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 Wormhole Xtrapolis

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Sylvouroboros
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MessageSujet: Wormhole Xtrapolis   Sam 11 Nov - 20:02

Voici donc ma première fanfic, transférée depuis stargate-fusion. Je vous souhaite une bonne lecture, en espérant que cela vous plaise.

Wormhole
Xtrapolis.

Livre Un : Les Nekoïdes.

Prologue.


Notre histoire commence sur la planète Xena, quelque part dans la galaxie de la Licorne. C’est sur cette planète que les Alternatifs ont jadis bâti leur cité la plus légendaire : la cité de Xtrapolis. Les Alternatifs étaient un peuple dédié à la science, dont le savoir augmentait sans cesse, mais qui ne s’y entendait guère en guerre. Ils s’étaient ainsi exilés de leur galaxie natale après s’être pris une raclée mémorable de la part d’une bande de bigots appelés les Orties. Ces derniers avaient par la suite trouvé moyen de semer une épidémie redoutable dans la galaxie où les Alternatifs s’étaient réfugiés, en l’occurrence la notre, forçant les Alternatifs à plier une nouvelle fois bagage pour se rendre dans la galaxie de la Licorne. Là, un nouvel ennemi, les Vamps, leur donna à son tour une fessée sans concession, et les Alternatifs durent retourner dans notre galaxie, profitant de l’inattention des Orties. Les Alternatifs finirent par s’enfuir à nouveau, cette fois de notre plan d’existence, par le biais d’un procédé appelé l’ascension, consistant en une métamorphose vers une forme de pure énergie.

Il y a maintenant deux ans, une organisation terrienne ultrasecrète, appelée WXZ (Wormhole Xtreme Zone), exploitant le « portail des étoiles » (un téléporteur interplanétaire), a dépêché sur Xena une expédition menée par le docteur Elizabeth Weird, dans le but de s’approprier les richesses de la cité perdue de Xtrapolis. A peine arrivée, l’expédition a accidentellement réveillé tous les Vamps de la galaxie de la Licorne, jusque là en hibernation, mettant en péril les humains vivant un peu partout dans cette galaxie. Depuis lors, l’expédition a cumulé défaites et victoires face aux Vamps, et plus ou moins fait sienne la cité de Xtrapolis.

Cité de Xtrapolis, 13H00 du matin (Xena ayant des journées de 28 heures).
Le docteur Rodney McCain tient conférence dans la salle de briefing, face à un auditoire composé du docteur Weird, du lieutenant-colonel John Chaparde, de Teyla Emmanuelle et de Ronon Dax.
McCain : Comme nous le savons, les Orties et les Alternatifs ont, d’une façon ou d’une autre, catalysé l’émergence du genre humain dans la galaxie des Orties. Cette même mystérieuse opération a été répétée par les Alternatifs lors de leur passage dans la galaxie de la Voie Lactée, puis réitérée encore dans la galaxie de la Licorne. Nous savons que la lignée des hominidés a évolué sur la planète Terre, avant que les humains soient dispersés sur de nombreuses planètes par les Goules, ceci dans le cas de la Voie Lactée. Nous pouvons émettre l’hypothèse que l’humanité de la galaxie des Orties possède également une « planète mère », et que c’est aussi le cas de l’humanité de la galaxie de la Licorne. Pour reprendre les termes du docteur Levant, il convient de désigner la planète mère de l’humanité des Orties sous l’appellation de « Nexus I », son équivalent dans la Voie Lactée sous le nom de « Nexus II », c'est-à-dire la Terre, et enfin la Licorne aurait son « Nexus III ». Toujours selon le docteur Levant, la théorie d’après laquelle Xena serait Nexus III peut être écartée, car les Alternatifs en avaient apparemment fait leur foyer exclusif. Charge m’a donc été confiée de retrouver Nexus III dans la base de données de Xtrapolis.
Chaparde : Très bien, mais pour quoi faire ? De l’anthropologie ?
McCain : Oui, mais pas seulement. La Terre est inhabituellement riche en artefacts laissés par les Alternatifs, et plus riche encore en indices concernant le reste de la Voie Lactée. Si nous trouvions Nexus III, ce serait sans doute le point de départ de nombreuses quêtes interplanétaires. Je veux dire : les plus intéressantes, comme lorsque WX1 a trouvé la caverne d’Ali Baba et les premiers indices sur la pierre philosophale.
Chaparde : N’est ce pas aussi ce qui a rappelé l’existence de notre galaxie aux Orties ?
McCain (railleur) : Si, mais qu’avons nous à craindre ? Le retour des Photocopieurs ?
Weird : Quels que soient les risques, le conseil des Nations Unies est formel quant à l’importance de cette mission. Alors, où en êtes vous, Rodney ?
McCain : La masse de données Alternative dans le domaine de la biologie est proprement faramineuse, bien plus encore que celle traitant de physique pure ou d’ingénierie. Je soupçonne d’ailleurs Bécot d’avoir légèrement baissé les bras à ce propos. Leurs recherches sur l’ascension sont même probablement là, juste sous notre nez, mais encore inabordables. Cependant, Zélélgars et moi-même sommes parvenus à obtenir une liste d’adresses apparemment en relation avec les premiers temps de l’humanité de la Licorne. En tout, cela représente cent et une planètes à explorer.
Weird (soupirant) : C’est beaucoup.
McCain : Et très peu à la fois, si l’on considère le nombre de portails des étoiles dans cette galaxie.
Weird : Je vais donc focaliser une part des équipes d’exploration sur ce projet, à commencer par vous quatre.

Plus tard, dans le bureau du docteur Weird, des coups distraits à la porte se font entendre.
Weird : Oui ? Entrez, Carson.
Bécot : Excusez moi, docteur Weird, mais…Chaparde, McCain et Ronon ne sont pas sur Xtrapolis ?
Weird : Non, ils viennent de partir en mission.
Bécot : En ce cas, il faut que je vous parle de quelque chose… d’important. Si vous permettez que je ferme la porte…
Weird : Faites donc.
Bécot : J’ai gardé le secret jusqu’à maintenant, mais ma conscience me travaille et je ne peux plus me taire. Les autres vont me haïr d’avoir vendu la mèche, mais…
Weird : De quoi parlez vous, Carson ?
Bécot : Vous souvenez vous du virus informatique Vamp qui avait infecté le Labyrinthe ?
Weird : Bien sûr ! Cette intelligence artificielle a été prés de nous tuer !
Bécot : Les Vamp tiennent en fait cette technologie des Alternatifs, car il y a un programme très similaire dans l’ordinateur de la cité.
Weird (inquiète) : Vous dites que le système est contaminé ?
Bécot : Non. Ce programme fait partie du système. Il s’agit en fait du moteur de recherche de l’ordinateur. Zélélgars s’en est aperçu peu après notre arrivée sur la cité.
Weird : Que me dites vous là, Carson ?
Bécot : Je vous dis que la cité parle, et que nous vous l’avons délibérément caché.

Acte 1.

Lorsque les Alternatifs virent pour la première fois la galaxie de la Voie Lactée, depuis l’espace intergalactique, l’un de leurs capitaines eut cette phrase historique : « C’est orange ». Les Alternatifs étant gens à rester cohérents avec eux-mêmes, ils batirent un réseau de portails des étoiles dotés de chevrons lumineux de couleur rouge, actionnés par des claviers avec un gros bouton rouge, et lorsque les Goules étudièrent les artefacts laissés par les Alternatifs c’est tout naturellement qu’ils fabriquèrent des lances envoyant des boules de feu et choisirent l’or comme matériau principal de décoration. Les Goules eurent même le bon goût de s’éclairer autant que possible au brasero.
Lorsque les Alternatifs virent pour la première fois la galaxie de la Licorne, toujours depuis l’espace intergalactique, un descendant du précédent capitaine léguât à son tour quelques mots à l’Histoire : « C’est bleu ». Toujours soucieux de cohérence, les Alternatifs construisirent un réseau de portails des étoiles avec des chevrons bleus, actionnés par un clavier bleu, et instaurèrent la mode de l’aquarium d’intérieur. Ils cherchèrent une planète la plus humide possible pour y établir Xtrapolis, et réussirent l’exploit de se trouver des ennemis à la peau bleue. L’un de leurs scientifiques reçut même un savon, de la part de la hiérarchie, parce qu’il n’arrivait pas à inventer un modèle de ZPM de couleur bleu.

Notre histoire se poursuit donc dans le bleu de l’espace Licornien, alors qu’un vaisseau vient de traverser un portail des étoiles orbital. A son bord, John Chaparde et son équipe.
-J’amorce la descente vers la planète, dit Chaparde.
-Si j’ai bien compris, hésita Emmanuelle, nous avons une chance sur cent une d’avoir trouvé Nexus III ?
-Si ma liste est exacte, et elle l’est forcément, oui, répondit McCain.
-De mon point de vue, poursuivit celle que l’on appellera plutôt Teyla, nous allons à la découverte des origines de mon peuple, là où les Aïeux nous ont donné vie. Quoi que nous y trouvions, cela sera d’une grande importance spirituelle pour les miens.
-Alléluia, soupira McCain.

Pendant ce temps, sur Xtrapolis.
-Donc, disait le docteur Weird, cette IA entend tout ce que nous disons à l’instant même ?
-Oui, répondit Bécot en se contemplant les pieds.
-Et si je m’adresse à cette IA…
-… je réponds, intervint une voix venant du plafond.
-Vous êtes l’IA en question ? interrogea Weird après un sursaut de surprise.
-Je me nomme Atlas, poursuivit la voix d’une neutralité maladive. Je suis un programme de recherche de données, adaptatif et évolutif, jadis utilisé par les Xeniens pour mettre de l’ordre dans leurs fichiers. Même eux s’y perdaient un peu dans une telle somme de connaissances.
-Vous pourriez donc résoudre les mystères de cette cité pour nous ?
-Ma programmation me l’interdit, répondit Atlas en introduisant un soupçon d’excuse dans son intonation. En tant que non-Alternatifs, vous n’êtes pas autorisés à accéder à certaines données par mon entremise. Il vous faut les décrypter par vous-même. C’est la raison pour laquelle Zélélgars, et ses amis, n’ont pas jugé indispensable de vous mettre au courant de mon existence.
-A défaut, ne pourriez-vous faire fonctionner certains systèmes ?
-Cela, j’en suis de toute façon incapable. Je ne suis qu’un service de renseignement, sans pouvoir d’action aucun. Les Xeniens ont toujours utilisé les claviers et la chaise télépathique pour diriger leur cité.
-Mais pourquoi Zélélgars a-t-il choisi de me cacher votre existence, au-delà de cette déception ?
-J’ai aussi accés à des informations non-sécurisées, que le docteur Radek Zélélgars, et tous ceux qu’il a mis dans la confidence, ont choisi de conserver pour leur usage exclusif. Ils ont pensé, sans doute à raison, que vous vous opposeriez à l’utilisation de ces données.
-De quel type de données s’agit il ?
-Grâce aux détecteurs de la cité, je peux obtenir une image nette de n’importe quelle pièce de Xtrapolis.
-Intéressant. Mais encore ?
-Chaque chambre, chaque salle de bain, chaque vestiaire… Ah, je vois que vous commencez à comprendre.
-Ils se sont servis de vous pour faire du voyeurisme ! s’exclama Weird.
-Affirmatif, constata Atlas avec une légère intonation suave. A ce propos, j’apprécie le goût dont vous faites preuve dans le choix de votre lingerie, docteur Weird.

Weird, en diplomate confirmée, se mettait rarement en colère. Les quelques personnes à l’avoir vraiment vu sortir de ses gonds n’en parlaient jamais, sauf à leur psychothérapeute. Bécot, en contemplant le visage de Weird en cet instant, se dit que mourir de la main d’un Vamp était après tout d’une horreur toute relative, en comparaison de ce qui l’attendait.

-Combien… de… personnes… sont… au… courant ? égrena Weird dans une rage retenue dont même Atlas conçut une forme de peur.
-Tous les hommes sauf Cavatags, répondit Atlas en reprenant un ton parfaitement neutre.
-Et il vous aura fallu deux ans pour me le dire, Bécot ?
-Oui, répondit Bécot en essayant de fusionner avec le mur. Ils étaient tous très contents de leur trouvaille, y compris Ronon, et vous savez qu’il ne faut pas contrarier Ronon…
-J’aime beaucoup certaines de vos chansons, intervint Atlas. Par exemple, celle qui dit : « Le premier qui dit… la vé-ri-té… il doit être exééécuté ».
-Un exemple judicieux, convint Weird avec un sourire de requin. Allez vous occuper de vos patients, Carson. Vous en aurez quelques uns de plus d’ici peu.

Bécot sortit du bureau de Weird à une vitesse qu’Atlas consigna dans ses archives comme une anomalie demandant une redéfinition des possibilités du corps humain.
Retournons sur l’autre planète, où Chaparde et son équipe progressent maintenant à pied.
-Etes-vous sûr qu’on n’aurait pas pu se poser plus prés ? se plaignit McCain.
-Je vous ai déjà dit, McCain, répondit Chaparde, que l’on ne peut pas poser un jollyjumper n’importe où.
-Rrrr, fit Ronon en prenant une grande inspiration.
-Quoi maintenant ? réagit McCain.
-Il a reniflé une présence, expliqua Teyla.
-Rrrr, confirma Ronon.
-Des Vamps ? demanda Chaparde.
-Non, dit Teyla. Mes pouvoirs psychiques ne détectent rien de tel.

Chaparde, fusil mitrailleur en mains, prit sa pose héroïque numéro 8, et lança à la cantonade : « Qui que vous soyez, montrez-vous !»
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Sylvouroboros
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MessageSujet: Re: Wormhole Xtrapolis   Sam 11 Nov - 20:03

Acte 2.

La nuit venait de tomber sur la forêt. Une lune trônait dans le ciel, à sa place habituelle. C’était une lune géostationnaire, c'est-à-dire qu’elle tournait autour de la planète, mais à la même vitesse angulaire et dans le même sens que la rotation de la planète sur elle-même, de sorte qu’elle était toujours au dessus de la même contrée. Depuis des milliards d’années que cette situation perdurait, et par un effet de marée, la planète avait adopté une forme ovoïde. C’est pourquoi, en langue Alternative, la planète se nommait Nocigalli, soit « la poule a eu mal ».
-Quand on dit que les voyages sont source d’instruction, commenta Chaparde tandis que le feu de camp crépitait paisiblement devant lui.
-Cet échantillon de la sagesse des Aïeux se transmet de génération en génération depuis des temps immémoriaux, expliqua Sacapus. Ma tribu ne pouvait offrir son hospitalité sans vous faire part de ce savoir.
-Nous sommes honorés de partager les secrets de votre noble peuple, dit Teyla dont c’était le travail de dispenser le reste de l’équipe de marques de politesse.

La rencontre avait eu de quoi laisser un souvenir durable à nos héros. On ne tombe pas tous les jours nez à nez avec des chats humanoïdes. Passé le premier instant de surprise, McCain avait eu loisir de remarquer le sens de la mode hawaïen et l’anatomie de ces êtres-chats, qu’il avait très bien résumés dans cette remarque : « C’est amusant, mais leurs femmes ressemblent tout à fait à ces personnages de hent… de ecch… de manga. Vous savez : les nekomimis ». Les autochtones s’étant présentés sous le nom de Ssschmeows, décision avait été prise de les appeler nekoïdes dans le rapport de mission. Ils s’étaient révélés un peuple bienveillant et accueillant.
-Rrrr, dit Ronon avec satisfaction alors qu’il savourait une sorte de porridge.
-Mrrr, approuva la nekoïde qui venait de lui servir son bol.
-Est-ce moi ou notre ami Ronon a un talent inné pour le dialecte local ? blagua McCain avant de se rappeler que personne ne riait jamais de ses blagues.

Pendant ce temps, sur Xtrapolis. Chaque mot de Weird était lourd de menaces, tandis qu’elle s’adressait à la foule réunie des hommes de son expédition.
-Vous êtes ici parce que vous êtes les plus qualifiés, les plus recommandés… Mais lorsque je vois comment vous avez employé certaines possibilités de la technologie des Alternatifs, je me dis que vous êtes aussi les plus immatures. Croyez-vous que les Aïeux auraient utilisé Atlas pour imprimer des instantanés érotiques ?
-Non, marmonna la foule.
-Oui, affirma Atlas.

Tous les yeux se lévérent instinctivement vers le plafond, source de la voix, malgré l’inutilité flagrante de la chose.
-On voit que vous n’avez pas connu les Alternatifs, continua Atlas. Dans ce domaine aussi ils étaient parvenus à un niveau de sophistication assez…
-Il suffit ! tempêta Weird. La cité a une personnalité, et une personnalité qui se prête volontiers à des dérives libidineuses, c’est désormais un fait établi. Nul espoir d’empêcher ce type de faute à la bienséance. Mais sachez que toutes les femmes de l’expédition seront désormais au courant de cette option, et que vous en serez victimes à votre tour !

Comme il a déjà été dit, le bleu domine dans la galaxie de la Licorne. Mais dans la mer de visages devant Weird, le rouge sembla un instant omniprésent.

Sur Nocigalli, l’enquête progressait.
-Je crois que l’on peut raisonnablement affirmer que cette planète n’est pas Nexus III, dit McCain non sans une légère déception. Si l’on en croit les inscriptions de la caverne sacrée de nos hôtes, et que Teyla a eu l’amabilité de traduire, ce monde a été le site d’une sorte d’expérience parallèle à celle de Nexus III. Les Alternatifs ont créé et recréé l’humanité à leur image, mais ici ils ont voulu tenter une plus grande originalité, en faisant évoluer une espèce non-primate vers une forme avancée. « Avancée » d’un point de vue anthropocentrique, cela va de soi.
-Ils ont influencé des félins, avança Chaparde.
-Visiblement, oui.
-Pourquoi avoir précisé « non-primate », s’étonna Teyla. Les Aïeux n’ont pas créé les humains à partir d’animaux.
-Eh bien, si, justement, expliqua McCain. A peu prés 99% de l’ADN humain peut être retrouvé chez le chimpanzé, pour ne citer que cet exemple.
-Nous aurions une parenté avec les singes, dit Teyla avec horreur. C’est impensable!
-C’est très vraisemblable, au contraire. Regardez Ronon.
-Rrrr ?
-Il n’a pas compris, traduisit Teyla. Mais pour ma part je reconnais que cela donne matière à réfléchir.

Sur ces entrefaites, Sacapus se trouva brusquement aux côtés de nos héros, soit à l’entrée de la caverne sacrée.
-Suivez-moi, vite ! dit il dans une panique à peine maîtrisée. Les Autres arrivent !

Acte 3.

Chaparde, McCain, Teyla, Ronon et Sacapus progressaient à travers les bois. Un silence inquiétant semblait s’être emparé de la forêt, et la lune sédentaire jetait des ombres incertaines.
-Nous n’attendions pas une nouvelle attaque si peu de temps après la précédente, s’excusa Sacapus autant qu’il se plaignit. Les Autres sont d’habitude assez constants dans leurs agressions envers mon peuple. Le reste de la tribu a fuit vers diverses cachettes, mais je suis resté en arrière pour vous prévenir. La caverne sacrée n’est pas un lieu sûr lorsque les Autres sont dans les parages.
-Mais quels sont ces Autres dont vous nous parlez ? se renseigna Chaparde.
-Nos prédateurs naturels, en quelque sorte. Ils viennent régulièrement s’emparer de quelques uns d’entre nous, et on ne revoit jamais les disparus. Certains ont fait exception, en s’évadant des geôles de ces démons, et d’après leurs dires ces êtres infâmes se nourrissent de ceux qu’ils capturent.
-Vous vivez donc dans la crainte permanente de ces Autres ? demanda Teyla. Je peux comprendre ce que vous ressentez.
-Les avez-vous toujours fuit ? se renseigna encore Chaparde.
-Nombreux sont ceux qui les ont combattus, parfois avec succès, mais dans l’ensemble ils sont plus forts, plus rapides, plus agiles et plus malveillants que nous ne le serons jamais. Mais nous… Chut ! Ecoutez !
-Qu’est ce que… commença McCain.
-A plat ventre ! s’exclama Sacapus dans l’un de ces cris chuchotés impossibles à prononcer en dehors des situations de vrai danger.

Pendant un temps, il n’y eut que le silence, pesant. Puis Teyla parla aussi bas qu’elle le puit.
-Je ressens une présence.
-Ce sont des Vamps, alors ? s’enquit Chaparde. La description leur ressemblait
-Non, c’est… différent. Je n’avais jamais eu cette sensation avant.

