire. Cinq jours de sursauts diaphragmatiques pour Hermiod. Le pauvre, on aurait presque pitié de lui. Presque.
Ensuite vient le moment sublime où le général Landry le contact pour lui refiler, l’air de rien, les deux naufragés. Le colonel se souvient parfaitement de la discussion qui a pris doucement une tournure bien étrange pour un échange entre deux militaires de hauts rangs.
- Colonel, je ne vous demande pas un service mais je vous donne un ordre. Vous embarquez ces deux zozos et tout de suite ! Demandez à Hermiod de les téléporter.
- Sauf votre respect mon général, je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Hermiod est… comment dire ? Légèrement indisposé ces derniers temps et je crains qu’il n’ait une fâcheuse envie de perdre en court de route quelques morceaux du colonel Sheppard et du docteur McKay.
- Franchement, ce n’est pas moi qui l’en blâmerai.
- De plus, leur présence risque de nuire à la bonne marche des préparatifs.
- Je ne vois pas en quoi.
- Je commencerai par le docteur McKay qui va vouloir mettre son nez un peu partout dans nos logiciels. Quant au colonel Sheppard, l’inactivité a tendance à le mettre dans des situations difficiles. Je suis intimement persuadé que même inconscient il serait capable de mettre en péril mon équipage.
- Vous ne pensez pas que vous exagérez un peu Steven ?
- Non mon général, je ne le crois vraiment pas, sinon pourquoi voulez-vous tant vous débarrasser d’eux ?
- Depuis quand un général doit se justifier colonel Caldwell?
- Depuis qu’il demande à ses hommes d’embarquer docteur Calamité et colonel Catastrophe à bord de son vaisseau.
- Caldwell !!! Etes-vous dans votre état normal ?
- Je dois avouer que non, mon général. Mon équipage est assez remonté contre le colonel Sheppard et le docteur McKay. Il les rend responsables de notre retard. Nous aurions dû partir pour Pégase depuis deux jours au moins et nous voila obligés de repousser notre départ aux calendes grecques.
- Bon, je vois… Je vais donc accéder à la demande du docteur McKay et les autoriser à faire une virée, comme ils disent, dans les montagnes canadiennes. Y aura-t-il assez de distance entre eux et vous pour que les préparatifs aboutissent rapidement ?
- Oui mon général. Mais pour plus de sécurité je souhaite que quelques-uns de mes hommes les accompagnent. Que se soit au Canada ou sur la Lune, il n’y a pas de risque zéro avec Sheppard et McKay.
- Je suis malheureusement enclin à vous croire. Bien, faite venir cinq de vos hommes au SCG.

Et voila comment on se sort d’une situation difficile pour tomber dans une autre encore plus catastrophique.
Un trafic d’arme. Et qui plus est, un trafic impliquant des membres du SGC et sans l’ombre d’un doute un membre du Daedale. Qui d’autre aurait pu introduire sur Terre des grenades wraiths en quantité ? Connaître l’existence d’un traître dans son vaisseau est une chose, mais découvrir son identité en est une tout autre.
Et ce n’est que la partie visible de l’iceberg.


***



Au SCG c’est l’effervescence. Le général Landry, ainsi que McKay et le docteur Mallard sont retenus comme… invités exceptionnels.
McKay pourrait être plus libre de ses gestes car des trois hommes, il est le seul à connaître la nature réelle du SGC, mais le générale Landry lui a expressément demandé de rester avec le NCIS.
- Prenez cette requête comme un service personnel.
Avec le recul, Rodney a bien le sentiment de s’être fait avoir comme un bleu. Mais qu’importe. Le bonheur de savoir le colonel Sheppard vivant suffit. Enfin vivant… le mot n’est sans doute pas le plus approprié.
Lorsque les hommes du SGC avaient débarqué et emporté toutes traces d’un quelconque passage sur l’aéroport canadien, Gibbs, Ducky et lui-même inclus, McKay avait bien compris qu’il n’en saurait pas davantage. Un grand coup de balai et l’histoire était close, inexistante. Pourtant, trois minutes en tête à tête avec un homme du SGC avait suffit pour redonner le sourire à Rodney. Le colonel avait été téléporté sur le Daedale. Rodney s’était senti tout léger. Du moins jusqu’à son arrivé à Cheyenne Mountain. Là, il avait découvert la réalité. John était au bloc chirurgical entre les mains du docteur Zespatto, le chirurgien du Daedale. Trois heures déjà qu’il opérait. Trois heures encore avant qu’un pronostique ne tombe… réservé. Tu parles d’un pronostique !

Maintenant il fallait trouver une explication logique à donner à l’agent Gibbs.
L’avion avait explosé sous ses yeux. Rien de plus facile que de dire simplement que l’agent DiNozzo n’était pas à bord. Oui, mais que dira le dit agent lorsqu’il retrouvera ses comparses ? Il fut envisagé un temps de lui faire croire à un délire. De lui dire qu’il avait été blessé lors de l’incendie du restaurant, mais les images satellites prouveraient le contraire. Idem pour toute autre stratégie.
Que cela relève de la mémoire ou des moyens technologiques auxquels ils ont accès, les agents du NCIS prouveraient sans peine que DiNozzo était bien dans l’appareil au moment de son explosion. Qu’allait-il se passer ? Beaucoup trop d’interrogations dont la finalité était l’attente.
Attendre que Tony DiNozzo sorte de ses songes. Cela ne saurait tarder.


***



Tony revient à lui avec l’étrange sensation d’être extirpé de force d’un sommeil réparateur. Sa vue est encore trouble mais il distingue néanmoins deux visages penchés sur lui.
- Ha, il revient enfin à lui. Bonjour agent DiNozzo, je suis le docteur Zespatto. C’est moi qui vous ai opéré.
- Hum…
- De quoi vous souvenez-vous ?
Tony se force à ouvrir davantage les yeux mais rien n’y fait, les contours restent obstinément troubles et pâles.
- J’étais dans un avion. John m’a demandé de piloter et a perdu connaissance. Je ne suis pas pilote. On s’est crashé.
- Vous avez fait un drôle de trip mon gars.
La fin de la phrase se perd un peu dans un bourdonnement d’oreilles fort désagréable. Tony referme les yeux et se concentre sur ce qui l’entoure. Le médecin et la seconde silhouette s’éloignent de lui, pensant sans doute qu’il s’est assoupi.
DiNozzo rouvre les yeux. Tout est toujours flou. Tant pis !
Comme il le craignait, il est allongé sur un lit électrique d’hôpital. Ses mains sont attachées à des barreaux par deux sangles en similicuir. Une perfusion part de son bras droit vers une potence fixée au lit.
DiNozzo tente d’accommoder sa vision mais c’est encore un échec cuisant. Quelque soit le contenu de la pochette, celui-ci s’écoule avec la lenteur d’un garde veine. Tout à l’examen de son environnement, Tony a oublié celui, un peu plus stressant il est vrai, de son propre corps. Une douleur sourde au niveau de son abdomen le rappelle à l’ordre. Opéré a dit le médecin. De quoi ?
Tony fait un effort de mémoire et se rappelle le coup de couteau. Ce serait donc ça ? Uniquement ? Pas de brûlures au troisième degré, pas de fractures ouvertes, pas d’amputation ? Comment a-t-il donc pu se sortir de cet atterrissage catastrophe ? Trop heureux de se savoir en un seul morceau, ou tout simplement trop épuisé pour chercher plus loin des explications, Tony se détend enfin. Doucement ses muscles se relâchent, tout son corps se libère d’une crispation latente et sa vue de clarifie enfin. Il est dans un petit box aseptisé. Pas de fenêtre, pas d’affiche, rien que des instruments médicaux. Aussi sommaire qu’une infirmerie de porte-avion. En d’autres termes, le strict minimum.
Le médecin n’a pas quitté les lieux. Avec l’infirmière que Tony devine jolie, il est au chevet d’un autre patient. Leur conversation parvient jusqu’à DiNozzo.
- Bon diminuez progressivement la Pethidine et le Penthotal mais ne relâchez pas la surveillance de la saturation et du scope. Le réveil en sera hâté, même s’il sera vraisemblablement plus douloureux.
- Est-ce que je dois l’extuber docteur ?
- Non, il le fera lui-même en se réveillant. Partiellement du moins. De toute façon je ne serai pas loin. Vous pouvez vaquer à vos occupations Katia.

DiNozzo ne distingue l’infirmière que de dos lorsqu’elle sort du sas médical. Grande, élancée avec de longs cheveux bruns noués gracieusement par une simple pince métallique. Il se surprend à imaginer le visage allant avec la silhouette. De curieux râles le sortent prématurément de son imaginaire. Le docteur officie auprès du patient voisin.
- Est-ce John Sheppard ?
Le médecin le rejoint. Il est assez petit et trapu d’épaules. Son sourire adoucit gentiment des traits un peu trop aquilins.
- Oui c’est effectivement le lieutenant-colonel Sheppard.
- Lieutenant-colonel… Comment va-t-il ?
- Pas trop mal compte tenu des évènements.
- Le crash ?
- La balle de 347.
- Ha !
- Pas d’organes vitaux d’atteint mais beaucoup de dommages collatéraux, si je peux m’exprimer ainsi. Mais ne vous inquiétez pas pour lui, c’est un coriace, il s’en remettra vite.
Le médecin s’approche de Tony et plante une aiguille dans la tubulure de sa perfusion. Une sensation fraîche engourdit son bras.
- Où suis-je ?
- Au pays de Morphée.
- Elle est jolie ?
La question est à peine audible. DiNozzo commence un long voyage vers un pays cotonneux mais pas désagréable. Quelques mots atteignent péniblement son cerveau. Quand à savoir s’ils s’y impriment… c’est une autre histoire.
La voix du docteur, douce, berçante et étrange.


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MessageSujet: Bienvenue au SGC...suite...   Lun 12 Fév - 23:28

***



La salle de briefing a rarement été aussi remplie. Des membres plus ou moins actifs du SGC, le colonel Caldwell, le docteur McKay et l’agent Gibbs. Ne manque à l’appel que les membres du SG1 partis en mission peu avant les évènements. Manque également le médecin légiste du NCIS, le docteur Mallard. McKay espère secrètement que personne ne remarquera cette absence.

Quelques heures plus tôt, le général Landry avait demandé à Rodney de mettre les deux hommes au courant du strict minimum, en insistant bien sur le caractère secret du SGC. McKay se souvient de la discussion surréaliste qui en avait découlée et surtout de sa conséquence immédiate… la disparition de Ducky.

- Voila le topo. Ici nous utilisons des technologies qui nous surpassent tous. Comme vous l’avez remarqué il y a plusieurs continents impliqués dans ces recherches. Elles sont internationales et elles dépassent largement les barrières des pays voire même plus. Les armes sont un exemple d’exploitation mais cela va bien plus loin. Et le terme n’est pas anodin. Nous utilisons également une technique qui permet de transporter des gens d’un endroit à l’autre. C’est comme cela que DiNozzo et Sheppard ont été extrait de l’avion avant son explosion.
Rodney se tait pour laisser le temps à la digestion cérébrale de se faire.
A sa grande surprise, c’est Ducky qui commente ses explications.
- Comme la téléportation dans Star Trek ?
- Heu… oui en quelque sorte.
- Et vous êtes qui, le capitaine James Kirk ou le docteur Leonard McKoy
- En fait, même si je répugne à l’avouer, je serais plutôt monsieur Spock. Kirk c’est le colonel Sheppard sans l’ombre d’une hésitation.
- Bien alors, si cela ne dérange personne, j’aimerai être téléporté dans mon laboratoire. Voyez-vous jeune homme, madame Mallard, ma très chère mère, n’est plus de toute fraîcheur. Je l’ai confiée à Abby mais je crains pour sa santé… et surtout pour celle de ma jeune amie. Pouvez-vous faire quelque chose pour moi ?
Aussi étonnant que cela puisse être, ce qui surprend le plus Rodney, ce n’est pas la demande mais la facilité avec laquelle le vieil homme a assimilé le concept et souhaite s’en servir. Gibbs ne commente pas les révélations et se contente d’un sourire asymétrique, le genre même qu’affectionne tout particulièrement Sheppard.
- Bon, je vais voir ce que je peux faire mais j’aimerais en échange que vous me promettiez le silence absolu sur cette technologie.
- Voila une requête à laquelle je ne peux point accéder monsieur Spock. Je ne suis pas un menteur. Quoiqu’il en soit cela n’a guère d’importance. Qui me croirait ? Seuls mes amis de la morgue seront à mon écoute.
- Et s’ils viennent à ébruiter vos propos ?
- N’ayez crainte, ils seront muets comme des tombes !
Le fou rire de Gibbs permet à McKay de traduire les étrangetés de langage du médecin. Rassuré autant qu’on puisse l’être, Rodney quitte les deux agents du NCIS.
Une fois loin de tout témoin, il contact Hermiod et le docteur Novak. Ce n’est pas la première fois qu’il entre en communication de façon insidieuse avec l’équipe du Daedale. Après des pourparlers intenses, McKay obtient l’accord pour téléporter Ducky dans son labo.
Et ce fut chose faite.
Gibbs ne fit pas plus de commentaire. Juste un haussement de sourcils. Cet agent doit être un mutant, croisé de Sheppard et de Teal’c. McKay en est là de ses réflexions quand le général Landry pénètre dans la pièce.


Le général préside évidement la séance.
- Bien, messieurs, prenez place.
Une formule de politesse qui tombe dans le vide vu que tous se sont déjà affalés sur les fauteuils. Il n’est que cinq heures du matin et la nuit fut courte voire inexistante. Landry poursuit naturellement.
- Il y a parmi nous un traître qui fournit un trafic en armes Goa’ulds et Wraiths…
Son regard se porte sur Gibbs et sur le fauteuil vide de Ducky.
Sans s’en rendre compte le général a plongé toute l’assistance dans un profond désarroi. Son silence étant interprété comme une accusation directe sur l’un d’eux.
- Ressaisissez-vous ! Si j’imaginais un seul instant que l’un d’entre vous était un trafiquant, je l’aurais déjà fait fusiller ! Bon. L’agent Gibbs ici présent a mis en évidence la mise sur le marché de zat’nik’tel et de grenades Wraiths. Cela implique automatiquement la participation active d’un membre du SGC et d’un membre du Daedale. Nous avons interrogé une dénommée Gloria qui a pu nous fournir un premier nom. Il s’agit du caporal Nirvel, attaché à la maintenance. Ce n’est qu’un maillon insignifiant. Il ignore le nom de son contact mais confirme qu’il y a au moins une personne impliquée sur le Daedale. Maintenant il nous faut trouver qui sont ces individus, et rapidement ! Si vous avez des suggestions ?
Un grand blanc pour toute réponse. Quelques toux mal étouffées et deux ou trois raclements de gorge très virils.

- Bien je vois que nous sommes d’accord. Le colonel Caldwell et moi avons déjà abordé le problème. Nous allons tendre un piège aux renégats. Nous avons commencé à faire courir le bruit que seul le colonel Sheppard et l’agent DiNozzo connaissent les noms des trafiquants. Notre meilleure opportunité est d’attendre qu’ils se manifestent et tombent dans nos filets.
Le colonel Caldwell enchaîne comme dans une chorégraphie bien orchestrée.
- Ce qu’ils ne manqueront pas de faire une fois que nous auront décollés.
Le dernier mot fait tilter l’agent Gibbs, mais seul un spectateur averti aurait pu s’en rendre compte. C’est pourtant le cas de Rodney.
Ce dernier interrompt le colonel Caldwell sur sa lancée.
- Mais c’est extrêmement dangereux. Que ferons-nous si le renégat ne se manifeste qu’une fois dans Pégase ?
- Si c’est un homme intelligent c’est assurément ce qu’il fera. Il attendra que nous ne soyons plus capable de contacter la Ter… heu… le SGC. C’est pourquoi il est impératif de surveiller correctement notre appât.
- C’est du lieutenant-colonel John Sheppard qu’il s’agit, pas d’une chèvre attachée à un poteau.
Le général Landry intervient avant que l’animosité latente entre le colonel Caldwell et le scientifique n’explose et ne soit incontrôlable.
- Nous sommes bien conscients du danger que l’on fait peser sur le colonel Sheppard. Cependant, il est le seul lien entre les trafiquants et nous. Croyez bien qu’il sera surveillé avec une attention toute particulière. Si vous en doutez docteur McKay, vous pourrez vous en occuper personnellement. Le colonel Sheppard ne quittera pas l’infirmerie du Daedale de tout le trajet. La pièce est hermétiquement cloisonnée et parfaite pour tendre une embuscade.
- M’enfin vous parler d’un militaire là ! D’un type qui sait déjouer ce genre de plan « à la papa » !
Le général Landry manque de s’étouffer avec sa salive. Rouge de colère, contenant assez mal son énervement, il se redresse, tape du doigt sur la table et défie quiconque de trouver une meilleure solution.
Très détendu, l’agent Gibbs se relève à son tour et prend la parole sans attendre qu’on la lui donne.
- Je ne voudrais pas paraître grossier alors que je ne suis qu’un invité parmi vous, mais je pense que le docteur McKay a raison. Si votre homme a un tant soit peu de jugeote, il verra venir le piège de très loin. Cependant je vous accorde qu’il n’aura pas d’autre choix que d’agir dès que possible.
- C’est bien pour cela que nous allons exécuter notre plan avec minutie. Le colonel sera gardé jour et nuit et les rares moments sans surveillance seront en réalité autant de pièges prêts à se refermer sur l’intrus. Des caméras ont été installées en toutes discrétions. Nulle ne pourra s’introduire dans l’infirmerie sans que l’on en soit aussitôt averti.
- Bien et qu’advient-il de mon agent Tony DiNozzo ?
- Votre homme a été légèrement blessé. Il sera rapatrié ici avant le départ du Daedale.
- Et en attendant ? Est-il également sous surveillance ?
C’est le colonel Caldwell qui répond aux accusations à peine voilées de négligence.
- Cela va de soit ! Il est auprès du colonel Sheppard en cet instant et ne le quittera que pour être transporté ici.
- Et qu’est-ce qui me prouve que le renégat issu du SGC ne l’attaquera pas dès son arrivée.
- En fait agent Gibbs, c’est un peu ce que nous espérons.
- Si je résume bien, vous proposez d’utiliser le colonel Sheppard comme appât sur le Daedale et mon agent à Cheyenne Mountain.
- C’est exactement cela.
- Et qu’en pensent les intéressés ?
- …
- Je vois.
Gibbs s’est raidi en un parfait garde à vous… le coté solennel en moins.
Il parle avec une voix si calme et à la fois si autoritaire qu’il impressionne même les plus chevronnés.
- Je ne porterai mon concours à cette mascarade que si mon agent est mis au courant et ce, sans tarder !
Sur ces belles paroles, il quitte la salle, laissant les militaires pantois.

Le général Landry reprend la parole laissée en suspend.
- Bien puisque tout le monde est d’accord je pense que l’on peut lever la séance.



***




A bord du Daedale, Tony DiNozzo essaye maladroitement de défaire ses liens. Katia entre sans faire de bruit et le surprend, gigotant en tout sens. Son œil expert s’arrête une minute sur le pansement qui commence lentement à rougir, puis glisse l’air de rien vers la poitrine tendrement accueillante de l’agent.
- Ne vous agitez pas agent DiNozzo. Vous allez rouvrir votre cicatrice.
D’une main câline, elle caresse le torse de Tony avant de stopper à hauteur du bandage. Avec beaucoup de douceur elle le décolle et exhibe une cicatrice couturée au mersuture.
- Joli travail n’est-ce pas ? C’est moi qui ai fait les points.
- Merci beaucoup heu…Katia ?
- Oui. De rien, c’est mon job en fait. Mais j’avoue que ce fut un plaisir de travailler sur un aussi beau spécimen.
- Katia ? Est-ce que vous pourriez avoir l’obligeance de me détacher ?
- Je ne sais pas ? En fait, c’était pour éviter que vous vous blessiez en dormant, vous comprenez ?
- Oui mais là je suis bien réveillé et j’aimerai….
D’un mouvement de la tête il désigne ce qui semble être les latrines de l’infirmerie.
- Hooo… Et bien je pense qu’il faut savoir faire des exceptions.
D’un geste franc elle libère les deux mains de Tony et attrape la perfusion qu’elle tend au dessus de sa tête.
- Je vous accompagne.
- Je n’en attendais pas moins.
Si Katia était de glace, elle aurait littéralement fondu. Mais comme elle est de braise, elle s’enflamme en rougissant.
Tous deux disparaissent dans l’alcôve.


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MessageSujet: Re: Trafic   Mar 13 Fév - 14:16

Citation :
-« Il n’y a pas que les pitbulls qui ne lâchent pas leurs proies. »

Gibbs un pitbulls, euh oui très souvent mais avec les femmes je l'imagine plutôt saint bernard!!! Embarassed

Ce cross over est vraiment génial, j'aime les deux séries et je trouve que tu as bien réussi à marier les deux univers, euh oui bon encore que des compiments à te faire, mais d'après ce que j'ai compris tu ne t'en lasse pas! cheers

scratch La question que je me pose maintenant est qui est le traître ?et surtout qui va t'il essayer d'éliminer tony ou john ? Peut être les deux!!!
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MessageSujet: Re: Trafic   Mar 13 Fév - 15:34

Je vais me répéter, mais c'est toujours aussi génial ^^
Tu a réeussi à faire glisser l'intrique admirablement ^^
On se demande bien qui peuvent être ces deux traitres ...
Encore bravo !!

Ah oui, j'en profite pour dire que dorénavant, si tu tapes "stargate world of art" sur google, nous sommes sur la première page ^^
J'ai arrangé ça avec un ami qui travaille au SGC ^^

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MessageSujet: Chapite neuf: Interogatoires   Lun 19 Fév - 20:30

Chapitre neuf

Interrogatoires



Dans un silence quasi-religieux, la salle de réunion se vide de ses occupants. Le général Landry prend quelques minutes pour s’imprégner de l’atmosphère calme de la salle, avant de retourner affronter le tumulte du SGC. Dans quelques heures, l’ambiance déjà électrique confinera vraisemblablement à la suspicion et à la délation abusive.
Le climat se dégrade, avis de tempête sur Cheyenne Mountain.

- Général ?
Le général est surpris par l’irruption furtive de l’agent Gibbs dans sa bulle imaginaire.
- Agent Gibbs ?
- Général, je souhaiterais interroger le caporal Nirvel.
- Nirvel est un simple rouage dans une mécanique qui le dépasse largement. Vous n’en tirerez rien d’intéressant.
- C’est possible mais j’insiste.
- Bien. J’espère que vous nous le rendrez dans l’état où vous l’avez reçu.
- Je ne le toucherai pas, n’ayez aucune crainte.
- Dans ce cas.
Sur ces derniers mots, le général s’éclipse, laissant l’agent Gibbs dans l’expectative.