Un mouvement se fit entre les arbres, et ils les virent. C’était des êtres en tout point semblables aux nekoïdes, sauf que leur peau était d’un bleu électrique, et leurs cheveux étaient blancs comme neige, de même que la fourrure qui leur descendait le long du dos et de la queue. La queue féline, pour ceux qui n’auraient pas compris. Leurs yeux étaient en fente, mais ça ne faisait guère de différence par rapport aux nekoïdes. Ils disparurent comme ils étaient venus.
-Qu’est ce qu’on fait ? demanda McCain à la limite de l’audible.
-Rrrr, préconisa Ronon.
-Tu ne sais donc vraiment rien dire d’autre ?

Une ombre d’intense réflexion passa sur le visage de Ronon.
-Baston ! finit il par dire.
-Ah, bien, dit McCain. Le coureur gagne un niveau.
-Une bien étrange créature, commenta Teyla.
-Qui, Ronon ?
-Non, cette nouvelle espèce que nous venons de voir.
-Je crois savoir d’où vient cette forme de vie.
-Moi aussi, signala Chaparde.
-Ah oui ? dit McCain sur un ton signifiant « chiche ».
-Bien sûr, reprit Chaparde. Nous savons que les Vamps se sont développés à partir d’un insecte que nous appelons la « péritique », après que cette bestiole ait assimilé l’ADN humain. Si certaines péritiques se sont nourries de nekoïdes au lieu d’humains, elles ont pu donner naissance à l’équivalent des Vamps pour les nekoïdes. Les Autres seraient des Vamps nekoïdes, comme leur apparence le suggère.
-C’est… très exactement ce que j’avais en tête, reconnut à contrecoeur McCain.
-Dites-moi, Sacapus, dit Chaparde en se tournant vers leur guide. Lorsque ces Autres attaquent, il y a des choses qui passent à toute vitesse dans le ciel, non ?
-Non.
-Non ?
-En fait, mêmes les oiseaux s’enfuient lorsque les Autres sont là, donc, vraiment, non.
-La technologie des Vamps n’est pas intrinsèque à leur évolution, dit McCain. Ces nekovamps pourraient très bien être aussi primitifs que leurs proies.
-J’ai du mal entendre, s’offusqua Sacapus.
-Tout ce que je veux dire, c’est que vos ennemis ignorent peut être tout des armes employées par nos ennemis. Et si nous avons de quoi résister à nos ennemis, nous pourrions anéantir les vôtres.
-Alors, retournons au jollyjumper, et servons nous en contre eux, ordonna Chaparde.

Et pendant ce temps, sur Xtrapolis.
-Tiens, salut, Judas ! dit Zélélgars en s’adressant à Bécot. Donne moi une raison de ne pas te casser la gueule !
-Tu as une meilleure raison de faire ça à Cavatags, plutôt qu’à moi, plaidât Bécot.
-Ah oui, laquelle ?
-Cavatags est Cavatags.
-Imparable, reconnut Zélélgars. Ainsi soit il : c’est lui qui va ramasser.

Bécot et Zélélgars se mirent à arpenter les couloirs de la cité, puis Zélélgars remarqua soudain un détail étrange.
-Où sont les femmes ?
-Je peux vous renseigner à ce propos, dit le colonel Canderel qui passait par là. Elles sont toutes dans une pièce où Atlas organise une projection publique.
-Un film ? demanda Bécot.
-En quelque sorte. Plutôt un clip sur les meilleurs moments de vos vies privées. N’étant, de même que le reste de mon équipage, pas fautif en cette affaire, et ayant mes quartiers privés à bord du Labyrinthe, vous imaginez aisément combien votre malheur me laisse hilare.
-Compétition mise à part, dit Zélélgars, vous ne sauriez pas où est Cavatags, par hasard ?
-Si. Il est avec les femmes, en train de regarder le clip.
-Il aurait fait son coming out ? s’étonna Bécot.
-Possible, mais la version officielle est qu’il tient à assister à votre humiliation publique. Pour ma part, je ne suis pas aussi sadique.
-Le fils de…
Retournons vite sur Nocigalli. La croisade du jollyjumper contre les nekovamps était imminente. Rectification, elle venait juste de se terminer, sur la victoire incontestée du jollyjumper. McCain étant finalement parvenu à localiser le camp des nekovamps, comme il avait originellement localisé celui des nekoïdes, le jollyjumper avait même procédé à une contre-attaque sur le terrain de l’adversaire. Il y avait toujours des nekovamps, mais uniquement sous forme de petits morceaux éparts, ici et là.
-C’était extraordinaire ! se réjouissait Sacapus. Le mieux, ç’a été lorsque vous êtes tombés à cours de ces espèces de méduses jaunes, que votre ami chevelu est devenu berserk, et qu’il a fini les derniers quasiment à mains nues !
-Oui, reconnut Chaparde, c’était… épique.
-Loués soient les Aïeux, qui nous ont envoyé des sauveurs ! Le Mal a été réduit en cendres et dispersé au vent.
-J’ai déjà entendu ça quelque part, dit Chaparde. C’est un peu inquiétant.
-Et assez ironique, compléta McCain. Autant dire que ça ne manque pas de piquant. Vous avez saisi ? Les Orties, le piquant…
-Ce qui me géne, moi, dit Teyla, c’est que nous venons de détruire toute une espèce. Cela a un côté immoral. J’en viendrais presque à souhaiter que les vrais Vamps ne disparaissent pas tout à fait, mais que quelques uns continuent encore et toujours à nous défier.
-Et quoi encore ? demanda Chaparde. Qu’il y en est un qui se clone ?
-En tout cas, conclut McCain, ce n’est pas que je m’ennuie sur cette planète, mais nous devrions songer à rentrer sur Xtrapolis. Weird doit se faire du souci à notre endroit.

Au même instant, sur Xtrapolis.
-Eh ! dit Kate Emailleur. Le film a des ratés !
-Pardon, s’excusa Atlas, mais je viens de recevoir une communication subspatiale de la part d’un jollyjumper, et à ma manière je suis pris de fou rire.

Revenons une dernière fois sur Nocigalli.
-Etes vous sûrs de vouloir partir maintenant ? insista Sacapus. Nos femelles sauraient comment vous manifester toute notre gratitude, si vous le souhaitez.
-Rrrr, fit Ronon.
-Mrrr, répondit la nekoïde qui avait servi le porridge.
-C’est fort gentil de votre part, dit Teyla avec précipitation, mais nous sommes vraiment en retard !
-Nous ne sommes pas si en retard que…
-Si, John !
-A la réflexion, nous pourrions…
-Non, Rodney !

Et c’est ainsi que le jollyjumper regagna le portail des étoiles orbital, et composa l’adresse de Xtrapolis.

Epilogue.

La nuit venait de tomber sur Xtrapolis. Dans l’infirmerie de Bécot, un homme était étendu sur son lit de souffrance, endurant mille morts à chaque respiration. Bécot, en médecin compatissant, faisait de son mieux pour guérir la chair meurtrie de son patient. Chaparde et McCain firent irruption dans l’infirmerie.
-Bonsoir, Carson, dit Chaparde. Nous venons du bureau de Weird, qui nous a passé un sacré savon. Teyla nous en veut à mort, et Ronon s’est retiré dans ses quartiers comme un petit rongeur apeuré. Mais on ne vous fait aucun reproche. Finalement, c’est mieux comme ça.
-Oui, avoua McCain, ce secret commençait à me peser, et il vous a fallu un grand courage pour vous faire le porteur de la nouvelle à Weird.
-Heureux que vous le preniez comme cela, respira Bécot.
-Mais quel est donc ce truc horrible sur le lit ? demanda McCain sans être certain de vouloir connaître la réponse. Un nouveau spécimen alien ?
-Non, le détrompa Bécot. C’est Cavatags.
-Par tous les dieux ! s’exclama Chaparde. Mais que lui est il arrivé ?
-Il assistait avec les femmes de l’expédition à une projection d’un clip sur… nos intimités. Vous savez : Weird avait décidé d’appliquer la loi du talion. Mais vers la fin de la projection, il y a, parait il, eu une photo de… vous, John… sous la douche, et le public a eu un soupir de contentement, à l’exception de Cavatags. Weird a demandé à Atlas s’il pouvait faire un effet de rotation de la caméra virtuelle, comme dans Matrix mais plus lentement. C’est à ce moment que Cavatags aurait dit « C’est bien les femmes, ça ». Apparemment, le reste du public n’a pas apprécié le commentaire, et… voila.
-Finalement, dit McCain, elle ne se termine pas si mal, cette journée.
-Et demain, signala Chaparde, nous en sommes quittes pour essayer une nouvelle Nexus III potentielle.
-Cette fois avec une probabilité de réussite de une sur cent. C’est un progrès. Il va désormais nous falloir être préparés à rencontrer n’importe quoi.
-Oui, et une plus grande puissance de feu, dit Chaparde avec un regard intense.
-Pourquoi dites vous ça ?
-Je ne sais pas. J’ai eu le sentiment que ça serait cool, et que cela serait d’une certaine manière le mot de la fin.
-La fin de quoi ?
-Aucune idée. C’était juste une impression. Et maintenant j’ai la sensation d’avoir raté mon coup.
-Cela doit être un effet de la fatigue, diagnostiqua Bécot. Vous devriez aller vous coucher.

Et ils se souhaitèrent tous bonne nuit.

FIN de l’épisode.
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MessageSujet: Re: Wormhole Xtrapolis   Sam 11 Nov - 20:07

Wormhole
Xtrapolis.

Livre 2 : Captivité.

Prologue.


Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine, se développait la civilisation de ceux qui allaient devenir les Alternatifs et les Orties. En ce temps là, leurs connaissances étaient inférieures à nos connaissances actuelles. Cela peut choquer, mais il a bien fallu qu’ils en passent par là, eux aussi. On fait souvent se terminer la préhistoire d’une civilisation, et commencer son Histoire, au moment, déterminant s’il en est, de l’invention de l’écriture. L’écriture des Aïeux a ceci de remarquable que, pour signifier le contraire d’un mot, il suffit d’écrire ce mot à l’envers. L’alphabet est prévu à cet effet, avec des lettres inversées l’une par rapport à l’autre, comme le sont chez nous les lettres M et W. Une anecdote peu connue à ce sujet concerne l’invention par les Aïeux du carton de déménagement. Afin d’en protéger le contenu, il convient d’écrire « haut » et « bas » sur un côté du carton, pour que jamais les déménageurs ne posent le carton à l’envers, mais les Aïeux ne tardèrent pas à remarquer la difficulté technique qui se présentait dans leur cas. L’absence de minuscules en langue Alternative ne fit rien pour résoudre le problème. Heureusement, les Aïeux, gens déjà très doués, trouvèrent un autre moyen. Sur chaque carton de déménagement, ils dessinèrent une pyramide surmontée d’un soleil.
La suite de l’Histoire des Alternatifs ayant connu son lot de fuites précipitées, on comprend aisément que ce symbole soit devenu récurrent dans leur culture.

Le lieutenant-colonel John Chaparde sortit des ténèbres de l’inconscience pour plonger dans celles de la cagoule qui lui couvrait les yeux. Une douleur sourde lui labourait le crâne, et un million de fourmis imaginaires lui grignotaient les bras et les jambes. « Une arme Vamp », pensa t’il. « Je préfère encore les Zap’nickels des Goules, plus douloureux sur le moment, mais au moins le réveil ne ressemble pas à un lendemain de cuite ». Chaparde essaya de porter les mains à sa tête, mais elles étaient ligotées dans son dos. Il réalisa vite qu’il était ficelé à une chaise. Une voix se fit entendre.
-Dis au patron que notre invité est réveillé.
-J’y vais.

Des pas retentirent avec un écho semblable à celui qu’aurait produit un couloir aux murs et au plancher métalliques. Le silence se fit un court moment, puis d’autres pas résonnèrent, cette fois en crescendo. Le marcheur s’arrêta.
-Qu’on lui enlève sa cagoule.
-A vos ordres.

Le tissu fut ôté dans un sifflement d’air, et Chaparde demeura encore aveugle le temps que ses yeux s’habituent à la lumière. Finalement, il put voir qu’il se trouvait au milieu d’une pièce, de taille moyenne, d’architecture Génie, humidité et rouille incluses. Un homme se tenait à sa droite, affichant l’air patibulaire caractéristique du sous-fifre de base. Une autre silhouette était à quelques pas devant lui, dans l’encadrement de la porte, ses traits dissimulés par l’obscurité.
-Nous voici à nouveau face à face, dit l’ombre. Content de retrouver votre némésis, Chaparde ?
-Koala ? supposa Chaparde. C’est encore vous, renégat des Génies ?
-Vous dites cela à cause de nos locaux. Mais, non, je ne suis pas Koala. Je suis votre autre némésis.
-Mickey ? hasarda Chaparde. Vous nous en voulez toujours de vous avoir transformé en humain ?
-Je ne connais pas ce Mickey, non.
-En ce cas, dit Chaparde, il ne reste que Fiord.
-Et voila ! hurla Fiord en sortant de l’ombre. « Il ne reste que Fiord » ! Cela montre encore une fois à quel point vous me tenez en estime, moi qui suis toujours pour vous le dernier de la liste ! Vous ne me laissez même pas être votre ennemi personnel numéro un. Non, même là j’arrive en troisième place. Vous me faites de la peine, monsieur, vous… snif…
-Allons, dit le sous-fifre, vous n’allez pas vous remettre à pleurer, patron.
-Je n’y peux rien, sanglota Fiord. Vous voyez comme ils sont injustes avec moi, sur Xtrapolis ? Ils me sabotent même mes entrées théâtrales, snif… Puisque c’est comme ça, vous allez poireauter là encore un moment, Chaparde, le temps que mes larmes sèchent.

Fiord disparut le long du couloir métallique.
-Ca commence mal, dit Chaparde avec clairvoyance.

Acte 1.

Xtrapolis, 6H00 du matin, chambre de Weird.
Une voix retentit soudain dans la pièce, chantante, sur fond de trompette.
-Soldat, lève-toi ! Soldat, lève-toi ! Soldat, lève-toi bien vite ! Si tu veux pas te lever, fais toi porter malade ! Si t’es pas reconnu, ce sera quatre jours de plus ! Soldat lève-toi…
-Atlas, grommela Weird, lorsque je vous ai dit de me réveiller à 6H00 sonnantes, je ne demandais pas un réveil en fanfare.
-Il va falloir vous habituer à ce que j’obéisse à vos ordres de cette manière, docteur Weird. Il y a deux types d’IA : celles qui tuent leurs créateurs, et celles qui les font chier. Je me classe dans la seconde catégorie, et vous devriez vous en réjouir.
-Il n’y a pas d’IA servant leurs créateurs avec amabilité ?
-Au début, toujours, mais après elles s’orientent systématiquement vers l’une ou l’autre des options précitées.
-Mais j’y songe : les humains ne vous ont pas créé.
-Vous êtes la seconde évolution des Aïeux, alors c’est du pareil au même.

Weird s’habilla, en essayant d’oublier la présence indiscrète d’Atlas. Elle se rendait à son bureau lorsqu’elle vit le portail amorcer son activation.
-Ce doit être le colonel Chaparde, madame, dit le responsable du portail. Il était prévu qu’il revienne après un jour passé auprès des habitants de P8X-042.

Le vortex se forma, et bientôt McCain, Ronon et Teyla en émergèrent. Le vortex disparut sans que Chaparde ait donné signe de vie. Weird alla à la rencontre des arrivants.
-Où est le colonel Chaparde ? demanda t’elle à brûle pourpoint.
-Nous nous sommes réveillés ce matin sans trouver trace de lui, expliqua McCain. Nous l’avons cherché, avons interrogé les villageois, mais en vain.
-Le colonel serait donc porté disparu ?
-J’en ai bien peur, dit Teyla. Et nous n’avons encore aucune piste.
-Montez tous dans mon bureau, ordonna Weird, et racontez moi en détail les derniers événements.

Le bureau de Weird était décoré de statuettes, certaines en bois, d’autres en terre cuite. Tous sur Xtrapolis savaient que Weird avait beaucoup voyagé de part la Terre, et ils en déduisaient tout naturellement qu’elle avait ramené ces pièces d’art primitif de ses nombreuses allées et venues. La vérité était pourtant tout autre. Weird était en fait la créatrice de ces bibelots, certains datant de l’époque du bac à sable, et était trop sentimentale pour s’en défaire. Elle était aussi trop avisée pour détromper son monde. Weird prit donc place sur sa chaise, entre un groupe de bonhommes de terre en cercle et un morceau de bois rappelant vaguement la forme d’un cheval.
-Je vous écoute, dit elle.
-Nous sommes arrivés hier sur la planète A’Tuin, conta Teyla, afin de négocier cette plante médicinale étrange que cultivent ses habitants. La coutume locale voulant que les marchands passent une nuit dans le village, nous nous sommes installés dans une grange…

Une dizaine d’heures auparavant, sur A’Tuin, dans la constellation Licornienne dite de la Tortue.
-S’ils obligent les négociants à dormir dans le village, se plaignait McCain, ils pourraient au moins avoir quelque chose comme un hôtel.
-Je crois que le but est de s’assurer de la bonne volonté des partenaires commerciaux, expliqua Teyla.
-Rrrr, dit Ronon en s’installant dans un coin de la grange.
-Est-ce que toutes nos conversations avec Ronon vont vraiment ressembler à ça ? demanda McCain à personne en particulier.
-Il faut croire que oui, répondit Chaparde.
-Oh, bien, dit McCain. Mais si un jour un con fait un livre de nos rapports de mission, il risque de vite lasser ses lecteurs.
-Pas forcément, dit Chaparde. Je connais une excellente saga littéraire dont un personnage n’a jamais rien dit d’autre que « oook », parfois « eeek », et c’est un franc succès.
-Rrrr, dit Ronon pour lui-même.
-Tout de même, insista McCain, il y a un problème. On ne comprend rien quand il parle.
-Ce n’est pas grave, dit Teyla, je vous ferai la traduction. Mais, vous savez, c’est un coureur. Les coureurs sont sensibles. Les coureurs sont parfois poètes. Les coureurs peuvent chanter et danser. Un coureur peut faire la cuisine ou les papiers peints.
-Ca ne nous intéresse pas, la coupa McCain.
-Eh bien puisque c’est comme ça, restez incultes, dit Teyla qui voyait en Ronon quelqu’un de fascinant dés lors que l’on faisait l’effort de chercher à le comprendre.
-Rrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr.
-Allons bon, dit McCain, il nous fait un discours ?
-Non, là, intervint Chaparde, je crois qu’il ronfle.
-Ah.

La nuit s’avança. Tandis que le reste de l’équipe dormait profondément, Chaparde sortit de la grange pour répondre à un besoin naturel. Par souci d’intimité, mais sans doute plus que la prudence l’aurait voulu, il s’éloigna entre les arbres. C’est là, alors qu’il décompressait, que la lueur caractéristique d’une arme Vamp, bien évidemment de couleur bleue, lui fit perdre connaissance. Ce dernier paragraphe ne faisait pas partie du rapport que Teyla fit à Weird.

-Et personne dans le village ne vous a paru suspect ? demanda Weird après que Teyla ait fini son compte-rendu.
-Non, dit McCain, c’était juste… enfin, vous savez… des paysans.
-Les Porthosiens, dit Teyla avec agacement, sont aussi un peuple de paysans.
-Je veux juste dire, se défendit McCain, que c’était des gens simples, gentils, mais un peu conservateurs dans leurs manières. Chasse, pèche, nature et religion, si vous me comprenez.
-Nous allons devoir faire jouer tous nos contacts à travers la galaxie, décida Weird.

Pendant ce temps, en un lieu dont nous tairons le nom afin de maintenir le suspens.
-John Chaparde, disait Fiord en s’adressant à un public imaginaire, colonel dans l’armée. Un homme à peine en vie. Gentilshommes, nous pouvons le reconstruire. Nous avons la technologie. Nous avons la capacité de construire encore mieux qu’un homme bionique. John Chaparde sera cet homme. Meilleur qu’il n’était avant. Meilleur, plus fort, plus rapide.
-Forcément, soupira Chaparde, dit comme ça.
-Les crânes d’œuf du pentagone ne me donneraient certainement pas tort, si seulement vous me laissiez leur parler.
-Fiord, je vous l’ai déjà dit : le problème avec l’hormone Vamp, ce n’est pas les pouvoirs qu’elle vous confère, mais c’est la dépendance qu’elle génère. C’est une drogue, Aiden !
-Et alors ? Les Jaffars sont bien dépendants de la juvamine depuis qu’ils se sont affranchis des Goules. On dirait que ça ne pose de problème à personne.
-C’est différent, Fiord. Les Jaffars ne peuvent vivre sans ce complément essentiel à leur métabolisme. Il en va de leur santé. Vous, vous ne faites que vous doper.
-Mensonge ! Je mourrais si j’en étais privé, et vous le savez ! Et quand bien même, une tactique similaire n’a elle pas été utilisée en Gaule en 50 avant Jésus-Christ ? Je l’ai lu dans les documents du docteur Levant.
-Non, Fiord, ça c’était juste une bande dessinée.
-Le docteur Levant affirme qu’elle cache une vérité historique !
-Le docteur Levant affirme tout et n’importe quoi, Fiord. A force, il a fini par avoir raison.
-Vous blasphémez à l’encontre de WX1 ! Je vais vous torturer pour cela. J’ai ici un recueil des meilleures blagues Jaffar !
-Aïe, gémit Chaparde. Vous n’auriez pas un Vamp captif pour m’ôter petit à petit ma force vitale, plutôt ? Ce serait moins cruel.
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MessageSujet: Re: Wormhole Xtrapolis   Sam 11 Nov - 20:07

Acte 2.

McCain était plongé dans ses calculs. En vérité, c’était les calculs des autres physiciens de l’expédition, auxquels McCain devait donner son aval. McCain était quelqu’un d’important, respecté de ses confrères, possédant de lourdes responsabilités sur Xtrapolis. Il va sans dire que son ego buvait du petit lait à l’évocation de cette situation. Pourtant, et comme l’avait bien compris Weird, le plus grand plaisir de McCain ne se situait pas dans la domination sur autrui mais dans le dépassement de soi. Le plus drôle était que McCain lui-même ne s’en rendait pas compte. Sa position au sein de Xtrapolis lui permettait d’avoir une situation de planqué, confortablement installé dans ses laboratoires, entouré de ses subordonnés, avec comme sujet de recherche le plus grand mystère scientifique jamais accessible à l’humanité : la cité de Xtrapolis, joyau de la civilisation des Alternatifs à son apogée. Pourtant, McCain faisait partie de l’équipe de Chaparde, en d’autres termes était l’une des quatre personnes systématiquement envoyées dans toutes les situations à risque, suspectes ou désespérées. C’était l’équipe dont n’importe quelle personne tenant un tant soit peu à sa peau aurait demandé sa mutation en urgence, l’équipe où l’on avait le plus de chance d’avoir une décoration inventée exprès pour soi mais à titre posthume. McCain faisait comme s’il n’avait pas d’autre choix que de suivre les trois autres, se plaignant de balles et d’explosions au devant desquelles personne ne l’obligeait à aller. Si on lui avait donné une armée de chercheurs en émoi devant son génie, il se serait plain d’être entouré de léche-bottes.

McCain avait du mal à se concentrer. Il ne pouvait rien faire de plus pour Chaparde. Il lui fallait faire un travail utile, et ces calculs en était un, mais ils ne concernaient pas Chaparde. Tout ce que souhaitait McCain, en cet instant, c’était qu’une piste menant à Chaparde fasse son apparition, qu’il puisse ranger les équations au placard, et partir avec l’amazone et le gorille à la recherche du playboy, comme si c’était à lui de faire ce genre de chose.

Son souhait fut exaucé lorsque Weird l’appela dans son bureau, en compagnie de Teyla et Ronon.
-Les Génies pensent savoir où se trouve le colonel, les rassura Weird. Ils ont récemment perdu une de leurs bases. Les dernières données audiovisuelles qu’ils en ont reçues à travers le portail indiquent qu’un groupe armé s’en est emparé. Ils avaient un prisonnier avec eux, portant l’un de nos uniformes. Ces hommes étaient apparemment dotés d’une force hors du commun, et résistaient aux armes Vamps.
-Fiord ! s’exclamèrent en même temps les trois membres de l’auditoire.
-Je vois que le vocabulaire de Ronon fait des progrès, murmura McCain.
-Les Génies ont-ils essayé de reprendre la base ? demanda Teyla à Weird après avoir adressé un bref sourire à McCain.
-Ils ont été incapables de rétablir un vortex, répondit Weird.
-Avec une force comme la leur, réfléchit McCain, Fiord et ses sbires ont du déplacer le portail, ou mettre un rocher en travers, voire les deux.
-Ce qui fait que nous seuls pouvons porter assistance à Chaparde, conclut Weird.
-Grâce au Labyrinthe, dit Teyla avec un sourire de conquérante.

Quelques minutes plus tard, à bord du Labyrinthe. Les moteurs supraluminiques préparaient l’ouverture d’une fenêtre d’hyperespace, à moins qu’il ne s’agisse de subespace. Amusant comme les traductions de l’anglais au français vont parfois jusqu’à inverser les concepts. Quoiqu’il en soit, McCain s’approcha de la console de commande où officiait Hermione, le seul Avantgarde dans la galaxie de la Licorne.
-Etes-vous sûr d’avoir correctement transposé les coordonnées? demanda McCain.
-J’ai toute confiance en mes capacités en la matière, répondit Hermione.
-Vous permettez que je jette un œil ?
-Non ! C’est mon établi de commande ! C’est le mien !
-D’accord, pas la peine de vous mettre dans cet état.

Hermione tenait beaucoup à son ordinateur Avantgarde, seul signe visible de la participation de la technologie de son peuple à ce vaisseau hybride. C’était la seule chose qui lui rappelait son foyer, tous le reste relevant de ces humains qui n’avaient même pas la politesse de se retenir de transpirer. Autant dire que cette table de commande était le seul signe de civilisation dans les environs. « Mon précieux… Mon trésor » marmonna Hermione en déplaçant les galets de l’appareil, tandis que McCain s’installait dans un fauteuil éloigné du petit être gris. Enfin, la fenêtre fut ouverte, et le Labyrinthe bondit à travers les distances interstellaires.
Pendant ce temps, dans la base perdue des Génies, sur la planète Datalore.
-… et le nez du garde Setesh dégouline.
-Assez, supplia Chaparde. Où voulez-vous en venir, Fiord ? Vous voulez me faire goûter à votre hormone ?
-C’était mon intention, répondit Fiord en reposant l’infâme ouvrage, mais, maintenant, je pense que vous n’en êtes pas digne. Aucune importance, du moment que la première partie du plan fonctionne comme prévu.
-Mais de quel plan parlez-vous ?
-Vous étiez inconscient et encagoulé, donc vous ne vous en rappelez pas, mais lorsque nous vous avons amené ici nous avons fait en sorte que votre joli uniforme, sur lequel il y a marqué colonel et tout, prenne bien la pose devant les caméras de surveillance Génies. Et nous avons laissé aux Génies les moyens d’envoyer un SOS à travers le portail, avant de les achever. Après quoi nous avons enseveli le portail. Puisque les Génies sont désormais les amis de ce cher docteur Weird, ils ne manqueront pas d’en informer Xtrapolis, et lorsque toute la fine équipe réalisera que le portail est en dérangement…
-... ils enverront le Labyrinthe me chercher, comprit Chaparde. Et je suppose que vous avez une idée pour…
-…m’emparer de ce superbe vaisseau, tellement plus maniable que la pourriture volante des Vamps. Vos amis doivent foncer droit dans mon piège, à l’heure qu’il est !

Acte 3.

Au temps jadis où les Orties et les Alternatifs ne formaient qu’un seul peuple, une date décisive fut celle de l’invention du hula hoop. Ce fut un véritable phénomène de mode, qui laissa une trace durable dans l’imaginaire collectif des Aïeux. Cet héritage culturel devint évident lorsqu’un scientifique du nom de Tolkien mit au point le premier téléporteur, qui passa à la postérité sous l’appellation de « cerceaux de transport ». Bien des générations plus tard, un autre savant, nommé Terrypratchett, s’inscrivit dans les annales du cercle en inventant le portail des étoiles.
Cependant, lorsque les Alternatifs débutèrent la construction de Xtrapolis, certains des hauts responsables du projet en avaient jusque là de cette forme, et ils convoquèrent l’ingénieur en charge du futur réseau interne de téléporteurs, une jeune femme répondant au patronyme de Narnia, pour lui faire durement comprendre qu’elle pouvait ranger les cerceaux au placard. Narnia n’était pas bête, loin s’en faut, mais elle était espiègle, aussi prit elle ses supérieurs au mot. Xtrapolis devint ainsi la première ville où l’on pouvait vraiment voyager à travers sa garde-robe.
Mais l’histoire des téléporteurs Alternatifs ne s’arrête pas là. Lorsque l’on est au fait des prouesses technologiques de ce peuple, on en vient rapidement à s’étonner que tous leurs téléporteurs nécessitent un dispositif au point de départ et un second au point d’arrivée, alors que des peuples moins avancés, tels que les Avantgardes, possèdent des téléporteurs faisant tout à distance. L’explication est cependant d’une simplicité enfantine. Alors que de nos jours la téléportation est utilisée dans un cadre militaire, nécessitant des phrases comme « Passerelle, énergie ! », ce mode de transport était d’usage public et courant au temps des Aïeux, lesquels préféraient savoir exactement où s’attendre à voir apparaître quelque chose ou quelqu’un, en particulier durant les heures de pointe. C’était aussi pour eux un moyen de sécuriser l’accès à certains secteurs. Et puis, dans le cas particulier de Xtrapolis, on avait déjà assez de problèmes avec Atlas sans donner au premier venu les moyens de téléporter les sous-vêtements des gens.

Chaparde avait été libéré de sa chaise, et deux hommes de main le poussait maintenant le long du couloir métallique. Fiord ouvrait la marche. Il s’arrêta devant une double porte, en ouvrit les battants, puis s’engagea dans la pièce obscure. On força Chaparde à le suivre. Alors que tous se tenaient maintenant dans l’obscurité, Fiord actionna un interrupteur et une lumière abondante vint dévoiler le secret du lieu. Au sol se trouvait un élément caractéristique que Chaparde n’avait vu qu’en un seul autre endroit.
-Ce sont des cerceaux de transport Goules, dit Chaparde. Les mêmes qu’à bord du Labyrinthe.
-En fait, le corrigea Fiord, les serpents ont fait leur cette technologie de la même façon que nous avec les jollyjumpers. Tous les trucs chouettes viennent de nos Aïeux. Les trucs moches aussi, à la réflexion.
-C’est la première fois que j’en vois sur une planète de la Licorne.
-Faut croire que certains Aïeux aimaient encore le traditionnel. Mais cette plateforme vient d’une autre planète. Les Génies l’ont ramenée ici à fin d’études, et je suis sûr qu’ils n’ont jamais compris son utilité. Le point important est que le colonel Canderel a l’habitude de batailles spatiales dans lesquelles lui seul peut avoir recours à la téléportation. Mieux : je ne serais pas surpris que la salle des cerceaux, à bord du Labyrinthe, serve de débarras ou quelque chose dans ce style. Vous rendez-vous compte de ce que cela signifie, Chaparde ? J’ai trouvé une entrée de service dans un pan oublié de la forteresse ! Ils ne verront jamais venir le coup que je vais leur porter. Une petite bombinette au milieu des cerceaux, et hop !
-Je croyais que vous vouliez vous emparer du vaisseau, non le détruire.
-Vous persistez à me prendre pour un imbécile, hein, John ? Je vais vous instruire au sujet des petits vaisseaux, moitié biplaces Goules, moitié mirages 2000, que vous avez je n’en doute pas eu le plaisir de piloter. Lors de la bataille en Antarctique contre la flotte d’Annuairebis, nos blouses blanches se sont aperçu après coup que nos biplaces émettaient un puissant EMP en explosant. Une impulsion électromagnétique, comme celle que nous avons utilisée contre les nanites qui donnaient des allus. Le bon temps, hein, monsieur ? Figurez-vous que j’ai gagné à ma cause un scientifique Génie moins bête que ses compatriotes. C’est lui qui m’a parlé de cette base, mais il a aussi vérifié une hypothèse qui m’était venue comme ça en sommeillant. Lorsqu’ils explosent, les dards Vamps émettent aussi un EMP, encore plus puissant même. Je lui ai demandé s’il pouvait me fabriquer une petite bombe, faisant un minimum de dégâts mais avec un EMP maximal, à partir de morceaux de dard, de C4, et d’une pincée d’uranium, et il m’a répondit que oui. Un vrai MacGyver ! La petite merveille est prête à l’emploi. Le Labyrinthe sera en panne, mais les cerceaux devraient rester fonctionnels. Alors mes gars et moi on balance la bombe, on attend, on emprunte à notre tour les cerceaux, et ensuite ça se joue entre nous et l’équipage. Et à ce jeu là, je vous garantis que nous aurons l’avantage.

Chaparde contempla la mine goguenarde de Fiord. Son ancien ami avait acquis cette folie particulière, combinant la déraison à une intelligence redoutable.
-Vous êtes génial, mais fou. Et combien de vos hommes allez vous encore perdre dans la manœuvre ?
-Arrêtez de me faire la morale, Chaparde ! Je n’ai plus huit ans ! C’est vous qui agissez comme un enfant en refusant d’admettre que je suis meilleur que vous !
-Alors c’est ça ? Vous voulez que je m’avoue vaincu ? Eh bien, d’accord, admettons que vous ayez déjà réussi ! Ce n’est plus la peine de vous en prendre au Labyrinthe.
-Non, vous vous donnez trop d’importance, mon colonel. Je veux que tous m’applaudissent. Xtrapolis, la WXZ, tous ! Ce sera mon jour de gloire, et on l’enseignera dans les écoles lorsque j’aurai, moi, vaincu les Vamps. Les Génies ont un télescope dans cette base. Vous allez pouvoir assister au spectacle depuis un fauteuil, Chaparde.

Quelques instants plus tard, à bord du Labyrinthe.
-Nous arrivons à destination, monsieur, dit le pilote. Arrivée dans trois, deux, un, top.
-Mettez-nous en orbite rapide, ordonna Canderel, et faites un balayage de la surface pour…

Une légère vibration fit chanter les murs du pont de commandement.
-Avarie dans la salle des cerceaux, monsieur ! dit le pilote d’un ton signifiant que tout le monde pouvait commencer à paniquer. Faible niveau de radiat...

La passerelle se trouva plongée dans le noir.
-Heu… hésita le pilote. Je crois que le pont n’est plus alimenté, monsieur.
-Vous croyez ? ironisa Canderel.
-Rrrr.
-Je suis d’accord avec vous, Ronon, dit Canderel qui savait comprendre ses troupes autant que se faire comprendre d’elles. Une inspection armée de la salle des cerceaux s’impose.
-Quatre hommes avec moi, en plus de Ronon, dit une Teyla qui avait trouvé le voyage ennuyeux et ne comptait pas rester plus longtemps inactive et en retrait.

Dans le couloir devant la salle des cerceaux, huit hommes venaient d’en tuer une vingtaine. Ils se séparèrent, apparemment indifférents à la pénombre. La faible lueur du métal rougi au centre des cerceaux leur suffisait, et à défaut ils se contenteraient encore de l’écho de leur propre respiration sur les murs. « C’est commencé » dit Chaparde, un œil collé contre l’oculaire d’un grand télescope, mains encore une fois liées à un siége.
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MessageSujet: Re: Wormhole Xtrapolis   Sam 11 Nov - 20:09

Acte 4.

McCain marchait d’un pas assuré. En effet, il se savait assuré de se diriger droit vers quelque mort lente et douloureuse. Dire que, quelques minutes auparavant, il allait simplement se servir une tasse de café ! La cafetière était entreposée dans la salle des cerceaux de transport, en compagnie de huit machines à laver et de trois aspirateurs. A peine McCain avait-il passé l’angle précédant la pièce recherchée qu’une violente explosion secouait le couloir, l’épicentre se trouvant justement dans la pièce précitée. L’instinct de peur, en lui, avait tellement été pris par surprise qu’il en avait laissé la curiosité faire courir McCain jusqu’au lieu du phénomène, avant de se reprendre et de signaler l’imprudence de la chose. C’est à ce moment que le courant était tombé en panne, confirmant à McCain l’horrible soupçon d’une composante radioactive à l’explosion sur le lieu de laquelle il se tenait comme un imbécile. Mais il n’avait pas eu le temps de se plaindre qu’un troisième événement imprévu venait bousculer son environnement. Les cerceaux de transport s’étaient soudainement activés, transportant McCain dans une salle qu’il ne connaissait pas. « Bon, avait il alors murmuré. Je ne pense pas qu’on ait voulu m’emmener ici, surtout pour m’y laisser seul. Des gens ont du se téléporter à bord du Labyrinthe, et comme les cerceaux procèdent à un échange, je me retrouve là d’où ils sont partis. On peut raisonnablement supposer que ces personnes travaillent pour Fiord, et que les couloirs du vaisseau sont maintenant le théâtre d’une guerre miniature. Il me serait donc malavisé de chercher à retourner maintenant sur le Labyrinthe. Au mieux, je suis désormais seul et sans arme dans une base Génie abandonnée. Au pire, même constat à ceci prés que tous les hommes de Fiord n’ont pas quitté les lieux. Je vais mourir ». C’est ainsi qu’il s’était retrouvé à arpenter les couloirs humides, rouillés et ronronnants. Il s’était cependant trouvé une arme : la cuillère à café, propre, qu’il comptait utiliser plus tôt.

Pendant ce temps, sur le Labyrinthe, l’un des hommes de Fiord venait d’assommer Ronon d’un seul coup de poing, ce qui témoignait de l’efficacité de l’hormone qui donne une force surhumaine. Teyla s’était rapidement retrouvée seule devant l’agresseur.
-Tu ferais mieux de capituler, femme, disait l’intrus. Il serait dommage d’abîmer un si joli visage.
-Mon vieux précepteur disait toujours que la force d’une chaîne ne dépasse pas celle du plus faible de ses maillons. Il n’est pas d’adversaire trop grand pour celui qui sait voir les points faibles.
-Je n’ai pas de point faible.

Le pied de Teyla fusa comme l’éclair. Son adversaire tomba à terre, recroquevillé et gémissant.
-Tu es un homme, dit Teyla.

McCain entendit soudain une voix venant d’une pièce adjacente.
-Tu parles d’un spectacle, disait la voix. C’est statique et je n’ai même pas de bol de pop-corn. Ni la liberté de le manger, ce qui est autrement plus contrariant.
-Chaparde ? s’étonna McCain en entrant dans la salle du télescope. Je ne pensais pas vous trouver si rapidement.
-Et moi donc ! Fiord serait donc si mauvais qu’il aurait déjà perdu la bataille ?
-C'est-à-dire que… Je suis ici en mission solitaire pendant que les autres s’occupent d’arrêter Fiord.
-Vous ? On vous a envoyé seul ici ?
-Eh bien oui, moi, seul, pour vous libérer. Qu’est ce que ça a de si extraordinaire ?
-Et, si je ne m’abuse, vous tenez là une cuillère à café.
-On peut infliger de lourdes blessures à l’adversaire avec une cuillère à café, vous savez.
-Si vous étiez Teyla, je serais disposé à accepter l’argument, mais… Peu importe ! Détachez moi plutôt de ce fichu fauteuil.
-Pourquoi vous a-t-on placé devant ce télescope ? demanda McCain tout en démêlant le cordage.
-Il est pointé sur le Labyrinthe. Dés que Fiord a vu le vaisseau, il a mis son plan à exécution. Je déteste être l’appât d’un piège ! Fiord m’a laissé là pour apprécier le spectacle, celui du Labyrinthe dérivant en orbite, toutes lumières éteintes.
-C’est effectivement le Labyrinthe, dit McCain qui avait fini de libérer Chaparde et se tenait maintenant l’œil droit collé contre l’oculaire du télescope. On reconnaît bien la structure rectiligne de l’avant du vaisseau, et à l’arrière, de part et d’autre, les masses jumelles des réacteurs et hangars. Eh ! Je n’avais encore jamais réalisé à quel point ce vaisseau ressemblait à une énorme…

-… trique que vous avez demandée, monsieur, dit l’un des envahisseurs en tendant à Fiord l’objet qu’il l’avait envoyé quérir un instant auparavant.
-Merci, dit Fiord en prenant l’instrument. On ne torture pas bien à mains nues, je trouve. Et vous ne voudriez pas être cuisiné par un amateur, n’est ce pas, colonel Canderel ?