Moins de quinze minutes sont nécessaires pour organiser l’interrogatoire. Le caporal Nirvel est assis sur une chaise face à une petite table et une seconde chaise, identique mais vide.
La pièce est petite et assez angulaire. Elle ressemble à un placard transformé pour l’occasion. Un miroir sans tain et une petite caméra à un angle du plafond, ne laissent pourtant aucun doute quant à son utilisation.
Le caporal Nirvel se balance nerveusement sur la chaise qui grince de colère à chaque mouvement de bascule. Derrière la vitre, Jethro Gibbs examine l’accusé. Le docteur McKay se tient à ses côtés.
- Vous pensez qu’il en sait davantage ?
- Vu qu’il n’a rien dit, il n’en sait en tout cas pas moins.
- Logique. Que pensez-vous en tirer ?
- N’importe quoi qui évite de faire courir des risques inutiles à Tony et au lieutenant-colonel Sheppard.
Gibbs quitte le caporal des yeux et plonge son regard d’acier dans ceux de Rodney.
- Pensez-vous que nos trafiquants vont vraiment tomber dans un piège aussi grossier ?
Rodney affaissent ses épaules. Son timbre de voix et toute sa gestuelle traduisent ses doutes.
- Je pense que le général lui-même n’y croit pas vraiment. Mais c’est en tout cas un début d’action. Les hommes qui sont à la source de ce trafic ont entre leurs mains des secrets qui mettent en péril bien plus que quelques vies. Le général Landry a sans doute des moyens d’actions plus radicaux mais ceux-ci ne peuvent pas se mettre en branle par un simple coup de baguette magique. Vous connaissez la hiérarchie militaire…
- Je maîtrise tout ces concepts docteur McKay, mais je dois malgré tout agir sans tarder. Les traîtres ne tomberont pas dans le panneau, mais en même temps ils ne peuvent courir le moindre risque. Aussi ils agiront, mais sûrement pas de façon prévisible. Le danger est bien réel pour Tony et Sheppard. Regardez ce petit caporal. S’il n’en savait pas plus, pourquoi s’inquièterait-il autant ? Il a conscience de l’ampleur de sa faute… et il va tout nous dire !

Gibbs entre dans la salle d’interrogatoire avec une chemise cartonnée sous le bras.



***




La porte des toilettes s’entrouvre sur Tony DiNozzo. L’agent du NCIS en sort, se tenant maladroitement le poignet. Un petit filet de sang sourdre entre ses doigts. DiNozzo fouille quelques tiroirs et armoires à la recherche d’un pansement, chose vite trouvée, puis d’une tenue d’infirmier passe-partout… chose également trouvée et rapidement enfilée.
Tony ne peut résister à l’envie de rire en voyant son reflet dans un miroir.
Son teint est catastrophique ! Perdu le sublime bronzage made in Hawaï, ciao le regard lumineux du tombeur de ces dames… Buon giorno les cernes noires inesthétiques.
Enfin, la Navy lui payera sûrement des vacances au soleil après un truc pareil ! Une idée qui fait sourire Tony, tant elle semble d’une part inappropriée à la situation et d’autre part totalement illusoire.
DiNozzo quitte à contre cœur sa contemplation narcissique pour explorer sa prison aseptisée. La pièce est assez petite mais bien agencée avec des box séparés par des cloisons rétractables. Tony pénètre dans celle où repose Sheppard.

Le colonel est encore plus blanc que les draps qui le recouvrent partiellement. Sur sa poitrine sont déposées des électrodes donnant en temps réel son rythme cardiaque. Une perfusion part de son bras droit avec tant de robinets qu’on se perdrait dans ce dédale de tubulures. L’une aboutit à une poche de glucosé à 5%, une autre à un poly vitaminé basique et enfin une dernière à une seringue branchée sur un débimatique. En y regardant de plus près, DiNozzo voit une petite étiquette notée PENTHOTAL.
Voila pourquoi Sheppard reste inconscient, il est maintenu dans un état de sommeil léger. Pourquoi ? Son état est-il si grave ? DiNozzo en doute, mais n’a pas le temps de chercher à en savoir plus. Il sait parfaitement ce qu’il doit faire mais avant il veut savoir où il est, et comment il a atterri dans cette infirmerie.
Avec une assurance qu’il n’a évidement pas, Tony sort de la salle et avance promptement dans les couloirs du Daedale, ignorant tout de ce qui l’attend.



***




D’un côté deux hommes silencieux. L’un est de marbre, rigide comme la justice qu’il représente. L’autre est aussi calme qu’un poisson sur une berge en plein cagnard.

De l’autre côté un agglomérat humain. McKay n’est pas resté seul longtemps. Un puis deux puis plusieurs militaires du SGC ont rejoint l'atlante à l’extérieur de la salle. Assister à un interrogatoire par un agent du NCIS semble être l’expérience à la mode. Des paris fusent entre les hommes, joyeux et inconscients des enjeux. McKay pour sa part, fulmine intérieurement.
- Tu paries combien que Nirvel ne dit rien ?
- De toute façon, il n’a rien à dire !
- Moi, je parie mon tour de garde que le petit caporal va mouiller son pantalon.
Éclat de rire pour certain, crispation des mâchoires pour un autre.
- OK, je parie un tour de garde que l’agent du NCIS va le faire craquer le Nirvel.
- Ouais ! Il va le faire saigner !
- Parie tenu !
Exception faite d’une sombre expérience de possession par Cadman, Rodney ne s’était jamais senti si proche de l’éruption. L’incendie qui le consume intérieurement gagne doucement du terrain jusqu’au moment où la colère remonte et sort de sa chambre magmatique...
- Moi, je parie qu’il tient le coup notre bonhomme. Allez Nirvel ! Boucle-là !
Et voilà comment on fait sauter le bouchon.
- DEGAGEZ !!
Un mot, un seul, mais prononcé avec tant de cœur qu’il élimine toute possibilité de riposte.

D’un côté deux hommes silencieux.
De l’autre côté un homme tout aussi muet.



***




Personne ne lui prête attention. Visiblement le personnel militaire de cette base côtoie peu celui de l’infirmerie. DiNozzo a déjà croisé deux hommes et une femme aux tenues sombres et sobres d’une quelconque armée. Tony ne reconnaît pas les uniformes, ni le logo qui orne leur épaule. Il a beau avoir louché à s’en exorbiter un œil, il n’a rien distingué de mieux que les premières lettres, soit Daed, à moins que ce ne soit Dead… ce qui ne serait pas particulièrement rassurant.
Le long couloir semble enfin prendre fin. Avec prudence et discrétion, DiNozzo pénètre dans la petite salle. Enfin, pénètre est un bien grand mot vu qu’un seul pas lui suffit pour être saisi de stupeur et s’immobiliser bêtement dans le chambranle de l’entrée.
La pièce est sombre, comme partout ailleurs. Plusieurs techniciens s’activent sur des terminaux et des ordinateurs. Derrière une sorte de console en demi cercle, un petit être nu comme un vers, du moins pour ce qu’il en voit, gigote grossièrement. Le rêve de Tony lui revient en force.
L’alien de Roswell, le flash blanc dans l’avion, le tir paralysant des militaires… tout refait surface avec le désagréable goût de la réalité. Sans se retourner, Tony fait marche arrière, fixant bien malgré lui le truc en caoutchouc qui râle dans un langage dont la mélopée est plus proche du robot ménager que du chant des sirènes. Une fois hors de portée visuelle, l’agent du NCIS fait demi-tour puis avance le plus vite possible vers l’infirmerie.
Après être rentré dans un placard puis dans une sorte de réserve, DiNozzo trouve enfin la bonne porte. C’est avec soulagement qu’il se laisse aller, dos contre la cloison de l’infirmerie.
Une respiration profonde, un peu de zen attitude à la DiNozzo et ça repart !
Sans laisser le temps aux évènements de le prendre de cours, Tony se précipite vers la pharmacie et farfouille avec la détermination de quelqu’un qui sait ce qu’il recherche. Une fois trouvée l’ampoule désirée, Tony s’avance au chevet de Sheppard.
- Je veux savoir ce que c’est que ce bordel !
Avec précision, Tony prélève le contenu de la petite ampoule. Une dernière vérification : Narcan. C’est exactement ce qu’il voulait.
Tony n’est pas médecin et ne maîtrise en rien l’art des toxiques en tout genre. Cependant, en tant que policier puis agent du NCIS, il connaît les morphiniques et le penthotal qui y est associé. Ce produit fréquemment utilisé par les anesthésistes pour induire le sommeil est également l’arme préférée des agents secrets, sous l’appellation vulgaire de sérum de vérité.
DiNozzo injecte l’antidote des morphiniques puis diminue le débit de l’inducteur de sommeil. Il accélère ensuite le garde veine de glucosé pour en diluer les effets.
Sous peu le colonel Sheppard sera de retour avec lui. Tony sait également qu’il passera par une phase d’entre deux qui lève les inhibitions. Phase durant laquelle Sheppard ne luttera pas trop pour formuler des réponses politiquement correctes. Ce que veux DiNozzo, c’est la vérité et pas une formule de politesse enrobée par des marmottes !
Pourtant Tony se sent un peu mal dans ce rôle de méchant et de bourreau. Il sait que Sheppard lui dirait sûrement la vérité sans avoir recours au sérum mais ses formulations seraient sans doute plus élaborées et à double sens. Hors, l’agent du NCIS doute d’avoir le temps de lire entre les lignes. Si DiNozzo se sent un peu coupable, ce n’est pas uniquement pour le sentiment de trahison qui le submerge soudain. John Sheppard commence déjà à grimacer et à geindre. Tony sait qu’il est responsable du réveil de la douleur. Il sait aussi que des effets secondaires à sa mixture seront fort probables et que Sheppard ne les appréciera guère.
- Désolé John.


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MessageSujet: suite...   Lun 19 Fév - 20:32

***



Gibbs bouge enfin. Le caporal Nirvel sent son cœur battre violemment dans sa poitrine. Une demi-heure déjà que ce drôle de type le regarde fixement sans broncher. Une demi-heure à chercher du coin de l’œil ce qu’il y a d’écrit sur la pochette cartonné posée devant lui. Mais impossible de quitter le regard inquisiteur. Nirvel ne veut pas être celui qui rompra le lien, il ne veut pas fléchir sous une simple pression visuelle. Il a déjà vu Teal’c faire cela et lui Nirvel, n’en sera pas la victime.