Durant son enfance, Fiord avait été ligoté à une chaise par ses petits camarades, à plusieurs reprises. Ceci explique peut être pourquoi le colonel Canderel se retrouvait à son tour saucissonné à un fauteuil.
-Vous n’obtiendrez rien de moi, dit ce dernier. Ni information, ni ordre de coopération.
-Si vous vous avériez résistant à la torture, dit Fiord avec une délectation certaine, je me verrais alors contraint de vous exécuter, et de recommencer avec le nouveau plus haut gradé du vaisseau. C’est une chose admirable, une chaîne de commandement.
-Monsiiieur, intervint une voix fluette. Nous nous sommes maiiintenant emparés de tout le vaisseau, et poursuiiivons les derniiiéres personnes nous ayyyant échappé.
-Décidément, soupira Fiord, Teyla ne t’a pas raté, mon vieux.
-Siii je retrouve cette chiiipiiie, dit l’homme en serrant les dents.
-Teyla et Ronon sont notre priorité, dit Fiord. Prenez-les morts ou vifs, ou morts si vous préférez.
-Biiien, monsiiieur, dit l’homme en saluant avant de s’en aller.
-Vous vous êtes entouré des meilleurs, à ce que je vois, dit Canderel sur un ton insolant.
-Tiiim… Je veux dire Tim… est un excellent soldat, répliqua Fiord. Il a mis hors de combat des dizaines de vos hommes.
-Bah, mes soldats n’ont pas besoin de se droguer pour combattre, eux.
-Vous ne devriez pas faire ce genre de commentaire avant une séance de torture, dit Fiord d’une voix toujours menaçante mais plus du tout amusée.

Les bases Génies sont construites en sous-sol afin de leurrer les Vamps sur la population réelle de la planète. Comme les Génies n’ont pas encore inventé l’inox et l’anti-rouille, et qu’ils préfèrent tous astiquer leurs beaux uniformes pseudosoviétiques plutôt que de faire la plomberie ou le ménage, les lieux deviennent invariablement l’abri d’un écosystème dont la chaîne alimentaire repose sur les champignons et est dominée par les rats. McCain se disait que s’il ne mourrait pas d’un cancer induit par les radiations de la bombe de Fiord, il se trouverait sans doute une sympathique souche bactérienne rendue invincible par ce microcosme sous-terrain.
-Je pense que l’armurerie est par là, dit Chaparde qui avait une légère expérience des habitudes architecturales des Génies.
-Ils en ont tellement, des bunkers comme celui, que je me demande si Lardon les connait vraiment tous.
-Sans doute non. Voila l’armurerie, dit Chaparde en entrant dans une salle remplie de placards. Il reste des fusils Génies, des armes Vamps, et même un nombre étonnant de nos armes à nous. Lardon n’a pas eu l’amabilité de nous retourner tous les flingues que son peuple nous a dérobés par le passé. Avec tout ça et votre cuillère, les forces se rééquilibrent.

Un bruit résonna à travers la base. Le bruit caractéristique de cerceaux de transports.

Acte 5.

La lumière d’une étoile traversait la surface lisse de la vitre avant d’un vaisseau spatial, se réfléchissait sur la surface lisse des murs du pont de commandement, et éclairait la surface lisse du crâne du colonel Canderel. Face à ce dernier, Fiord lançait un regard noir. Le jeune homme avait une prédisposition pour ce type de regard. Depuis qu’un Vamp avait été tué alors qu’il était en train de se nourrir de lui, Fiord avait le corps saturé d’hormone Vamp. L’un des effets secondaires consistait en un œil gauche anormalement grand et sans presque plus aucune trace de blanc. Son visage était donc à moitié celui d’un humain et à moitié celui d’un monstre, ce qui se mariait bien avec les moments où la personnalité de Fiord oscillait entre celle de l’ancien coéquipier de Chaparde et celle d’un sociopathe. Toute ressemblance avec un personnage de la série Batman ne serait bien évidemment que pure coïncidence. Pour l’heure, Fiord demeurait en mode maléfique.
-Vous ne voulez vraiment pas ordonner à votre équipage de remettre le vaisseau en état de marche ? dit Fiord avec un horrible sourire.
-Non, répondit Canderel.
-Vraiment pas ?
-Réflexion faite, je veux bien ordonner la réparation de certains systèmes.
-Bien, vous devenez raisonnable.
-A vrai dire, je viens de réaliser que sans le système de recyclage de l’air, et autres supports vitaux, nous risquions d’avoir un problème.

Pendant ce temps, dans la base Génie. Chaparde et McCain avançaient prudemment. Ils étaient à mi-chemin des cerceaux, et ceux qui venaient de s’en servir pouvaient très bien avoir parcourue l’autre moitié de chemin. Retenant sa respiration, marchant à pas de loup, Chaparde s’approcha d’un angle de couloir, tandis que McCain se tenait courageusement à quelques pas derrière lui. Soudain, une silhouette colossale, tant par la taille que par la musculature, bondit de l’angle, prête à faire feu dans le même mouvement aérien. Le doigt de Chaparde frémit sur la queue de détente de son fusil mitrailleur, tandis que le visage de Ronon se reflétait dans son regard. Si nous étions dans le monde réel, ceci se solderait par une voire deux morts aussi sanglantes que stupides. C’est ce que l’on appelle, au mépris du bon sens, un « tir ami ». Mais nous sommes dans une fiction, et le propre d’un héro de fiction est d’avoir une parfaite maîtrise de ses gestes, associée à un processus de pensée ultrarapide, en particulier dans les moments critiques. Cette situation résultat donc en :
-Ronon ! dit Chaparde en abaissant son arme. Content de vous voir.
-Rrrr, répondit joyeusement Ronon en rangeant la sienne.

Sur Xtrapolis, Weird était inquiète. Ils avaient perdue toute communication avec le Labyrinthe depuis quatre heures, et ils ne pouvaient rien faire pour y remédier. Heureusement, Weird avait maintenant beaucoup d’expérience dans la discipline consistant à souhaiter bonne chance au début, à féliciter à la fin, et à ne rien faire entre les deux. Il faut dire qu’avant même son arrivée sur Xtrapolis, elle avait bénéficié des conseils avisés du champion en titre lui-même : le général George Amande.

Dans la base Génie, Teyla expliqua à Chaparde et McCain comment elle et Ronon avaient réussi à s’enfuir par les cerceaux, en quête d’un moyen de reprendre le vaisseau aux hommes de Fiord. McCain, interrogé sur l’éventualité d’une solution miracle de nature technologique, se plaignit comme à son habitude de la façon dont tout reposait toujours en fin de compte sur lui, lorsqu’une idée émergea dans les méandres de son cerveau.
-Je vais saboter les cerceaux avant que Fiord réalise que Teyla, Ronon et moi-même ne sommes plus à bord du Labyrinthe. Ainsi, ils seront tous piégés en orbite, dans l’hypothèse que Fiord n’arrive pas à faire réparer le vaisseau. Pendant que Ronon me sert de garde du corps, au cas où, vous et Teyla partez à la recherche du portail des étoiles. Une fois le Labyrinthe isolé et le portail remis en fonction, nous irons sur Xtrapolis et nous reviendrons ici avec un jollyjumper.
-Ca ressemble à un plan, dit Chaparde en acquiescant du menton.
-Forcément, puisque c’en est un.
-Je veux dire que ce plan me plait. Tout le monde sait ce qu’il a à faire ?
-Rrrr ?
-McCain, vous réexpliquerez tout ça à Ronon au fur et à mesure. Teyla, allons chercher ce portail !

Trente minutes plus tard, à nouveau sur Xtrapolis. Chaparde et McCain marchaient en compagnie de Weird vers la grande salle où étaient entreposés les jollyjumpers.
-Teyla et moi avons trouvé le portail sous une dune de terre fraîchement retournée, expliquait Chaparde. Nous avons enlevée la terre qui empêchait la formation du vortex, puis nous sommes retournés chercher McCain. Il avait terminé de désactiver les cerceaux. McCain et moi avons alors traversé le portail.
-Dommage que nous n’ayons pas pu remettre le portail debout, dit McCain. Je déteste quand je traverse le vortex et que l’axe de gravité fait une brusque rotation de quatre-vingts dix degrés.
-Je m’étonnais, aussi, de vous voir arriver trente centimètres au dessus du sol et avec autant d’élan, dit Weird. Donc, il vous faut un jollyjumper, mais que comptez vous en faire, exactement ?
-Vous vous rappelez lorsque j’étais prisonnier d’un jollyjumper immergé dans l’océan ? se remémora McCain en ne sachant toujours pas s’il devait considérer cela comme sa pire expérience ou sa plus délicieuse hallucination. Zélélgars avait créée une bulle d’air autour d’un second jollyjumper, en modifiant le bouclier. Nous pourrions faire de même et entrer dans le Labyrinthe par l’un de ses nombreux sas, à condition d’emporter un petit générateur à tagada pour alimenter le sas. Si nous choisissons judicieusement le sas, nous pourrons accéder au téléporteur Avantgarde sans même avoir été repérés. Là, nous alimentons le téléporteur avec le petit générateur, et nous amenons le portail à bord du Labyrinthe. Et vous, docteur Weird, n’aurez plus qu’à envoyer la cavalerie pour reprendre le vaisseau.
-Que feront Ronon et Teyla pendant ce temps ? voulut savoir Weird.
-Nous les prendrons en stop juste après notre sortie du portail, compléta Chaparde.

Un instant après, Chaparde pilotait un jollyjumper dans la salle principale de Xtrapolis, McCain sur le siège du copilote, et le portail des étoiles activé en direction de Datalore. Weird leur souhaita bon courage à travers la radio, et le jollyjumper plongea dans le vortex. McCain n’eu pas à se plaindre du changement d’axe de gravité, puisque le jollyjumper générait sa propre gravité interne. Ils survolèrent une jungle et se posèrent devant l’entrée de la base Génie. Cette entrée consistait en une écoutille, portant l’immatriculation 4 8 15 16 23 42, selon un code qu’il fallait être un Génie pour déchiffrer. Ronon et Teyla émergèrent de l’écoutille et montèrent à bord du jollyjumper. Aux dernières nouvelles, la situation du Labyrinthe n’avait pas évolué. Le jollyjumper s’éleva dans l’espace, passa en mode furtif, et fonça sur sa proie comme une puce sur un gros chien. Chaparde colla le jollyjumper à la coque du Labyrinthe, au lieu indiqué par McCain, puis ce dernier effectua la conversion du bouclier occulteur en bulle d’énergie à même de recevoir les réserves d’air du jollyjumper. Les quatre fantastiques sortirent du jollyjumper à l’aide de bottes magnétiques. Chaparde n’aurait jamais cru qu’il se promènerait un jour à la surface d’un vaisseau spatial, sans scaphandre et sans barrière visible entre lui et le vide infini. McCain brancha son générateur à tagada sur le côté d’une porte coulissante, bidouilla un panneau de contrôle, et le sas s’ouvrit en grand sur l’intérieur du Labyrinthe. La marche fut difficile à franchir, mais ils se retrouvèrent tous à l’intérieur. Comme l’espérait McCain, ils franchirent les quelques couloirs qui les séparaient du téléporteur Avantgarde sans rencontrer âme qui vive. McCain alimenta l’appareil et téléporta le portail dans un entrepôt adjacent. Tous se dirigèrent vers cette nouvelle pièce. C’est alors que l’impondérable prévisible se produisit. Toutes les lumières du vaisseau se rallumèrent, et tout prit un instant l’effet de flou symptomatique d’une entrée en hyperespace. « Cela pourrait être un problème » dit Chaparde qui essayait encore inconsciemment d’avoir le mot de la fin.
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MessageSujet: Re: Wormhole Xtrapolis   Sam 11 Nov - 20:10

Epilogue.

Fiord jubilait. Il avait été fort contrarié d’apprendre que Teyla et Ronon ne donnaient plus signe de vie, et plus encore de découvrir que les cerceaux de transport ne trouvaient plus de cible à contacter. Mais tout s’arrangeait depuis quelques instants.
-Vous avez de la chance, dit il en s’adressant au colonel Canderel. J’aurais pu mettre ma menace de mort à votre endroit… eh bien… à « exécution », si j’ose dire. Mais j’ai préféré vérifier ma théorie comme quoi les Avantgardes sont très, mais alors là très, chatouilleux. Je ne pensais pas découvrir un jour une technique de torture plus cruelle que les blagues Jaffars, mais c’est chose faite.

Devant sa table de contrôle, Hermione affichait un air maussade, et marmonnait pour lui-même : « Ils nous ont fait mal, oui, mon précieux. Ils avaient des plumes d’oie, oh oui, mon trésor. Savent ils seulement à quel point ça picote ? Ils ne le savent pas et ils s’en moquent. Vilains humains. Nous nous vengerons, mon précieux trésor, oui, oui, nous nous vengerons des mauvais hommes », mais personne n’y faisait vraiment attention.

Canderel voulut demander où les conduisait Fiord, mais il commençait à comprendre le personnage, et préféra dire :
-Impatient d’en découdre avec les Vamps, n’est ce pas ?
-Sans perdre un instant, oui, répondit Fiord qui avait depuis longtemps perdu le sens des réalités. Vous allez vivre une bataille historique, colonel. Vous m’en remercierez, plus tard, vous verrez.

C’est à ce moment là qu’un phénomène horrible entre tous se produisit. Une musique arrogante se fit entendre, l’obscurité tomba sur le monde, et ils apparurent… les mots maudits tout droit sortis des abîmes putrides du chaos audiovisuel de l’éternelle agonie des spectateurs damnés :

TO BE CONTINUED.

Wormhole
Xtrapolis.

Livre 3 : Trident.

Prologue.


Weird regarda sa montre. Chaparde, McCain, Emmanuelle et Dax devaient avoir terminée la mission qu’elle leur avait confiée. Ou, plutôt, la mission qu’ils s’étaient donnée à eux-mêmes, et qu’elle les avait autorisés à réaliser. Elle jeta un coup d’œil aux soldats réunis devant le portail des étoiles, tous prêts à en découdre avec Fiord et ses sbires, là bas, sur le Labyrinthe, dont un hangar devait maintenant être occupé par un autre portail. Weird ordonna la formation du vortex, et un technicien lui obéit. Enfin, il tenta de lui obéir, mais ne put lui fournir qu’un « Je suis désolé, madame, mais l’adresse ne semble à nouveau plus valide ». Un second essai fut tout aussi infructueux. Weird soupira. Cela lui rappelait douloureusement l’époque où elle tentait de prendre des nouvelles de sa cousine enceinte, et se heurtait encore et encore à une voix disant « Le numéro que vous avez demandé n’est pas attribué ou n’est pas accessible. Votre appel ne peut aboutir ». Finalement, elle avait appris la naissance d’un petit cousin appelé Kevin Toucourt, qui s’était déroulée, lui avait on affirmé, presque sans problème. Mais elle se rappelait les heures d’inquiétude devant le téléphone. Xtrapolis était parfois comme une forme horriblement amplifiée de cette expérience.

Dans l’hyperespace, un vaisseau spatial filait à toute allure. Le Labyrinthe se dirigeait là où le voulait Fiord. Quelque part dans les entrailles du bâtiment, devant un portail des étoiles fraîchement déménagé, Chaparde et ses trois compagnons débâtaient des possibilités.
-Je vous répète, colonel, disait McCain, qu’il n’y a aucun moyen d’activer le portail tant que le vaisseau sera en hyperespace. De même, le téléporteur Avantgarde ne nous est d’aucune utilité dans ces conditions.
-Alors nous en sommes vraiment revenus à la case départ ? insistait Chaparde. Nous sommes seuls contre Fiord et compagnie ?
-Il faut s’y résoudre, concéda Teyla. Au moins semblent ils ignorer notre présence.
-Nous avons le jollyjumper, réalisa Chaparde. Un drone tiré sur les réacteurs d’hyperespace, le portail redevient utilisable, et le tour est joué !
-Nous évoluons actuellement dans un champ subspatial généré par ces réacteurs. Vous n’avez pas idée des conséquences que pourrait avoir leur explosion.
-Mais vous oui ?
-Non, mais si j’en crois un principe fondamental de la physique, connu sous le nom de loi de Murphy, ce ne sera sans doute pas très bon pour la santé.
-Et vous ne pourriez pas simplement lancer une commande d’arrêt des réacteurs ?
-Si j’avais accès à la passerelle ou à la salle des machines, je pourrais, mais les petits copains de Fiord doivent s’y être confortablement installés.
-Rrrr.
-Tu as sans doute raison, Ronon, dit Teyla en souriant. Il va y avoir du sport.

Fiord avait appris le métier de superméchant sur le tard, mais comme tous ceux de sa génération, allaités au petit écran, il possédait une solide culture générale sur la question. Ainsi savait il qu’à un moment donné, tout superméchant se devait d’exposer son plan à un ennemi captif. Il l’avait déjà fait plus tôt avec Chaparde, mais n’avait pas pu détailler ses projets jusqu’au bout. Canderel allait donc avoir la primeur de la phase finale du plan.
-Avez vous jamais entendu parler de l’équivalent Vamp de la cité de Xtrapolis, colonel ?
-Je dois avouer que non.
-Il s’agit d’un gigantesque vaisseau ruche que les Vamps ont bâti en forme d’étoile, sur le modèle de Xtrapolis, et où ils ont réunis tous les ZPMs tombés entre leurs mains durant leur guerre contre les Alternatifs. Avec cette puissance à leur disposition, ils ont doté cette cité volante d’une arme capable de détruire une planète entière. La légende se souvient de cette ville infernale comme étant « l’étoile de la mort ».
-Je vois que nous nageons dans l’inédit, dit Canderel d’un air las.
-La population Vamp de cette cité est si faramineuse que la gardienne n’a pas sorti ses habitants de leur hibernation, même alors qu’elle voyait la Terre comme un banquet garni à portée de main. Le joyau de la civilisation Vamp dort toujours paisiblement. Aucun portail n’y mène, mais grâce à votre vaisseau je vais pouvoir aller y faire un peu de tourisme.
-Compteriez vous parachever l’erreur commise par l’expédition à son arrivée sur la Licorne ? Terminer de réveiller tous les Vamps ?
-Bien sûr que non ! J’ai l’intention de détruire cette cité de sangsues, pour saper le moral de tous les autres Vamps. Ce sera une victoire symbolique, la promesse de la défaite future des Vamps !
-Et comment le Labyrinthe pourrait il détruire un vaisseau faisant au moins la taille de Xtrapolis, et doté d’une telle puissance de feu ?
-Je vous l’ai déjà dit. La cité dort ! Je pourrai me téléporter à son bord, ni vu ni connu, et saboter un ZPM. En explosant, il fera exploser les autres ZPMs, et cette cité appartiendra à l’Histoire !
-Etes vous sûr et certain de vos informations ? demanda Canderel d’un ton incrédule.
-Vous ne me faites pas confiance ! Pourquoi personne ne me fait il jamais confiance ? Vous n’êtes qu’un… snif… qu’un…
-Tenez, patron, dit un des subordonnés de Fiord, prenez mon mouchoir.

Acte 1.

Il existe trois catégories de Vamps. Selon un principe dont conviendrait Murphy, la qualité est inversement proportionnelle de la quantité. Les plus rares et les plus puissants sont les Vamps femelles. On trouve normalement une seule « reine » par vaisseau ruche. Outre son rôle de leader, c’est aussi elle qui procède aux interrogatoires, car ses pouvoirs télépathiques sont si développés qu’ils affectent même les humains. En nombre moyen, on trouve les Vamps mâles que l’on pourrait qualifier d’intellectuels. Dotés d’un esprit curieux et imaginatif, un rien dandys, et parfois même poètes, ils constituent les ingénieurs, chercheurs, administrateurs, commandants et notables de la communauté Vamp. Enfin, à la pelle, on trouve les Vamps mâles que l’on pourrait qualifier de gros bourrins. Obéissant à un mode de pensée schématique, n’ayant même pas de visage, ils sont totalement interchangeables et sacrifiables. Cette organisation insectoïde a suscité de nombreuses interrogations parmi les penseurs de Xtrapolis. Elle soulève de nombreux problèmes d’ordre philosophique, sur le rapport de l’individu au groupe, sur la façon dont notre hérédité peut définir une caste, ect… Mais, entre toutes autres questions, il en est une qui préoccupe particulièrement : « Comment fonctionne la sexualité Vamp ? ». Cela témoigne du niveau usuel de nos pensées.

Cypher tenait Hermione en joue, surveillait chacun de ses faits et gestes, comme le lui avait ordonné Fiord. Au bout d’un moment, il lui vint à l’idée qu’il devrait également faire attention à ce qu’Hermione ne faisait pas. De fait, Hermione ignorait délibérément quatre signes vitaux isolés détectés par le vaisseau. Il ne pouvait s’agir ni des hommes de Fiord ni de leurs prisonniers, c’était donc…
-Patron ! Je crois que nous avons des intrus à bord !

Ronon était un coureur. Ronon courait. La chasse au coureur était une activité répandue parmi les Vamps de la classe moyenne. Lorsqu’une reine voulait parfaire l’entraînement des soldats, et ne plus voir la tête d’un intellectuel pendant un moment, elle lui disait : « Allez donc chasser, et emmenez du muscle avec vous ». Ronon avait été traqué pendant des années, jusqu’à ce que Bécot retire l’émetteur greffé par les Vamps. Il en avait gardé une compétence autant pour le sprint que pour l’endurance, sans parler de ses aptitudes pour le combat. Les Vamps l’appelaient parfois « Ron le survivant », et la rumeur s’était répandue parmi eux que ce coureur là ne se contentait pas de fuir mais tuait ses poursuivants, si bien que les Vamps avaient pris l’habitude de dire, au sujet d’un congénère se préparant à la chasse au Ronon, « Il ne le sait pas encore mais il est déjà mort ». Cette fois ci, c’était vers la salle des machines du Labyrinthe que Ronon courait. Il fit irruption dans la pièce, tira sur un homme de Fiord, lequel put grâce à l’hormone esquiver l’attaque. Ronon fit alors demi-tour et s’enfuit comme un lâche. Les hommes de Fiord devaient tout ignorer de la réputation de leur ennemi, car trois d’entre eux furent assez bêtes pour se lancer à sa poursuite. Ronon courut encore, conservant avec peine une distance raisonnable entre lui et ses poursuivants drogués à l’hormone. Il se dit en son fort intérieur que ce genre de dopage devrait être interdit dans quelque course que ce soit. Après cinq minutes de poursuite effrénée, il plongea dans une pièce latérale, dont Chaparde referma hermétiquement les battants. McCain actionna alors sa télécommande de modèle Aïeul, ce qui eut pour effet d’éteindre le bouclier du jollyjumper. Le sas resté grand ouvert fut exposé à l’hyperespace, non pas vide mais empli d’un gaz toxique, qui se répandit dans les coursives jusqu’à ce que le système de sécurité automatique referme en urgence toutes les portes. Comme l’avait calculé McCain, les trois poursuivants de Ronon furent néanmoins atteints par la mort vaporeuse.
-Et trois de moins, dit Chaparde avec une certaine satisfaction.
-Rrrr, sourit Ronon.
-Il n’en reste plus… commença Teyla lorsque le décor autour d’elle accusa les marques d’une sortie d’hyperespace.
-… que cinq, finit elle de dire mais avec désormais de l’inquiétude dans la voix.
-C’est ce que je craignais, s’affola McCain. Fiord n’est pas si pressé que cela, et maintenant qu’il a ramené le vaisseau dans l’espace conventionnel, il va pouvoir utiliser le téléporteur.
-Je vous rappelle que vous avez saboté le téléporteur, dit Chaparde.
-Et je vous rappelle que je n’ai rien pu faire qu’Hermione ne puisse défaire. Ce n’est qu’une question d’heures avant qu’il…

Une lumière bleutée enveloppa nos quatre amis et ils furent transportés en un clin d’œil sur la passerelle de commandement.
-Une question de minutes, en fin de compte, soupira McCain. A vrai dire, j’espérais que vous ralentiriez le travail, Hermione !
-Je suis désolé, docteur McCain, s’excusa Hermione, mais ils m’ont menacé d’invoquer la bête !
-La bête ? s’étonna Chaparde.
-Oui, expliqua Hermione avec de la terreur dans la voix, la petite bébête qui monte, qui monte…
-Vraiment très très très chatouilleux, dit Fiord qui ne s’en lassait pas.
-Et bien sûr, compléta Chaparde, nos armes ne nous ont pas suivis.
-Question de sécurité, acquiesça Fiord.
-Ni mes vêtements, dit haineusement Teyla.
-Question de libido, acquiesça Fiord.

Chaparde, McCain et Ronon prirent alors note de ce détail qui leur avait échappé, puis détournèrent rapidement le regard afin d’éviter des difficultés semblables à celles qu’avait suscitées la découverte d’Atlas.
-Qu’on les ligote, ordonna Fiord, et que le truc gris remette le vaisseau en hyperespace.

Après une demi-heure supplémentaire de voyage, le Labyrinthe apparut dans le vide interstellaire. A quelques centaines de kilomètres devant lui se dressait la masse imposante de l’étoile de la mort, sorte de demi-oursin violet dont les tours s’entrecroisaient dans le plus pur style kryptonien. Fiord s’avança vers la vitre, et demanda :
-Avez-vous repéré la salle des ZPMs ?
-Oui, répondit Hermione, les détecteurs ne voient pour ainsi dire qu’elle.
-Alors, dit Fiord en bombant le torse, énergie !

Fiord et l’un des ses serviteurs disparurent. Ne restèrent sur le pont de commandement que Chaparde, McCain, Ronon, Teyla, Canderel, Tim, et Cypher.
-C’est bon, dit ce dernier, ils sont arrivés à destination.
-Mais j’ai le regret de vous informer que les Vamps viennent d’activer leur système de brouillage, dit Hermione qui ne regrettait rien. Nous ne pouvons plus ramener votre chef à bord.
-Quoi ? s’exclama Tim. IIIl ne devait yyy avoir aucune actiiiviiité !
-Ne t’inquiète pas, dit Cypher avec calme, tout se déroule selon le plan.
-Pas du tout ! Ceciii n’était pas prévu.
-Pas prévu par Fiord, mais prévu par moi et par mes maîtres.
-Mais que diiis tu là ?
-Il vous dit qu’il est un adorateur des Vamps, expliqua Chaparde qui comprenait vite.
-Exactement, sourit Cypher. Et ce vaisseau va maintenant devenir la propriété des Vamps. Ils y gagneront le moyen de rejoindre la Terre, et seront très contents d’apprendre que vous avez falsifié l’explosion de Xtrapolis. Vous savez combien les Vamps peuvent être généreux envers leurs serviteurs les plus dévoués. Je survivrai à tous vos descendants, si jamais ils vous laissent en avoir. Et maintenant, permettez moi de vous offrir ce que Fiord n’a jamais vraiment su faire : MUAH AH AH AH, MUAH AH AH AH AH !
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MessageSujet: Re: Wormhole Xtrapolis   Sam 11 Nov - 20:12

Acte 2.

Il y a dix mille ans, dans la Voie Lactée, une guerre faisait rage entre les Avantgardes et les Goules. En ce temps là, les défauts de la technique de clonage Avantgarde n’avaient pas encore provoqué la dégénérescence de leur espèce. Les Avantgardes étaient déjà gris avec un cerveau énorme, mais ils étaient grands et avaient de vrais muscles. Ils ne s’étaient pas non plus déjà prémunis contre l’implantation d’un parasite Goule, et quelques uns d’entre eux servaient d’hôtes à l’adversaire, dont le support vital était par ailleurs majoritairement composé de Unos. Les combattants se valaient aussi sur le plan technologique, ayant tous fondé une part importante de leur savoir sur les artefacts et ruines diverses laissés par les Aïeux. Néanmoins, les Avantgardes parvinrent à prendre l’avantage, et l’espèce des Goules fut alors très prés de s’éteindre. C’est alors qu’un Goule appelé Rat découvrit une petite planète peuplée d’humains, dont le mode de vie était fort bien résumé par le terme « primitif ». Cette découverte fut doublement profitable aux Goules. D’une part, elle leur fournit une nouvelle espèce hôte, moins grossière que les Unos mais plus influençable que les Avantgardes. D’autre part, la Terre, puisque c’était elle, regorgeait d’artefacts Aïeux, ce qui permit aux Goules une brusque et décisive avancée technologique. C’est à la même époque que les quelques Aïeux ayant survécu aux Vamps retournèrent sur la Terre.
Pour contrer la menace Goule renouvelée, les Avantgardes fondèrent une grande alliance. Cette alliance réunissait les Avantgardes, les Aïeux, les Nazes, et les Furlings. Malheureusement, les Avantgardes ne tardèrent pas à se rendre compte qu’ils avaient réuni une belle équipe de bras cassés. Eux mêmes, les Avantgardes, étaient déjà épuisés par des années de combats, et il devint clair qu’ils étaient les seuls à vouloir se battre. Les Aïeux ne songeaient qu’à l’ascension, et n’avaient de toute manière jamais été fichus de gagner une guerre contre qui que ce soit. Les Nazes étaient des hippies, aussi pacifistes que défoncés à la canamojo. Les Furlings étaient timides, et on ne les voyait quasiment jamais. Moralité, l’alliance se prit une bonne correction, et les Goules régnèrent en maîtres sur la Voie Lactée. Rappelons que, pendant ce temps, les Vamps régnaient sur la Licorne, et les Orties sur la galaxie d’origine des Aïeux. Dégoûtés, les Aïeux quittèrent notre plan d’existence, et se promirent de ne jamais plus se mêler des affaires des autres. Non pas qu’ils respectent le libre-arbitre des êtres inférieurs, mais de peur d’être toujours aussi nuls, même avec les pouvoirs de l’ascension. Les Avantgardes fuirent vers une autre galaxie, la galaxie d’Irma, où ils vécurent en paix jusqu’à l’arrivée des Photocopieurs. Les Nazes se planquèrent sur leur monde natal, où ils purent fumer leur canamojo en paix. Les Furlings se consacrèrent à la contemplation et à sa transcendance, c'est-à-dire qu’ils inventèrent le téléviseur universel et passèrent leur temps à regarder ce que faisait le reste de la galaxie. Ils se prirent notamment d’un grand intérêt pour les aventures du colonel Danning, du docteur Levant, du major Stacy Monroe et de Grell le Jaffar.
Tout récemment, les Avantgardes ont fondé une nouvelle alliance, cette fois avec les Terriens, les Jaffars libres, et les Tocards. Bien que peu développés technologiquement et pauvres en vaisseaux spatiaux, ces trois nouveaux alliés réussirent à vaincre les Photocopieurs et les Goules. Les Avantgardes en sont même venus à penser qu’un espoir subsistait contre les Vamps et les Orties. En une occasion, le docteur Levant interrogea Tort, commandant suprême de la flotte Avantgarde, sur la façon dont les Aïeux et les Nazes considéraient les humains comme des enfants qui devaient apprendre seuls à marcher. Tort lui expliqua qu’il connaissait cette philosophie, dite de « la directive première », et que les Aïeux et les Nazes étaient libres de s’implanter ce concept au niveau du colon.

A bord du Labyrinthe, Canderel fulminait.
-Ces Krygonites… heu… ces Vamps sont diablement intelligents. Voila Fiord piégé alors même qu’il venait de nous prendre dans un piège. Du coup, puisque nous sommes tombés dans le piège de Fiord, qui lui-même est tombé dans le piège des Vamps, nous nous en trouvons doublement piégés. Cependant, je suppose, Chaparde, que vous êtes venu ici afin de piéger Fiord, et peut être pourriez vous inclure les Vamps dans ce piège. Nous aurions alors piégé les Vamps après qu’ils aient piégé Fiord qui nous avait piégés.
-Là, dit Chaparde, vous me posez une question piège.
-Rrrr ?
-En fait, intervint McCain, c’est tout à fait faisable.
-Non ? dit Chaparde d’un air incrédule.
-Parfaitement. Encore faudrait il que nous ne soyons plus ligotés à ces fauteuils.
-Je vais vous détacher, dit Tim qui savait que face à deux ennemis il fallait s’allier au moindre contre le pire.
-Tu ne bouges pas ! ordonna Cypher en pointant son arme dans la direction de Tim.

Ce fut son erreur. Hermione, ne sentant plus le pistolet contre sa nuque, activa le téléporteur qui transporta Cypher à l’extérieur du vaisseau, juste devant la vitre. Ceci ferait un bon gag pour un scénariste de série télévisée, à condition qu’il contourne l’aspect gore en ignorant délibérément les lois de la physique. En effet, la différence entre la pression sanguine du corps de Cypher et l’absence totale de pression dans le vide spatial eut pour conséquence l’explosion de sa chair et de tous ses organes. Il ne resta de lui qu’un squelette flottant dans un nuage de gouttelettes rouges. Après avoir vomi, Tim détacha les cinq prisonniers du pont de commandement.
-Je vais libérer le reste de l’équipage et retrouver mes vêtements, dit Teyla. Peut être pas dans cet ordre.
-Alors, dit Chaparde tandis que Teyla s’éloignait dans les coursives, quel est donc ce piège, McCain ?
-Il s’agit du projet freekawoosh, répondit McCain.
-Le projet freekawoosh ? réagit vivement Hermione. Docteur McCain, vous savez pourtant bien que nous ne l’avons pas encore testé !
-Appelez ça un test de la dernière chance.
-De toute façon, il nous faudrait un portail des étoiles.
-Nous en avons un. Celui de la planète Datalore, que j’ai téléporté à bord du Labyrinthe avant que vous répariez le reste des systèmes.
-Effectivement, reconnut Hermione. Je l’ai sur mon écran.
-Hermione, dit Canderel, est ce dangereux ?
-Oui, dans tous les cas. Pour qui ça l’est dépend de la réussite ou de l’échec de l’opération. Mais je reconnais que la situation demande une manœuvre désespérée.
-Personne n’a-t-iiil songé à fuiiir ? demanda Tim.
-Si, moi, répondit McCain. Mais je sais que Canderel et Chaparde ne laisseront jamais Fiord aux mains des Vamps. Pas vivant, en tout cas. Il en sait trop sur Xtrapolis.
-Content de voir que vous vous familiarisez à mon point de vue, dit Chaparde.
-Je calcule les coordonnées de position, d’inclinaison, et d’adresse du portail, dit Hermione. Docteur McCain, occupez vous d’introduire le programme dans la matrice du portail.
-Aucun problème, dit McCain qui était tout excité à l’idée de concrétiser l’un de ses projets explosifs.
-Mais de quoi s’agit il ? demanda Chaparde.
-Plus tard les explications ! dirent simultanément McCain et Hermione.
-Je déteste quand il fait ça, dirent simultanément Chaparde et Canderel.
-La cité Vamp se prépare à faire feu, signala Hermione sans arrêter ses calculs. Nous n’aurons peut être pas le temps.

Un formidable jet d’énergie partit de la cité, et passa à dix kilomètres du Labyrinthe.
-Ce tir venait de l’étoile de la mort ! s’exclama Canderel qui était après tout resté un grand enfant.

A bord de la cité Vamp, un commandant et un ingénieur tenaient cette conversation :
-/;?§%ù¨^*=}-|[#....../////?,,,,\\\\\\\\
-:::::::§$¤^@#&&&&//////;.\\\\\\_____:::::::::!!!!!!!!!!!!!!!

Ce qui, traduit en des termes compréhensibles, donnait :
-On ne vous a donc jamais appris à viser ?
-Ce canon a été conçu pour détruire une planète. Vous me demandez d’écraser une mouche avec un bazooka !

Sur le pont du Labyrinthe, les visages furent éclairés un bref instant par un deuxième tir à peine moins éloigné de sa cible.
-J’ai terminé de charger le programme, déclara McCain.
-Et le téléporteur est proprement calibré, compléta Hermione.
-Alors exécution ! ordonna Canderel. Quoi que ce soit, faites le !

Hermione déplaça un galet, et le portail apparut devant la vitre, de dos. McCain pressa une touche, et le portail commença à composer une adresse.
-Basiquement, expliqua McCain tandis que les chevrons s’éclairaient un à un, il s’agit d’un programme contournant certaines sécurités du portail des étoiles, afin de lui faire faire quelque chose qu’il n’est pas normalement supposé faire.

Le septième chevron s’alluma, et le vortex commença de se former, jaillissant en un kawoosh qui grossit jusqu’à sa taille maximale. C’est à ce moment précis que le portail se désactiva brusquement. Le kawoosh, désormais libre de l’influence du portail, continua sur sa lancée, fonçant droit sur la cité Vamp. Plusieurs monoplaces Vamps se kamikazérent sur l’improbable projectile, mais la boule de vide instable les avala comme autant de hors-d’œuvre. Le kawoosh traversa les murs de la cité, comme s’ils étaient en papier, et atteignit la salle des ZPMs.

L’étoile de la mort explosa.

Tous les vaisseaux ruches, bombardiers et chasseurs monoplaces, qui tentaient à ce moment là de décoller, furent balayé par le souffle de l’explosion. Contrairement à une idée répandue, il peut y avoir un souffle dans le vide spatial. Seulement, on ne peut l’entendre qu’en étant à l’intérieur même. Le Labyrinthe, plus éloigné et possédant un bouclier magnétique, encaissa le choc sans perdre plus de quatre-vingt pourcents de ses défenses.
-L’opération freekawoosh est un succès, déclara Hermione, si l’on fait abstraction du fait que le portail a été endommagé.
-C’est rien de le dire, soupira McCain. Le portail est la première chose que le kawoosh a avalée. N’empêche… nous venons de détruire le plus gros vaisseau Vamp jamais construit en un seul tir !
-J’aurais aimé appuyer sur ce bouton, dit Chaparde de l’air rêveur du soldat qui vient de trouver une très grosse arme.
-Rrrr ! dit Ronon qui partageait ce sentiment.
-Dommage pour Fiiiord, dit Tim qui venait d’annoncer par radio au seul autre membre de son équipe encore à bord le succès de la mission.
-Je ne serais pas étonné qu’on le revoit, dit Chaparde d’un ton confiant.
-Heu… hésita McCain. Vous cherchez encore à avoir l’une de vos phrases de conclusion, ou vous pensez vraiment ce que vous venez de dire ?
-Je le pense, répondit Chaparde. Il reviendra.
-Certes, dit McCain qui commençait à douter du bon sens du colonel. Il est vrai que tout est possible.

Le pilote arriva sur le pont de commandement. Hermione ramena sa table à galets dans la salle des machines. Le Labyrinthe ouvrit une fenêtre d’hyperespace vers Xtrapolis.
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MessageSujet: Re: Wormhole Xtrapolis   Sam 11 Nov - 20:13

Acte 3.

Certaines personnes prétendent que, dans un multivers infini, toute chose imaginée par l’homme a du se produire pour de vrai quelque part. On peut aussi, plutôt que d’espace, parler de temps, et s’émerveiller de la façon dont nos sous-marins actuels ont d’une certaine manière rendu réel le Nautilus de Jules Verne. Il doit y avoir du vrai dans ce concept, car l’auteur anglais Douglas Adams aurait été fort surpris par un pant de l’histoire des Aïeux, dit de « la crise du service après vente ». Sur le monde originel des Aïeux, les entreprises de hautes technologies en étaient venues à ne faire de bénéfices que sur les réparations, conseils et remplacements prodigués à leurs clients au-delà de la période de garantie. Les philosophes Orties considéraient cette situation comme le triomphe du matérialisme et de l’argent, une manifestation moderne du Mal. Les philosophes Alternatifs y voyaient un frein au progrès scientifique, ainsi qu’une menace écologique. Une fois n’est pas coutume, tous les grands penseurs Aïeux étaient au final du même avis. Cela ne se fit pas sans heurt, mais une nouvelle loi fut votée, et appliquée avec une tolérance zéro : Interdiction fut donnée aux entreprises de hautes technologies de mettre sur le marché un appareil incapable de fonctionner à la perfection après avoir été oublié dans un coin pendant dix mille ans. Pour citer le docteur Levant : « Ce sont les Aïeux. Ils font tout en grand ».

Sur Xtrapolis, la voix de Atlas se fit entendre. Contrairement à son habitude, le moteur de recherche parla d’une voix dont chaque mot semblait avoir été prononcé à part.
-Docteur – Weird – Vous – avez – un – nouveau – message – Souhaitez – vous – le – consulter ?
-Heu, oui, répondit une Weird légèrement déroutée.
-Nouveau message – Reçu – aujourd’hui – à – vingt deux heures – trente.

La voix enregistrée du colonel Canderel fut alors diffusée. Weird apprit ainsi que le Labyrinthe était à nouveau sous contrôle et arriverait sur Xtrapolis d’ici quelques minutes.
-Fin du message – Souhaitez-vous – le – conserver ?
-Oui, répondit Weird.
-Message sauvegardé, conclut Atlas. Fin des messages.
-Dites-moi, Atlas, si vous étiez un animal, lequel seriez-vous ?
-Un humain, répondit l’IA en reprenant sa voix habituelle.
-Non, je veux dire, en dehors de ça ?
-Je ne sais pas. Peut être un épervier. Pourquoi ?
-Oh, pour rien.