Gibbs ouvre sa pochette et commence à examiner une photo couleur qui domine visiblement un paquet de document au format identique.
L’agent ne porte plus la moindre attention à Nirvel. Ce dernier pose doucement son regard sur l’image. Elle représente une silhouette étendue par terre. En y regardant de plus près, Nirvel constate qu’il s’agit d’une photo de cadavre. Sous le corps, une large tâche rouge pouvant enflammer l’imaginaire. Blessure par balle, arme blanche…
Trois bonnes minutes plus tard, Gibbs attrape la photo, la pose face à Nirvel et entreprend l’étude de la suivante.
Nirvel oscille entre l’examen plus approfondi de la première photographie et la curiosité malsaine de découvrir la seconde. Finalement le verdict se porte pour l’arme blanche. Enfin, blanche…façon de s’exprimer. L’homme qui gît dans son propre sang est visiblement décédé des suites d’une hémorragie cataclysmique par ouverture d’une carotide. Un stylo plume MontBlanc sort partiellement de son cou.
Un frisson parcoure le corps du caporal. Sans regret il quitte la photo des yeux et laisse vagabonder son regard sur la seconde image. Encore un cadavre et selon toute vraisemblance le second d’une longue série.
L’heure qui suit est assez répétitive. Gibbs examine une photo silencieusement, la pose face à Nirvel puis passe à la suivante. A aucun moment l’agent du NCIS n’a regardé le militaire. A aucun moment il n’a laissé échapper le moindre bruit, pas même une respiration.
Le caporal quant à lui essaye maladroitement de fuir les images plus atroces les unes des autres. Lorsqu’il a vu le visage boursouflé d’un homme mort par pendaison, il pensait avoir vu le pire. C’était avant celui qui avait avalé une fourchette affûtée. Une dizaine de photo sont maintenant exhibées sous ses yeux. Il aimerait comprendre, ou peut-être pas finalement…



***




Sheppard essaye maladroitement d’ouvrir ses yeux. Depuis plusieurs minutes il s’agite, mettant à rude épreuve les liens qui le retiennent dans son lit. Ses râles et geignements se sont mués en une silencieuse crispation. De grosses gouttes de sueur perlent sur ses tempes. Tony s’agite également sur la chaise limitrophe. Il a du mal à rester de marbre devant ce spectacle écœurant. Dire qu’il en est l’instigateur !
Enfin, John entre ouvre les yeux. Un petit " Hum ? " interrogatif traduit sa faible conscience de la réalité.
- John, c’est Tony. Tony DiNozzo, tu te souviens de moi ?
- Hum ? Oui.
- Je voudrais savoir où nous sommes.
- Hein ? Heu… dans l’avion ?
- Non ! Il y a eu un flash blanc puis on s’est retrouvé dans une grande pièce sombre avec un alien et des militaires.
Sheppard se tortille sur son lit. Il lutte vraiment pour ouvrir et surtout garder ses yeux ouverts plus de quelques secondes. Finalement il y parvient mais cela ne va pas sans une souffrance que Tony n’avait pas prévue.
- Un quoi ? Un alien ?
- Oui, tu sais comme dans X-Files. Le truc de Roswell. Tu vas rire mais il y a même un militaire qui ressemble à Walter Skinner.
- Hum… Ouais, celui-là c’est le colonel Caldwell, mais je te promets qu’il est bien moins drôle que Mitch Pillegi.
- Qu’est-ce que c’est que tout ça. Tu peux m’expliquer ?
Si DiNozzo avait un doute quant à l’efficacité du sérum et sa nécessité en l’occasion, la moue de Sheppard le fait aussitôt disparaître. Sheppard grimace comiquement, comme s’il était en plein combat avec son moi intérieur.
- Les armes qu’il y avait dans les caisses étaient pour certains d’origines aliens. Tu vois c’est marrant…. je suis tombé par hasard dans ton affaire de trafic et maintenant c’est toi qui te retrouve téléporté dans mon trip perso.
- Téléporté ? Comme dans Star Trek ?
- Oui, et inutile de me comparer au capitaine Kirk, on me l’a déjà fait !
Tony sourit. Même dans le coltard, ce colonel est vraiment en phase avec lui. Cela ne fait qu’ajouter du poids à sa culpabilité.
- Donc on nous a téléporté. OK, mais où ?
- Si il y a Hermiod, c’est le petit gris, et Skinner, c’est que l’on est à bord du Daedale… sûrement quelque part au-dessus de la Terre… m’étonnerait qu’on soit déjà parti pour Pégase, surtout avec toi à bord. T’es un témoin gênant.
- Oui, je le réalise que trop bien.
Subitement honteux de son geste trop peu réfléchit, Tony modifie la dilution des perfusions afin d’aider John à sortir complètement de son état hypnotique. Étonnement cela est plus rapide que prévu. DiNozzo se demande finalement si Sheppard était vraiment sous l’emprise de la drogue lors de cet improbable interrogatoire.
- Tony…
La voix est cassée et faible comme celle d’un enfant endormi. Tony ose enfin porter son attention sur son ami avec un regard autre que celui du policier, de l’agent du NCIS.
Sheppard est vraiment mal en point. Tout son corps est recouvert d’une pellicule de sueur. A côté de son teint blafard, celui de Tony est superbe. Ce n’est qu’à ce moment là que Tony réalise que le tracé cardiaque de John s’est modifié. Sheppard est en hyperventilation. Cet effet indésirable est la conséquence directe de l’antidote injecté par DiNozzo.
- Tony !!
- Oui, John, je t’écoute.
- Il ne faut pas dire ce que tu sais. Laisse les militaires de Cheyenne Mountain régler ce problème. Il te dépasse complètement, tout comme moi, je te rassure. Fais celui qui ne sait rien et… Haaa… c’est à toi que je dois tout ça ?!
- Oui, John, je suis désolé.
- J’aurais sans doute fait pareil. Tony appelle le médecin, je ne me sens vraiment pas bien.
Les derniers mots sont si suppliants que Tony perd le contrôle de la situation. Jamais il n’avait imaginé mettre en péril la sécurité de Sheppard en modifiant les dosages. Tout au plus pensait-il réactiver ses douleurs post-chirurgicales et le mettre en hyperventilation. Visiblement, la situation lui échappe complètement.
Tony DiNozzo s’apprête à sonner le médecin ou à aller chercher la belle Katia, mais des alarmes stridentes interrompent son geste charitable. Des voyants médicaux passent au rouge. Pris de court, Tony remet rapidement les débits tel quels puis se replonge sous ses draps.

Pourvu que sa couverture tienne !
En se faisant cette remarque, Tony ne pense évidement pas à la fine polaire qui le recouvre.

Pourvu que Sheppard tienne le coup !
Le docteur Zespatto et une nouvelle infirmière pénètrent en trombe dans l’infirmerie. Le médecin est furieux !
- Où est Katia ? Qu’est-ce que c’est que ce bordel ?!

Tiens, lui aussi se pose cette question ?



***




Nirvel sursaute quand l’agent Gibbs se redresse enfin.
Debout devant la table, il surplombe le militaire. Le caporal ne peut détacher son regard de celui de son bourreau. Gibbs plonge sa main à l’intérieur de sa veste et en sort un plume MontBlanc. Nirvel devient aussi livide qu’un ectoplasme face à des Ghostbusters.
D’une écriture rapide, l’agent Jethro Gibbs note quelques mots sur le dessus de la pochette cartonnée avant de la faire pivoter pour qu’elle soit face au prisonnier.

Derrière la vitre, McKay retient son souffle. Il ignore ce que fait l’agent du NCIS, tout comme il ignore ce que représentent les photographies. A ses côtés, le général Landry l’a rejoint depuis peu. Aucun échange de mots entre les deux hommes, juste un regard, un sourire triste et un hochement de tête, bref toute une construction verbale, la parole en moins.

Nirvel aimerait rester maître de son corps mais celui-ci a tendance à prendre des initiatives. La première, fort désagréable, est la sueur qui perle sur son front et dans son dos. Une sensation poisseuse, déplaisante, mais pas aussi humiliante que l’envie de vider sa vessie. Cela, c’est la seconde initiative de son corps. Se vider d’un coup de tout ce qui entrave la légèreté de son être, en d’autres termes, purger son corps comme au confessionnal on purge son âme. Du coup sa vessie le titille méchamment, son estomac se noue avec brutalité et même ses yeux le piquent douloureusement. Nirvel se sent craquer alors même que son cerveau lui dit qu’il n’y a vraiment rien justifiant une telle terreur… et c’est justement cela qui l’effraye le plus !
Gibbs est tout près maintenant, juste à ses côtés.
Le caporal sent l’odeur mate, légèrement musquée du parfum de l’agent de la Navy. Comment peut-il rester aussi frais dans de telles circonstances, alors que lui se sent nimbé d’une odeur pestilentielle, celle de la peur.
Plus près, encore plus près.
Gibbs se penche vers Nirvel et lui susurre un mot à l’oreille. Un seul.
Nirvel ne bronche pas, ne dit rien. Il ne comprend pas.
Gibbs se redresse et quitte la pièce sans un mot supplémentaire, sans un regard.
La porte claque.
Le caporal Nirvel retrouve son souffle, réalisant seulement à cet instant qu’il l’avait perdu quelque part entre le moment où l’agent Gibbs s’était levé et celui où la porte s’était enfin refermée.
Nirvel pose son regard sur les lettres imprimées sobrement en majuscule. Il regarde et comprend enfin le mot de Gibbs : Choisis !
Sur la pochette est notée : SUICIDE EN GARDE A VUE et en plus petit, juste en dessous, écrit de la main de l’agent Jethro Gibbs : Affaires classées.


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MessageSujet: Re: Trafic   Mar 20 Fév - 15:49

cheers de mieux en mieux, vraiment j'adore!!! Personne ne résiste à Gibbs et là je dois dire que tu as fais fort!!
une petite suite prochainement j'espère, car tu ne peux pas nous laisser comme ça avec tant de suspens, c'est trop cruel No
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MessageSujet: Re: Trafic   Mar 20 Fév - 19:57

J'en avais déja lu une partie, mais rien à dire c'est grandiose ! ^^
Encore bravo !
Ce pauvre Di Nozzo doit se demander où il habite ^^
Quand à Nirvel ... il ne devrait pas tarder à faire dans son pantalon ^^

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MessageSujet: Re: Trafic   Jeu 22 Fév - 18:18

Quand Gibbs passe, l'interrogé trépasse ! Que dire sinon vivement la suite ?

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MessageSujet: Re: Trafic   Jeu 22 Fév - 18:29

Mon pauvre Ba'al, tu viens de faire une indigestion d'enfanteuse! Quel courage! Quel abnégation! LOL

Bon pour la suite...je pars au ski demain, peut-être que je ferai le prochain (sans doute dernier) chapitre la-bas mais j'en doute... donc au plus tard dans une grosse semaine.
Voila pour les niouzes... bonne digestion!


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MessageSujet: chapitre dix: Révélations   Dim 4 Mar - 18:56

Voici enfin le dernier chapitre, pondu hier dans un TGV bondé d'ado déchaînés. Comme je ne peux pas vous faire le coup deux fois de suite...il y a un épilogue of course :P mais là, faudra attendre encore un peu.

Pour ceux qui le reconnaisse, vous verrez que l'un de nos membres actifs (je n'ose avouer qu'il s'agit de notre cher administrateur!) s'est transformé sous ma plume (et mon clavier) en un personnage dont la fin fut fort désagréable... le prochain qui fait une remarque sur mon grand age, saura à quoi s'attendre! :lol:

Chapitre dix

Révélations



Zespatto est particulièrement agacé. Son patient était dans un état d’agitation anormal et commençait même à convulser. Sans l’administration rapide d’un traitement, il aurait retrouvé le colonel Sheppard en pleine crise d’épilepsie. Pourquoi diable de tels antécédents n’étaient pas inscrits dans son dossier médical ? Fort heureusement pour DiNozzo, à aucun moment il n’était venu à l’esprit du médecin que la crise convulsive pouvait résulter d’un traitement inapproprié. Heureusement également que l’intervention rapide des médecins ait évité de lourdes conséquences au geste maladroit de Tony.