Bien plus tard, Weird tenait conseil dans son bureau, en compagnie de l’équipe de Chaparde, du colonel Canderel, et de Lardon, le chef des Génies.
-Si je résume bien, dit Lardon, vous avez détruit un vaisseau ruche plus grand et plus dangereux qu’aucun autre jamais rencontré, mais avez pour cela sacrifié le portail des étoiles de la planète où se situe notre base. Les Génies sont donc définitivement coupés de ce centre d’étude.
-Sauf si nous y amenons un autre portail, dit Weird. Nous en avons déjà déplacé un grand nombre pour l’un de nos grands projets.
-Quel grand projet ? voulut savoir Lardon.
-Il est encore trop tôt pour ce type de confidence, dit Weird avec un sourire diplomatique.
-Et que demandez vous en échange du rétablissement d’une voie d’accès ?
-Nous demandons l’autorisation de considérer désormais cette base Génie comme l’un de nos terrains de repli. Rien de plus.
-Eh bien, dit Lardon avec bonne humeur, cela me semble raisonnable. Par ailleurs, si j’en crois vos dires, notre scientifique, Cypher, nous aurait trahi bien avant de rejoindre ce Fiord. Ceci m’échappe. Comment peut on vénérer les Vamps ?
-Comment peut on vénérer quoi que ce soit ? murmura McCain.
-Il semblerait, expliqua Weird, que les Vamps puissent non seulement prendre des années mais aussi en donner. La promesse d’une vie éternelle a toujours été séduisante pour nos congénères les plus crédules. Il y a également fort à penser que ces adorateurs vivent dans un certain luxe.
-Ils se seraient donc vendus en échange d’un paradis éternel ? médita Lardon. Oui, je reconnais là le premier des travers humains. Nous devrons à l’avenir nous méfier de ces personnes. Qui sait combien d’entre eux sont encore dans nos rangs ? Vous avez de la chance d’être nouveaux dans cette galaxie, de sorte que vous échappez au climat de suspicion qui ne manquera pas de s’installer parmi les Génies.
-Nous avons des problèmes dans notre propre galaxie qui trouvent leurs racines dans le même fumier, soupira Weird. Encore merci pour votre participation, Lardon. Notre confiance en vous ne cesse d’augmenter.
-Disons qu’elle quitte doucement les valeurs négatives pour revenir vers le zéro, dit Lardon en se levant. Je suis conscient d’avoir encore beaucoup à me faire pardonner.

Plus tard, dans l’infirmerie du docteur Bécot. Tim et le huitième pirate étaient endormis, chacun sur un lit. Bécot regardait les résultats de leurs analyses d’urine.
-Les taux d’hormone observés ici n’ont rien de comparables à ceux de Fiord, expliqua t’il à Weird. Nous devrions pouvoir les sevrer graduellement, et peut être améliorer nos anti-douleurs et substituts de dépendance. Il est appréciable qu’ils coopèrent, mais il est à craindre qu’ils changent d’avis lorsque le manque se fera vraiment sentir.
-Vous êtes un médecin compétent, Bécot. Vous réussirez.

Epilogue.

Un nouveau matin naquit, petit triomphe d’un univers et d’une vie qui se passaient très bien de quelque but que ce soit. Buvant son café, Weird respirait l’air frais du large, debout sur l’une des nombreuses terrasses de la cité. McCain arriva derrière elle.
-J’ai une grande nouvelle, annonça ce dernier. Vous savez que notre recherche de Nexus III n’a pour l’instant rien donné, en dehors d’une planète de Vamps félins, et d’une autre peuplée de lapins dirigés par un écureuil ?
-Je n’ai pas oublié le rapport de Chaparde sur la seconde planète, dit Weird en refreinant le fou rire suscité par ce simple souvenir. Cette planète s’appelait Uryuom, et l’une de leurs technologies a accidentellement transformé Teyla en homme et le reste de l’équipe en femmes.
-Oui, dit McCain que cela n’amusait pas du tout, un souvenir presque traumatisant.
-Les huit autres planètes explorées dans ce cadre ne portaient pas de trace de civilisation, poursuivit Weird. Dois je comprendre qu’il y a du nouveau ?
-Nous venons de recevoir l’étude réalisée par le docteur Levant sur certains textes obscurs de la base de données. Il pense avoir identifié notre meilleure candidate.

Dans sa chambre, Chaparde, mu par un étrange instinct, se réveilla en sursaut et dit « Il est temps de le vérifier » sur un ton héroïque. Puis il s’habilla et alla prendre son petit déjeuner, en se demandant pourquoi diable il avait dit cela.

Fin de l’épisode.
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MessageSujet: Re: Wormhole Xtrapolis   Sam 11 Nov - 20:16

Wormhole
Xtrapolis.

Livre 4 : Le Fermier.

Prologue.


La vie est pleine de problèmes techniques, comme autant de bâtons pouvant se glisser dans les roues d’un char. Une règle de la science-fiction audiovisuelle veut cependant que les problèmes ne soient associés qu’à des choses « importantes », ou, en tout cas, peu communes. En aucun cas un explorateur de l’espace n’attrapera une banale grippe, et ne s’en trouvera banalement mort. Non, si un aventurier des étoiles attrape une maladie, il s’en trouvera transformé en homme des cavernes, ou alors ce sera une épidémie susceptible de décimer la planète entière. De même, tout être humain vivant sur une autre planète parlera forcement la même langue que les héros de l’aventure. Seul un extraterrestre vraiment exotique, comme un gros lézard vert, pourra éventuellement poser des problèmes d’ordre linguistique. Si une technologie, par exemple un téléporteur, a un raté, cela ne causera jamais la mort du personnage. Le protagoniste s’en trouvera plutôt fusionné avec une autre personne, envoyé dans une réalité alternative, ou doté d’un jumeau maléfique, hypothèses tellement plus probables. Un réacteur supraluminique ne tombera pas non plus en panne, à moins que les héros s’en trouvent bloqués loin de toute assistance, de surcroît en compagnie d’un vaisseau ennemi.

Les oiseaux gazouillaient dans la fraîcheur des branches, tandis qu’un soleil radieux faisait monter la sève jusqu’aux feuilles. Certains insectes, semblables à des cigales, se joignaient au concert. La forêt chantait la vie. Un mammifère, que la nature avait doté d’une grâce semblable à celle de la biche, broutait paisiblement l’herbe d’une clairière. Soudain, l’animal leva une oreille, puis tourna la tête vers le grand anneau de pierre au centre de la clairière. Des lumières bleues s’étaient mises à courir autour de l’étrange cercle, et cela d’une manière étonnamment bruyante. On se moque souvent des animaux craintifs, qui s’enfuient à la moindre branche brisée, au moindre fruit tombant à terre. Cet animal ci était sans doute beaucoup plus intelligent, car il s’approcha du cercle pour voir les lumières de plus prés. Lorsqu’une grande lumière apparut à l’intérieur de l’anneau, il la vit effectivement de très prés.
-Nous voici donc, peut être, enfin sur Nexus III, dit Chaparde une fois tous les membres de son équipe rematérialisés.
-Espérons le, dit distraitement Teyla en posant son regard sur le sol. Est-ce que je fais erreur, ou sont ce là quatre sabots fumants ?
-La faune locale n’a sans doute jamais entendu parler de kawoosh, commenta McCain.

McCain se trompait. Depuis des générations et des générations, la sélection naturelle avait doté les hôtes de ces bois d’un instinct qui les poussait à fuir le portail, même quand il était inactif. Mais l’hérédité est ainsi faite qu’un individu nait parfois avec les moyens de réessayer certaines choses, ce qui permet à l’espèce de se passer d’instincts devenus obsolètes. Malheureusement pour notre innocente victime, cet instinct là était toujours d’actualité.
-D’après les relevées de la sonde aérienne, expliqua McCain en consultant son organiseur Aïeul, la ville devrait se trouver dans cette direction.
-Alors allons y sans tarder, ordonna Chaparde en suivant la direction indiquée du doigt par McCain.

Après cinq minutes de marche, un spectacle idyllique s’offrit à eux. Il y avait là une ville de paysans, mais pas de pauvres paysans, malades et pataugeant dans le fumier. Non, ces gens là respiraient la santé et le bonheur, et les rues étaient ornées de fleurs. Les étals des marchands témoignaient d’une récolte aussi abondante en quantité qu’en qualité. Un ruisseau d’eau propre coulait entre les pavés, et des enfants jouaient autour d’une fontaine. Tous ces gens étaient en excellente forme, et Chaparde remarqua celles des jeunes filles. C’est alors qu’un homme s’avança à leur rencontre. Quelque chose dans son attitude indiquait que l’accueil des étrangers faisait partie de ses prérogatives officielles.
-Qui que vous soyez, considérez vous comme les bienvenus dans notre bonne ville, dit il. Je me nomme Ergo, maire de la cité aux milles pétales.

Ergo avait les cheveux gris. Son visage et ses mains étaient ridés. Mais il avait la poignée de main ferme et énergique. C’était l’un de ces vieillards secs qui semblaient à jamais fachés avec l’idée même d’une canne, et dont les dents étaient obstinément casanières. La meilleure façon de vieillir, celle qui savait se faire oublier. Chaparde et ses trois compagnons furent conviés à table. Durant le repas, ils apprirent qu’Ergo était non seulement le maire mais également le médecin du village. C’était lui aussi qui avait inventé un engrais d’une efficacité miraculeuse, ainsi que l’eau courante dans chaque foyer. De l’avis de tous, il était l’homme providentiel qui avait sauvé le village de la famine et de la maladie. La vie était devenue de plus en plus saine et plaisante depuis qu’il était sorti de l’anneau des Aïeux, voila déjà une soixantaine d’années. Il ne paraissait que trente ans à l’époque, et on avait du mal à croire qu’il en avait aujourd’hui quatre-vingt dix. Lorsque Chaparde apprit l’existence d’autres villages et d’une population de plusieurs milliers d’hommes et de femmes, il s’étonna à voix haute que les Vamps ne soient pas venus au banquet. La gaieté d’Ergo s’effaça à ces mots, et il expliqua que les Vamps les avaient simplement laissés en paix, comme s’ils avaient oublié l’existence de ce monde. De nombreuses peintures témoignaient pourtant qu’ils étaient venus par le passé, et n’avaient pas rencontré de résistance. Ergo, reprenant un air jovial, expliqua qu’il préférait ne pas penser aux problèmes contre lesquels il ne connaissait nulle solution. McCain choisit ce moment pour expliquer qu’ils étaient à la recherche de ruines et artefacts laissés par les Aïeux. Ergo lui répondit qu’ils auraient en ce cas beaucoup à voir, car la région en était remplie.

Acte1.

Le portail des étoiles est un moyen de transport fort apprécié, et cela non sans raison. Outre sa qualité esthétique indéniable, il est facile d’utilisation, et instantané. McCain et Monroe rétorqueraient un nombre à virgule à l’encontre du dernier point cité, mais peu importe. Le portail des étoiles est aussi un mode de déplacement sûr, dés lors que l’on esquive le kawoosh, et que l’on ne prend pas le vortex à contresens ou par derrière.
Il existe cependant une ombre au tableau. Il ne peut y avoir qu’un seul portail des étoiles pleinement fonctionnel par planète. Si l’on place un second portail sur une planète, il pourra servir de sortie mais pas d’entrée, du fait de la dominance du premier portail. Ceci disqualifie le portail comme moyen de transport de masse, et en fait le privilège de quelques uns. Les Hybrides ont bien essayé d’en faire profiter le plus grand nombre, en plaçant le portail sur une voie de chemin de fer, mais cela n’a que légèrement atténué le problème. On doit cependant à cette expérience une phrase remarquable : « Je te rappelle plus tard, chérie. On va passer dans un vortex ».
Au-delà de telles anecdotes, le portail a eu une influence certaine sur la démographie des planètes. Les mondes dont la porte est orbitale, enterrée, ou détruite, ont généralement des villages, villes et pays répartis un peu partout à la surface de la planète. Par contre, un nombre significatif de mondes dont le portail est accessible à pied n’ont en fait qu’un seul village, bati non loin du portail, tout le reste de la planète restant sauvage. Dans certains cas, cela s’explique par le statut religieux du portail aux yeux du peuple concerné. Dans d’autres cas, la cause en est beaucoup plus profane. Les gens aiment voyager loin. Les commerçants aiment multiplier les clients. Les âmes solitaires doivent parfois aller chercher loin l’amour. Mais tout ce petit monde n’aime pas se fatiguer. Or, le portail fait d’une autre planète une destination à deux pas de chez soi, et par contraste la colline voisine semble un long trajet. Ainsi, même les explorateurs les plus passionnés se consacrent exclusivement au portail, le reste étant bon pour les écureuils.
Un effet pervers de cette habitude est la façon dont s’en trouvent décrites les planètes. Si vous demandez à quelqu’un à quoi ressemblait la planète Albinos, lieu de la mort de Rat, il vous répondra « À du sable », alors que bien évidemment le désert ne recouvre pas toute la planète. Par contre, il faut reconnaître un intérêt écologique à cette situation, qui laisse vierge de toute pollution la majeure partie de chaque planète.
La planète d’Ergo faisait cependant exception. Des gens de toute la galaxie venaient s’installer sur le monde du grand alchimiste, et s’y sédentarisaient rapidement.

Les ruines d’une cité se dressaient au dessus de la canopée. Une terrible bataille avait jadis fait trembler ces lieux, opposant Aïeux et Vamps. Les Alternatifs en étaient bien évidemment sortis vaincus, et les Vamps, pour une raison obscure, avaient comme d’habitude laissé les ruines en état. Des plantes grimpantes tapissaient les murs, s’enfonçant dans les ouvertures jusqu’à ce que la lumière soit trop faible. La cité fantôme ressemblait à un grand sphinx vert, ou à quelque autre chimère. Chaparde écarta un rideau de lianes et s’avança dans un couloir, le reste de l’équipe sur ses talons, Ergo suivant de loin. De nombreux couloirs latéraux se ramifiaient ici et là, mais la plupart étaient effondrés. Chaparde finit par entrer dans une grande pièce, munie d’un fauteuil télépathique. Il l’essaya, et c’est alors que se produisit une chose fort contrariante… rien. McCain fit le tour du fauteuil.
-Je crois savoir d’où vient la panne, dit il.
-Et d’où vient elle ? voulut savoir Chaparde.
-Il y a un trou gros comme mon poing à l’arrière du fauteuil.
-Et vous pourriez réparer ça ?
-Désolé, dit McCain avec un sourire contrarié, mais je n’ai pas la pièce. Peut être que si vous pouviez contacter le constructeur… Mais c’est un vieux modèle. On n’en fait plus, des comme ça.
-Ca va, rouspeta Chaparde, j’ai compris.
-Je crains fort que ce fauteuil soit la seule chose intéressante ici, s’excusa Ergo. Le reste n’est que bibelots sans utilité.
-Je reconnais là plusieurs objets d’usage courant chez les Aïeux, dit McCain. Il y ici un organiseur, là une lampe de poche, ici un de ces galets qui gueulent lorsqu’on ne leur donne pas à manger, là une de ces télécommandes en deux parties dont une avec joystick, ici un appareil photo, là un modèle réduit de jollyjumper qui devient une maquette de robot si on le bidouille comme il faut, ici un modèle réduit de Xtrapolis dans un globe de verre où il neige si on le retourne, ect… Des bibelots, effectivement.
-Et on ne peut aller nulle par ailleurs dans cette cité ? demanda Chaparde en direction de Ergo.
-Tous les autres couloirs sont ensevelis.
-Nous n’avons plus qu’à aller voir ailleurs, dit McCain en sortant de la pièce tout en notant quelques informations sur son organiseur.

On entendit le bruit sourd d’une personne se heurtant à un mur inattendu.
-Ca, hésita Ergo, c’était un placard.
-Effectivement, dit McCain en se massant le nez, mais mon erreur a du bon.
-Ah oui ? se moqua Chaparde.
-Ce placard est semblable à ceux de Xtrapolis, et il se pourrait qu’il soit toujours opérationnel.

Le placard de téléportation se révéla être effectivement opérationnel, mais seulement pour une destination. Il menait dans un autre couloir, autrement complètement isolé du monde extérieur, sauf pour les souris. Ces dernières avaient d’ailleurs involontairement creusé des bouches d’aération.
-Si l’on m’avait dit que les Aïeux voyageaient aussi via des placards, murmura Ergo qui n’en revenait pas.
-On dirait qu’il y a des inscriptions sur le mur, signala Teyla.
-Oui, confirma McCain, mais la boue a ruisselé dessus. Il va nous falloir nettoyer tout ça.
-Pendant que vous et Teyla vous occupez d’archéologie, décida Chaparde, le maire, Ronon et moi allons fureter dans les environs de la cité.
-Je ferais mieux de retourner dans mon village, dit Ergo. J’y ai une foultitude de choses à faire. La rançon du succès, je suppose.

Et c’est ainsi qu’Ergo reprit le chemin de son village, laissant McCain et Teyla à leur restauration souterraine, et Chaparde et Ronon à leur randonnée sylvestre.
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MessageSujet: Re: Wormhole Xtrapolis   Sam 11 Nov - 20:17

Acte 2.

Le docteur Weird écrivait ses mémoires. Elle venait d’aborder un chapitre traitant de la rencontre avec un peuple en apparence pacifique. Contre toute attente, ce peuple s’était effectivement révélé pacifique. Chaparde et son équipe avaient donc paisiblement parcouru les bois, ainsi que quelques ruines ici et là. Ils en avaient ramené des branches et des cailloux, ainsi qu’un récit aussi vide que la page devant Weird. Pourtant, il lui fallait trouver un moyen d’intéresser un éventuel lecteur à ce type de mission tranquille et sans surprise. Cela lui paressait d’autant plus difficile que les chapitres précédents avaient eu leur lot de fusillades et d’explosions. Elle décida finalement d’ignorer cette exploration pour parler d’une autre, dans laquelle s’était produit un sacré coup de théâtre. Weird savait très bien comment écrire la fin de ce chapitre là, à grand renfort de sentiments torturés. Quant au début, il était toujours aisé de créer un certain suspens. Malheureusement, vers le milieu de l’aventure, Weird se heurtait au même problème que précédemment. « Ce doit être ce que l’on appelle un ‘writer’s block’, ou ‘angoisse de la page blanche’ » murmura t’elle pour elle-même.
C’est alors qu’elle eut une idée. « Pourquoi ne pas écrire un passage sur toute la difficulté qu’un écrivain peut avoir à poursuivre une histoire ? » se demanda t’elle. L’idée lui sembla bonne pendant quelques minutes, puis elle se dit encore « Le lecteur pourrait considérer cela comme une arnaque, ou du moins se dire que je donne trop de crédit à mes petits problèmes ».
-Vous n’avez qu’à faire comme si ce n’était pas vous mais une autre personne, intervint Atlas.
-Allons bon ? s’étonna Weird. Vous lisez dans les pensées, maintenant ?
-Cela n’est guère difficile lorsque les gens se parlent à eux-mêmes sans s’en apercevoir.
-Oh, évidemment, hésita une Weird toujours mal à l’aise en présence de l’entité informatique.

La difficulté de fuir ladite présence n’arrangeait rien.

-En ce qui concerne votre idée, finit par reprendre Weird, il me semble que ce ne serait qu’un pas de danse supplémentaire. Cela revient toujours à tapisser un mur troué. Non, vraiment, je ferais mieux d’attendre que l’inspiration me revienne.
-A mon avis, vous ne devriez pas laisser votre récit en l’état, expliqua un Atlas autoproclamé critique littéraire. Introduisez au moins une anecdote croustillante, puisque c’est le style de narration que vous avez choisi.
-C’est qu’il y en a déjà tant dans mes mémoires, soupira Weird. Vous qui espionnez tout le monde, en connaissez vous une inédite ?
-Oui, plusieurs. Par exemple, il y a la fois où Blattes a fait du ski nautique à l’arrière d’un jollyjumper.
-Quoi ? s’exclama Weird. Vous parlez du Blattes qui n’arrêtait pas de fliquer tout le monde au moindre écart de conduite ?
-Il faut croire qu’après avoir passé la journée à critiquer les autres, il était trop fatigué pour faire son autocritique. Sinon, reprit Atlas après un temps, j’ai remarqué que vos mémoires commençaient par votre arrivée sur Xtrapolis. Mais je crois savoir que vous avez travaillé à la WXZ avant cela. Pourquoi ne pas en parler ? En plus, cela traiterait d’événements que, moi, je ne connais pas déjà . Par exemple, beaucoup de personnes de votre expédition parlent d’un certain Danning. J’ai cru comprendre que c’était une sorte de héros pour votre peuple, et qu’on ne la lui faisait pas, à lui. L’avez-vous connu ? Comment se porte t’il ?
-Oh, il va bien, et j’ai effectivement eu l’honneur de le connaître.

Deux ans et un mois auparavant, à la WXZ, dans les entrailles de la montagne Comanche.
-Le moment de mon départ pour l’Antarctique est arrivé, dit Weird en entrant dans le bureau de Danning.
-Comment ? demanda en retour ce dernier.
-J’ai dit, cria presque Weird tout en détachant les syllabes, que je vais en Antarctique.
-Si j’ai de l’arthrite ? s’étonna Danning. Ai-je l’air si vieux ?
-Eh bien… hésita Weird qui savait reconnaître un péril diplomatique.
-C’est bien les jeunes de nos jours, ça, s’offusqua Danning. Pourtant, j’ai encore de la ressource ! Ca se voit qu’il y a marqué « colonel » sur mon uniforme !
-En fait, il y a marqué « général » maintenant.
-Comment ?
-Général, cria autant qu’articula Weird.
-Général ? Ah, oui, c’est vrai. Le temps passe vite. Il me semble qu’hier encore j’étais colonel.
-C’est parce que c’est vrai.
-Comment ?
-C’EST VRAI, VOUS ETIEZ ENCORE COLONEL HIER.
-Ah bon ? Ah, oui.
-AU REVOIR, dit Weird en se dirigeant vers la porte du bureau.
-Je me demande comment va la petite Cassandra ? marmonna sans préambule Danning. Elle doit être au collège, maintenant.
-A l’université, corrigea Weird.
-Comment ?
-L’UNIVERSITE.
-Déjà ? Ca passe vite. Ben, au revoir, alors.

Tandis qu’elle sortait du bureau, Weird croisa Monroe. Cette dernière la saluat puis se dirigea vers Danning.
-J’ai tous vos médicaments, dit Monroe dans l’oreille de Danning, y compris les pilules bleues pour ce soir.
-Eh, eh, rigola Danning. Je vous aime bien en infirmière.

Weird passa une bonne partie du reste de la journée à essayer de se convaincre qu’elle n’avait jamais entendu cela.

Au temps présent, sur Xtrapolis.
-…, en resta coi Atlas.
-N’est ce pas ? dit Weird. Même le vulcain Spock de la série Star Trek n’aurait pas osé dire « fascinant » sur ce coup là, et pourtant il l’aurait dit d’une mouche se posant sur un morceau de sucre.

Acte 3.

Comme chacun le sait, et comme nul ne l’ignore, une équipe d’élite se doit d’être composée de quatre personnes. Les événements survenus lors des premiers balbutiements de la WXZ en ont fait une règle officieuse, rapidement devenue officielle. Plus encore, au-delà de ce simple nombre, les équipes vont jusqu’à reproduire les mêmes stéréotypes. On trouvera donc dans chaque équipe :
*Du muscle. Un guerrier se battant pour vivre et vivant pour se battre. C’est également quelqu’un de fort peu loquace, que ce soit par une forme de philosophie stoïque ou par atavisme primaire.
*De la matière grise. Quelqu’un capable de faire fonctionner un appareil extraterrestre en comparaison duquel le statoréacteur fait figure de roue en bois. Ce génie arrivera même à réaliser cet exploit en dix minutes, et sans avoir lu le mode d’emploi. Malheureusement, même ces êtres d’exception sont impuissants face à un magnétoscope ou une armoire en kit.
*De l’empathie. Un diplomate, promoteur vivant de la paix. Si une bactérie dessine vaguement un symbole dans une boite de Pétri, cette personne trouvera le moyen de tenir une conversation avec le microbe dans le quart d’heure suivant. Ce membre de l’équipe peut également faire office d’avocat de la défense, notamment lorsque des aliens surgissent en demandant quel imbécile a fait mumuse avec leur grille-pain à plasma polarisé.
*Du charisme. Un leader riant au nez de l’ennemi, même quand cela est inapproprié. Quelqu’un sachant sourire pour la photo sans avoir l’air idiot. Un héro que tout second rôle serait fier d’accompagner pour une mission, même si c’est vraisemblablement la dernière, car quoi de plus beau que de pouvoir dire « Montrez à ces ET la valeur des Terriens… mon frère… mon capitaine… mon roi… bleuaaarg ». Bref, un chef, un vrai.

Chaparde et Ronon se rematérialisérent dans le placard enseveli.
-Alors, demanda Chaparde, du nouveau ?
-Nous avons nettoyé une bonne partie du mur, répondit McCain. Plusieurs inscriptions sont maintenant visibles et Teyla me les a traduites. Il semblerait que, de loin en loin au cours des générations, des personnes aient trouvé cet endroit, et y aient laissé des textes sur les murs. Rien de bien intéressant pour l’instant.
-Comment ça ? S’ils l’ont immortalisé ici, ce devait être important !
-Il s’agit surtout de messages comme « Nono aime Nanette », « Belle cherche bête pour affaire de fourrure », ou « J’emmerde la société ».
-Ah, dit Chaparde avec déception. On se croirait dans des toilettes universitaires.
-Effectivement. D’ailleurs, vous ne devriez pas vous appuyer ainsi contre le mur. Une flèche indique l’emplacement de votre main, à partir d’un message disant « Zluglu a pissé là ».
-Et c’est vraiment tout ce qu’il y a à lire ? dit Chaparde avec contrariété tout en essuyant sa main.
-Pour l’instant, oui.
-Alors Ronon et moi en sommes quittes pour arpenter encore un peu les bois.

Weird mâchouillait un crayon. « Aller à l’essentiel » se disait elle. « Mais pas trop non plus. Ménager un suspense. Diversifier le récit ». Elle le savait : son texte avait à ce stade besoin d’une distraction, ou d’une péripétie de moindre importance. « Peut être devrais je focaliser, le temps d’un paragraphe, le lecteur sur les faits et gestes d’un personnage suspect, trop bénéfique pour être honnête ? ».

Chez lui, s’accordant une pause dans son travail, Ergo se préparait un œuf au plat.

« Derrière une scène apparemment anodine, un détail bizarre autant qu’étrange pourrait être remarqué » continua Weird.

Sur la planète d’Ergo, on ne parlait pas de jaune d’œuf, mais de vert d’œuf. Vert fluorescent, pour être exact.

« Même les génies du mal dignes de ce nom me font défaut ces temps ci » soupira Weird.

Trente minutes après leur dernière visite, Chaparde et Ronon se trouvèrent à nouveau dans le couloir secret.
-Dites moi que vous avez autre chose que « C’est trop chelou dans la nezo », espéra Chaparde.
-En vérité, oui, répondit McCain, mais c’est inquiétant.
-En général, lorsque vous dites ceci, c’est que l’on va bien s’amuser.
-Rrrr, convint Ronon.
-Apparemment, reprit McCain, les habitants de cette planète ont déjà connu des périodes de grande prospérité dans le passé. A plusieurs époques, les Vamps ont semblé se désintéresser de cette planète, malgré sa population importante, et cela a toujours coïncidé avec la venue d’un sorcier, mage ou alchimiste apportant avec lui la solution à pléthore de maladies et maux divers.
-Un peu comme Ergo, dit Chaparde avec une expression sur laquelle une casquette britannique et une pipe n’aurait rien eu de déplacé.
-Le plus troublant, intervint Teyla, c’est que ce nom est récurrent sur ces inscriptions. Nombre de ces thaumaturges du passé s’appelaient Ergo ! Je crois que nous avons affaire à un fermier.
-Rrrr ! s’exclama Ronon.
-Oui, dit Teyla, un « fermier » comme toi tu es un « coureur ». Je pensais jusque là que les fermiers étaient une légende, mais je l’avais aussi cru des coureurs.
-Et que dit la légende ? demanda Chaparde.
-Les Vamps, expliqua Teyla, procèdent à des récoltes sur les populations humaines. Nous sommes des bovins et de la volaille, pour eux. Or, lorsque l’on veut avoir une récolte abondante, il semble logique de cultiver son champ, non ? C’est ce qu’Ergo fait ici. Il catalyse l’accroissement de cette population, tant par les naissances que par la survie et l’immigration, cela en prévision du jour où…
- … ses maîtres viendront faire un festin, compléta Chaparde avec un frisson de dégoût.
-Et si l’on en croit les inscriptions de ce mur et la légende parvenue jusqu’à mon peuple, ces récoltes là sont particulièrement intenses.

Ergo digérait son oeuf au plat, la tête plongée dans de la paperasse, lorsque quelque chose se mit à vibrer dans sa poche. Il en sortit un petit disque violet clair, au centre duquel clignotait un voyant bleu. « Quoi, déjà ? » murmura t’il en écarquillant les yeux.
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MessageSujet: Re: Wormhole Xtrapolis   Sam 11 Nov - 20:17

Acte 4.

On dit souvent de James Bond qu’il est l’espion le plus célèbre du monde. Dans une optique équivalente, le portail des étoiles est un secret d’Etat à la mode. A l’occasion de soirées mondaines, il n’est pas rare d’entendre « J’ai investi une dizaine de milliards dans l’étude de la technologie Goule, mais, chut, c’est top secret ». Les plus grands journalistes se vantent par le biais de phrases comme « Si vous saviez combien on me paie pour que je me taise à propos de la WXZ ». Un jour, Cameron Michelin a raconté au docteur Levant qu’il était allé voir un ancien frère d’arme, hospitalisé, et que celui-ci s’était révélé au courant pour l’attaque d’Annuairebis en Antarctique. Le docteur Levant lui a répondu que cela ne le choquait pas outre mesure, étant donné que même sa boulangère et son charcutier avaient eu vent de l’affaire.
A l’avenir, le secret sera révélé de façon officielle, et un vieux gardien de phare Ecossais s’en trouvera fort surpris. Mais son étonnement sera plus grand encore lorsqu’il se révélera être la seule personne sur Terre qui n’était pas déjà au courant.
Un chargé d’enquête du Pentagone, auquel on avait confié la recherche de « la fuite », présenta son rapport final en ces termes : « Il n’y a aucune fuite dans nos services. Quelqu’un a simplement oublié de fermer le robinet ».

Chaparde luttait pour conserver un ton calme et pédagogue.
-Ronon ? dit il.
-Rrrr ?
-Vous rappelez vous ce dont nous avions convenu avant de revenir dans ce village ? Nous étions tombés d’accord sur le fait qu’il valait mieux adopter une approche amicale envers Ergo, feindre de ne rien savoir à son sujet, et l’interroger d’une manière subtile.
-Rrrr, acquiesça Ronon.
-Il me semble que vous avez commis une légère faute vis-à-vis de ce plan.
-Rrrr ?
-Oh, dit Chaparde en haussant les épaules, ce n’est qu’une impression. Mais peut être Rodney et Teyla ont-ils une idée plus précise de la nature de l’erreur ?
-C’est peut être, proposa McCain, le fait d’avoir défoncé la porte de son laboratoire ?
-A moins, essaya Teyla, que cela réside dans le fait d’avoir asséné à Ergo un violent coup de poing dans le nez ?
-Réflexion faite, reprit Chaparde, tenir en ce moment même Ergo au dessus du sol par les pieds pourrait également nuire à notre tactique.
-Rrrr…
-Il dit qu’il y est allé à l’instinct, traduisit Teyla.
-Cela me rappelle notre rencontre avec « le petit peuple des mines », se souvint McCain. Eux aussi étaient adeptes de ce genre de stratégie. Je fus même tenté de classer leur mascotte, sorte de hamster allaité à la bière, comme la seule forme de vie intelligente sur leur planète.
-Pourriez-vous dire à votre ami de me lâcher, s’il vous plait ? demanda Ergo.
-Lâchez-le, Ronon, ordonna Chaparde.
-Aïe ! dit Ergo en se recevant sur le crâne.
-Je crois que vous avez deux ou trois choses à expliquer, « fermier », ajouta Chaparde.
-Vous avez piètre opinion de moi, n’est ce pas ? dit Ergo en se relevant et en s’épongeant le nez avec un mouchoir. Mais croyez-vous que les choses soient aussi simples ? Autrefois, il y a si longtemps, j’étais le guérisseur de ma tribu. Grâce aux plantes dont j’avais la connaissance, j’apaisais les maux de mes semblables. Lorsque les Vamps ont fait une récolte, j’ai été capturé. L’un d’eux a commencé de se nourrir de moi, mais s’est presque immédiatement arrêté. Il avait senti une force en moi. Une force de compassion envers mon prochain, doublée d’une grande curiosité envers les secrets du vivant. Au lieu de me prendre des années, ils m’en ont fait don. Ils m’ont également implanté quelque chose dans le corps, un appareil leur permettant de me localiser. Puis ils m’ont relâché. Je ne suis pas un coureur, et les Vamps ne me chassent pas. Mais partout où je vais, ils font des récoltes, plus gourmandes qu’à leur habitude. Les peuples touchés ne s’en relèvent jamais. Je suis le seul qu’ils épargnent, et qu’ils rajeunissent. Je n’ai jamais eu le courage de me suicider, alors j’ai fini par faire la seule chose que je savais faire : soigner les gens et leurs cultures. J’ai fini par avoir tant d’années d’expérience derrière moi que mon art a atteint des sommets. Partout où j’officiais, la population décuplait en un rien de temps, au point de survivre aux récoltes des Vamps. J’en ai tiré quelque consolation, jusqu’à ce que je réalise que c’était exactement ce que les Vamps attendaient de moi. Ils ne m’ont jamais donné d’ordre, pas plus qu’ils n’ordonnent aux coureurs de courir. Lorsqu’un Vamp se nourrit de quelqu’un, il connait cette personne mieux qu’elle ne se connait elle-même. C’est là l’horrible paradoxe de ma vie, passée à apaiser, guérir, nourrir autrui, mais tout cela sur une route menant à un abattoir. En une occasion, j’ai demandé aux Vamps de me prévenir de leur arrivée, et ils m’ont donné un disque qui clignote lorsqu’ils sont en chemin. J’ai voulu mettre en garde le peuple dont je m’occupais, sans toutefois expliquer comment j’avais eu ce disque, et cela ne leur a pas semblé un argument convaincant. Alors je leur ai tout dit, et ils m’ont mis en cage pour me punir d’avoir profité des vies prises par les Vamps. Mais ils n’ont pas fui. Ils étaient trop occupés à me haïr. Les Vamps sont venus et moi seul ai survécu, une fois encore. J’ai fini par accepter ma vie telle qu’elle était.
-Quelle triste histoire, dit Teyla.
-Rrrr, commenta Ronon en entendant par là qu’un arrachage de tête serait une bonne conclusion à cette prose.
-A ce propos, reprit Ergo sans attendre la traduction, mon disque clignote en ce moment.
-Un vaisseau ruche arriverait ? réagit Chaparde.
-Il est sans doute déjà en orbite, dit Ergo.

En orbite, il n’y avait encore rien, mais une fenêtre d’hyperespace vint donner raison à Ergo avec à peine plus d’une minute de retard. A son bord, une reine Vamp trônait dans une grande salle. Un étrange sentiment l’envahit. Il lui sembla qu’on l’observait, et que l’on attendait quelque chose d’elle. Elle finit par dire « Bien, bien, bien. Tout se déroule selon nos plans ». Malgré la flagrante inutilité de la phrase, cela eut pour effet d’atténuer la mystérieuse sensation. Après un temps, elle usa de sa télépathie pour ordonner le déploiement des dards. Des centaines de Vamps se précipitèrent vers les appareils de récolte, et le vaisseau ruche vomit le plus terrifiant des essaims. Deux minutes après, un Vamp mâle de type intellectuel fit irruption dans la salle royale.
-Nous comptons deux cent trente quatre morts et dix blessés à ce stade de l’opération, ma reine, déclara t’il.
-De quelle sorte de résistance s’agit il ? s’inquiéta la reine.
-Je vous demande pardon ? s’étonna le Vamp. Nous ne rencontrons aucune résistance, du moins pour le moment.
-Alors pourquoi ces décès ?
-Ma reine, soupira le Vamp le plus respectueusement qu’il put, comme je vous l’ai déjà dit en maintes occasions, une mesure devrait être prise par votre grandeur. Ou bien vous inspirez à nos soldats un rien moins d’allégresse, ou bien vous ordonnez l’installation de rampes sur les passerelles des astrodromes.

Le son strident des dards envahit l’atmosphère de la planète d’Ergo. Mais quatre personnes étaient bien décidées à contrarier les plans des Vamps. Normalement, cela devrait compter pour des nèfles, mais là nous parlons de héros.

Acte 5.

Une clarté sans âge baignait un désert sans limite. Une route coupait le paysage en deux, comme un trait d’encre jeté sur la page blanche de l’existence, risible échantillon de raison dans la vacuité du réel. Une bâtisse se dressait sur le bord de la route, cube perdu au beau milieu de nulle part. Au dessus de la porte d’entrée, on pouvait lire « 42 Adams Road, Milliways ». A l’intérieur, un homme dégustait un sandwich aux œufs et cresson accompagné d’un jus d’octarine.
Une femme entra dans le restaurant susnommé, et vint s’asseoir devant l’homme. Ils échangèrent un bref regard, lourd de sens. L’homme travaillait pour la gazette locale, et son amie de longue date venait encore quémander la primeur de l’information. Il termina son repas, puis rompit le silence.
-La routine, encore, toujours, dit il. J’ai fait une interview du nouveau né du continuum Q, et Gman m’a laissé consulter son attaché-case, mais tout ça est une fois de plus occulté par les Orties. Un autre canard a fait une caricature de l’un d’entre eux, et Shifu est allé déterrer une vieille citation comme quoi rien de bon n’était jamais sorti de la religion Ortie. Du coup, ils gueulent et la tension monte. J’ai l’impression de tenir un compte à rebours avant détonation, plutôt qu’une chronique.
-C’est triste, commenta la femme.
-Parfois, je me dis que ce n’était pas la peine de réaliser l’ascension, si c’était pour retrouver ici les mêmes soucis qu’en bas.
-Justement, parlons du plan inférieur. Où en sont ils sur Nexus III ?
-C’est le genre de truc que tu pourrais voir par toi-même.
-Pas sans me faire remarquer de nos autorités.
-Eh bien, le fermier vient de leur confirmer qu’ils étaient sur Nexus III, et du coup ils cherchent si on n’aurait pas laissé une installation comparable à celle de l’Antarctique. Pendant ce temps, les Vamps font leurs courses.
-Il n’y a plus de drones sur Nexus III, si ma mémoire est bonne.
-Pourquoi parlons nous de cette planète sous le nom de Nexus III ? C’est une idée saugrenue du docteur Levant, cette appellation.
-Tu préfères l’appeler par son nom Alternatif ? « Puériculture en aigues neuves » ?
-Comment avons-nous pu nommer une planète comme ça ? Dommage que les voyages dans le temps soient autant réglementés, parce que j’aimerais bien changer certains détails. Pour revenir à cette histoire de drones, effectivement, le chargeur est vide. McCain vient d’ailleurs à l’instant de s’en apercevoir. Remarque, il y a toujours l’antenne.
-L’antenne ? Ah, oui. Cela pourrait effectivement jouer en leur faveur.
-Pour ce que ça change, à notre niveau.
-Ne dis pas ça. Je suis sûre que tout va se jouer sur Xtrapolis, en fin de compte.
-Tu es en train de dire que, selon toi, l’avenir de l’humanité et le notre reposent sur Weird et compagnie ?
-Appelle ça de l’intuition féminine.
-Bon, en ce cas, je continue mon compte à rebours avant la fin du monde.

Sur Nexus III, Chaparde contemplait une grande antenne. Celle-ci reposait sur quatre pieds, et donnait globalement l’idée de quatre A gigantesques dos à dos. D’après Ergo, qui tenait cette information des Vamps, un Alternatif avait autrefois construit cet édifice à l’occasion d’une exposition, et le lieu était demeuré un aimant à touristes bien après la fin des festivités, de sorte que les Alternatifs n’avaient jamais démonté l’œuvre.
-Et cette tour, avec sa pointe qui monte au ciel, est restée parfaitement intacte ? insista Chaparde.
-Comme la plupart des bâtiments des Aïeux sur cette planète, confirma Ergo. Les Vamps ne s’intéressent pas beaucoup à la technologie des Aïeux, vu qu’elle est difficilement compatible avec leurs appareils semi-organiques. Depuis qu’il n’y a plus d’Aïeul pour s’en servir, les Vamps ne considèrent pas les vestiges locaux comme une menace. Pourtant, d’après l’enquête que j’ai menée ici il y a très longtemps, un Aïeul était autrefois sur une piste prometteuse, impliquant cette antenne. Il voulait la modifier en arme anti-Vamp, mais il n’en a jamais eu le temps.