De l’autre côté de la cloison amovible, l’agent du NCIS se décontracte enfin. Quinze minutes d’un stress intense et limite insupportable. Un quart d’heure à se demander s’il pourra encore se regarder dans un miroir. Un comble pour DiNozzo !
N’y tenant plus, il interroge le médecin.

- Docteur ? Comment va John ? Cela va aller n’est-ce pas ?
Le médecin entre dans le box de Tony et tarde à répondre. Il cherche ses mots puis réplique avec prudence.
- Agent DiNozzo. Oui, ne vous inquiétez pas. Heu… Est-ce que le colonel a repris connaissance avant de faire ses convulsions ? Vous a-t-il parlé ?
- Non, il a juste gémi.
- Bien.
Le médecin s’assoit à une petite table qui fait face à Tony.
- Je vais faire un courrier à mon confrère de Cheyenne Mountain. Il n’y a aucune raison pour vous garder plus longtemps dans nos locaux.
- Justement docteur Zespatto. Puisque vous en parlez, j’aimerai savoir… où sommes-nous exactement ?
- Vous êtes dans l’infirmerie d’une base située à la frontière canadienne. Après votre atterrissage un peu rocambolesque, nous avons du parer au plus urgent, c’est à dire vous soigner au plus près. Cependant maintenant votre supérieur, l’agent… Grimms, vous attends à Cheyenne Mountain.
- Gibbs ?
- Oui, c’est ça, Gibbs.
Le médecin s’atèle à l’écriture de ses transmissions.
- Bon, je vous fais grâce des politesses… gnagnagna… je vous serai grès de bien vouloir prendre en charge… gnagnagna… le patient DiNozzo Anthony qui présentait une plaie par perforation à la cuisse…
En entendant le docteur lire la lettre au fur et à mesure de sa rédaction, Tony prend conscience de son réel statut de malade. La douleur, qu’il avait totalement mise en stand by pour optimiser sa nature enquêtrice, se réveille brutalement.
Sa cuisse d’abord… étrange sensation d’une présence étrangère qui grince comme un boulon rouillé. Son ventre ensuite, avec la jolie cicatrice qu’avait caressé la belle Katia. Pas si douloureux que cela, juste une légère démangeaison liée aux fils. Toute sa peau enfin, à qui Tony vient de donner le signal de départ pour reprendre vie. Chaque mouvement, chaque souffle d’air qui le frôle est une véritable torture. Comment a-t-il fait pour ne pas en souffrir plus tôt ? Comment a-t-il pu oublier son passage par le thuya, rabot biologique pour épluchage 100% naturel ?
Maintenant que le docteur Zespatto termine l’énumération de ses lésions, superficielles, mais ô combien nombreuses, Tony ne peut plus que se recroqueviller dans son lit, en espérant que quelqu’un lui octroie un salutaire calmant. Sa demande, bien que non exprimée oralement, transpire par chacun de ses pores. Avec un grand sourire, le docteur se lève.
- Je vais vous administrer un calmant. Avec ceci vous n’aurez plus mal et vous pourrez vous détendre un peu.
Le médecin se tourne vers l’infirmière qui veillait au repos du colonel Sheppard.
- Alors ?
- État stable docteur. Sa fréquence respiratoire est presque revenue à la normale. C’est quand même curieux.
- Bien, donner un antalgique à monsieur DiNozzo.
Du coin de l’œil, Tony voit l’infirmière faire un signe de tête au médecin. Nul doute que ces deux là ont une autre idée, derrière la tête, justement !
La femme en blanc prend place au côté du médecin et injecte un produit laiteux dans la perfusion de DiNozzo. Ni l’infirmière, ni le médecin n’ont pris la peine de vérifier le bon état veineux du patient. Si cela avait été le cas, ils n’auraient pas manqué de s’étonner que le cathéter soit dans un paquet de coton et non dans la veine du patient. Tant pis pour eux. Tant mieux pour DiNozzo.
Le médecin le regarde toujours avec son sourire stupide qui maintenant semble particulièrement désagréable, voire sadique. L’infirmière caresse d’une main le front de Tony, repoussant quelques mèches. DiNozzo a bien du mal à garder son sang-froid. Il regarde la jeune femme avec surprise. Elle le regarde avec gourmandise. Décidément le personnel paramédical n’est plus ce qu’il était ! L’infirmière est jolie et sa voix est douce.
- Dors bien joli cœur.
- Liv !
- Voyons, docteur, de toute façon dans quelques secondes il ne sera plus conscient. Qu’importe mes derniers mots, ils se perdront dans ses songes.
- Sans doute Liv, mais conscient ou non, vous devez à vos patients un minimum de respect.
L’infirmière se penche vers Tony au moment même où celui-ci ferme les yeux, faisant semblant de s’endormir et fuyant par la même occasion le regard aguicheur de l'infirmière.
Celle-ci pose ses lèvres sur le front de son patient.
- Liv !!
- Ben quoi ? Je ne fais que contrôler sa température !
Sur ses mots, l’infirmière se retire en riant, laissant le médecin pantois. Ce dernier se contente de lever les yeux au ciel avant de lancer une dernière demande à l’infirmière.
- Puisque vous retournez à la passerelle, dites-leur que le patient est prêt pour être téléporté au SGC.
- Bien docteur.
Alors que la porte se referme sur son chuintement caractéristique, le docteur Zespatto vaque à ses occupations de médecin. Après quelques minutes de silence qui paraissent durer des heures pour DiNozzo, le médecin se penche vers lui comme pour lui faire des confidences. Tony ne bronche pas, essayant tant bien que mal de rester inexpressif.
- Ciao signore DiNozzo. Penso che le nostre strade non c’incontrerano più. Finalmente voi occuparme de signore Sheppard senza che nesu me vede.
Si DiNozzo comprend parfaitement le sens de la première phrase (Au revoir monsieur DiNozzo. Je pense que nos chemins ne se croiseront plus), la seconde qui est en patois, lui est de prime abord totalement incompréhensible. Étonnant comme deux mots très similaires peuvent sembler si différents selon l’accent de celui qui les prononce. De toute évidence le docteur Zespatto est originaire du nord de l’Italie, Frioul ou Trévise ? Qu’importe l’accent… il est doux et chantant et c’est bien rassurant pour DiNozzo d’entendre sa langue familiale en de si pénibles moments. DiNozzo ne cherche pas à résoudre cette énigme si secondaire en l’instant. Il préfère se laisser aller et se détendre au maximum. Ce qui est bien difficile. Maintenant que le médecin est persuadé de son inconscience, il est fort peu probable qu’il puisse bénéficier d’un calmant, un vrai !



***



Jethro Gibbs sort de la salle d’interrogatoire comme si de rien n’était. Il adresse un grand sourire au docteur McKay qui le lui rend tout naturellement. Gibbs se tourne vers le Général Landry, mais leur dialogue est interrompu avant même d’avoir commencé. Un sous-fifre vient d’entrer, portant un rudimentaire plateau avec une tasse fumante de café, posée dessus en équilibre précaire.
- Votre café mon général.
- Merci soldat !
Landry tend le bras pour accueillir le chaud nectar, quand une main, puis un bras le frôle. Comme hypnotisé par l’audace du membre qui vient de se glisser devant lui, le général Landry se contente de suivre des yeux le mouvement. Interloqué, il reste spectateur du bras qui passe une seconde fois sous son regard. A peine si le général a le temps de réaliser que la main détient un verre cartonné, que Gibbs a déjà fini de boire le café noir.

Un pauvre soldat tenait en son plateau un café chaud
Un satané Gibbs vînt à passer
Deux mouvements de bras et pas un mot
Le café avait été dérobé !
Le général furieux se mit à beugler
Qui avait osé voler son breuvage ?
Mais devant le voleur au regard d’acier
Général ou pas il n’y a plus de courage.
Le soldat repart bredouille
Le général se tait et ronge son frein
L’un se sent particulièrement nouille
L’autre se crispe les mains.
Mais ce que l’histoire ne dévoile point
C’est qu’un témoin de cette malice
Pour ne sourire que d’un coin
Était également au supplice.
McKay, c’est tout en son honneur
Su y mettre tout son cœur
Mais c’était bien avant
Qu’une phrase sans importance
Lâchée par le fautif agent
Ne brise toutes ses résistances.
Quand Gibbs sortit ces mots à tord:
Mais ce café n’est pas assez fort !
Pire que la réaction du général
Une crise d’apoplexie magistrale,
Fut le fou rire de McKay
Que l’histoire taira à jamais
Sans aucun doute pour préserver le jeune lecteur
Ou par manque d’imagination de son auteur.


Gibbs regarde McKay avec l’œil étonné du naïf qui découvre la bonne blague. Comme s’il était hermétique à tout ce qui peut perturber le genre humain, l’agent pose la tasse vide sur le rebord de la vitre sans tain et retourne illico auprès du caporal Nirvel. A peine a-t-il fait un pas dans la pièce que le soldat se lève et se jette sur le miroir.
- Sortez-moi de là ! Ne me laissez pas avec ce malade ! Au secours !
Gibbs sourit dans le dos du militaire, plus hystérique que jamais. Nirvel se retourne vers l’agent dont le visage s’est de nouveau figé.
- Ne m’approchez pas !
Nirvel est tétanisé par une frayeur incontrôlable. Gibbs quant à lui est lisse comme le marbre, totalement impénétrable !
- Qu’est-ce que vous arrive caporal ? Un peu de sang froid tout de même !
Gibbs désigne du doigt la petite caméra au coin du plafond.
- Pensez que ces images immortalisent vos derniers instants….
Le militaire retient sa respiration. Sa lèvre inférieure tremble de façon incoercible. Gibbs finit sa phrase avec un léger temps de décalage.
- …parmi nous.
Nirvel n’en peut plus. Il se colle au miroir et le frappe de ses deux points serrés.
- Au secours !! Je vous dirais tout ce que je sais, mais ne me laissez pas avec ce tueur !
Gibbs explose de rire.
- Et vous croyez qu’ils vont vous croire ? Laissez-moi deviner ? Derrière cette vitre, je parie qu’il y a le général Landry qui boit tranquillement son café noir… pas très fort mais sans sucre. Je l’imagine serein et détendu, pas le moins du monde impressionné par cette petite démonstration. Quant à moi, je réitère pour la dernière fois ma question. Que choisissez-vous ?
- Hein, heu…quoi ? Comme mort ?
Gibbs rit de plus belle et regarde de façon très exagérée la caméra.
- Qu’allez-vous donc imaginer soldat ?!
Puis il fait un discret clin d’œil que seul Nirvel et les spectateurs cachés de l’autre côté du miroir peuvent apercevoir.
Nirvel se tétanise puis fixe Gibbs avec un regard qui s’illumine d’une subite lucidité.
- Vous êtes indubitablement un malade. Vous allez vraiment le faire n’est-ce pas ?
Sans attendre la moindre réponse de l’agent du NCIS, Nirvel se pose droit sur ses jambes face à la caméra. Sa voix calme et lente prend de plus en plus d’assurance à mesure que ses révélations s’enfoncent dans l’horreur.
- Ce trafic est l’idée du major Lance Warwick. Il est affecté au site alpha et au maintient de son ravitaillement. Il a pour mission de s’assurer qu’il y a tout ce qu’il faut au cas où une retraite urgente serait nécessaire. C’est une tâche ingrate qui n’octroie ni respect ni honneur. Personne ne prête plus attention à ce qu’il transporte dans ses chargements. Les inspections se sont faites de plus en plus rares. En tout cas il ne rencontre aucun obstacle que quelques billets verts ne puissent surmonter. C’est ce qui lui a donné l’idée de faire du trafic avec les armes Goa’ulds. Dernièrement son commerce s’est enrichi de quelques exemplaires en provenance d’Atlantis. Des grenades surpuissantes d’origine wraiths.
Les yeux du caporal brillent d’une étrange lumière. Il semble en adoration devant le pouvoir des armes dont il faisait le trafic.
- J’ignore qui est son fournisseur pour le matos d’Atlantis. Seul Lance pourra vous donner son nom. Moi, je ne suis qu’un contact parmi tant d’autre. Mon rôle se bornait à mettre en relation Warwick avec des acheteurs potentiels. Je ne connaissais que Gloria et Morgan… Ah si, il y avait aussi un gars de la NAVY, un certain Yan Anderson. J’ai appris qu’il avait été déchiqueté dans l’explosion de son navire.
Le caporal Nirvel semble avoir oublié son statut de prisonnier. Il exhibe le sourire de celui qui raconte une bonne blague.
- Paraît que c’était un vrai carnage et que l’on ne savait plus très bien ce qui était humain et ce qui ne l’était pas. Bref des tas de petits bouts de chair ridicules sur de la tôle brûlée. Une pierrade géante… ha, j’aurais aimé voir ça ! L’inconscient a du manipuler les nouvelles grenades de Warwick, celles qui proviennent d’Atlantis. Elles sont esthétiquement très tentantes mais aussi diablement efficaces. Anderson en a fait les frais. Quel gâchis… tout ce matériel de perdu.
Sans un mot, Gibbs se dirige vers la porte. Tout en tournant le dos à Nirvel, il conclue ses explications.
- L’explosion a fait cinq morts dans les rangs de la marine. Je doute que les familles des victimes seraient enchantées de connaître votre point de vue.
- Est-ce que je peux aller aux toilettes maintenant ?
Sa question reste sans réponse. Gibbs a refermé la porte derrière lui sans accorder le moindre regard au caporal.
De l’autre côté, le général Landry l’attend de pied ferme. Il avait l’intention de se montrer outré et scandalisé par les manières de l’agent. En fait, c’est davantage la disparition de son café qui le met en rogne, que les techniques d’interrogatoire du NCIS. Cependant, face aux résultats de Jethro Gibbs, Landry prend sur lui la perte prématurée de sa précieuse dose de caféine.
- Félicitation agent Gibbs. Nous allons rapidement arrêter le major Warwick et faire un peu de ménage auprès du personnel corrompu. Je pense que dorénavant le colonel Sheppard et l’agent DiNozzo seront parfaitement en sécurité. Nous vous devons une fière chandelle… et vous me devez un café noir… PAS TRES FORT et sans sucre !!! Maintenant je ne veux plus vous avoir dans mes pattes. L’agent DiNozzo sera bientôt là. Récupérez votre colis puis déguerpissez et surtout oubliez tout ce que vous avez cru voir et comprendre !
McKay qui jusque là était resté en retrait ne peut s’empêcher d’intervenir.
- Je vous trouve relativement injuste général. L’agent Gibbs a …
Sa remarque reste en suspend. Gibbs et Landry sont totalement hilares. Landry attrape le bras de Gibbs et l’entraîne avec lui.
- Venez agent Gibbs.
- Où m’emmenez-vous ?
- A la machine à café. J’aimerai connaître la façon dont vous gérer vos hommes. J’ai ouï dire qu’elle était très efficace. J’avoue que je rencontre quelques difficultés avec certains spécimens.
McKay resté seul ne peut que conclure.
- Décidément je ne comprendrai jamais les militaires.
Sur ses mots, il disparaît à son tour dans les couloirs du SGC, laissant Nirvel seul avec ses troubles sphinctériens.



***


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MessageSujet: suite...   Dim 4 Mar - 18:58

***



DiNozzo a bien des difficultés à rester stoïque. Autour de lui, tous agissent comme s’il était quantité négligeable. Bon, si on excepte l’ego qui en prend pour son grade, il faut bien avouer que cela a quelques avantages. En premier lieu celui d’écouter sans en avoir l’air ce que l’on est sensé ignorer. De ce point de vue, Tony DiNozzo s’en donne à cœur joie. Durant son transfert en brancard de l’infirmerie jusqu’à une grande salle, en transitant par un long dédale de couloirs, il a eu son lot de révélations. D’abord la confirmation de l’existence du Daedale en tant que vaisseau spatial.
Vaisseau spatial.
Rien que ces deux mots lui donnent une sensation d’euphorie à mi-chemin entre l’excitation et l’angoisse. D’autres paroles, plus étranges, abordent les termes chers à la science fiction d’hyperespace, de guerre contre des aliens et tant d’autres choses encore que Tony finit par se fermer complètement ou presque…
Soudain une voix ponctuée par un étrange hoquet annonce une téléportation sous dix secondes. Tony ne peut garder plus longtemps les yeux clos. Il entrouvre un œil tombant malgré lui sur la baie vitrée du Daedale. Oubliant son statut supposé de comateux, il ouvre tout rond ses mirettes sur le spectacle magnifique de notre planète bleue. La Terre est sublime. Bien plus que dans tous les films dont Tony s’abreuve sans fin. En cet instant, DiNozzo est le héros de son propre film. Scénario improbable où un terrien se découvre infiniment insignifiant. Petite bête perdue dans une galaxie plus vaste que ses rêves.
DiNozzo s’émerveille silencieusement. Dix secondes de bonheur, dix secondes à jamais gravées dans sa mémoire.

Un flash blanc et le voila loin de son fantasme d’immensité. Il est au SGC.
Tony referme aussitôt ses yeux. Peut-être pour leurrer les militaires de Cheyenne Mountain… à moins que ce ne soit pour faire perdurer encore un peu le plaisir de sa dernière vision et imprimer l’image de la Terre sur ses rétines. Une Terre vue d’en haut… de si haut !

Une voix torturée par un haut parleur pénètre ses songes sans pour autant l’en extraire.
- Daedale, nous avons bien reçu le colis. Vous pouvez partir. Bon voyage !
Voilà. L’aventure s’achève donc là. Tony DiNozzo pense à Sheppard qui quitte à jamais son existence. Adieu l’unique témoin de leur mésaventure. A qui Tony pourra raconter et confier son histoire ? Qui le croira ?
Tony sourit intérieurement. Abby bien sur ! Avec elle il est certain d’avoir un auditoire captivé et attentif. Gibbs ? Non, il est trop cartésien. Aux premiers mots il donnerait à Tony une tape sur la tête avec un tonitruant TONY !!
DiNozzo en est encore à imaginer sa rencontre avec son supérieur quand un « Tony » tout doux lui est susurré à l’oreille. L’agent n’y prête pas vraiment attention, imaginant qu’il ne s’agit que d’une illusion auditive liée à son imagination. La réalité et la fiction lui semblent si infiniment unie ces derniers temps.
TONY !!
Le cri est si fort que DiNozzo se redresse d’un bond sur son brancard, les yeux grands ouverts et fixés droit devant. Tout juste s’il n’est pas au garde à vous avec la main en un très protocolaire salut militaire !
- Présent patron !
Tony ne réalise qu’il a parlé qu’en entendant le son de sa voix et en voyant le visage souriant de Gibbs. Ils sont dans une pièce sombre, plus proche du bureau désaffecté que d’une infirmerie douillette. Gibbs et Tony échangent un regard curieux.
Tony semble surpris. Il penche légèrement sa tête de côté et fronce les yeux comme pour mieux accommoder sa vue. De fait, il ne sait plus très bien ce qui relève du réel et ce qui n’est que le fruit de ses fantasmes… quoique Gibbs ne ferait pas à proprement parler parti d’un fantasme !
- Patron ?
Gibbs rigole franchement. Sa voix est chaude et étrangement très habituelle malgré les circonstances.
- Qui d’autre voulez-vous que ce soit ?



***



A bord du Daedale, le colonel Caldwell fulmine. Son vaisseau vient de prendre le chemin d’Atlantis et tout semble normal, pourtant c’est loin d’être le cas. Le commandant du vaisseau est dans l’attente d’un nom. Caldwell est soucieux. Et si le traître qui fournissait les grenades wraiths était un membre de son personnel de vol. Cela lui semble si inconcevable. Pourtant…



***



Le vortex s’ouvre sur l’équipe de retour du site alpha. Les soldats sont penauds. Le général Landry les accueille avec surprise.
- Que s’est-il passé sur P4X-650 ? Où est le major Warwick ?
- Il s’est donné la mort dès qu’il a su le but de notre mission.
- Comment cela est-il possible ?
- Les rumeurs vont vite, surtout quand il s’agit de trahison. Celle d’un trafic impliquant des membres du SGC et même d’Atlantis avait franchi la porte bien avant nous. Dès que le vortex s’est refermé derrière nous, il y a eu une explosion aux abords de la montagne. Voici tout ce que nous avons réussi à sortir des décombres.
Le soldat exhibe à bout de bras une plaque d’identité au nom de Warwick.
Le général ne peut cacher sa colère et sa suspicion.
- Est-on certain qu’il soit bien mort ?
- Le détenteur de cette chaîne était bien mort, ça je peux vous l’assurer mon général. Maintenant il sera impossible d’affirmer avec certitude qu’il s’agissait bien de Lance Warwick. Cependant, nous avons fouillé toute la base et nous n’avons trouvé nulle trace de notre homme. De plus, personne n’est porté manquant. C’est plutôt bon signe.
Landry est perplexe.
- Bien. Cela ne résout que partiellement notre problème.



***




Gibbs et Tony sont silencieux. Une vitre épaisse les sépare du chauffeur qui conduit la voiture officielle de l’armée. Depuis leur départ de Cheyenne Mountain, DiNozzo et Gibbs n’ont échangé que des mondanités sur la qualité du véhicule du SGC. Soudain la voix rocailleuse du conducteur leur parvient par un petit haut-parleur.
- Je vous mets en relation avec le général Landry.
- Agent Gibbs. Je voulais vous tenir au courant des avancés de notre enquête. Le major Warwick est mort avant de nous avoir révélé le nom de son associé. Cependant je peux vous affirmer que l’agent DiNozzo ne risque plus de faire une mauvaise rencontre. Vous pouvez dorénavant clore votre dossier. Je vous ferai parvenir un rapport sur la mort de Warwick ainsi que des données permettant de satisfaire vos supérieurs. Je vous souhaite bonne route et… merci pour vos précieux conseils.
La communication s’achève sur l’œil inquiet de Gibbs. Tony le regarde avec curiosité. En d’autres occasions, DiNozzo n’aurait jamais osé fixer son supérieur aussi intensément. En d’autres circonstances, Gibbs n’aurait jamais toléré un tel regard de son agent. Mais les circonstances sont ce qu’elles sont… inhabituelles et étranges.
DiNozzo se demande ce que son chef sait réellement sur le trafic d’armes qui a entraîné la mort de marins et plongé le NCIS dans un film de série B. Connaît-il l’origine exacte des armes ?
Une tape sur la tête le sort de sa torpeur.
- Alors, on rêve ?
- Hein ? Non, je réfléchissais.
Le sourire de Gibbs met en doute de tels propos. Tony poursuit sans prêter la moindre attention au jeu de regards et de mimiques. Finalement c’est plutôt rassurant de constater que rien n’a changé… ou presque.
- Pourquoi le général sous-entendait que je risquais de mauvaises rencontres ?
- Parce que ces ###### (censuré pour les jeunes lecteurs) de militaires ont fait courir le bruit que mon agent, donc toi, et le lieutenant-colonel…
- Sheppard ?
- C’est ça, Sheppard, connaissiez les noms des traîtres.
- Mais c’est totalement faux !
- Oui, mais seul le général et quelques autres personnes, dont moi évidement, étions au courant.
- Ils se sont servis de nous comme appât !
- Cela n’a plus d’importance car le trafiquant qui agissait à Cheyenne Mountain a été démasqué. L’affaire est donc résolue. Du moins à notre niveau.
- Oui mais si j’ai bien tout compris il reste une personne dont on ne connaît pas le nom. Mais lui, en revanche, nous connaît.
- Exact. Cependant cet individu ne vise que le lieutenant-colonel Sheppard. Ton nom est resté cantonné au SGC.
- Deux individus, deux cibles. La première a fait mouche et la seconde reste en suspend.
- Exact.
- Comme si ce que nous avions vécu ne suffisait pas, il faut que les pontes de l’armée tendent une épée de Damoclès au-dessus de la tête de John !
- Ne t’inquiète pas pour lui, il est plus surveillé que le pentagone lui-même.
- Mouais…
Tony s’enfonce dans l’épais fauteuil, boudeur et préoccupé.
Le silence reprend ses droits.