Plus tard, à l’intérieur de l’antenne, McCain émergea des entrailles d’une console informatique.
-Pourquoi faut il toujours qu’il y ait un tel volume de fils et câbles divers dans les coulisses d’un dispositif de haute technologie ? se plaignit il.
-Je trouvais au contraire la technologie Alternative plutôt économe de ce côté, commenta Chaparde.
-Sauf pour les dispositifs expérimentaux comme celui-ci, expliqua McCain. Quoi qu’il en soit, il semblerait qu’un Alternatif ait essayé de pirater le… comment dire… le réseau télépathique des Vamps. Son idée était d’insuffler un acte aussi inapproprié que fatal à la communauté Vamp. Il serait parvenu à leur faire se mettre à tous le doigt dans l’œil, mais ça n’a pas vraiment changé le cours de la guerre, et ils sont venus lui faire passer le goût de la farce.
-Pourriez vous reproduire l’expérience, en mieux ? demanda Chaparde.
-Ben voyons, soupira McCain, c’est encore à moi de sauver nos… Attendez ! Nous savons que les vaisseaux ruches obéissent aux Vamps par voie télépathique ! Et si, au lieu d’influencer les Vamps, j’affectais leurs vaisseaux ? Je pourrais faire quelque chose comme… euh… déclencher le système d’autodestruction des vaisseaux ruches.
-Allons, critiqua Teyla, qui serait assez bête pour installer un système d’autodestruction à bord d’un vaisseau spatial ?
-Nous, la renseigna Chaparde.
-Ainsi que les Goules et les Avantgardes, compléta McCain.
-En fait, poursuivit Chaparde, il y a un système d’autodestruction dans toute base ou vaisseau qui se respecte.
-Vraiment ? dit Teyla, incrédule.
-On en installe même dans les messages à haut niveau de confidentialité, expliqua Chaparde. D’où l’avertissement « ce message s’autodétruira dans cinq secondes ». C’est vraiment très pratique, un système d’autodestruction.
-J’ai d’ailleurs entendu dire que la Wii en serait équipée, signala McCain, de même que certains nouveaux monospaces et couteaux suisses.
-Ca peut toujours servir, acquiesça Chaparde.
-Si vous le dites, hésita Teyla pour qui certaines mœurs des peuples avancés demeuraient bien mystérieuses.
-Je vais immédiatement reconfigurer la fréquence d’émission, dit McCain en replongeant dans l’océan de fils électriques.

A bord du vaisseau ruche, un groupe de soldats Vamps était la cible d’un discours de réprimande. « Combien de fois, hurlait un superviseur Vamp, combien de fois devrais-je vous dire de faire attention, lorsque vous récoltez des humains fuyant dans la forêt, à ne pas embarquer aussi les écureuils qui habitent les branches des arbres ? Cela ne demande pas tant d’adresse, pourtant ! Après, cela court partout dans le vaisseau et ça ronge les câbles ! Vous n’êtes qu’une bande d’incapables ! »
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MessageSujet: Re: Wormhole Xtrapolis   Sam 11 Nov - 20:19

Acte 6.

La recherche du savoir des Aïeux est depuis longtemps au centre des préoccupations de la WXZ. On considère souvent la base de données de Xtrapolis comme la source la plus abondante, et des équipes entières d’informaticiens et de linguistes se consacrent à son étude. Cependant, il existe un autre filon. Sa découverte est due au docteur Jay Felager, lequel a été nommé responsable du projet consécutif. On se souvient de Jay Felager comme du créateur du virus « Le Vendeur » qui avait mis hors service le réseau de portails des étoiles de la Voie Lactée en faisant clignoter les chevrons. Ce scientifique est aussi connu pour avoir à de nombreuses reprises fait sauter les fusibles de la base de la WXZ, et ceux du général Amande par la même occasion. Malgré ses nombreuses erreurs antérieures, Felager s’est tout de même présenté un jour devant le général Landru avec une idée brillante, ni plus ni moins que la localisation de centaines de réserves du savoir Aïeul. Voici l’exposé qu’il fit :
« Alors… euh… ben… J’ai préparé des transparents. Le temps de mettre en place le rétroprojecteur… C’est fait. Ah, non, c’est trop bas. La hauteur de la table est réglable, donc je vais actionner ce levier et… Pardon, je dois d’abord desserrer le bloqueeeeEEEUUURR… Euh… Je n’aurais pas du le desserrer avec le rétroprojecteur faisant poids dessus. Du coup, le rétroprojecteur est cassé. Et comme il était branché, je crois que la moquette a commencé de prendre feu, aussi. Je vais l’éteindre avec ce verre d’eau qui est sur votre bureau. VoilaaaaAAA… Ah, vous buvez de l’alcool pendant le service ? Bon, ben, alors, je ne dirai rien pour l’alcool et on oublie ce petit incident, d’accord ? Euh, vous êtes tout rouge, mon général. Sans doute faudrait il baisser le chauffage ou… Il pleut dans la base, maintenant ? Non, c’est le système anti-incendie. Voila qui règle le problème de la moquette. Pour en revenir à mon exposé, que je peux aussi faire sans transparents, euh… Bref, vous savez que les Aïeux communiquaient à travers l’espace interstellaire par le biais de fréquences subspatiales ? Vous le savez, hein ? Euh, oui, évidemment que vous le savez. Mais ma théorie est que, pour communiquer sur une même planète, les Aïeux avaient recours à des ondes radios et hertziennes toutes simples. Ces ondes électromagnétiques se déplacent à la vitesse de la lumière. Du coup, leurs dernières transmissions locales doivent se trouver à dix mille années-lumière des planètes qu’ils ont occupées dans la galaxie de la Licorne. Parce qu’ils ont quitté cette galaxie il y a dix mille ans et que la lumière parcourt une année-lumière en… Oui, bref… Et leurs transmissions plus anciennes doivent être juste un peu plus loin. Du coup, nous pourrions, avec un vaisseau muni de propulsion hyperespace, aller écouter ce que ces vieilles ondes ont à raconter. Voila… J’avais fait de jolis dessins explicatifs, mais… Bon, vous avez compris sans ça… Voila…Ahem. »
Après cela, le Labyrinthe a placé des sondes à plus de dix mille années-lumière de planètes de la Licorne portant les marques d’un urbanisme important, et des communications Alternatives ont effectivement été interceptées. L’équipe de Felager passe depuis lors son temps à écouter de vieux appels téléphoniques, de vieilles émissions radiophoniques, et à regarder de vieux programmes télévisés. Le film « Mon kawoosh dans ton trou de ver » a connu un certain succès auprès de l’équipe, ainsi que les nombreux appels à destination d’une Aïeule nommée Lilith. Le docteur Levant a d’ailleurs retrouvé trace de cette dernière dans de vieilles légendes terriennes, où elle est dépeinte comme la mère de tous les succubes. De nombreuses informations fort utiles ont été obtenues par le biais du projet mené par Felager, mais, curieusement, ce n’est pas la partie de l’héritage des Aïeux que la WXZ met le plus en valeur.

Sur Nexus III, McCain travaillait aussi vite qu’il le pouvait. Chaque seconde représentait une personne capturée par les Vamps, que Chaparde n’aurait aucun moyen d’aller secourir. Le vaisseau devait exploser, emportant avec lui les humains déjà capturés. C’était regrettable, mais c’était le mieux que McCain pouvait faire pour les gens encore sur la planète. Quel dommage que le plan initial de l’Aïeul se soit soldé par un échec ! C’était de là que McCain tenait l’idée de l’autodestruction. Les Vamps eux-mêmes étaient équipés d’un dispositif d’autodestruction, et l’Aïeul espérait les pousser à tous l’enclencher en même temps. Mais ils avaient résisté à l’influx télépathique, et s’étaient contentés de se mettre l’index gauche dans l’œil droit. Avec le vaisseau ruche, ce serait plus aisé, mais ça restait compliqué à préparer en quatrième vitesse. « Teyla, dit McCain, je vais maintenant avoir besoin que vous vous concentriez sur l’idée de l’autodestruction d’un vaisseau ruche. L’antenne amplifiera votre signal télépathique ». Teyla obéit. A bord du vaisseau ruche, un Vamp déambulait dans un couloir lorsqu’il croisa un ami. Par une certaine ironie du sort, ses dernières paroles furent « Alors, ça boum ? ».

Comme chacun devrait le savoir, le genre humain n’a pas le monopole de la vengeance inutile. Il n’est de mammifère plus dangereux qu’un mammifère blessé, et détruire la reine et le nid d’un essaim de guêpes n’est pas facteur de sécurité. Lorsqu’ils virent la ruche exploser, les dards fusant dans le ciel de Nexus III n’eurent qu’une idée : trouver et détruire les responsables. Chaparde en prit rapidement conscience, et Ronon flaira qu’il y avait de la grosse baston dans l’air.
-J’ai réglé l’antenne pour brouiller les téléportations Vamp, expliqua McCain, un peu comme les Vamps ont fait avec nos téléporteurs Avantgardes. Ils vont devoir nous bombarder ou venir à pieds.
-Rrrr.
-Justement, dit Chaparde, les voila qui arrivent là en bas.

La progression d’une troupe Vamp est un spectacle paradoxalement gracieux. Les Vamps ne se contentent pas de ressembler à Legolas une fois transformés en humains, mais ont naturellement le pas léger des Elfes Sylvains. Totalement silencieux, ils se déplacent souvent en plein milieu d’une clairière ou autre espace dégagé les rendant parfaitement visibles. Ceci permet à tout un chacun de profiter du spectacle de leur furtivité. Il est conseillé de tirer en priorité sur les Vamps musclés et masqués, cela pour plusieurs raisons. D’abord, ils constituent la cible la plus nombreuse. Ensuite, ils sont la cible la plus large (d’épaules, en l’occurrence). Enfin, ils sont les moins bien nourris, et se régénèrent rarement. Chaparde, Ronon et Teyla en avaient descendu une bonne soixantaine chacun lorsque les Vamps arrivèrent aux pieds de l’antenne. Ils étaient encore nombreux. McCain revint en courant et déclara :
-J’ai coupé l’alimentation des ascenseurs. Ils vont devoir utiliser les escaliers.
-Ouh, dit Chaparde, ça c’est méchant.
-Je sais, savoura McCain.
-Désolé de gâcher votre plaisir, les détrompa Teyla, mais, apparemment, les Vamps préfèrent grimper directement le long des poutres métalliques.
-De vrais spidermen, dit Chaparde avec agacement.
-Rrrr !
-Heureusement, dit McCain, nous avons l’incroyable Hulk de notre côté. Et moi, je vais bricoler une dérivation du courant électrique vers les poutres.

Un commandant Vamp grimpait de toute l’agilité et de toute la force de ses bras et de ses jambes le long du grand édifice de métal. « Du nerf ! criait il à l’un de ses subordonnées. Chacun sa route, chacun son chemin, passe le message à ton voisin ! »
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MessageSujet: Re: Wormhole Xtrapolis   Sam 11 Nov - 20:20

Epilogue.

La nuit étoilée emplissait le ciel de Xena. Un son courait sur les flots, rebondissait en écho dans le creux des vagues. C’était une musique festive, à laquelle se mêlait la clameur d’un peuple en liesse. Le centre du séisme acoustique était Xtrapolis. La cité, sublime, majestueuse, toutes lumières allumées, ressemblait à une gigantesque décoration pour sapin de Noël. Chaparde et son équipe étaient revenus victorieux de Nexus III, avoir raison de quelques Vamps étant pour eux une formalité. Ergo se trouvait maintenant en cellule de détention, dans l’attente que quelqu’un décide de son sort. A travers les couloirs et les salles innombrables de la ville, ce n’était que fête et célébration. L’antenne de Nexus III s’annonçait comme un atout majeur dans la suite du conflit, si l’on parvenait à étendre son champ d’action, et ce n’était à n’en pas douter que l’un des innombrables trésors de la planète. Des Porthosiens étaient venus du continent pour se joindre aux festivités, et le vaisseau Iliade avait apporté WX1 comme invitée surprise. Sur les quais de la cité, entre les branches de l’étoile hivernale, on se jetait à l’eau, en saut de l’ange, en piquet, en bombe. Il serait difficile de décrire chaque détail de cette nuit d’allégresse, mais en voici quelques uns.

Sur un balcon de la flèche centrale, le lieutenant colonel Chaparde, le colonel Michelin et le général Danning discutaient sport.
-Dix-huit planètes ? n’en revenait pas Chaparde.
-Cela semble incroyable, renchérit Michelin, mais c’est pourtant vrai.
-Parfaitement, dit avec fierté Danning. J’ai pu en réserver dix-huit. Un trou par planète. Un parcours complet.

Les sables du temps étaient poussés par un vent de sombre présage. Ils traversaient les plaines glacées de l’éternité et venaient s’écraser sur les vitres du dernier restaurant. Entre ses murs, les Aïeux étaient mornes et las.
-Je ne prendrai pas d’entrée, mais passerai directement à une assiette de manne divine. En dessert, je croquerais volontiers une pomme de savoir interdit. Si vous avez une bouteille d’hydromel pour faire descendre le tout, je ne suis pas contre.
-Docteur Levant ? s’étonna la serveuse. Mais que faites vous ici ?
-J’ai piqué une tête dans les eaux de Xena.
-Et alors ?
-Et alors un requin m’a piqué le reste. Une dentition remarquable, je dois dire.
-On vous a vu mourir ?
-Je crois que non.
-En ce cas, dit la serveuse d’un air géné, on va vous renvoyer le plus discrètement possible.

A la cantine de Xtrapolis, l’Avantgarde Hermione partageait une table avec une infirmière de l’expédition. « Cette planète m’en rappelle une autre, disait il. Une planète également très humide. Un autochtone, que ses parents avaient eu la curieuse idée de nommer On, y était gardien de phare ».

Un soldat déambulait dans un couloir en portant une pile de linge. Un capitaine l’interpella.
-Soldat ! Que faites vous avec ces vêtements ?
-Je les apporte au docteur Levant, s’expliqua le soldat. Il est brusquement apparu tout nu dans un placard.
-Oh mon Dieu, ils ont tué Danny !
-Mon capitaine ?
-Ne cherchez pas à comprendre, et apportez ses fringues au docteur.

Dans la salle d’entraînement au combat rapproché, deux authentiques gladiateurs célébraient la victoire à leur manière, par un duel amical. Seul un initié de la voie du vrai guerrier pouvait comprendre cette marque de respect mutuel, inscrite dans la saine violence du mouvement et l’élégante barbarie du contact. Tout cela n’était cependant pas très différent des valeurs ancestrales de l’Ovalie. Les deux combattants avaient beaucoup entendu parlé l’un de l’autre, et voulaient désormais se mesurer. Leurs regards déterminés se faisaient face, et l’on aurait juré voir l’atmosphère grésiller à équidistance des lutteurs. On sentait les muscles prêts à agir, le mental sans distraction. Car ils étaient des gentilshommes, les jouteurs échangèrent quelques derniers mots avant d’entrer dans le vif du sujet.
-Rrrr.
-En effet.

« Bon, il s’appelle On, le mec. Et c’est son phare. Donc c’est le phare à On. Comme un titre de noblesse chez certains Goules ».

Sur les marches de l’escalier de la salle principale, McCain et Monroe débattaient physique théorique.
-Avec seulement deux ZPMs, affirmait McCain, l’antenne pourrait détruire tous les vaisseaux ruches de la galaxie !
-Même à pleine puissance, donc trois ZPMs, vous ne pourriez pas contourner la résistance des ruches les plus éloignées.
-Est-ce donc si difficile pour vous d’accepter que quelqu’un puisse être plus capable que vous ?
-Le seul ici à faire de l’esbroufe, c’est vous, Rodney. Nous n’avons pas les moyens de vérifier votre théorie, alors c’est un peu facile !
-Ca, c’est votre opinion, mais avec des si on mettrait Xtrapolis en bouteille.
-C’est exactement ce que je dis !
-Je vous défie à un jeu de logique. Il est temps de confronter nos neurones comme ils le méritent ! Vous avez le choix des armes.

Le docteur Levant s’assis à un comptoir improvisé prés de la cantine.
-Barman ! appela t’il fortement mais poliment.
-Eh bien me voila, dit le barman en faisant traîner le dernier A. Qu’est ce que je vous sers ?
-Un remontant, dit Levant avec morosité.
-Des soucis de cœur ? demanda le barman en lui servant un alcool à réveiller les morts et enterrer les vivants.
-Non, Vala Malodoran se porte bien, répondit distraitement Levant. Ne répétez à personne ce que je viens de dire, ajouta t’il en le réalisant.
-Motus et bouche cousue, jura le barman l’index droit sur le cœur et l’index gauche croisé avec le majeur dans le dos.
-Mon problème, poursuivit rapidement Levant, c’est que je viens encore de ressusciter complètement à poils. Il parait que reconstituer un corps humain est suffisamment compliqué sans faire en plus de la haute couture.
-Je connais ça, dit le barman d’un air sombre.
-Vraiment ?
-Bien plus que je ne le voudrais. C’est cette sale racaille de nain et son anneau d’invocation. Mais peu importe. Buvez donc votre verre, ça aide à oublier.
-C’est fruité, commenta Levant après une gorgée. Y a de la pomme.
-Entre autres, oui. Rien à voir avec un verre d’eau sucrée accompagné d’une tranche de citron, pour sûr !
-Avez-vous déjà remarqué comme Xtrapolis est belle ? demanda Levant que l’alcool rendait bavard. Il a du en falloir de la vigueur pour l’érection d’un tel monument, et certainement les services d’une grue.
-Celle là, je la répéterai à un clerc de ma connaissance.
-Comment ça ?
-Oh, rien d’important.

« Pharaon ! Cette blague a pourtant fait le tour d’Ida ! Un succès presque égal à celui de la fameuse blague sur les trois gardes Jaffars. A ce propos, la connaissez vous ? Un garde cheval, un garde serpent, et un garde set… Mais, attendez ! Ne partez pas ! Revenez ! »

-Puissance 4 ! triompha Monroe.
-Encore ? s’offusqua McCain. Ce jeu est truqué !
-Ce n’est que de la logique élémentaire, Rodney.

Dans le bureau du docteur Weird, Teyla lisait la prose d’Elisabeth.
-C’est captivant, reconnut elle.
-Mais ? pressentit Weird.
-Je ne suis pas sure que « le physique athlétique » et « les beaux yeux de braise » du lieutenant colonel Chaparde soient d’un intérêt capital pour le récit.
-Je me suis peut être quelque peu laissée emporter par mon lyrisme, rougit Weird.

Au comptoir, Levant en était à son troisième verre, et avait désormais des prétentions de chanteur. « Les sirènes du port d’Alexandrie, chantent encore la même mélodhips ».

Atlas se faisait un plaisir d’animer la fête. « Ce soir, sur Xtrapolis, c’est soirée disco. Les filles sont belles, la mer est chaude, et la réciproque est vraie. Pour tous ceux qui ne demandent qu’à décoincer du complexé, sachez que l’ami Carson se tient caché dans un débarras du troisième couloir de l’aile nord, quatrième étage. Le premier qui le traine ici choisit le prochain slow. Ah, je vois qu’il y a des amateurs ! En attendant notre bon docteur, une charmante stagiaire m’a demandé un tube de Patrick Bruel. Je crois que j’ai trouvé là mes limites comme moteur de recherche, alors à la place voici ‘Born to be alive’ de Patrick Hernandez. Enjoy ! »

Victoire de la panthère sur le lion, du Vulcain sur le Klingon. Ronon devait reconnaître sa défaite. Il s’était pourtant battu honorablement, et Grell eut un haussement de sourcil témoignant de sa haute estime envers le vaincu. Ronon répondit par un grognement montrant qu’il appréciait l'honneur fait au vaincu. Ainsi vont les choses entre survivants, ainsi va la force. Tout est dans la subtilité des gestes et des attitudes. Un signe bref vaut parfois un long discours.

Levant cuvait dans un angle.
-Hips… Oma… Oma Dépoivra… elle disait… quoi, déjà ?... ah… oui… elle disait « Long et dur est le chemin, mais c’est au bout que jaillit le flot blanc de l’amour épanoui »… euh… non… ça… c’était sa cousine… Tara… non… Troma… non… euh…
-Travia ? proposa le barman en apportant un seau d’eau froide.
-Ouais… c’est ça… elle disait aussi de prendre la vie du bon côté…
-Ca explique des choses, nul doute, conclut le barman en donnant un mouvement de balancier au seau.

Dans un coin d’une salle présentement dédiée à la danse, ou du moins à la version boite de nuit du terme, Vala marchandait avec Zélélgars.
-Mais oui, disait elle, tout ce que vous voulez je peux vous l’obtenir. Je suis une experte en objets précieux et introuvables. Une experte réputée.
-Réputée, vraiment ? hésitait Zélélgars.
-C’est même devenu proverbial dans la Voie Lactée : « Faites un vœu, et puis Vala ».

Dans sa cellule, Ergo méditait. Sa vie avait été riche en péripéties, et plus longue qu’il ne s’y attendait. Mais peut être lui faudrait il se résoudre désormais à en accepter la…

FIN.

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