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Michael Anderson
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MessageSujet: Re: Trafic   Dim 4 Mar - 19:42

Bon, alors là je suis déçu ! C'est le plus mauvais passage que j'ai jamais lu ! Non mais ! grr

(Bon d'accord, à part le passage sur ma mort, c'est pas mal du tout ^^ Ok, c'est génial ^^ On retrouve bien notre bon vieux Gibbs ^^)

On est quitte maintenant ... pour l'instant ...

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MessageSujet: Re: Trafic   Lun 5 Mar - 21:54

J'aime toujours autant cette fic^^
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MessageSujet: Re: Trafic   Mar 6 Mar - 10:53

oups j'avais plus donné mon avis au fil de mes lectures alors le voila Wink

c'est toujours aussi cool (écriture et scénario) et je me demande si tu arrivera à t'arrêter un jour ^^

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MessageSujet: Re: Trafic   Dim 11 Mar - 18:19

Alors la suite c'est pour quand ? ^^

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MessageSujet: Chapitre onze: Aux portes de l'inaccessible   Lun 12 Mar - 16:06

Voila que mon épilogue faisait déjà 7 pages word... aussi, je l'ai coupé avec un onzième chapitre. Pas trop fâché?

Chapitre onze


Aux portes de l’inaccessible



La nuit a été difficile. Dormir sur ces lits d’infirmerie n’est vraiment pas de tout confort. Pas de matelas super ferme pour dos fragile, mais en comparaison des autres couches du Daedale, McKay n’a pas trop à se plaindre.
Déjà une bonne semaine que le vaisseau a quitté la planète Terre pour rejoindre la cité Atlante. Une semaine sans que le colonel Sheppard ne donne le moindre signe annonciateur d’une amélioration, aussi minime soit-elle.
McKay s’étire comme un gros matou courbaturé par une nuit sur une mauvaise gouttière. Dans le box d’à côté, son ami dort d’un sommeil qu’il espère paisible. Parfois John s’agite et commence à parler, ou plutôt à geindre, mais cela ne dure jamais très longtemps. Une infirmière ou le médecin arrive aussitôt pour lui administrer une médication qui le replonge dans l’atonie la plus complète.

Le jour, Rodney s’assoit auprès de Sheppard et lui raconte ce qui s’est passé en son absence. Parfois, si le courage est là, Rodney lui lit quelques chapitres de Guerre et Paix. Si McKay croit percevoir des signes de vie chez le militaire, ceux-ci sont toujours si fugaces qu’il ne saurait dire s’ils sont réels ou fantasmés. La nuit, Rodney dort juste à ses côté... au cas où.
Au cas où l’associé du major Warwick, monsieur X, soit un membre du Daedale. Dans ses pires cauchemars, Rodney se retrouve possédé par un monstre sanguinaire qui l’oblige à planter un couteau lentement, très lentement dans le cœur de Sheppard. Couvert de sueur, il lutte mais ne peut résister et enfonce la lame. Le regard de John, suppliant, se plonge dans le sien et Rodney se réveille partagé entre un sentiment de culpabilité et une immense inquiétude. McKay se sent rongé par cette culpabilité. L’idée de visiter la montagne canadienne était la sienne. Jamais il n’aurait imaginé que ce qu’il chérit le plus sur Terre, détruise ce qu’il aime le plus sur Atlantis. Jamais il ne s’était senti si découragé et désemparé. Rodney ne comprend rien à ce qu’il se passe. Évidemment, la blessure par balle était grave, mais pourquoi diable Sheppard reste-t-il dans ce coma ?
Le docteur Zespatto et l’infirmière lui ont parlé de convulsions inexpliquées, de séquelles possibles et probables. Ce qui est vraiment inexpliqué pour Rodney, c’est comment un petit périple en jumper dans l’océan Lantien (Fanfic : Huis-Clos…trophobie) a pu dégénérer à ce point-là !



***




Tony est allongé, le dos bien calé sur le carrelage froid de la morgue et le regard perdu dans l’immensité aseptisée de la pièce. La vie a repris son cours au sein du NCIS. Les enquêtes se succèdent et lui prennent 99% de son temps. Mais le 1% restant, Tony le consacre à l’introspection.
Une petite voix très rock and roll réanime la pièce qui se colore de noir et de rouge.
- Tu penses encore à ton ami ?
Tony lève les yeux sur le doux visage d’Abby.
- Je croyais être seul. Qu’est-ce que tu fais ici ?
- Ducky m’a demandé de passer tous les jours durant son absence.
- Pour quoi faire ?
- Ho, pas grand-chose. Dire un petit mot gentil à chacun des corps qui hantent ces lieux. Tu connais Ducky, il aime que ses hôtes se sentent comme chez eux.
Pas étonnant qu’Abby soit la seule à croire ce que les autres appellent des délires post-traumatiques. Elle vient vraiment d’une autre planète !
Abby s’allonge aux côtés de DiNozzo comme si cela allait de soit. La tête délicatement emmitouflée dans son hippopotame péteur, elle pose sur son coéquipier le plus tendre des regards enfantins de femme. Tony s’y noie avec le plaisir du laisser aller. Sa voix s’enraille avec un léger trémolo.
- J’aurais du essayer de le ramener avec moi.
- Comment Tony ? Tu ne sais même pas toi-même précisément où tu étais.
Tony la regarde avec des yeux tristes…et charmeurs ! Abby croit bon de se justifier.
- Non, ne te méprends pas Tony ! Je te crois. D’abord parce que j’ai vu Ducky ici même alors que quelques minutes plus tôt il était à Cheyenne Mountain, et ensuite parce que les éléments que Gibbs m’a donnés sont d’une nature qui m’est totalement inconnue. Je dois avouer que c’est un défit terriblement excitant !
DiNozzo se glisse sur le côté, comme s’il apprêtait à s’allonger sur Abby.
- De quoi parles-tu ?
- Des échantillons que Gibbs a rapportés du Canada. Il ne t’en a pas parlé ?
- Non ! Ces derniers temps il aboie plus qu’il ne parle. J’ai d’ailleurs l’impression que tout le monde évite de me parler de cette affaire… à part toi.
- C’est parce qu’ils veulent te protéger. Ils pensent que tu subis le contre coup du terrible crash. Tu sais, même moi, j’ai bien du mal à ne pas te prendre dans mes bras pour t’embrasser, tellement j’ai eu peur !
- Ben… heu… si ça peut te faire plaisir.
Tony a juste le temps de finir sa phrase que la gothique jeune femme le prend dans ses bras et lui plaque un claquant baisé sur la joue.
- Ha, ça va mieux. Tu sais Tony, les images du crash nous ont vraiment secouées.
- Mes souvenirs sont confus, mais je me souviens parfaitement des secondes qui ont précédées l’accident. J’ai le visage de John qui me hante. Je le revois lorsqu’il a remis sa vie entre mes mains dans cet avion, puis quand il m’a demandé d’appeler le médecin. J’aurais du essayer de le sauver et au lieu de ça, je me suis servis de lui au risque de le tuer. Je ne saurai jamais qui marchandait ces étranges grenades et je devrais vivre le restant de mes jours dans l’incertitude du devenir du colonel Sheppard. En cet instant, alors que nous parlons tranquillement, il y a peut-être un truand qui attend sagement le meilleur moment pour se débarrasser de lui.
- C’est exact. Nous ne savons pas qui transportait ces armes, mais à défaut, si tu veux, je peux te dire comment il passait les grenades à la barbe des contrôles.
- Quoi ?!



***




Le colonel Steven Caldwell a le nez plongé dans ses notes. McKay s’agite devant lui comme un enfant pris en faute. Pourquoi le colonel a-t-il expressément requit sa présence sur la plateforme de commandement ?
Sans lever ni le nez, ni quoique se soit de son livre de bord, le chef militaire entame la discussion. Le ton est calme et posé mais Rodney se sent jugé.
- Pourquoi dormez-vous à l’infirmerie docteur McKay ?
- Heu…
- Oui ?
- J’estime de mon devoir de rester auprès du colonel Sheppard au cas où…
- Oui ? Au cas où quoi ?
- Au cas où sa vie serait en danger !
Steven Caldwell relève enfin sa tête et fusille le scientifique du regard.
- Donc vous estimez que je n’assure pas convenablement la sécurité à bord de mon vaisseau ?
- Je…
- Sachez docteur Jesaistout que l’infirmerie est actuellement sous très haute surveillance et qu’aucun geste ne passe inaperçu. Tous les allers et venus sont consignés par écris et des vidéos sont conservées dans nos archives. Si vous souhaitez connaître le taux de décibels émis par vos ronflements intempestifs, nos techniciens se feront une joie de vous renseigner !
- …
- De plus, si le traître se trouve à bord du Daedale, ce dont je doute, nous ne pourrons l’attraper qu’en laissant notre appât à sa portée. En d’autres termes votre présence est nuisible.
- Je ne peux pas laisser John servir d’appât comme cela.
- Dites-vous que dans ce vaisseau, il n’y a aucune sortie, aucune fuite possible. Une fois sur Atlantis, il sera bien plus compliqué de contrôler les vas et vient incessants du personnel. Réfléchissez-y docteur McKay et… vous pouvez disposer !



***




Les instruments de bord indiquent la proximité du moment tant attendu. Encore une heure, peut-être deux, et le vaisseau ne sera plus à porté de la Terre. Ces derniers instants sont finalement plus difficiles qu’il ne le pensait. L’attente a été longue mais bientôt Sheppard ne sera plus qu’un mauvais souvenir et il pourra reprendre ses activités. Un sourire illumine son visage. En fin de compte toute cette affaire l’arrange bien. Maintenant c’est lui et lui seul qui règne en maître sur cet énorme potentiel qu’est le trafic d’armes aliens. Dès son retour sur Terre, il en parlera à la Famille.
Son sourire s’élargit encore lorsqu’il croise au détour d’un couloir le docteur McKay qui file vers l’infirmerie.
- Bonjour docteur McKay.
- B’jour !
- Qu’est-ce qui ne va pas ?
- Ho, rien. Je m’inquiète et puis vous savez, je suis plutôt claustrophobe alors les voyages…
- Vous devriez retourner auprès de votre ami. Votre présence lui fait sûrement beaucoup de bien et cela accaparera votre esprit vers de moins sombres pensées.
- Oui vous avez sans doute raison. Merci.
Le docteur McKay s’éloigne en pensant en son fort intérieur au conseil que l’on vient de lui donner. De moins sombres pensées, rien n’est moins sur !
Quant à l’homme qui continue son chemin avec un naturel désarmant, ses pensées sont plus joyeuses que jamais.



***


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MessageSujet: Re: Trafic   Lun 12 Mar - 16:07


***



- Comment peux-tu affirmer savoir une telle chose ?
Tony est survolté. Enfin une nouvelle qui peut bouleverser la donne.
- Dis-moi ! Mais dis-moi !
- Oulala, du calme beau brun.
Abby, éternel Abby ! La jeune femme s’est relevée et commence à expliquer ses découvertes à grands renforts de gestes.

Bras écartés comme si elle parlait de sa dernière pêche.
- …Au moins ça de produit de contraste, mais rien ! Aucune molécule, pas même la moindre petite microparticule qui soit répertoriée dans mes archives et puis…

Ses yeux s’écarquillent comme une enfant devant un spectacle extraordinaire.
- …fine particule blanchâtre. En fait elle provenait de plusieurs éléments.

Abby se dirige vers la porte de sortie en sautillant gaiement.
- Alors, tu viens ? Je vais te montrer.

Tony suit Abby dans son labo, ou plutôt dans l’antre de La Bête. Entre crucifix, verres géants de cola et autres boissons à base de caféine, se trouvent plusieurs ordinateurs très perfectionnés. Sur l’un d’eux s’entrecroisent des courbes de couleurs variées. Sur un autre se forment des camemberts dont des parts de différentes tailles se détachent…c’est du moins l’interprétation qu’en fait DiNozzo. Abby désigne l’un des diagrammes.
- Tu vois ces courbes représentent les différents composants de la poudre blanche.
- De la cocaïne ?
- Presque ! Tu chauffes…
- Abby !
Le ton est implorant mais pas agressif. Quoi que fasse ou dise la belle scientifique, il est impossible de lui en vouloir. Avec elle, tout est si naturellement… nature !
- Bon, Ok ! De l’acide acétylsalicylique, de l’amoxicilline, de l’acide clavulanique, de l'héparine…
- Abby !
- Des antibiotiques, pénicilline, de l’aspirine, bref ce sont des médicaments. Notre homme cachait vraisemblablement sa cargaison sous le couvert de convoies pharmaceutiques. Le type de Cheyenne Mountain était bien chargé du ravitaillement ? Alors quoi de plus simple pour lui que de cacher des armes au milieu de cachets, capsules et autres produits. Certains étaient présents sous formes liquides. Des ampoules pour injections intramusculaires ou intraveineuses qui sont si fragiles qu’on ne les inspecte que du regard. Tu comprends ?
- Oui, je comprends que j’avais la solution sous le nez et que je n’ai rien vu ! Abby, il faut que je contacte Gibbs immédiatement. Merci !
Le dernier mot est perdu dans le baisé passionné que Tony pose sur le front d’Abby. Cette dernière joint ses mains gantées de mitaines noires en un geste de triomphe. Sa victoire n’est pas le baisé prude et tendre de Tony mais l’espoir qui anime de nouveau son ami.



***




McKay referme le lourd bouquin qu’il tient dans ses mains. Pas étonnant que Sheppard ne puisse finir ce livre, c’est incompréhensible ! Même pour le cerveau particulièrement bien cortiqué de Rodney, Guerre et paix semble indéchiffrable, alors pour un militaire…
McKay repose le livre au pied du lit du patient.
- Bon et bien on a super bien avancé aujourd’hui… cinq pages en une heure, cela relève de l’exploit !
Le scientifique essaye de rire de la situation mais celle-ci est plutôt triste à crever. Heureusement le docteur Zespatto entre au même moment, rompant un silence qui s’enfonçait inexorablement vers le morbide.
- Vous allez mieux docteur McKay ?
Le médecin n’attend pas de réponse et se contente de parler par politesse. Rodney le sait et cela lui convient parfaitement. Zespatto est un excellent praticien mais le social n’est pas sa spécialité. Comme si McKay faisait parti du décor froid et glauque de l’infirmerie, le médecin vaque tranquillement à ses occupations. Il prépare une nouvelle médication pour Sheppard.
Avec un léger sentiment de gêne, McKay se lève et quitte la salle.
Le médecin branche la nouvelle seringue sur le robinet de la perfusion puis interrompt le débit de la poche notée « glucosé 5% ».
Le temps s’est arrêté dans l’infirmerie.
Sur la plateforme centrale du Daedale où McKay a trouvé refuge, une voix résonne.
- Nous quittons la zone de réception radio de la Terre dans quatre minutes.



***




- Général, l’agent Gibbs du NCIS demande une communication en extrême urgence.
Le général Landry ne s’attendait pas à recevoir si vite des nouvelles de Jethro. Les deux hommes s’étaient trouvés beaucoup de points communs lors de leur dernière entrevue. Une discussion très captivante autour de la machine à café. Curieusement, c’est précisément là qu’il se trouve en l’instant. Seul à la table de débriefing, face à un café noir, toujours pas assez fort !
- Passez-le-moi !
- Général, j’ai de mauvaises nouvelles ! D’après Abby…
- C’est bien la laborantine qui dort dans un cercueil ?
- Oui, c’est elle. Elle a trouvé des traces de médicaments sur les restes de la grenade qui a explosée au Canada.
- Comment ces restes se sont-ils retrouvés en sa possession ?
- Disons qu’ils sont apparus, comme ça...
Leroy Jethro Gibbs s’offre le luxe de parodier la situation. Sa voix est métallique et sarcastique, une prouesse que seul Gibbs peut accomplir !
- ... pfuuuuuuuuu téléportation terminée monsieur Spock !
- Oui, bon. Venez-en au fait !
- Les échantillons rapportés du Canada prouvent que l’arme a été en contact avec des médicaments, vraisemblablement lors de son acheminement hors frontières. Je pense donc que votre homme est un membre de votre personnel médical. Tony s’est souvenu d’une phrase prononcée par le médecin qui s’occupait de lui et de Sheppard. Il utilisait un patois du nord de l’Italie. Le médecin lui a dit qu’il allait s’occuper de Sheppard et sur le moment Tony n’a pas bien compris les mots tronqués et déformés par l’utilisation du patois. Un accent abominable qui permet de cacher le vrai sens des mots. Après réflexion, nous pensons qu’il ne voulait pas s’occuper de lui dans le sens où Hippocrate l’entendait !



***




- Colonel Caldwell, une communication du SGC en priorité absolue !
- SGC, ici le colonel Caldwell. Que se passe-t-il ?
La voix de Steven Caldwell est cassante et dure, mais elle ne peut cacher l’angoisse qui assaille brutalement le militaire.
Un appel en priorité alors même que le bâtiment est aux portes de l’inaccessible, voila bien une chose inhabituelle. Du plus haut gradé (en l’occurrence le colonel Caldwell) au moins gradé (le docteur McKay qui par définition n’est pas gradé du tout !), tout le monde tend une oreille attentive aux propos venus de la planète mère.
La voix en provenance de la Terre captive le personnel de bord au point qu’au silence lourd et pesant succède un brouhaha terrible d’où n’émerge qu’un unique son.
- NON !
Rodney McKay quitte la salle plus vite qu’il ne l’aurait cru possible. A dire vrai, seule une téléportation asgarde aurait pu le faire arriver plus rapidement à l’infirmerie, et encore… le temps de faire comprendre à Hermiod l’intérêt d’un si petit bond intra-muros… non, finalement, rien n’aurait été plus rapide !
Rodney entre brutalement dans l’infirmerie. Surpris le docteur Zespatto se retourne et le fixe, toujours aussi souriant.
- Docteur McKay, que se passe-t-il ?
Rodney ne l’entend pas, ne le voit pas. Le seul regard qu’il croise est celui de Sheppard, grand, lumineux puis… éteint.



***




La lumière est brûlante. Avant même d’ouvrir les yeux, Sheppard sent la pièce s’animer autour de lui. Une chaleur qui réchauffe son visage et fait revivre ses lèvres craquelées et douloureuses. Encore un peu perdu sur le chemin du retour, il tarde à comprendre où il se trouve. Il peut à peine bouger ses membres qui lui semblent lourds et ankylosés. Sheppard sent la fine couverture qui le recouvre comme si elle pesait une tonne. Sa respiration est difficile et contraignante. Une voix posée avec douceur près de son visage l’appelle à revenir chez les vivants.
- Réveillez-vous colonel Sheppard. Je veux que vous sachiez qui est à l’origine de votre mort !
- Hum ? Ma mort ?
Sheppard ouvre difficilement les yeux. Ses cils sont emmêlés comme un écheveau de couturière. Ses paupières se scindent comme s’ouvre une plante carnivore pour gober une mouche… mais la mouche est guêpe, violente, piquante et assassine !
Le visage qui surplombe Sheppard lui est inconnu.
- Qui… êtes-vous ?
- Je suis votre médecin, le docteur Zespatto. Mon nom vous dit quelque chose ?
- Non.
- Je m’en doutais.
Le médecin rit sans retenue.
- Une fois en enfer, vous remercierez le général Landry d’être la cause de votre mort. Ne vous inquiétez pas, je pense qu’il ne tardera pas trop à vous y rejoindre. En tout cas je m’attellerai à cette tâche dès mon retour sur Terre.
- Je ne comprends pas.
- Il n’y a rien à comprendre. Je vais vous tuer, tout simplement.
Sur ces mots, le médecin félon pousse doucement le produit de sa seringue. Le liquide se mêle au sang du colonel, bloquant quasi-instantanément toute possibilité de mouvement et de parole. Une étrange sensation de panique s’immisce en Sheppard.
- Je vous injecte du curare mais pardonnez-moi, je crains d’avoir oublié l’hypnotique. Vos muscles sont endormis et inopérants et sous peu votre respiration va s’arrêter. Je suis navré de vous infliger cela…
Zespatto découvre ses dents en un très large sourire.
- Quoique cela faisait vraiment longtemps que j’avais envie d’expérimenter ce procédé. Je lis dans votre regard que l’incompréhension se mêle à la peur. Cessez donc de vous poser des questions, il n’y a pas de réponses. Savourer votre mort, ce n’est pas tous les jours que vous en aurez l’occasion.


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MessageSujet: Re: Trafic   Lun 12 Mar - 18:25

C'est une honte, un scandal, du vol !
Je veux l'épilogue !!! ^^
Toujours aussi prenant, un grand 10
Par contre dans cette phrase :

Citation :
Sur ces mots, le médecin félon pousse doucement le produit de sa seringue. Le liquide se mêle au sang du colonel, bloquant quasi-instantanément toute possibilité de mouvement et de parole. Une étrange sensation de panique s’émise en Sheppard.

Je ne comprend pas le mot "émise". Peut être "est émise" ou "s'immisce" ?
Car je ne l'ai pas trouvé dans le dico.

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